B10 · Tests d'hypothèses
Principe d'un test statistique : hypothèses, risques et puissance
Formuler les hypothèses nulle et alternative et choisir un test uni- ou bilatéral. Définir les erreurs de première et de deuxième espèce, le seuil et la puissance et leurs relations.
Biostatistiques et méthodes d'analyse3 min de lecture15 QCM corrigés
La logique d’un test d’hypothèses
Un test statistique est une règle de décision qui utilise les données d’un échantillon pour évaluer une affirmation concernant une population. Cette affirmation porte généralement sur un paramètre, c’est-à-dire une caractéristique numérique inconnue de la population, notée ici .
Comme les données varient d’un échantillon à l’autre, la décision reste soumise à une incertitude. Le test ne démontre donc pas qu’une hypothèse est vraie ou fausse avec certitude : il organise cette incertitude en contrôlant des risques d’erreur.
Deux hypothèses concurrentes sont formulées avant l’analyse :
- l’hypothèse nulle , qui constitue l’hypothèse soumise au test ;
- l’hypothèse alternative , qui décrit les valeurs du paramètre incompatibles avec .
Si désigne une valeur de référence du paramètre, une formulation usuelle est :
L’hypothèse alternative dépend de la question posée. Elle peut affirmer que diffère de , lui est supérieur ou lui est inférieur.
Idéalement, et sont incompatibles et couvrent l’ensemble des situations pertinentes : une seule des deux peut être vraie.
Formuler correctement les hypothèses
Placer l’égalité dans l’hypothèse nulle
L’égalité est généralement placée dans car elle fournit une situation de référence précise à partir de laquelle la variabilité d’échantillonnage peut être étudiée. Le test mesure alors à quel point les données sont compatibles avec cette situation.
Les hypothèses ne doivent pas être formulées à partir du résultat observé. Elles traduisent la question scientifique définie avant l’examen des données.
Test bilatéral
Un test bilatéral recherche un écart dans les deux directions :
Une valeur suffisamment supérieure ou suffisamment inférieure à la valeur attendue sous peut conduire au rejet. Le risque de première espèce est donc réparti entre les deux directions, souvent de manière égale lorsque la distribution utilisée est symétrique.
Test unilatéral
Un test unilatéral recherche uniquement un écart orienté. Deux formulations sont possibles :
ou
La direction doit découler de la question initiale. Un test unilatéral concentre le risque de première espèce dans une seule direction, ce qui augmente sa capacité à détecter un effet orienté dans cette direction. En contrepartie, un écart opposé ne permet pas de conclure en faveur de l’alternative prévue.
Les deux décisions possibles
À l’issue du test, deux décisions seulement sont possibles :
- rejeter ;
- ne pas rejeter .
Ne pas rejeter signifie que les données ne fournissent pas suffisamment d’éléments contre elle selon la règle choisie. Cela ne prouve pas que est vraie, car un effet réel peut ne pas être détecté.
La construction de la statistique de test, de la région de rejet et de la valeur relève de la fiche suivante du sous-bloc.
Erreurs de décision et risques associés
La décision statistique peut correspondre ou non à la réalité. Deux erreurs sont possibles.
Le seuil traduit le niveau de risque de première espèce que l’on accepte de prendre. Plus est faible, plus les données doivent être incompatibles avec pour conduire à son rejet.
Puissance du test
Lorsque contient plusieurs valeurs possibles de , il n’existe généralement pas une valeur unique de . Le risque de deuxième espèce et la puissance dépendent de la valeur réelle du paramètre : un écart important à est plus facilement détecté qu’un écart faible.
La puissance augmente lorsque :
- la taille d’effet augmente ;
- l’effectif de l’échantillon augmente ;
- la variabilité des observations diminue ;
- le seuil augmente, toutes choses égales par ailleurs ;
- un test unilatéral correctement orienté remplace un test bilatéral au même seuil.
Relations entre , et la puissance
Pour un effectif, une variabilité et une taille d’effet fixés, diminuer rend le rejet de plus difficile. Le risque de première espèce diminue, mais le risque augmente généralement ; la puissance diminue alors.
Il n’est donc pas possible de réduire simultanément les deux risques sans modifier d’autres caractéristiques du protocole. L’augmentation de l’effectif constitue le principal moyen d’améliorer la puissance tout en conservant un seuil faible.
La gravité respective des deux erreurs dépend de la question posée. Le choix du seuil, de la puissance recherchée et du caractère uni- ou bilatéral doit donc être effectué avant le recueil ou l’analyse des résultats.
Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche
Il reste 4 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.