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Sommaire

  • 1Organisation structurale des nucléotides
    • 1.1Bases azotées
    • 1.2Ose et liaison à la base
    • 1.3Ajout des groupements phosphate
  • 2Principes de la synthèse des nucléotides
    • 2.1Précurseur ribosé commun
  • 3Synthèse de novo des purines
  • 4Synthèse de novo des pyrimidines lock — section verrouillée
  • 5Voies de sauvetage lock — section verrouillée
  • 6Régulation des réserves nucléotidiques lock — section verrouillée
  • 7Dégradation des nucléotides lock — section verrouillée
    • 7.1Catabolisme des purines lock — section verrouillée
    • 7.2Catabolisme des pyrimidines lock — section verrouillée
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B3 · Acides nucléiques

Nucléotides : structure, synthèse et dégradation

Décrire la composition d'un nucléoside et d'un nucléotide : bases puriques et pyrimidiques, ose, groupements phosphate. Présenter les voies de synthèse de novo et de sauvetage, leur régulation et le catabolisme des bases.

Biologie moléculaire et génome·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Organisation structurale des nucléotides

Bases azotées

Une base azotée est une molécule cyclique aromatique contenant plusieurs atomes d’azote. Les bases des acides nucléiques appartiennent à deux familles selon le nombre de cycles de leur squelette.

Comparaison

Bases puriques et pyrimidiques

CritèreBases puriquesBases pyrimidiques
Nombre de cyclesdeux cycles fusionnésun cycle
Bases principalesadénine et guaninecytosine, thymine et uracile
Présence dans les acides nucléiquesADN et ARNcytosine dans ADN et ARN, thymine dans ADN, uracile dans ARN
Atome lié à l’oseazote 9azote 1

Les bases peuvent être désignées par une lettre : A pour l’adénine, G pour la guanine, C pour la cytosine, T pour la thymine et U pour l’uracile. Leur aromaticité explique leur structure plane et leur capacité ultérieure à participer à l’organisation des acides nucléiques, traitée dans les fiches consacrées à l’ADN et aux ARN.

Ose et liaison à la base

Définition

Pentose

Ose comportant cinq atomes de carbone. Dans les nucléotides, il s’agit du ribose ou du 2-désoxyribose.

Le ribose possède un groupement hydroxyle porté par le carbone 2′2'2′. Dans le 2-désoxyribose, cet hydroxyle est remplacé par un hydrogène. Le symbole prime distingue la numérotation des carbones de l’ose de celle des atomes de la base.

La base est unie au carbone 1′1'1′ du pentose par une liaison N-glycosidique. Cette liaison implique l’azote 9 d’une purine ou l’azote 1 d’une pyrimidine.

Définition

Nucléoside

Association d’une base azotée et d’un pentose par une liaison N-glycosidique, sans groupement phosphate.

Les nucléosides issus de l’adénine, de la guanine, de la cytosine, de l’uracile et de la thymine sont respectivement l’adénosine, la guanosine, la cytidine, l’uridine et la thymidine. Le préfixe désoxy- précise que l’ose est un 2-désoxyribose.

Ajout des groupements phosphate

Définition

Nucléotide

Nucléoside portant un ou plusieurs groupements phosphate, le plus souvent liés au carbone 5′5'5′ de l’ose.

Un nucléotide est dit monophosphate, diphosphate ou triphosphate selon qu’il porte un, deux ou trois phosphates. Le premier phosphate forme une liaison phosphoester avec l’ose. Dans les nucléotides di- et triphosphates, les phosphates supplémentaires sont unis par des liaisons phosphoanhydride.

À pH physiologique, les groupements phosphate sont ionisés et confèrent aux nucléotides une charge globale négative. Cette propriété conditionne leur solubilité et leurs interactions avec les protéines.

Attention

Ne pas confondre nucléoside et nucléotide

Un nucléoside contient uniquement une base et un ose. La présence d’au moins un groupement phosphate définit un nucléotide.

Principes de la synthèse des nucléotides

Les cellules doivent maintenir des réserves adaptées de nucléotides puriques et pyrimidiques. Deux stratégies complémentaires existent : la synthèse de novo, qui construit les nucléotides à partir de précurseurs simples, et la voie de sauvetage, qui réutilise des bases ou des nucléosides déjà formés.

Comparaison

Synthèse de novo et voie de sauvetage

CritèreSynthèse de novoVoie de sauvetage
Substratspetits précurseurs métaboliquesbases ou nucléosides préformés
Coût énergétiqueélevéfaible
Construction du cycleréalisée au cours de la voieabsente
Fonction métaboliqueproduction nouvellerecyclage

Précurseur ribosé commun

Définition

5-phosphoribosyl-1-pyrophosphate

Forme activée du ribose-5-phosphate, abrégée PRPP, qui fournit le pentose à la synthèse de nombreux nucléotides.

Le ribose-5-phosphate provient principalement de la voie des pentoses phosphates. La PRPP synthétase utilise de l’ATP pour ajouter un pyrophosphate au carbone 1′1'1′. Le PRPP constitue ainsi un carrefour entre le métabolisme glucidique et celui des nucléotides.

Synthèse de novo des purines

Lors de la synthèse purique, le cycle azoté est construit progressivement directement sur le PRPP. Ses atomes proviennent notamment de la glutamine, de la glycine, de l’aspartate, du dioxyde de carbone et de dérivés monocarbonés du tétrahydrofolate.

La première étape engagée est catalysée par la glutamine-PRPP amidotransférase. Une succession de réactions consommatrices d’énergie conduit à l’inosine monophosphate, ou IMP.

Définition

Inosine monophosphate

Premier nucléotide purique complet de la synthèse de novo, précurseur commun de l’adénosine monophosphate et de la guanosine monophosphate.

L’IMP se trouve au point de bifurcation entre deux branches :

  • la branche de l’AMP, qui utilise notamment l’aspartate et de l’énergie fournie par le GTP ;
  • la branche du GMP, qui utilise notamment la glutamine et de l’énergie fournie par l’ATP.

Cette utilisation croisée de l’ATP et du GTP contribue à équilibrer la production des deux familles de nucléotides puriques.

Synthèse de novo des pyrimidines

La stratégie est différente pour les pyrimidines : leur cycle est d’abord construit, puis fixé au PRPP. Le carbamoyl-phosphate et l’aspartate fournissent l’essentiel des atomes du cycle.

La carbamoyl-phosphate synthétase II, cytosolique, forme le carbamoyl-phosphate utilisé par cette voie. Plusieurs réactions produisent ensuite l’orotate. Celui-ci reçoit le phosphoribosyle du PRPP pour donner l’orotidine monophosphate, ou OMP, qui est décarboxylée en uridine monophosphate, ou UMP.

L’UMP est phosphorylé en UDP puis en UTP. L’amination de l’UTP produit le CTP. La synthèse des désoxyribonucléotides nécessite deux transformations supplémentaires :

  • la ribonucléotide réductase réduit le ribose des ribonucléotides diphosphates en 2-désoxyribose ;
  • la thymidylate synthase transforme la désoxyuridine monophosphate en désoxythymidine monophosphate grâce à un dérivé du tétrahydrofolate.
À retenir

Deux logiques de construction

Dans la synthèse de novo des purines, le cycle est assemblé sur le PRPP. Dans celle des pyrimidines, le cycle est construit avant d’être fixé au PRPP.

Voies de sauvetage

Les voies de sauvetage récupèrent les bases et les nucléosides libérés par le renouvellement des acides nucléiques. Elles économisent l’énergie nécessaire à la construction des cycles.

Les bases puriques peuvent réagir directement avec le PRPP :

  • l’adénine phosphoribosyltransférase transforme l’adénine en AMP ;
  • l’hypoxanthine-guanine phosphoribosyltransférase transforme l’hypoxanthine en IMP et la guanine en GMP.

Les nucléosides peuvent aussi être phosphorylés par des nucléoside kinases, qui transfèrent un phosphate de l’ATP vers le nucléoside. Le sauvetage des pyrimidines repose surtout sur cette phosphorylation des nucléosides correspondants.

Régulation des réserves nucléotidiques

La synthèse doit fournir des quantités suffisantes sans entraîner d’accumulation inutile. Elle repose donc principalement sur la rétro-inhibition, mécanisme par lequel un produit final inhibe une étape antérieure de sa propre voie.

Dans la voie purique, l’AMP, le GMP et l’IMP freinent la glutamine-PRPP amidotransférase. Chaque branche est aussi inhibée par son propre produit final. À l’inverse, une concentration élevée en PRPP stimule l’engagement dans la voie.

Dans la voie pyrimidique, les nucléotides pyrimidiques inhibent des étapes précoces, notamment la carbamoyl-phosphate synthétase II. La ribonucléotide réductase possède une régulation allostérique complexe qui contrôle à la fois son activité globale et le choix du substrat. Elle permet ainsi de maintenir des proportions équilibrées entre les différents désoxyribonucléotides.

À retenir

La régulation ne contrôle pas seulement la quantité totale de nucléotides : elle maintient aussi l’équilibre entre purines et pyrimidines, puis entre les différents désoxyribonucléotides.

Dégradation des nucléotides

La dégradation commence par l’élimination des phosphates par des nucléotidases, produisant des nucléosides. Ceux-ci sont ensuite clivés ou désaminés, ce qui libère les bases azotées. À ce stade, les bases peuvent être sauvées ou poursuivre leur catabolisme.

Catabolisme des purines

L’AMP et le GMP convergent vers des dérivés puriques communs. L’adénine et l’adénosine sont transformées en hypoxanthine, tandis que la guanine est transformée en xanthine. L’hypoxanthine est elle-même oxydée en xanthine.

La xanthine oxydoréductase catalyse les oxydations conduisant finalement à l’acide urique. Chez l’être humain, l’urate, forme ionisée de l’acide urique, constitue le produit terminal principal du catabolisme purique et doit être éliminé.

Catabolisme des pyrimidines

Contrairement au cycle purique, le cycle pyrimidique peut être ouvert puis entièrement dégradé. L’uracile et la cytosine conduisent principalement à la bêta-alanine, tandis que la thymine conduit au bêta-aminoisobutyrate. Ces transformations libèrent également du dioxyde de carbone et de l’ammoniac.

Les produits pyrimidiques sont donc plus solubles et plus facilement intégrés à d’autres voies métaboliques que le produit terminal purique.

Attention

Deux devenirs cataboliques différents

Chez l’être humain, les purines aboutissent principalement à l’acide urique sans ouverture complète du cycle. Les pyrimidines sont ouvertes et dégradées en petites molécules solubles.

Points clés
  • Un nucléoside associe une base azotée à un pentose, tandis qu’un nucléotide porte en plus un ou plusieurs phosphates
  • Les purines sont l’adénine et la guanine ; les pyrimidines sont la cytosine, la thymine et l’uracile
  • Le PRPP fournit le ribose activé aux synthèses de novo et à plusieurs réactions de sauvetage
  • Le cycle purique est construit sur le PRPP, tandis que le cycle pyrimidique est assemblé avant sa fixation au PRPP
  • La rétro-inhibition adapte la synthèse aux réserves cellulaires et équilibre les différents nucléotides
  • Les purines sont dégradées en acide urique, alors que les cycles pyrimidiques sont ouverts en produits solubles

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Acides nucléiques.

  • Fiche 02Structure de l'ADN et formes hélicoïdalesAcides nucléiques
  • Fiche 03Dénaturation, hybridation et propriétés physicochimiques de l'ADNAcides nucléiques
  • Fiche 04Les ARN : types, structures et fonctionsAcides nucléiques
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  • 7Dégradation des nucléotides lock — section verrouillée
    • 7.1Catabolisme des purines lock — section verrouillée
    • 7.2Catabolisme des pyrimidines lock — section verrouillée