B7 · Transports membranaires — approche physique
Osmose, pression osmotique et loi de Raoult
Décrire le déplacement du solvant à travers une membrane semi-perméable et la pression osmotique qui l'équilibre. Déterminer une osmolalité par abaissement cryoscopique et relier osmose et propriétés colligatives.
Biophysique6 min de lecture15 QCM corrigés
Origine physique de l’osmose
Deux solutions séparées par une telle membrane peuvent différer par leur concentration en particules dissoutes. Le soluté retenu ne peut pas homogénéiser sa concentration par diffusion. En revanche, le solvant peut traverser la membrane.
L’ajout d’un soluté diminue la proportion et l’activité du solvant. À pression égale, le solvant se déplace donc du compartiment le moins concentré en particules dissoutes vers le compartiment le plus concentré. Ce transfert tend à diluer ce dernier.
L’osmose n’est pas la diffusion du soluté. La diffusion et la loi de Fick sont traitées dans la fiche précédente consacrée à la perméabilité membranaire.
Potentiel chimique du solvant
Le sens du déplacement peut être compris à partir du potentiel chimique, qui représente la tendance d’une espèce à quitter un état donné. Pour le solvant d’une solution :
Dans une solution, est inférieure à l’unité, donc est négatif. La présence du soluté abaisse ainsi le potentiel chimique du solvant. L’équilibre est atteint lorsque le potentiel chimique du solvant devient identique de part et d’autre de la membrane.
Pression osmotique
Le transfert de solvant vers le compartiment le plus concentré y augmente la pression hydrostatique. Cette augmentation élève le potentiel chimique du solvant et s’oppose progressivement à l’osmose.
À l’équilibre, la différence de pression hydrostatique compense exactement la différence d’effet osmotique. La pression osmotique est donc une propriété d’équilibre, et non une force mécanique exercée directement par les molécules de soluté sur la membrane.
Loi de Van ’t Hoff
Pour une solution idéale suffisamment diluée, la pression osmotique suit une relation analogue à la loi des gaz parfaits.
La concentration osmotique compte toutes les particules indépendantes présentes en solution. Pour un soluté de concentration molaire produisant idéalement particules après dissociation, on écrit , où est le facteur de Van ’t Hoff, sans unité.
Entre deux compartiments à la même température, seule la différence de concentration osmotique intervient :
Ici, est la différence de pression osmotique et la différence de concentration osmotique entre les compartiments.
Une membrane biologique n’est généralement pas parfaitement semi-perméable. Si un soluté traverse librement la membrane, son gradient se dissipe et il ne maintient pas durablement une pression osmotique. La tonicité, qui dépend des solutés effectivement non diffusibles pour une membrane donnée, est étudiée dans la fiche consacrée à l’osmolarité et à la tonicité.
Loi de Raoult
L’osmose appartient aux propriétés colligatives, comme l’abaissement de la pression de vapeur, l’élévation de la température d’ébullition et l’abaissement de la température de congélation. Toutes résultent de la diminution du potentiel chimique du solvant provoquée par les particules dissoutes.
Pour une solution idéale contenant un soluté non volatil, la loi de Raoult relie la pression de vapeur du solvant à sa fraction molaire.
Comme est inférieure à l’unité, la pression de vapeur du solvant au-dessus de la solution est inférieure à celle du solvant pur. Dans une solution binaire, la fraction molaire du soluté vérifie . L’abaissement relatif de pression de vapeur s’écrit alors :
Cette relation montre directement le caractère colligatif : l’effet dépend de la proportion de particules de soluté. La loi de Raoult suppose toutefois une solution idéale, c’est-à-dire des interactions suffisamment semblables pour que l’activité du solvant puisse être assimilée à sa fraction molaire.
Abaissement cryoscopique et osmolalité
La congélation débute lorsque les potentiels chimiques du solvant liquide et du solvant solide sont égaux. Le soluté abaisse le potentiel chimique du solvant dans la phase liquide, tandis que la phase solide est considérée comme constituée de solvant presque pur. Il faut donc diminuer davantage la température pour rétablir l’égalité entre les deux phases : la température de congélation de la solution est abaissée.
Contrairement à une concentration rapportée au volume, l’osmolalité est rapportée à une masse de solvant. Elle dépend donc très peu de la dilatation thermique.
L’abaissement cryoscopique permet donc une mesure globale du nombre de particules présentes, sans qu’il soit nécessaire d’en connaître séparément la nature.
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