B7 · Mécanique des fluides
Fluides réels : viscosité, loi de Poiseuille et nombre de Reynolds
Définir la viscosité et distinguer fluides newtoniens et non newtoniens. Établir la loi de Poiseuille et la résistance à l'écoulement, et utiliser le nombre de Reynolds pour caractériser un régime laminaire ou turbulent.
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La viscosité, signature d’un fluide réel
Un fluide parfait est un modèle sans viscosité, étudié avec l’équation de continuité et le théorème de Bernoulli dans la fiche précédente. Un fluide réel, au contraire, dissipe une partie de l’énergie mécanique lorsqu’il s’écoule, car ses couches voisines exercent des forces tangentielles les unes sur les autres.
Considérons des couches parallèles se déplaçant à des vitesses différentes. La variation de la vitesse selon la direction perpendiculaire à l’écoulement constitue le gradient de vitesse. Plus ce gradient est élevé, plus les couches tendent à glisser rapidement les unes par rapport aux autres.
La force tangentielle rapportée à la surface sur laquelle elle s’exerce définit la contrainte de cisaillement , exprimée en pascals. Dans un fluide newtonien, cette contrainte est proportionnelle au gradient de vitesse.
Le signe de la force visqueuse est opposé au glissement relatif. La relation précédente exprime donc surtout la proportionnalité entre les valeurs de la contrainte et du gradient.
La viscosité dépend notamment de la température. Elle ne doit pas être confondue avec la masse volumique , qui représente la masse par unité de volume.
Fluides newtoniens et non newtoniens
La représentation de en fonction du gradient de vitesse est alors une droite passant par l’origine. La pente de cette droite est la viscosité dynamique.
La viscosité apparente est le rapport entre la contrainte de cisaillement et le gradient de vitesse à un état donné. Elle peut diminuer quand le cisaillement augmente, augmenter avec lui, ou dépendre de l’histoire mécanique du fluide. Certains fluides ne commencent à s’écouler qu’après le dépassement d’une contrainte seuil.
Écoulement laminaire dans un tube cylindrique
Considérons un tube cylindrique droit de rayon intérieur et de longueur . Le fluide est supposé newtonien, incompressible, en régime permanent et laminaire. Le tube est rigide, son rayon est constant et l’écoulement est pleinement établi. La vitesse est donc parallèle à l’axe et ne dépend que de la distance à cet axe.
La condition de non-glissement impose que la vitesse du fluide soit nulle au contact de la paroi. Elle est maximale sur l’axe, où le gradient radial de vitesse est nul.
Établissement du profil de vitesse
Isolons un cylindre de fluide de rayon et de longueur . La différence de pression entre l’entrée et la sortie exerce sur lui une force motrice :
La viscosité exerce sur sa surface latérale une force opposée au mouvement :
En régime permanent, l’accélération est nulle et ces forces se compensent. On obtient :
L’intégration selon , associée à la condition , donne un profil parabolique :
La vitesse est donc maximale sur l’axe et décroît jusqu’à zéro à la paroi. Le débit volumique s’obtient en additionnant les débits traversant les couronnes concentriques de surface élémentaire .
Loi de Poiseuille
Le débit est proportionnel à la différence de pression et inversement proportionnel à la viscosité et à la longueur. Sa dépendance en signifie qu’une variation du rayon modifie très fortement le débit.
La vitesse moyenne est reliée au débit par . Pour le profil parabolique de Poiseuille, elle vaut la moitié de la vitesse maximale située sur l’axe.
Résistance hydraulique
Nombre de Reynolds et nature du régime
Lorsque la vitesse augmente, les effets d’inertie favorisent les perturbations, tandis que la viscosité tend à les amortir. Le rapport entre ces deux influences est mesuré par le nombre de Reynolds.
Un faible nombre de Reynolds traduit une domination des effets visqueux et favorise un régime laminaire. Un nombre élevé traduit une domination de l’inertie et favorise un régime turbulent.
Dans un tube cylindrique droit, un régime est généralement laminaire pour , transitionnel entre environ et , puis turbulent au-delà de . Ces valeurs ne sont pas universelles : la géométrie, les irrégularités des parois et les perturbations d’entrée déplacent la transition.
En régime turbulent, le profil de vitesse n’est plus parabolique et la relation linéaire issue de Poiseuille n’est plus valable.
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