B5 · Épithéliums
Épithéliums glandulaires exocrines et modes de sécrétion
Classer les glandes exocrines selon la forme de l'unité sécrétrice et la ramification du canal excréteur. Comparer les modes de sécrétion mérocrine, apocrine et holocrine et la nature des produits sécrétés.
Histologie6 min de lecture15 QCM corrigés
Organisation générale d’une glande exocrine
Les glandes exocrines proviennent d’un épithélium qui s’enfonce dans le tissu conjonctif sous-jacent tout en conservant une continuité avec la surface. Cette continuité devient le canal excréteur, tandis que la partie profonde se différencie en unité sécrétrice.
Les glandes endocrines, étudiées dans la fiche suivante, ont au contraire perdu cette connexion avec la surface et libèrent leurs hormones dans le milieu intérieur.
Une glande comporte donc deux fonctions complémentaires :
- une fonction de production, assurée par les cellules sécrétrices ;
- une fonction de conduction, assurée par le système canalaire.
Dans certaines glandes, les canaux modifient aussi la sécrétion par réabsorption ou ajout d’eau et d’ions. Des cellules contractiles peuvent entourer les unités sécrétrices et faciliter l’expulsion du produit.
Glandes unicellulaires et multicellulaires
Une glande unicellulaire correspond à une cellule sécrétrice isolée au sein d’un épithélium de revêtement. Elle libère directement son produit à la surface et ne possède donc pas de canal excréteur individualisé.
Une glande multicellulaire rassemble plusieurs cellules sécrétrices organisées en unités terminales. Son classement morphologique repose sur deux critères indépendants :
- la ramification du canal excréteur ;
- la forme de l’unité sécrétrice.
Classification selon le canal excréteur
Le terme simple décrit uniquement le canal. Il ne signifie pas nécessairement que la glande ne possède qu’une seule unité sécrétrice : plusieurs unités peuvent se jeter dans un même canal non ramifié.
Une glande simple peut ainsi être :
- non ramifiée, lorsqu’une seule unité sécrétrice se raccorde au canal ;
- ramifiée, lorsque plusieurs unités sécrétrices convergent vers un canal unique qui reste lui-même non ramifié.
Classification selon la forme de l’unité sécrétrice
Unité tubuleuse
Le tube sécréteur peut être :
- droit, lorsqu’il suit un trajet peu sinueux ;
- contourné, lorsqu’il s’enroule sur lui-même ;
- ramifié, lorsque plusieurs segments sécréteurs tubuleux convergent vers un même canal.
Unité acineuse ou alvéolaire
La distinction entre acinus et alvéole repose donc principalement sur la taille de la lumière et la disposition des cellules. Certaines nomenclatures regroupent néanmoins ces deux formes sous un même terme, car elles sont toutes deux arrondies.
Unité tubulo-acineuse
La forme de l’unité et la ramification du canal doivent être combinées pour nommer complètement une glande. Une glande composée peut ainsi être tubuleuse, acineuse ou tubulo-acineuse.
Nature du produit de sécrétion
Sécrétion séreuse
Les cellules séreuses possèdent une activité importante de synthèse protéique. Elles présentent habituellement un noyau arrondi situé dans la partie basale et des granules de sécrétion concentrés au pôle apical. Leur produit se dilue facilement dans l’eau.
Sécrétion muqueuse
Les précurseurs des mucines s’accumulent dans la région apicale de la cellule. Le cytoplasme paraît clair lorsque ces substances sont peu conservées lors de la préparation histologique, tandis que le noyau est souvent aplati et repoussé vers la base.
Sécrétion mixte
Une glande mixte associe une composante séreuse et une composante muqueuse. Le produit final contient donc à la fois une phase aqueuse riche en protéines et une phase visqueuse riche en mucines.
D’autres sécrétions peuvent être principalement lipidiques, ioniques ou aqueuses. La composition chimique du produit ne suffit cependant pas à déterminer son mécanisme de libération.
Modes de sécrétion
Sécrétion mérocrine
Les vésicules sécrétoires fusionnent avec la membrane du pôle apical et déversent leur contenu dans la lumière. La cellule reste intacte et peut recommencer rapidement un nouveau cycle de synthèse et de sécrétion. Ce mécanisme convient particulièrement aux produits hydrosolubles, notamment protéiques ou glycoprotéiques.
Sécrétion apocrine
Le produit s’accumule au pôle apical, qui forme une protrusion puis se sépare. La cellule perd donc une partie de son volume, mais son noyau et sa région basale sont conservés. Elle doit ensuite restaurer son pôle apical avant un nouveau cycle sécrétoire.
Sécrétion holocrine
La cellule sécrétrice accumule son produit au cours de sa différenciation, puis meurt et libère l’ensemble de son contenu. Le maintien de la glande exige donc une prolifération continue de cellules basales, qui remplacent les cellules éliminées.
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