B10 · Échantillonnage et estimation
Intervalles de confiance et intervalles de pari
Construire un intervalle de confiance d'une moyenne et d'une proportion et en préciser les conditions d'application. Distinguer intervalle de confiance et intervalle de pari et interpréter correctement le niveau de confiance.
Biostatistiques et méthodes d'analyse6 min de lecture15 QCM corrigés
Principe d’un intervalle de confiance
Les notions de population, d’échantillon, de fluctuation d’échantillonnage et d’estimation ponctuelle sont établies dans les fiches précédentes du sous-bloc ; elles expliquent pourquoi une estimation varie d’un échantillon à l’autre.
Un paramètre de population, tel qu’une moyenne ou une proportion , est fixe mais inconnu. En revanche, les bornes de l’intervalle dépendent de l’échantillon : avant le recueil des données, elles sont donc aléatoires.
Si désigne le risque de non-couverture, le niveau de confiance vaut . Dans un intervalle bilatéral symétrique, le risque est réparti entre les deux extrémités de la distribution, soit dans chaque queue.
Cette égalité décrit la procédure avant l’échantillonnage. Après observation des données, les bornes sont fixées : l’intervalle obtenu contient ou ne contient pas .
Intervalle de confiance d’une moyenne
On étudie une variable quantitative de moyenne populationnelle . L’échantillon comporte observations indépendantes et de même loi. Sa moyenne observée est .
L’incertitude dépend de l’erreur standard de la moyenne, c’est-à-dire de l’écart-type de sa distribution d’échantillonnage. Elle vaut lorsque l’écart-type populationnel est connu. Elle diminue donc comme l’inverse de : multiplier fortement l’effectif n’entraîne qu’une diminution plus lente de la largeur de l’intervalle.
Écart-type populationnel connu
Si la variable suit une loi normale, la moyenne d’échantillon suit exactement une loi normale. Lorsque l’effectif est suffisamment grand, l’approximation normale repose sur le théorème central limite, sous réserve que les observations soient indépendantes et que la variance soit finie.
Écart-type populationnel inconnu
En pratique, est souvent inconnu et remplacé par l’écart-type corrigé observé . Si la variable étudiée est normale, la statistique standardisée suit alors une loi de Student à degrés de liberté. Cette loi tient compte de l’incertitude supplémentaire due à l’estimation de .
Intervalle de confiance d’une proportion
Une variable binaire possède deux modalités. La proportion populationnelle inconnue est notée et sa fréquence observée dans un échantillon de taille est notée .
Lorsque l’effectif est suffisant, la distribution de est approximativement normale. Sa variance estimée vaut .
Les conditions essentielles sont :
- des observations indépendantes ;
- une variable binaire de même probabilité pour chaque observation ;
- un échantillonnage compatible avec la population ciblée ;
- des effectifs attendus dans les deux modalités suffisamment grands.
Une règle conventionnelle fréquente demande que et soient chacun au moins égaux à ; certaines conventions retiennent un seuil plus exigeant. Lorsque la proportion est proche d’une borne ou que l’effectif est faible, l’approximation symétrique peut être médiocre et produire des bornes incompatibles avec l’intervalle naturel .
Intervalle de confiance et intervalle de pari
L’intervalle de pari répond à la question : quelles valeurs une statistique aléatoire peut-elle prendre avec une probabilité fixée si le paramètre est donné ? L’intervalle de confiance inverse le raisonnement : quelles valeurs du paramètre restent compatibles avec la statistique observée ?
Pour une moyenne d’échantillon, un intervalle de pari est centré sur la moyenne populationnelle supposée et vise la future moyenne aléatoire . Pour une proportion, il est centré sur la proportion supposée et vise la future fréquence aléatoire .
La distinction porte donc sur la nature de ce qui est aléatoire. Dans l’intervalle de confiance, les bornes varient entre les échantillons. Dans l’intervalle de pari, les bornes sont fixées sous le modèle choisi, tandis que la future réalisation varie.
Facteurs contrôlant la précision
La marge d’erreur est la demi-largeur de l’intervalle. Elle augmente avec le quantile choisi et avec la variabilité, mais diminue lorsque l’effectif augmente.
Un niveau de confiance plus élevé exige de couvrir davantage de réalisations possibles : le quantile est alors plus grand et l’intervalle plus large. Il existe donc un compromis entre confiance et précision à effectif fixé.
La validité mathématique de la formule ne garantit pas la pertinence scientifique de l’inférence. Un grand échantillon biaisé peut produire un intervalle étroit autour d’une valeur non représentative : augmenter réduit l’erreur aléatoire, mais ne corrige pas un biais de sélection ou de mesure.
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