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Sommaire

  • 1Principe de l’immunomarquage
  • 2Marquage direct et marquage indirect
    • 2.1Marquage direct
    • 2.2Marquage indirect
  • 3Immunohistochimie et immunofluorescence
    • 3.1Immunohistochimie enzymatique
    • 3.2Immunofluorescence
  • 4Préparation de l’échantillon lock — section verrouillée
  • 5Contrôles indispensables lock — section verrouillée
    • 5.1Contrôle positif lock — section verrouillée
    • 5.2Contrôles négatifs lock — section verrouillée
  • 6Interpréter un marquage lock — section verrouillée
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B4 · Méthodes d'étude

Immunomarquages : immunohistochimie et immunofluorescence

Décrire le principe de la détection d'un antigène par un anticorps spécifique et l'intérêt du marquage indirect. Présenter les contrôles nécessaires et l'interprétation d'un marquage sur coupe ou sur cellules.

Biologie cellulaire·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Principe de l’immunomarquage

L’immunomarquage permet de détecter et de localiser une molécule dans des cellules isolées ou dans une coupe de tissu. Il repose sur la reconnaissance sélective d’une structure moléculaire par un anticorps.

Définition

Antigène

Molécule ou portion de molécule reconnue spécifiquement par un anticorps. Dans un immunomarquage, l’antigène constitue la cible recherchée dans l’échantillon.

Définition

Épitope

Région précise d’un antigène à laquelle se fixe le site de reconnaissance d’un anticorps. Un même antigène peut porter plusieurs épitopes distincts.

Définition

Anticorps primaire

Anticorps dirigé contre l’épitope de l’antigène recherché. Il assure la spécificité biologique de la détection.

La liaison entre l’anticorps et son épitope repose sur des interactions non covalentes. Elle dépend notamment de leur complémentarité structurale et des conditions physicochimiques du milieu. La spécificité désigne la capacité de l’anticorps à reconnaître préférentiellement sa cible, tandis que son affinité traduit la force de la liaison avec un épitope donné.

L’anticorps fixé n’est pas nécessairement visible. Il doit donc être associé directement ou indirectement à un marqueur détectable. Ce marqueur transforme la présence de l’antigène en un signal observable.

Marquage direct et marquage indirect

Marquage direct

Dans un marquage direct, l’anticorps primaire porte lui-même le marqueur. La procédure comporte donc une seule reconnaissance immunologique : l’anticorps marqué se fixe directement sur l’antigène.

Cette méthode est rapide et limite le nombre de réactifs. Cependant, chaque antigène ne peut fixer qu’un nombre limité d’anticorps primaires, ce qui restreint l’intensité du signal.

Marquage indirect

Dans un marquage indirect, l’anticorps primaire n’est pas marqué. Il est ensuite reconnu par un anticorps secondaire portant le marqueur.

Définition

Anticorps secondaire

Anticorps dirigé contre les immunoglobulines de l’espèce dans laquelle l’anticorps primaire a été produit. Il révèle la présence de l’anticorps primaire fixé à l’antigène.

Plusieurs anticorps secondaires peuvent se fixer sur un même anticorps primaire. Le nombre de marqueurs associés à chaque antigène augmente donc, ce qui produit une amplification du signal. Un même anticorps secondaire marqué peut aussi servir à révéler différents anticorps primaires issus de la même espèce.

Comparaison

Marquage direct et marquage indirect

CritèreMarquage directMarquage indirect
Anticorps portant le marqueuranticorps primaireanticorps secondaire
Nombre d’étapes immunologiquesunedeux
Amplification du signalfaibleimportante
Durée de la procédureplus courteplus longue
Risque de réactions non spécifiquesplus limitéaccru par l’étape secondaire
À retenir

Intérêt majeur du marquage indirect

Le marquage indirect est généralement plus sensible que le marquage direct, car plusieurs anticorps secondaires marqués peuvent révéler chaque anticorps primaire fixé.

Immunohistochimie et immunofluorescence

Immunohistochimie enzymatique

L’immunohistochimie recherche un antigène dans une coupe tissulaire en conservant autant que possible son organisation morphologique. Dans sa forme enzymatique, l’anticorps révélateur est associé à une enzyme. Après ajout d’un substrat, l’enzyme produit localement un dépôt coloré insoluble, visible en microscopie optique.

La localisation du dépôt indique la position de l’antigène. Une contre-coloration peut rendre visibles les structures générales du tissu afin de replacer le signal dans son contexte morphologique.

Immunofluorescence

Définition

Fluorochrome

Molécule capable d’absorber une lumière d’une certaine longueur d’onde puis d’émettre une lumière de plus grande longueur d’onde. Il rend visible l’anticorps auquel il est associé.

En immunofluorescence, le marqueur est un fluorochrome. Après excitation lumineuse appropriée, les zones contenant l’antigène émettent un signal fluorescent. Plusieurs fluorochromes aux spectres distincts peuvent être associés à différents anticorps afin d’étudier plusieurs cibles dans le même échantillon.

Les principes physiques de la fluorescence et de la microscopie confocale relèvent des fiches consacrées à la microscopie optique.

Comparaison

Révélation enzymatique et révélation fluorescente

CritèreImmunohistochimie enzymatiqueImmunofluorescence
Nature du signaldépôt coloréémission lumineuse
Observationlumière transmiseexcitation et détection de fluorescence
Multiplexageplus limitéfacilité par des fluorochromes distincts
Persistance du signalgénéralement stablepeut diminuer sous illumination
Bruit propre de l’échantillonpigmentations et dépôtsautofluorescence

Préparation de l’échantillon

La qualité du marquage dépend autant de la préparation de l’échantillon que de l’anticorps utilisé. La fixation conserve l’organisation cellulaire, mais elle peut modifier ou masquer certains épitopes. Une fixation insuffisante altère la morphologie, tandis qu’une fixation excessive peut réduire l’accessibilité de l’antigène.

Dans une coupe incluse, l’enrobage doit être retiré avant l’incubation. Une étape de démasquage antigénique peut ensuite restaurer l’accessibilité de certains épitopes masqués par la fixation.

Pour rechercher un antigène intracellulaire, la membrane plasmique doit être rendue perméable. La perméabilisation crée des passages permettant aux anticorps d’atteindre le cytoplasme, les organites ou le noyau. Elle n’est pas nécessaire lorsque la cible est exclusivement exposée à la surface d’une cellule intacte.

Enfin, une étape de saturation occupe les sites susceptibles de fixer les anticorps de manière non spécifique. Elle diminue ainsi le bruit de fond.

Méthode

Réaliser un immunomarquage indirect

  1. Fixer l’échantillon en préservant sa morphologie et ses antigènes
  2. Retirer l’enrobage si nécessaire et effectuer le démasquage antigénique adapté
  3. Perméabiliser les cellules lorsque l’antigène est intracellulaire
  4. Saturer les sites de fixation non spécifique
  5. Incuber avec l’anticorps primaire dirigé contre l’antigène recherché
  6. Éliminer l’anticorps primaire non lié par des lavages
  7. Incuber avec l’anticorps secondaire marqué approprié
  8. Effectuer les lavages puis révéler et observer le signal

Contrôles indispensables

Un signal observé ne prouve pas, à lui seul, que l’antigène est présent. Il faut distinguer le signal spécifique du bruit de fond, de l’autofluorescence et des fixations non spécifiques.

Contrôle positif

Le contrôle positif est un échantillon dont l’expression de l’antigène est connue. Il vérifie que l’anticorps, la préparation, la révélation et les conditions d’observation permettent effectivement de détecter la cible.

L’absence de signal dans le contrôle positif invalide l’interprétation d’un résultat négatif dans l’échantillon étudié.

Contrôles négatifs

Le contrôle sans anticorps primaire est soumis à toute la procédure sauf à l’incubation avec cet anticorps. Un signal persistant indique une fixation non spécifique de l’anticorps secondaire, une activité enzymatique propre à l’échantillon ou une fluorescence indépendante de la cible.

Un anticorps témoin de même classe que l’anticorps primaire, mais dépourvu de spécificité pour l’antigène recherché, peut évaluer les interactions non spécifiques liées aux immunoglobulines.

Lorsque plusieurs anticorps et plusieurs fluorochromes sont employés, des contrôles séparés vérifient également l’absence de reconnaissance croisée entre anticorps secondaires et l’absence de chevauchement gênant entre les signaux.

Attention

Un contrôle négatif ne remplace pas le contrôle positif

Le contrôle négatif recherche un signal non spécifique. Le contrôle positif vérifie que la méthode peut détecter l’antigène. Les deux répondent à des questions différentes et sont complémentaires.

Interpréter un marquage

L’interprétation associe toujours trois niveaux : présence du signal, localisation et comparaison avec les contrôles.

Sur une coupe, il faut déterminer quelles cellules ou quelles régions tissulaires sont marquées, puis préciser la localisation subcellulaire du signal : membrane, cytoplasme, noyau ou compartiment ponctiforme. Sur des cellules isolées, il faut également examiner l’homogénéité du marquage dans la population et sa distribution à l’intérieur de chaque cellule.

L’intensité observée dépend de la quantité d’antigène, mais aussi de son accessibilité, de l’affinité de l’anticorps, de la durée d’incubation, de l’amplification et des paramètres d’acquisition. Un immunomarquage fournit donc avant tout une information de localisation et une appréciation comparative dans des conditions strictement identiques.

Une superposition spatiale de deux signaux suggère une colocalisation, mais elle ne démontre ni une interaction moléculaire directe ni une liaison physique entre les deux cibles.

Attention

Absence de signal et absence d’antigène

Une absence de marquage peut traduire une réelle absence de l’antigène, mais aussi un épitope masqué, une faible sensibilité, une mauvaise perméabilisation ou une dégradation du réactif. Elle n’est interprétable que si le contrôle positif fonctionne.

À retenir

Un marquage n’est spécifique que si sa distribution est compatible avec la cible et si les contrôles positifs et négatifs valident l’ensemble de la procédure.

Points clés
  • L’anticorps primaire reconnaît un épitope précis de l’antigène recherché
  • Le marquage indirect amplifie le signal grâce à plusieurs anticorps secondaires marqués
  • L’immunohistochimie enzymatique produit un dépôt coloré, tandis que l’immunofluorescence repose sur l’émission d’un fluorochrome
  • Fixation, démasquage, perméabilisation et saturation conditionnent l’accessibilité et la spécificité du marquage
  • Le contrôle positif valide la capacité de détection, tandis que les contrôles négatifs révèlent le bruit de fond
  • L’intensité du signal ne constitue pas, à elle seule, une mesure quantitative de la quantité d’antigène

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    • 2.2Marquage indirect
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    • 3.1Immunohistochimie enzymatique
    • 3.2Immunofluorescence
  • 4Préparation de l’échantillon lock — section verrouillée
  • 5Contrôles indispensables lock — section verrouillée
    • 5.1Contrôle positif lock — section verrouillée
    • 5.2Contrôles négatifs lock — section verrouillée
  • 6Interpréter un marquage lock — section verrouillée