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Sommaire

  • 1Organisation histologique du muscle lisse
    • 1.1Le léiomyocyte
  • 2Un appareil contractile sans sarcomères
    • 2.1Absence de striation transversale
    • 2.2Filaments contractiles et cytosquelette
    • 2.3Sarcolemme et calcium
  • 3Déclenchement et régulation de la contraction
    • 3.1Une régulation portant sur la myosine lock — section verrouillée
  • 4Coordination et commandes lock — section verrouillée
    • 4.1Couplage entre les cellules lock — section verrouillée
    • 4.2Multiplicité des signaux régulateurs lock — section verrouillée
  • 5Comparaison avec les muscles striés lock — section verrouillée
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  5. Muscle lisse

B5 · Tissus musculaires

Muscle lisse

Décrire le léiomyocyte, l'absence de striation et l'organisation de son appareil contractile. Comparer son mode de contraction, sa régulation et sa localisation à celles du muscle strié.

Histologie·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Organisation histologique du muscle lisse

Définition

Muscle lisse

Tissu musculaire formé de léiomyocytes, cellules contractiles dépourvues de striation transversale visible en microscopie optique. Sa contraction est généralement involontaire, lente et durable.

Le muscle lisse se rencontre principalement dans la paroi des organes creux, notamment les voies digestives, respiratoires, urinaires et génitales, ainsi que dans la paroi des vaisseaux sanguins. Il participe ainsi à la progression d'un contenu, à la modification du calibre d'un conduit ou au maintien d'une tension pariétale.

Il peut aussi former de petits muscles individualisés associés à certains organes. Sa localisation explique que son activité soit essentiellement réglée par le système nerveux autonome, les hormones, les médiateurs locaux et les propriétés spontanées des cellules musculaires.

Le léiomyocyte

Définition

Léiomyocyte

Cellule musculaire lisse, allongée et fusiforme, possédant un noyau unique central et un appareil contractile non organisé en sarcomères.

Le léiomyocyte présente plusieurs caractères histologiques :

  • une forme fusiforme, avec une partie centrale élargie et deux extrémités effilées ;
  • un noyau unique, allongé et central ;
  • un cytoplasme éosinophile contenant les protéines contractiles ;
  • une membrane plasmique appelée sarcolemme ;
  • une fine lame basale entourant chaque cellule ;
  • un réseau de fibres réticulées qui transmet les forces entre cellules voisines.

La taille et la forme du léiomyocyte varient selon sa localisation et son état de contraction. Lorsque la cellule se contracte, elle se raccourcit et s'épaissit ; son noyau peut alors prendre un aspect plissé ou torsadé.

Dans une coupe longitudinale, les cellules apparaissent allongées et leurs limites sont souvent difficiles à distinguer. Dans une coupe transversale, elles ont un profil arrondi de diamètre variable, car la coupe peut traverser leur partie centrale ou l'une de leurs extrémités. Tous les profils cellulaires ne contiennent donc pas nécessairement un noyau.

Attention

Interpréter une coupe transversale

L'absence de noyau dans un profil cellulaire ne signifie pas que le léiomyocyte est anucléé. Le noyau central n'est visible que si le plan de coupe traverse la région qui le contient.

Un appareil contractile sans sarcomères

Absence de striation transversale

Les muscles striés possèdent des sarcomères, unités contractiles répétées dont l'alignement produit les stries transversales. Leur organisation détaillée relève des fiches consacrées aux muscles striés squelettique et cardiaque.

Dans le muscle lisse, les filaments contractiles existent également, mais ils ne sont pas rangés en myofibrilles parallèles ni en sarcomères. Leur disposition oblique et entrecroisée ne produit donc aucune alternance régulière de bandes claires et sombres.

À retenir

Origine de l'aspect lisse

L'absence de striation ne traduit pas l'absence d'actine ou de myosine. Elle résulte de l'absence d'organisation régulière de ces protéines en sarcomères alignés.

Filaments contractiles et cytosquelette

Les filaments fins sont principalement constitués d'actine. Ils sont plus nombreux que les filaments épais de myosine et s'insèrent sur des structures d'ancrage réparties dans le cytoplasme et sous le sarcolemme.

Les filaments épais sont constitués de myosine II. Leurs têtes peuvent interagir avec l'actine et produire un glissement relatif des filaments, responsable du raccourcissement cellulaire.

Définition

Corps dense

Structure cytoplasmique riche en protéines d'ancrage, sur laquelle se fixent les filaments d'actine et les filaments intermédiaires du léiomyocyte.

Les corps denses ont une fonction mécanique comparable à celle des points d'ancrage de l'actine dans le muscle strié, sans délimiter de sarcomères. Certains sont cytoplasmiques, tandis que d'autres sont associés à la face interne du sarcolemme.

Les filaments intermédiaires relient les corps denses entre eux. Ils forment un réseau qui répartit la tension dans toute la cellule et permet sa transmission à la membrane, à la matrice extracellulaire et aux cellules voisines. L'appareil contractile adopte ainsi une organisation tridimensionnelle adaptée à un raccourcissement important.

Sarcolemme et calcium

Le réticulum sarcoplasmique, compartiment intracellulaire stockant du calcium, est moins développé que dans les muscles striés. Le sarcolemme porte de nombreuses cavéoles, petites invaginations membranaires qui augmentent la surface d'échange et rapprochent les canaux calciques de l'appareil contractile.

Le calcium nécessaire à la contraction provient à la fois :

  • du milieu extracellulaire, par ouverture de canaux calciques membranaires ;
  • du réticulum sarcoplasmique, par libération des réserves intracellulaires.

Déclenchement et régulation de la contraction

Une régulation portant sur la myosine

Dans le muscle strié, le calcium permet principalement l'accès de la myosine aux sites de liaison portés par l'actine. Le muscle lisse ne possède pas de troponine fonctionnelle comparable : sa régulation repose surtout sur l'activation de la myosine.

Définition

Calmoduline

Protéine cytoplasmique qui fixe le calcium et transmet son signal en activant des enzymes cibles.

Définition

Kinase des chaînes légères de la myosine

Enzyme activée par le complexe calcium-calmoduline, qui phosphoryle les chaînes légères de la myosine et permet l'activité contractile de celle-ci.

Méthode

Déclenchement de la contraction du léiomyocyte

  1. La concentration cytosolique en calcium augmente par entrée membranaire et par libération depuis le réticulum sarcoplasmique.
  2. Le calcium se fixe à la calmoduline.
  3. Le complexe calcium-calmoduline active la kinase des chaînes légères de la myosine.
  4. La kinase phosphoryle les chaînes légères régulatrices de la myosine.
  5. La myosine activée interagit cycliquement avec l'actine et provoque le glissement des filaments.
  6. La cellule se raccourcit et transmet sa tension par les corps denses et le cytosquelette.

La relaxation dépend de la diminution du calcium cytosolique et de l'action d'une phosphatase des chaînes légères de la myosine, enzyme qui retire les groupements phosphate de la myosine. L'équilibre entre kinase et phosphatase détermine donc le niveau de contraction.

La contraction lisse est plus lente que celle du muscle strié, car l'activation enzymatique de la myosine et le cycle de ses interactions avec l'actine sont relativement lents. En revanche, elle peut être maintenue longtemps avec une faible consommation d'énergie. Certaines interactions actine-myosine persistent alors que l'activité cyclique diminue : cet état contribue au maintien économique du tonus.

Définition

Tonus musculaire lisse

État de contraction partielle et prolongée d'un muscle lisse, permettant le maintien d'une tension ou d'un calibre sans contraction maximale permanente.

Coordination et commandes

Couplage entre les cellules

Dans de nombreux muscles lisses, les léiomyocytes sont reliés par des jonctions communicantes, ou nexus. Ces jonctions laissent passer des ions et de petites molécules d'une cellule à l'autre. Une variation électrique peut ainsi se propager dans le tissu et coordonner la contraction d'un grand nombre de cellules.

Lorsque ces jonctions sont nombreuses, les cellules fonctionnent comme un ensemble coordonné. Dans d'autres territoires, les léiomyocytes sont commandés plus indépendamment, ce qui autorise un réglage plus précis de leur activité.

Multiplicité des signaux régulateurs

La contraction peut être modulée par :

  • le système nerveux autonome, dont les terminaisons libèrent des neurotransmetteurs à proximité de plusieurs cellules ;
  • des hormones transportées par le sang ;
  • des médiateurs locaux produits dans le tissu environnant ;
  • l'étirement mécanique de la paroi ;
  • une activité électrique spontanée dans certains territoires.

Un même médiateur peut provoquer une contraction ou une relaxation selon le récepteur exprimé et la voie de signalisation activée. La réponse ne dépend donc pas uniquement de la nature du signal, mais aussi de l'équipement moléculaire du léiomyocyte.

Comparaison avec les muscles striés

Comparaison

Muscle lisse et muscles striés

CritèreMuscle lisseMuscle strié squelettiqueMuscle cardiaque
Cellulefusiforme, un noyau centrallongue fibre, plusieurs noyaux périphériquescellule ramifiée, un ou deux noyaux centraux
Organisation contractileréseau sans sarcomèressarcomères alignéssarcomères alignés
Striation transversaleabsenteprésenteprésente
Commande principaleautonome, hormonale et localenerveuse somatiqueautomatisme modulé par le système autonome
Régulation par le calciumcalmoduline et phosphorylation de la myosinetroponine et contrôle de l'actinetroponine et contrôle de l'actine
Contractionlente, durable et économerapide et de durée variablerythmique et coordonnée

Les trois tissus utilisent l'actine et la myosine, mais diffèrent par leur architecture et leur régulation.

Le muscle lisse se distingue ainsi moins par la nature de ses protéines contractiles que par leur organisation, leur mode d'activation et la diversité des signaux capables de régler son activité.

À retenir

Le calcium déclenche la contraction lisse en se liant à la calmoduline, puis en activant la kinase des chaînes légères de la myosine. La régulation porte donc principalement sur la myosine, contrairement aux muscles striés où elle porte principalement sur l'actine par l'intermédiaire de la troponine.

Points clés
  • Le léiomyocyte est une cellule fusiforme à noyau unique central, entourée d'une lame basale.
  • Le muscle lisse contient de l'actine et de la myosine, mais aucun sarcomère aligné : il ne présente donc pas de striation transversale.
  • Les filaments s'ancrent sur des corps denses reliés par des filaments intermédiaires, ce qui répartit la force dans toute la cellule.
  • Le calcium agit par la calmoduline et la kinase des chaînes légères de la myosine.
  • La contraction lisse est involontaire, lente, prolongée et peu coûteuse en énergie.
  • Le muscle lisse des organes creux et des vaisseaux est régulé par les commandes autonomes, hormonales, locales et mécaniques.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Tissus musculaires.

  • Fiche 01Muscle strié squelettique : sarcomère et types de fibresTissus musculaires
  • Fiche 02Couplage excitation–contraction du muscle striéTissus musculaires
  • Fiche 03Muscle cardiaqueTissus musculaires
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    • 1.1Le léiomyocyte
  • 2Un appareil contractile sans sarcomères
    • 2.1Absence de striation transversale
    • 2.2Filaments contractiles et cytosquelette
    • 2.3Sarcolemme et calcium
  • 3Déclenchement et régulation de la contraction
    • 3.1Une régulation portant sur la myosine lock — section verrouillée
  • 4Coordination et commandes lock — section verrouillée
    • 4.1Couplage entre les cellules lock — section verrouillée
    • 4.2Multiplicité des signaux régulateurs lock — section verrouillée
  • 5Comparaison avec les muscles striés lock — section verrouillée