B7 · États de la matière et solutions
Osmolarité, tonicité et applications cliniques
Distinguer osmolarité, osmolalité et tonicité et calculer l'osmolarité d'une solution d'électrolytes. Prévoir le comportement d'une cellule placée en milieu hypo-, iso- ou hypertonique et l'appliquer aux solutés de perfusion.
Biophysique6 min de lecture15 QCM corrigés
Des particules dissoutes à l’effet osmotique
Lorsqu’un soluté est dissous, ses particules contribuent aux propriétés colligatives de la solution. Ces propriétés dépendent du nombre de particules présentes, et non directement de leur masse ou de leur nature chimique. Le mécanisme physique de l’osmose et la pression osmotique sont étudiés dans la fiche précédente du sous-bloc.
Un électrolyte est un composé qui forme des ions lorsqu’il se dissout. Sa concentration particulaire peut donc être supérieure à sa concentration molaire. À l’inverse, un soluté non électrolytique qui reste sous forme moléculaire fournit idéalement une particule par molécule dissoute.
Le facteur de Van’t Hoff, noté , exprime le nombre effectif de particules obtenues par entité de soluté. Pour un non-électrolyte, vaut idéalement . Pour un électrolyte complètement dissocié en ions, est approximativement égal à .
Cette relation est une approximation idéale. Dans une solution réelle, les interactions électrostatiques entre ions diminuent leur indépendance osmotique apparente, surtout lorsque la concentration augmente.
Osmolarité et osmolalité
Pour une solution contenant plusieurs solutés, chaque concentration molaire doit être multipliée par le facteur de Van’t Hoff correspondant, puis les contributions doivent être additionnées.
L’osmolarité dépend du volume de la solution, lequel varie légèrement avec la température et la pression. L’osmolalité repose sur une masse, donc reste plus stable. Elle peut notamment être déterminée à partir d’une propriété colligative, selon les principes exposés dans la fiche consacrée à la cryométrie.
Tonicité et osmoles efficaces
Une particule non perméante reste d’un côté de la membrane et maintient un gradient osmotique durable. Elle constitue une osmole efficace. Une particule très perméante peut initialement attirer de l’eau, mais elle diffuse ensuite jusqu’à réduire son propre gradient. Elle contribue donc à l’osmolarité sans nécessairement déterminer la tonicité finale.
L’efficacité osmotique d’un soluté est décrite par son coefficient de réflexion . Il tend vers pour un soluté totalement retenu par la membrane et vers pour un soluté librement perméant.
Réponse d’une cellule à son milieu
L’eau traverse la membrane plasmique beaucoup plus facilement que de nombreux solutés. Elle se déplace vers le compartiment ayant la concentration la plus élevée en osmoles efficaces, jusqu’à ce que les forces osmotiques soient équilibrées.
La tonicité est toujours relative à une cellule et à sa membrane. Un même soluté peut être efficacement retenu par une membrane et perméant à travers une autre. La classification hypo-, iso- ou hypertonique ne peut donc être déduite de la seule composition chimique sans connaître la perméabilité membranaire.
Conséquences pour les solutés de perfusion
Un soluté de perfusion est d’abord introduit dans le compartiment vasculaire, puis ses constituants se répartissent selon leur capacité à traverser les membranes. L’organisation détaillée des compartiments hydriques relève de la fiche suivante ; ici, seule la conséquence osmotique est considérée.
Une solution destinée à préserver le volume cellulaire doit être effectivement isotonique avec le plasma. Sa seule osmolarité affichée ne suffit pas : il faut aussi connaître le devenir de ses solutés.
- Une solution hypotonique apporte proportionnellement davantage d’eau libre. L’eau quitte en partie le secteur extracellulaire pour entrer dans les cellules, qui augmentent de volume.
- Une solution isotonique ne crée pas de gradient osmotique efficace durable. Elle augmente principalement le volume extracellulaire sans modifier fortement le volume cellulaire.
- Une solution hypertonique augmente la concentration extracellulaire en osmoles efficaces. Elle attire alors de l’eau hors des cellules et diminue leur volume.
Une solution contenant uniquement un soluté rapidement capté ou métabolisé peut être initialement iso-osmolaire mais devenir fonctionnellement hypotonique. Une fois le soluté éliminé du compartiment extracellulaire, l’eau qu’il accompagnait se comporte comme de l’eau libre.
À l’inverse, des ions majoritairement maintenus dans le secteur extracellulaire exercent un effet tonique plus durable. Leur administration excessive peut provoquer une sortie d’eau cellulaire. Le choix d’une perfusion dépend donc simultanément de son osmolarité, de la perméabilité membranaire à ses constituants et de leur devenir biologique.
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