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Sommaire

  • 1Pourquoi les électrons améliorent-ils la résolution ?
    • 1.1Dualité onde-particule de l’électron
  • 2Contraintes générales de la microscopie électronique
    • 2.1Travail sous vide
    • 2.2Fixation et déshydratation
    • 2.3Formation du contraste
  • 3Microscopie électronique à transmission
    • 3.1Préparation d’un échantillon pour la MET lock — section verrouillée
  • 4Microscopie électronique à balayage lock — section verrouillée
    • 4.1Préparation d’un échantillon pour la MEB lock — section verrouillée
  • 5Comparer transmission et balayage lock — section verrouillée
  • 6Limites d’interprétation lock — section verrouillée
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B4 · Méthodes d'étude

Microscopie électronique à transmission et à balayage

Expliquer le gain de résolution obtenu avec un faisceau d'électrons et les contraintes de préparation qui en découlent. Comparer l'information fournie par la transmission et par le balayage.

Biologie cellulaire·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Pourquoi les électrons améliorent-ils la résolution ?

La microscopie électronique utilise un faisceau d’électrons à la place de la lumière visible. Comme les électrons chargés interagissent fortement avec la matière, leur trajectoire peut être accélérée par une différence de potentiel puis focalisée par des lentilles électromagnétiques.

Définition

Pouvoir de résolution

Capacité d’un système d’imagerie à distinguer deux points voisins comme deux objets séparés. La limite de résolution ddd est la plus petite distance séparant deux points encore discernables.

Plus ddd est faible, meilleure est la résolution. La fiche consacrée à la microscopie optique établit le lien entre résolution, longueur d’onde et ouverture du système ; ici, il suffit de retenir qu’une longueur d’onde plus courte permet théoriquement de séparer des détails plus proches.

Dualité onde-particule de l’électron

Un électron possède des propriétés corpusculaires, mais une longueur d’onde lui est également associée. Cette longueur d’onde diminue lorsque la quantité de mouvement de l’électron augmente.

Formule

Relation de de Broglie

λ=hp\lambda = \frac{h}{p}λ=ph​
  • λ\lambdaλ : longueur d’onde associée à l’électron, en mètres
  • hhh : constante de Planck, en joule-secondes
  • ppp : quantité de mouvement de l’électron, en kilogrammes-mètres par seconde

L’accélération des électrons augmente leur quantité de mouvement et réduit donc leur longueur d’onde. Celle-ci devient très inférieure à celle de la lumière visible, ce qui explique le gain majeur de résolution théorique.

Exemple

Calculer la longueur d’onde d’un électron accéléré

Pour un électron de quantité de mouvement p=3,0⋅10−24 kg ⋅ m ⋅ s−1p = \pu{3,0e-24 kg.m.s^{-1}}p=3,0⋅10−24 kg⋅m⋅s−1, avec h=6,63⋅10−34 J ⋅ sh = \pu{6,63e-34 J.s}h=6,63⋅10−34 J⋅s :

λ=hp=6,63e−343,0e−24=2,21⋅10−10 m\lambda = \frac{h}{p} = \frac{6,63e-34}{3,0e-24} = \pu{2,21e-10 m}λ=ph​=3,0e−246,63e−34​=2,21⋅10−10 m

La longueur d’onde associée vaut donc environ 0,22 nm\pu{0,22 nm}0,22 nm. Cette valeur est très inférieure aux longueurs d’onde de la lumière visible, ce qui rend théoriquement accessibles des détails beaucoup plus fins.

La résolution réelle reste cependant moins bonne que celle prédite par la seule longueur d’onde. Elle est aussi limitée par les aberrations des lentilles électromagnétiques, la stabilité du faisceau, les vibrations, la préparation de l’échantillon et le rapport entre le signal utile et le bruit.

À retenir

Origine du gain de résolution

La microscopie électronique atteint une résolution supérieure à la microscopie optique parce que les électrons accélérés possèdent une longueur d’onde beaucoup plus courte que celle de la lumière visible.

Contraintes générales de la microscopie électronique

Travail sous vide

Définition

Vide électronique

Milieu dans lequel la pression et donc le nombre de molécules gazeuses sont fortement réduits afin de limiter les collisions entre les électrons et le gaz.

Le faisceau doit parcourir la colonne du microscope sans être diffusé par les molécules de l’air. L’observation conventionnelle impose donc un vide, incompatible avec le maintien d’une cellule vivante dans son état physiologique.

Les échantillons biologiques doivent généralement être :

  • immobilisés par fixation ;
  • privés de leur eau par déshydratation ;
  • stabilisés mécaniquement ou congelés ;
  • rendus suffisamment contrastés ou conducteurs selon le microscope utilisé.

Fixation et déshydratation

Définition

Fixation

Traitement qui immobilise les constituants cellulaires et stabilise leur organisation en établissant ou en renforçant des liaisons entre les macromolécules.

La fixation vise à préserver aussi fidèlement que possible l’architecture observée au moment du prélèvement. La déshydratation est nécessaire car l’eau liquide se vaporiserait sous vide et perturberait l’échantillon ainsi que la trajectoire des électrons.

Ces traitements peuvent néanmoins déplacer, extraire ou déformer certains constituants. L’image obtenue représente donc un échantillon préparé, et non directement une cellule vivante intacte.

Définition

Artéfact de préparation

Modification de la structure ou du signal introduite par le prélèvement, la fixation, la déshydratation, la coupe, la coloration ou l’exposition au faisceau.

Formation du contraste

Les cellules sont principalement constituées d’atomes légers, qui interagissent relativement peu avec les électrons. Leur contraste spontané est donc faible. Des composés contenant des atomes lourds sont utilisés pour accroître la diffusion des électrons.

Une région qui diffuse fortement les électrons est dite électron-dense. Son apparence dépend ensuite du mode d’imagerie et du type de signal détecté.

Attention

Résolution et contraste ne sont pas synonymes

La résolution détermine la capacité à séparer deux détails proches ; le contraste traduit une différence d’intensité entre deux régions. Une image peut être très résolue mais peu contrastée, ou contrastée sans révéler des détails fins.

Microscopie électronique à transmission

Définition

Microscopie électronique à transmission, MET

Technique dans laquelle un faisceau d’électrons traverse une coupe très mince de l’échantillon. L’image dépend de la proportion d’électrons transmise ou diffusée par chaque région.

La MET renseigne principalement sur l’organisation interne de la cellule. Les électrons ne pouvant traverser qu’une faible épaisseur de matière, l’échantillon doit être découpé en coupes ultrafines.

Préparation d’un échantillon pour la MET

Méthode

Préparation conventionnelle pour la MET

  1. Fixer l’échantillon afin d’immobiliser ses constituants
  2. Déshydrater progressivement l’échantillon
  3. L’inclure dans une résine qui lui confère une rigidité suffisante
  4. Réaliser des coupes ultrafines
  5. Déposer les coupes sur un support adapté
  6. Augmenter le contraste à l’aide de composés contenant des atomes lourds
  7. Placer l’échantillon sous vide et l’exposer au faisceau électronique

Lorsque les électrons traversent peu une région parce qu’ils y sont fortement diffusés, moins d’électrons contribuent au signal transmis. Dans la représentation conventionnelle, cette région apparaît sombre. Une région plus transparente aux électrons apparaît claire.

L’image de MET est une projection bidimensionnelle de toute l’épaisseur de la coupe. Des structures placées à des profondeurs différentes peuvent donc se superposer dans l’image. Une reconstruction volumique nécessite plusieurs projections ou l’analyse de coupes successives, procédés qui dépassent l’observation conventionnelle d’une coupe unique.

Microscopie électronique à balayage

Définition

Microscopie électronique à balayage, MEB

Technique dans laquelle un faisceau électronique fin parcourt point par point la surface de l’échantillon. Des détecteurs recueillent les électrons émis ou réfléchis à la suite de l’interaction entre le faisceau et cette surface.

En MEB, le faisceau ne traverse pas une coupe ultrafine. Il balaye la surface, et l’intensité recueillie en chaque point sert à construire l’image.

Les électrons secondaires, arrachés aux couches superficielles de l’échantillon, apportent principalement une information sur le relief de surface. Les électrons rétrodiffusés, issus d’une déviation du faisceau incident, dépendent notamment de la composition atomique locale.

Préparation d’un échantillon pour la MEB

Méthode

Préparation conventionnelle pour la MEB

  1. Fixer l’échantillon pour stabiliser sa morphologie
  2. Le déshydrater en limitant les déformations de surface
  3. Le sécher afin de permettre son introduction sous vide
  4. Le fixer sur un support conducteur
  5. Recouvrir si nécessaire sa surface d’une couche conductrice très mince
  6. Balayer la surface avec le faisceau et recueillir les signaux émis

La couche conductrice évite l’accumulation locale de charges électriques sur un échantillon biologique naturellement peu conducteur. Une telle accumulation dévierait le faisceau et dégraderait l’image. Le dépôt doit rester mince, car une couche trop épaisse masquerait les détails superficiels.

La MEB produit une image possédant une forte impression de relief grâce aux variations du signal avec l’orientation et la topographie de la surface. Il ne s’agit toutefois pas directement d’un volume mesuré point par point, mais d’une représentation bidimensionnelle codant des informations de surface.

Comparer transmission et balayage

Comparaison

MET et MEB

CritèreMETMEB
Interaction principaletraversée d’une coupe ultrafinebalayage de la surface
Information dominanteultrastructure internetopographie superficielle
Préparation caractéristiqueinclusion puis coupe ultrafineséchage puis conductibilisation éventuelle
Signal principalélectrons transmisélectrons secondaires ou rétrodiffusés
Aspect de l’imageprojection bidimensionnelle internereprésentation à forte impression de relief
Résolution conventionnellegénéralement plus élevéegénéralement plus faible

Le choix entre les deux techniques dépend donc de la question morphologique posée. La MET est adaptée à l’analyse de l’ultrastructure interne, tandis que la MEB décrit surtout l’organisation de la surface. Elles ne fournissent pas deux images interchangeables d’un même objet.

À retenir

Différence fondamentale entre MET et MEB

La MET forme une image à partir des électrons ayant traversé une coupe ultrafine et révèle l’organisation interne. La MEB forme une image à partir des signaux produits lors du balayage de la surface et révèle principalement sa topographie.

Limites d’interprétation

La préparation conventionnelle impose un compromis entre préservation, contraste et résolution. Une fixation insuffisante favorise les déplacements de constituants, tandis qu’une fixation trop intense peut modifier leur organisation. La déshydratation et le séchage peuvent provoquer des rétractions. La coupe peut comprimer ou déchirer l’échantillon, et le faisceau électronique lui-même peut l’endommager.

La cryofixation immobilise rapidement l’échantillon par refroidissement et limite certains déplacements associés aux traitements chimiques. Elle ne supprime cependant ni les contraintes instrumentales ni la nécessité d’interpréter l’image en fonction du protocole employé.

La microscopie électronique fournit avant tout une information morphologique. L’identification spécifique d’une molécule exige un marquage adapté, notion traitée dans la fiche consacrée aux immunomarquages.

Attention

Une image électronique n’est pas une observation directe du vivant

La résolution élevée ne garantit pas une fidélité absolue. Toute structure doit être interprétée en tenant compte de la fixation, de la déshydratation, de la coupe, du dépôt conducteur et des dommages dus au faisceau.

Points clés
  • La courte longueur d’onde des électrons accélérés explique le gain de résolution de la microscopie électronique
  • Le fonctionnement sous vide impose généralement fixation, déshydratation et observation d’échantillons non vivants
  • La MET utilise des coupes ultrafines et révèle principalement l’ultrastructure interne
  • La MEB balaie la surface et renseigne principalement sur sa topographie
  • Les atomes lourds augmentent le contraste, tandis qu’un revêtement conducteur peut être nécessaire en MEB
  • Toute image doit être interprétée en tenant compte des artéfacts introduits par la préparation et par le faisceau

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Méthodes d'étude.

  • Fiche 01Microscopie optique : principes, contraste et fluorescenceMéthodes d'étude
  • Fiche 03Immunomarquages : immunohistochimie et immunofluorescenceMéthodes d'étude
  • Fiche 04Fractionnement cellulaire et ultracentrifugationMéthodes d'étude
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