homecarab1.fr
Biophysiquechevron_rightMécanique des fluideschevron_rightFluides parfaits : équation de continuité et théorème de Bernoulli
stylus_noteS'entraînerS'entraînerarrow_backarrow_forward

Sommaire

  • 1Modèle du fluide parfait
  • 2Débit dans une conduite
    • 2.1Débit volumique
    • 2.2Débit massique
  • 3Conservation du débit
  • 4Théorème de Bernoulli lock — section verrouillée
    • 4.1Origine énergétique lock — section verrouillée
    • 4.2Interprétation des termes lock — section verrouillée
    • 4.3Conditions de validité lock — section verrouillée
  • 5Effet Venturi lock — section verrouillée
  1. Accueilchevron_right
  2. Ficheschevron_right
  3. Biophysiquechevron_right
  4. Mécanique des fluideschevron_right
  5. Fluides parfaits : équation de continuité et théorème de Bernoulli

B7 · Mécanique des fluides

Fluides parfaits : équation de continuité et théorème de Bernoulli

Établir la conservation du débit dans une conduite de section variable. Énoncer le théorème de Bernoulli, interpréter ses termes énergétiques et décrire l'effet Venturi.

Biophysique·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Modèle du fluide parfait

Définition

Fluide

Milieu matériel capable de s'écouler et de se déformer continûment sous l'action d’une contrainte tangentielle. Les liquides et les gaz sont des fluides.

L’étude d’un écoulement repose sur des grandeurs définies en chaque point et à chaque instant : la pression ppp, la masse volumique ρ\rhoρ et la vitesse d’écoulement v⃗\vec vv.

Définition

Fluide parfait

Modèle de fluide dépourvu de viscosité, donc sans frottement interne ni dissipation d’énergie mécanique au cours de l’écoulement.

L’absence de viscosité n’implique pas nécessairement que la masse volumique soit constante. Pour établir les relations de cette fiche sous leur forme usuelle, on ajoute donc plusieurs hypothèses :

  • le fluide est incompressible, donc ρ\rhoρ est constante ;
  • l’écoulement est stationnaire, donc les grandeurs en un point ne varient pas au cours du temps ;
  • la conduite est entièrement remplie ;
  • il n’existe ni apport ni retrait de fluide entre les sections considérées.
Définition

Ligne de courant

Courbe dont la tangente en chaque point possède la direction du vecteur vitesse v⃗\vec vv en ce point.

Dans un écoulement stationnaire, les lignes de courant ne changent pas avec le temps. Une particule fluide suit alors une ligne de courant.

Attention

Fluide parfait et fluide incompressible

Un fluide parfait est défini par une viscosité nulle, tandis qu’un fluide incompressible possède une masse volumique constante. Ce sont deux propriétés distinctes, même si elles sont souvent supposées simultanément.

Débit dans une conduite

Débit volumique

Définition

Débit volumique QvQ_vQv​

Volume de fluide traversant une section donnée par unité de temps.

Si un volume ΔV\Delta VΔV traverse une section pendant une durée Δt\Delta tΔt, le débit volumique moyen vaut Qv=ΔV/ΔtQ_v = \Delta V/\Delta tQv​=ΔV/Δt. Son unité dans le Système international est le mètre cube par seconde, m3 s−1\mathrm{m^3\,s^{-1}}m3s−1.

Pour une section plane d’aire SSS, perpendiculaire à un écoulement dont la vitesse moyenne est vvv, le volume traversant la section pendant Δt\Delta tΔt est celui d’un cylindre de base SSS et de longueur vΔtv\Delta tvΔt. Il vaut donc ΔV=SvΔt\Delta V = Sv\Delta tΔV=SvΔt.

Exemple

Calculer un débit volumique à partir d’une section et d’une vitesse

Une conduite est traversée par un fluide à la vitesse moyenne v=0,50 m s−1v = \mathrm{0{,}50\ m\,s^{-1}}v=0,50 ms−1 à travers une section S=4,0 cm2S = \mathrm{4{,}0\ cm^2}S=4,0 cm2.

La section doit d’abord être exprimée dans une unité SI :

S=4,0 cm2=4,0×10−4 m2S = \mathrm{4{,}0\ cm^2} = 4{,}0 \times 10^{-4}\ \mathrm{m^2}S=4,0 cm2=4,0×10−4 m2

Le débit volumique vaut alors :

Qv=Sv=4,0×10−4×0,50=2,0×10−4 m3 s−1Q_v = Sv = 4{,}0 \times 10^{-4} \times 0{,}50 = 2{,}0 \times 10^{-4}\ \mathrm{m^3\,s^{-1}}Qv​=Sv=4,0×10−4×0,50=2,0×10−4 m3s−1

Ainsi, 2,0×10−4 m3\mathrm{2{,}0 \times 10^{-4}\ m^3}2,0×10−4 m3 de fluide traversent cette section chaque seconde, soit 0,20 L s−1\mathrm{0{,}20\ L\,s^{-1}}0,20 Ls−1.

Formule

Débit volumique

Qv=SvQ_v = SvQv​=Sv
  • QvQ_vQv​ : débit volumique, en m3 s−1\mathrm{m^3\,s^{-1}}m3s−1
  • SSS : aire de la section perpendiculaire à l’écoulement, en m2\mathrm{m^2}m2
  • vvv : vitesse moyenne du fluide à travers la section, en m s−1\mathrm{m\,s^{-1}}ms−1

La vitesse réelle peut ne pas être uniforme sur toute la section. Dans cette relation, vvv désigne alors la vitesse moyenne perpendiculaire à la section.

Débit massique

Définition

Débit massique QmQ_mQm​

Masse de fluide traversant une section donnée par unité de temps.

La masse contenue dans un volume ΔV\Delta VΔV vaut Δm=ρΔV\Delta m = \rho\Delta VΔm=ρΔV. Le débit massique est donc relié au débit volumique par Qm=ρQvQ_m = \rho Q_vQm​=ρQv​.

Formule

Débit massique

Qm=ρSvQ_m = \rho SvQm​=ρSv
  • QmQ_mQm​ : débit massique, en kg s−1\mathrm{kg\,s^{-1}}kgs−1
  • ρ\rhoρ : masse volumique du fluide, en kg m−3\mathrm{kg\,m^{-3}}kgm−3
  • SSS : aire de la section, en m2\mathrm{m^2}m2
  • vvv : vitesse moyenne perpendiculaire à la section, en m s−1\mathrm{m\,s^{-1}}ms−1

Conservation du débit

Considérons une portion de conduite comprise entre deux sections d’aires S1S_1S1​ et S2S_2S2​. En régime stationnaire, aucune masse ne s’accumule durablement dans cette portion : pendant une même durée, la masse qui entre est égale à la masse qui sort. Cette propriété traduit la conservation de la masse.

Pour un fluide dont les masses volumiques aux deux sections sont ρ1\rho_1ρ1​ et ρ2\rho_2ρ2​, la conservation du débit massique impose :

ρ1S1v1=ρ2S2v2\rho_1S_1v_1 = \rho_2S_2v_2ρ1​S1​v1​=ρ2​S2​v2​

Si le fluide est incompressible, ρ1=ρ2\rho_1 = \rho_2ρ1​=ρ2​. La masse volumique se simplifie et le débit volumique devient constant.

Formule

Équation de continuité pour un fluide incompressible

Qv=S1v1=S2v2=constanteQ_v = S_1v_1 = S_2v_2 = \text{constante}Qv​=S1​v1​=S2​v2​=constante
  • QvQ_vQv​ : débit volumique dans la conduite, en m3 s−1\mathrm{m^3\,s^{-1}}m3s−1
  • S1S_1S1​ et S2S_2S2​ : aires des sections considérées, en m2\mathrm{m^2}m2
  • v1v_1v1​ et v2v_2v2​ : vitesses moyennes du fluide dans ces sections, en m s−1\mathrm{m\,s^{-1}}ms−1

Cette égalité montre que la vitesse varie en sens inverse de la section. Lorsque la conduite se rétrécit, un même volume doit franchir une aire plus petite pendant la même durée : la vitesse augmente. Lorsque la section s’élargit, la vitesse diminue.

À retenir

Conséquence de l’équation de continuité

Dans un écoulement stationnaire incompressible, le produit SvSvSv reste constant. Une diminution de section impose donc une augmentation de vitesse.

Attention

Quel débit est toujours conservé ?

La conservation de la masse impose la constance du débit massique. Le débit volumique n’est constant que si le fluide est incompressible, donc si sa masse volumique ne varie pas.

Théorème de Bernoulli

Origine énergétique

Le théorème de Bernoulli traduit la conservation de l’énergie mécanique d’un fluide parfait. Considérons un même volume de fluide passant d’une première section à une seconde.

Les forces de pression fournissent un travail au fluide. Ce travail peut modifier :

  • son énergie cinétique, par variation de sa vitesse ;
  • son énergie potentielle de pesanteur, par variation d’altitude.

Comme le fluide est parfait, aucune énergie mécanique n’est dissipée par viscosité. La somme des trois contributions reste donc constante le long d’une ligne de courant.

Formule

Théorème de Bernoulli

p+12ρv2+ρgz=constantep + \frac{1}{2}\rho v^2 + \rho gz = \text{constante}p+21​ρv2+ρgz=constante
  • ppp : pression statique du fluide, en pascals
  • ρ\rhoρ : masse volumique constante du fluide, en kg m−3\mathrm{kg\,m^{-3}}kgm−3
  • vvv : vitesse d’écoulement, en m s−1\mathrm{m\,s^{-1}}ms−1
  • ggg : intensité de l’accélération de la pesanteur, en m s−2\mathrm{m\,s^{-2}}ms−2
  • zzz : altitude par rapport à un niveau de référence, en mètres

Entre deux points d’une même ligne de courant, cette relation s’écrit :

p1+12ρv12+ρgz1=p2+12ρv22+ρgz2p_1 + \frac{1}{2}\rho v_1^2 + \rho gz_1 = p_2 + \frac{1}{2}\rho v_2^2 + \rho gz_2p1​+21​ρv12​+ρgz1​=p2​+21​ρv22​+ρgz2​
Exemple

Calculer une pression avec Bernoulli dans une conduite horizontale

De l’eau de masse volumique ρ=1000 kg m−3\rho = \mathrm{1000\ kg\,m^{-3}}ρ=1000 kgm−3 s’écoule dans une conduite horizontale. Au point 1, sa vitesse est v1=1,0 m s−1v_1 = \mathrm{1{,}0\ m\,s^{-1}}v1​=1,0 ms−1 et sa pression est p1=100 000 Pap_1 = \mathrm{100\,000\ Pa}p1​=100000 Pa. Au point 2, la vitesse atteint v2=3,0 m s−1v_2 = \mathrm{3{,}0\ m\,s^{-1}}v2​=3,0 ms−1.

La conduite étant horizontale, les altitudes sont identiques. L’équation de Bernoulli donne :

p1+12ρv12=p2+12ρv22p_1 + \frac{1}{2}\rho v_1^2 = p_2 + \frac{1}{2}\rho v_2^2p1​+21​ρv12​=p2​+21​ρv22​

Donc :

p2=p1+12ρ(v12−v22)p_2 = p_1 + \frac{1}{2}\rho\left(v_1^2-v_2^2\right)p2​=p1​+21​ρ(v12​−v22​)p2=100 000+12×1000×(1,02−3,02)=96 000 Pap_2 = 100\,000 + \frac{1}{2} \times 1000 \times \left(1{,}0^2-3{,}0^2\right) = \mathrm{96\,000\ Pa}p2​=100000+21​×1000×(1,02−3,02)=96000 Pa

La pression statique diminue de 4000 Pa\mathrm{4000\ Pa}4000 Pa entre les deux points. L’augmentation de l’énergie cinétique associée à l’accélération est compensée par cette baisse de pression.

Interprétation des termes

Chaque terme possède l’unité d’une pression, le pascal, mais aussi celle d’une énergie par unité de volume :

  • ppp représente l’énergie de pression par unité de volume ;
  • 12ρv2\frac{1}{2}\rho v^221​ρv2 représente l’énergie cinétique par unité de volume, parfois appelée pression dynamique ;
  • ρgz\rho gzρgz représente l’énergie potentielle de pesanteur par unité de volume.

Une augmentation de l’une de ces formes d’énergie doit être compensée par une diminution d’au moins une autre. Ainsi, une accélération du fluide peut s’accompagner d’une baisse de pression ou d’altitude.

Comparaison

Les trois termes de Bernoulli

TermeNature énergétiqueDépend principalement de
pppénergie de pression par unité de volumepression statique
12ρv2\frac{1}{2}\rho v^221​ρv2énergie cinétique par unité de volumevitesse
ρgz\rho gzρgzénergie potentielle par unité de volumealtitude

Les lois de l’hydrostatique, étudiées dans la fiche précédente, correspondent au cas particulier où v=0v = 0v=0. La viscosité, les pertes de charge et les écoulements réels relèvent de la fiche suivante.

Conditions de validité

Le théorème sous cette forme exige :

  • un écoulement stationnaire ;
  • un fluide parfait ;
  • un fluide incompressible ;
  • une comparaison le long d’une même ligne de courant ;
  • l’absence de dispositif ajoutant ou retirant de l’énergie mécanique entre les points étudiés.

Si l’écoulement est irrotationnel, la constante de Bernoulli est la même sur toutes les lignes de courant. Dans le cas général, elle peut différer d’une ligne à l’autre.

À retenir

Sens physique du théorème de Bernoulli

Bernoulli ne signifie pas que la pression est constante : c’est la somme de l’énergie de pression, de l’énergie cinétique et de l’énergie potentielle par unité de volume qui se conserve.

Effet Venturi

Définition

Effet Venturi

Diminution de la pression statique d’un fluide parfait lorsqu’il accélère dans un rétrécissement de conduite, à altitude constante.

Dans une conduite horizontale, les deux points comparés ont la même altitude, donc z1=z2z_1 = z_2z1​=z2​. Le terme gravitationnel se simplifie et Bernoulli devient :

p1+12ρv12=p2+12ρv22p_1 + \frac{1}{2}\rho v_1^2 = p_2 + \frac{1}{2}\rho v_2^2p1​+21​ρv12​=p2​+21​ρv22​

Si S2S_2S2​ est inférieure à S1S_1S1​, l’équation de continuité impose v2v_2v2​ supérieure à v1v_1v1​. Le terme cinétique augmente donc dans le rétrécissement. Pour conserver la somme de Bernoulli, la pression statique doit diminuer : p2p_2p2​ est inférieure à p1p_1p1​.

Méthode

Analyser un rétrécissement horizontal

  1. Appliquer l’équation de continuité pour relier les vitesses aux sections
  2. Déduire le sens de variation de la vitesse
  3. Simplifier les termes d’altitude dans l’équation de Bernoulli
  4. Relier l’augmentation de l’énergie cinétique à la diminution de la pression statique
Attention

Vitesse élevée et pression faible

Cette relation n’est pas une règle universelle valable en tout point de tout écoulement. Elle résulte ici de Bernoulli à altitude constante, pour un fluide parfait incompressible en régime stationnaire.

Points clés
  • Le débit volumique vaut Qv=SvQ_v = SvQv​=Sv pour une section perpendiculaire à l’écoulement
  • La conservation de la masse impose la constance du débit massique
  • Pour un fluide incompressible, l’équation de continuité donne S1v1=S2v2S_1v_1 = S_2v_2S1​v1​=S2​v2​
  • Bernoulli conserve la somme p+12ρv2+ρgzp + \frac{1}{2}\rho v^2 + \rho gzp+21​ρv2+ρgz le long d’une ligne de courant
  • Dans un rétrécissement horizontal, la vitesse augmente et la pression statique diminue : c’est l’effet Venturi

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Mécanique des fluides.

  • Fiche 01Hydrostatique et loi de PascalMécanique des fluides
  • Fiche 03Fluides réels : viscosité, loi de Poiseuille et nombre de ReynoldsMécanique des fluides
  • Fiche 04Tension superficielle, loi de Laplace et surfactantMécanique des fluides
lock_open

Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche

Il reste 2 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.

Déjà un compte ? Se connecter · Voir les formules

arrow_backPrécédentHydrostatique et loi de PascalMécanique des fluidesSuivantarrow_forwardFluides réels : viscosité, loi de Poiseuille et nombre de ReynoldsMécanique des fluides
Sommaire
  • 1Modèle du fluide parfait
  • 2Débit dans une conduite
    • 2.1Débit volumique
    • 2.2Débit massique
  • 3Conservation du débit
  • 4Théorème de Bernoulli lock — section verrouillée
    • 4.1Origine énergétique lock — section verrouillée
    • 4.2Interprétation des termes lock — section verrouillée
    • 4.3Conditions de validité lock — section verrouillée
  • 5Effet Venturi lock — section verrouillée