B3 · Méthodes
PCR, RT-PCR et PCR quantitative
Décrire le principe des cycles de dénaturation, hybridation et élongation, le rôle des amorces et de la polymérase thermostable. Présenter la rétrotranscription et la quantification en temps réel, et les applications diagnostiques.
Biologie moléculaire et génome7 min de lecture17 QCM corrigés
Principe général de la PCR
La région amplifiée est appelée amplicon. La PCR ne copie donc pas tout l’ADN présent dans l’échantillon : elle amplifie uniquement la séquence située entre les deux amorces, à condition que celles-ci puissent s’y fixer.
Le mélange réactionnel contient :
- un ADN matrice, qui porte la séquence recherchée ;
- deux amorces, courtes oligonucléotides complémentaires des séquences bordant la région cible ;
- des désoxyribonucléotides triphosphates, notés dATP, dTTP, dCTP et dGTP, qui constituent les unités incorporées dans l’ADN ;
- une ADN polymérase thermostable, qui synthétise les nouveaux brins ;
- des ions magnésium et une solution tampon assurant les conditions chimiques nécessaires.
Rôle des amorces
Les deux amorces s’hybrident sur des brins opposés. Leurs extrémités sont orientées vers la région à amplifier, car l’ADN polymérase allonge toujours un brin dans le sens .
La séquence des amorces détermine donc la spécificité de la PCR. Une complémentarité insuffisante avec la cible empêche l’amplification, tandis qu’une fixation sur une autre région peut produire un amplicon non recherché.
Rôle de la polymérase thermostable
Les cycles de PCR imposent des chauffages répétés capables de dénaturer la plupart des protéines. Une polymérase thermostable conserve son activité malgré ces élévations de température. Il n’est donc pas nécessaire d’ajouter une nouvelle enzyme après chaque cycle.
Elle ne peut pas commencer seule un nouveau brin : elle ajoute les nucléotides à l’extrémité d’une amorce déjà hybridée.
Les trois étapes d’un cycle
La température d’hybridation doit être assez basse pour permettre l’appariement, mais assez élevée pour limiter les interactions non spécifiques. Elle dépend notamment de la longueur et de la composition des amorces.
En théorie, chaque molécule cible donne deux molécules après un cycle. Les produits d’un cycle devenant les matrices du suivant, l’amplification est exponentielle.
Cette relation suppose une efficacité parfaite. En pratique, l’amplification ralentit progressivement lorsque les réactifs deviennent limitants, que les produits s’accumulent ou que l’activité enzymatique diminue. La réaction atteint finalement un plateau, ce qui rend la quantité finale de produit peu représentative de la quantité initiale.
L’analyse des amplicons en fin de réaction par électrophorèse relève de la fiche consacrée à la séparation et au transfert des acides nucléiques.
Rétrotranscription et RT-PCR
La PCR classique utilise de l’ADN comme matrice. Pour étudier un ARN, il faut d’abord le convertir en ADN.
L’ADNc obtenu peut ensuite être amplifié par PCR. L’ensemble rétrotranscription suivie de PCR est appelé RT-PCR. Les amorces utilisées pour la rétrotranscription peuvent cibler une séquence particulière, s’hybrider à de nombreux ARN ou reconnaître la queue polyadénylée des ARN messagers.
Deux organisations sont possibles :
- dans une procédure en une étape, rétrotranscription et PCR sont réalisées successivement dans le même tube ;
- dans une procédure en deux étapes, l’ADNc est d’abord produit séparément, puis une fraction est utilisée pour la PCR.
La première organisation limite les manipulations et le risque de contamination. La seconde permet de conserver l’ADNc et d’analyser plusieurs cibles à partir d’une même rétrotranscription.
PCR quantitative en temps réel
La fluorescence peut provenir :
- d’un colorant dont le signal augmente lorsqu’il se lie à l’ADN double brin ;
- d’une sonde fluorescente spécifique de la séquence amplifiée.
Un colorant détecte tout ADN double brin, y compris les produits non spécifiques. Une sonde apporte une spécificité supplémentaire car son signal dépend de la reconnaissance d’une séquence interne à l’amplicon.
Cycle de quantification
Au début de la réaction, la fluorescence est trop faible pour être distinguée du bruit de fond, c’est-à-dire des variations de signal indépendantes de l’amplification détectable. Le signal augmente ensuite pendant la phase exponentielle.
Un seuil de fluorescence est fixé au-dessus du bruit de fond. Le cycle de quantification, noté , correspond au cycle auquel la fluorescence franchit ce seuil.
Plus la quantité initiale de cible est élevée, plus le seuil est franchi tôt et plus est faible.
Une efficacité correspond à un doublement idéal à chaque cycle. La quantification exploite la phase exponentielle, avant le plateau, car la relation entre quantité initiale et signal y est encore prévisible.
Quantification absolue et relative
La quantification absolue détermine une quantité de cible à l’aide d’une gamme de référence contenant des quantités connues. Une courbe relie alors le cycle de quantification au logarithme de la quantité initiale.
La quantification relative compare l’abondance d’une cible entre plusieurs conditions. Elle nécessite une normalisation par rapport à une séquence de référence dont l’abondance est supposée stable, afin de corriger les différences de quantité d’échantillon et de rendement expérimental.
Lorsque la matrice initiale est un ARN et que la rétrotranscription est suivie d’une PCR quantitative, la méthode est appelée RT-qPCR.
Applications diagnostiques et contrôles
La PCR permet une détection qualitative lorsqu’il s’agit d’établir la présence ou l’absence d’une séquence. La PCR quantitative estime en plus sa quantité initiale. La RT-PCR et la RT-qPCR rendent accessibles les cibles constituées d’ARN et permettent aussi d’évaluer l’abondance de transcrits.
Ces méthodes peuvent contribuer au diagnostic par :
- la détection d’un acide nucléique associé à un agent biologique ;
- la recherche d’une séquence ou d’une variation génétique ciblée ;
- la quantification d’une cible nucléique ;
- l’étude de l’expression d’un gène à partir de ses ARN.
La forte sensibilité de la PCR impose plusieurs contrôles. Un témoin sans matrice recherche une contamination des réactifs. Un témoin positif vérifie que la réaction peut fonctionner. Un contrôle interne révèle une extraction insuffisante ou la présence d’un inhibiteur. Lors de l’étude d’ARN, un contrôle sans transcriptase inverse permet de rechercher une contamination par de l’ADN.
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