B7 · États de la matière et solutions
Propriétés colligatives : cryométrie, ébulliométrie et pression osmotique
Établir que l'abaissement cryoscopique, l'élévation ébullioscopique et la pression osmotique ne dépendent que du nombre de particules dissoutes. Relier ces grandeurs à l'osmolarité et à la température.
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Une même origine : le nombre de particules dissoutes
Les principales propriétés colligatives sont :
- l’abaissement cryoscopique, qui diminue la température de solidification ;
- l’élévation ébullioscopique, qui augmente la température d’ébullition ;
- la pression osmotique, qui traduit la tendance du solvant à traverser une membrane semi-perméable.
Leur origine commune est la diminution du potentiel chimique du solvant provoquée par la présence de particules dissoutes. À quantité de solvant fixée, plus les particules sont nombreuses, plus cette diminution est importante. La nature des particules intervient seulement si elle modifie leur nombre effectif, notamment par dissociation, association ou interactions non idéales.
La pression de vapeur et les changements d’état sont étudiés dans les fiches voisines ; ici, ils servent uniquement à comprendre le sens des déplacements de température.
Compter les particules : le facteur de van ’t Hoff
Pour un soluté restant sous forme d’entités indépendantes, est voisin de . Une dissociation augmente le nombre de particules et conduit à , tandis qu’une association les réduit et peut conduire à .
Dans une solution idéale suffisamment diluée, la contribution colligative d’un soluté est donc proportionnelle au produit par sa concentration. Pour plusieurs solutés, les contributions particulaires s’additionnent.
Abaissement cryoscopique
À la température de solidification du solvant pur, le soluté abaisse le potentiel chimique du solvant dans la phase liquide. Si le solide formé est constitué de solvant pur, son potentiel chimique n’est pas abaissé de la même manière. L’égalité nécessaire entre les potentiels chimiques des phases solide et liquide n’est donc retrouvée qu’à une température plus basse.
La température de solidification de la solution, notée , vérifie ainsi , où est celle du solvant pur.
La cryométrie mesure donc directement une concentration particulaire rapportée à la masse de solvant. Elle est reliée à l’osmolalité plutôt qu’à l’osmolarité, car la molalité ne dépend pas de la dilatation thermique du volume de la solution.
Élévation ébullioscopique
Un liquide bout lorsque sa pression de vapeur atteint la pression extérieure. À température fixée, la présence d’un soluté non volatil diminue la pression de vapeur du solvant. Il faut donc chauffer davantage la solution pour atteindre la pression extérieure : sa température d’ébullition augmente.
Les constantes et dépendent du solvant, car les énergies nécessaires à sa fusion et à sa vaporisation lui sont propres. Elles ne dépendent pas de la nature du soluté dans le modèle idéal dilué.
Osmose et pression osmotique
Ce déplacement réduit la différence de potentiel chimique du solvant entre les deux compartiments. Une pression appliquée du côté de la solution augmente le potentiel chimique du solvant dans ce compartiment et peut s’opposer au flux osmotique.
À osmolarité constante, la pression osmotique est donc proportionnelle à la température absolue. À température constante, elle est proportionnelle au nombre de particules osmotiquement actives par unité de volume.
La tonicité, qui tient compte du comportement réel des solutés vis-à-vis d’une membrane donnée, relève de la fiche suivante et ne doit pas être confondue avec l’osmolarité totale.
Conditions de validité
Les relations précédentes sont linéaires lorsque la solution est suffisamment diluée et se comporte idéalement. À concentration plus élevée, les interactions entre particules deviennent significatives : le nombre de particules ne suffit plus à décrire exactement leur effet thermodynamique.
De plus, l’interprétation suppose :
- en cryométrie, que le soluté reste essentiellement dans la phase liquide ;
- en ébulliométrie, que le soluté soit non volatil ;
- en osmose, que la membrane retienne les particules considérées ;
- dans les trois cas, que le facteur représente correctement le nombre effectif de particules.
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