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Sommaire

  • 1Interface liquide-gaz et tension superficielle
  • 2Courbure et surpression de Laplace
    • 2.1Origine de la différence de pression
    • 2.2Géométries usuelles
  • 3Application aux alvéoles pulmonaires
    • 3.1Effet contractile de la couche liquidienne lock — section verrouillée
  • 4Surfactant pulmonaire lock — section verrouillée
    • 4.1Stabilisation dépendante de la surface lock — section verrouillée
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B7 · Mécanique des fluides

Tension superficielle, loi de Laplace et surfactant

Définir la tension superficielle et la surpression dans une interface courbe selon la loi de Laplace. Appliquer la relation aux alvéoles pulmonaires et expliquer le rôle stabilisateur du surfactant.

Biophysique·schedule5 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Interface liquide-gaz et tension superficielle

Une interface est la surface de séparation entre deux milieux non miscibles. Dans le poumon, l'interface pertinente sépare l'air alvéolaire de la fine couche liquide qui tapisse l'épithélium.

Au sein d'un liquide, une molécule est attirée dans toutes les directions par les molécules voisines. Près de l'interface, ces interactions ne se compensent plus symétriquement : la résultante est dirigée vers le liquide. La création d'une surface exige donc de l'énergie, et le système tend spontanément à réduire son aire d'interface.

Définition

Tension superficielle γ\gammaγ

Force tangentielle exercée par unité de longueur le long d'une interface, ou de manière équivalente énergie nécessaire pour augmenter d'une unité l'aire de cette interface.

La tension superficielle s'exprime en N ⋅ m−1\pu{N.m^{-1}}N⋅m−1. Comme 1 J = 1 N ⋅ m\pu{1 J = 1 N.m}1 J=1N⋅m, cette unité est équivalente à J ⋅ m−2\pu{J.m^{-2}}J⋅m−2.

Formule

Travail de création d'une interface

dW=γ dA\mathrm{d}W = \gamma\,\mathrm{d}AdW=γdA
  • dW\mathrm{d}WdW : travail élémentaire nécessaire à la création de surface, en joules
  • γ\gammaγ : tension superficielle, en newtons par mètre
  • dA\mathrm{d}AdA : augmentation élémentaire de l'aire interfaciale, en mètres carrés

Plus γ\gammaγ est élevée, plus une augmentation de surface demande d'énergie. Inversement, la diminution de l'aire libère de l'énergie. Cette tendance explique pourquoi la tension superficielle exerce un effet contractile sur une interface courbe.

Courbure et surpression de Laplace

Origine de la différence de pression

Une interface plane soumise à une tension uniforme ne crée pas de différence de pression liée à sa géométrie. En revanche, sur une interface courbe, les forces tangentielles possèdent une résultante orientée vers le centre de courbure. Une différence de pression doit alors équilibrer cette résultante pour maintenir l'interface immobile.

Définition

Surpression transmurale ΔP\Delta PΔP

Différence entre la pression du côté concave de l'interface et celle du côté convexe, nécessaire pour équilibrer l'effet contractile de la tension superficielle.

Pour une surface sphérique, l'équilibre d'un hémisphère oppose :

  • la force due à la surpression, appliquée sur la section circulaire ;
  • la force de tension superficielle, exercée le long du périmètre.

La force de pression est proportionnelle à ΔP πR2\Delta P\,\pi R^2ΔPπR2, tandis que la force superficielle est proportionnelle à γ 2πR\gamma\,2\pi Rγ2πR. Leur égalité conduit à la loi de Laplace.

Formule

Loi de Laplace pour une interface courbe

ΔP=γ(1R1+1R2)\Delta P = \gamma\left(\frac{1}{R_1}+\frac{1}{R_2}\right)ΔP=γ(R1​1​+R2​1​)
  • ΔP\Delta PΔP : différence de pression entre les deux côtés de l'interface, en pascals
  • γ\gammaγ : tension superficielle, en newtons par mètre
  • R1R_1R1​ : premier rayon principal de courbure, en mètres
  • R2R_2R2​ : second rayon principal de courbure, en mètres

Les deux rayons principaux décrivent la courbure de la surface selon deux directions perpendiculaires. Plus un rayon est petit, plus la courbure correspondante est forte et plus la surpression nécessaire est élevée.

Géométries usuelles

Pour une sphère, les deux rayons principaux sont égaux à son rayon RRR. La relation devient :

Exemple

Calcul de la surpression d'une alvéole sphérique

Une interface alvéolaire sphérique unique présente une tension superficielle de 25×10−3 N ⋅ m−1\pu{25 \times 10^{-3} N.m^{-1}}25×10−3 N⋅m−1 et un rayon de 100 μm\pu{100 \mu m}100 μm.

La surpression nécessaire à son équilibre est :

ΔP=2γR=2×25×10−3100×10−6=500 Pa\Delta P = \frac{2\gamma}{R} = \frac{2 \times 25 \times 10^{-3}}{100 \times 10^{-6}} = \pu{500 Pa}ΔP=R2γ​=100×10−62×25×10−3​=500 Pa

La pression du côté concave doit donc dépasser de 500 Pa\pu{500 Pa}500 Pa la pression du côté convexe pour maintenir cette interface ouverte. À tension superficielle identique, un rayon plus petit imposerait une surpression plus élevée.

ΔP=2γR\Delta P = \frac{2\gamma}{R}ΔP=R2γ​

Pour une interface cylindrique, un rayon principal vaut RRR tandis que l'autre est infini, car la surface n'est pas courbée dans l'axe du cylindre. La relation devient alors ΔP=γ/R\Delta P = \gamma/RΔP=γ/R.

Comparaison

Influence de la géométrie sur la surpression

InterfaceRayons principauxSurpression
PlaneR1R_1R1​ et R2R_2R2​ infinisΔP=0\Delta P = 0ΔP=0
CylindriqueR1=RR_1 = RR1​=R et R2R_2R2​ infiniΔP=γ/R\Delta P = \gamma/RΔP=γ/R
SphériqueR1=R2=RR_1 = R_2 = RR1​=R2​=RΔP=2γ/R\Delta P = 2\gamma/RΔP=2γ/R
Attention

Une interface n'est pas une bulle à deux parois

La relation ΔP=2γ/R\Delta P = 2\gamma/RΔP=2γ/R concerne une seule interface sphérique, comme l'interface air-liquide alvéolaire. Une bulle liquide entourée d'air possède deux interfaces et conduit à ΔP=4γ/R\Delta P = 4\gamma/RΔP=4γ/R si leurs tensions sont identiques.

À retenir

À tension superficielle constante, la surpression de Laplace est inversement proportionnelle au rayon : plus une interface sphérique est petite, plus la pression nécessaire pour la maintenir ouverte est grande.

Application aux alvéoles pulmonaires

Effet contractile de la couche liquidienne

Une alvéole pulmonaire est une cavité aérienne dont la paroi interne est recouverte d'un film liquide. Son interface air-liquide peut être assimilée, dans un modèle simplifié, à une portion de sphère présentant une seule interface.

La tension superficielle du film liquidien tend à diminuer l'aire alvéolaire. Elle produit donc une pression de rétraction, dirigée vers l'intérieur, qui s'oppose à la distension de l'alvéole. La pression transmurale nécessaire à son maintien ouvert vérifie approximativement :

ΔP=2γR\Delta P = \frac{2\gamma}{R}ΔP=R2γ​

Si toutes les alvéoles avaient la même tension superficielle constante, une alvéole de faible rayon aurait une pression interne supérieure à celle d'une alvéole de grand rayon. Lorsqu'elles communiquent par les voies aériennes, ce gradient favoriserait le déplacement de l'air vers les alvéoles les plus grandes. Les petites unités tendraient alors à se vider, à diminuer davantage de rayon et à accroître encore leur pression de Laplace : il s'agirait d'une instabilité.

Définition

Atélectasie

Affaissement d'une partie du parenchyme pulmonaire par fermeture ou défaut d'ouverture des alvéoles.

La tension superficielle contribue aussi au travail ventilatoire : distendre les alvéoles augmente leur aire et requiert donc une énergie proportionnelle à γ\gammaγ. Une tension élevée diminue ainsi la facilité de distension du poumon.

Surfactant pulmonaire

Définition

Surfactant pulmonaire

Mélange de molécules amphiphiles, principalement lipidiques et protéiques, sécrété par les pneumocytes de type II et disposé à l'interface air-liquide alvéolaire.

Une molécule amphiphile possède une région ayant une affinité pour l'eau et une région ayant une affinité pour le milieu aérien ou lipidique. À l'interface alvéolaire, les molécules de surfactant s'interposent entre les molécules d'eau et réduisent leurs interactions cohésives. La tension superficielle diminue donc, sans être annulée.

Stabilisation dépendante de la surface

L'action du surfactant dépend de sa concentration à l'interface :

  • lors de la diminution de l'aire alvéolaire, ses molécules se rapprochent ;
  • leur concentration interfaciale augmente ;
  • la tension superficielle diminue fortement ;
  • la pression de Laplace n'augmente donc pas autant que le prévoirait la seule diminution du rayon.

À l'inverse, lorsque l'alvéole se distend, les molécules sont plus espacées et la tension superficielle augmente. Cette variation adapte la force de rétraction à la taille de l'alvéole.

Comparaison

Comportement alvéolaire selon la présence de surfactant

CritèreSans surfactant fonctionnelAvec surfactant fonctionnel
Tension superficielleélevée et peu adaptableréduite et variable avec l'aire
Petite alvéoleforte pression de Laplacebaisse compensatrice de γ\gammaγ
Stabilitétendance à l'affaissementmaintien de l'ouverture
Distensiontravail plus élevétravail diminué

Le surfactant augmente ainsi la compliance pulmonaire, c'est-à-dire la variation de volume obtenue pour une variation donnée de pression. Il réduit le travail nécessaire à l'inspiration, limite l'affaissement alvéolaire en fin d'expiration et homogénéise mécaniquement des alvéoles de rayons différents.

Il diminue également la tendance de la tension superficielle à attirer du liquide vers les espaces aériens, ce qui participe au maintien d'une interface alvéolaire fine.

À retenir

Mécanisme stabilisateur du surfactant

Le surfactant stabilise surtout les petites alvéoles parce que sa concentration interfaciale augmente lorsque leur aire diminue. La baisse de γ\gammaγ compense alors l'effet de la diminution de RRR dans la relation ΔP=2γ/R\Delta P = 2\gamma/RΔP=2γ/R.

Attention

Ne pas confondre rayon et tension superficielle

La diminution du rayon tend à augmenter la pression de Laplace, tandis que la diminution de la tension superficielle tend à la réduire. Dans l'alvéole réelle, ces deux variations surviennent simultanément grâce au surfactant.

Points clés
  • La tension superficielle traduit le coût énergétique de création d'une interface et tend à en réduire l'aire.
  • La loi de Laplace relie la surpression à la tension superficielle et aux rayons de courbure.
  • Pour une interface sphérique unique, ΔP=2γ/R\Delta P = 2\gamma/RΔP=2γ/R.
  • À tension constante, une petite alvéole nécessiterait une pression de maintien supérieure à celle d'une grande alvéole.
  • Le surfactant réduit la tension superficielle, surtout lorsque l'aire alvéolaire diminue.
  • Le surfactant stabilise les alvéoles, augmente la compliance et diminue le travail ventilatoire.

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