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Sommaire

  • 1Personnalité juridique et personne juridique
  • 2La capacité juridique
  • 3Principes de la protection juridique des majeurs
  • 4Les principales mesures de protection
    • 4.1La sauvegarde de justice
    • 4.2La curatelle
    • 4.3La tutelle
    • 4.4Les mécanismes complémentaires lock — section verrouillée
  • 5Conséquences sur le consentement aux soins lock — section verrouillée
    • 5.1Le principe d’autonomie du majeur protégé lock — section verrouillée
    • 5.2Assistance ou représentation relative à la personne lock — section verrouillée
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B12 · Droit et santé

Personne juridique, capacité et protection des majeurs

Définir la personnalité juridique, la capacité et les régimes de protection des majeurs. Analyser leurs conséquences sur le recueil du consentement aux soins.

Santé, société, humanité et santé publique·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Personnalité juridique et personne juridique

Définition

Personnalité juridique

Aptitude à être titulaire de droits et d’obligations. Elle permet à une entité d’être reconnue comme un sujet de droit.

La personnalité juridique distingue le sujet de droit, qui possède des droits et supporte des obligations, de l’objet de droit, sur lequel peuvent porter ces droits.

Une personne physique est un être humain doté de la personnalité juridique. Celle-ci commence, en principe, à la naissance si l’enfant naît vivant et viable, puis prend fin au décès. Elle ne dépend ni de l’état de santé, ni de l’autonomie, ni des facultés mentales.

Une personne morale est un groupement auquel le droit attribue une personnalité distincte de celle de ses membres. La protection juridique des majeurs concerne les personnes physiques adultes.

Attention

Personnalité juridique et autonomie ne se confondent pas

Une altération des facultés peut limiter la capacité d’une personne à accomplir seule certains actes, mais elle ne lui retire pas sa personnalité juridique. Le majeur protégé demeure titulaire de ses droits.

La capacité juridique

Définition

Capacité juridique

Aptitude reconnue par le droit à être titulaire de droits et à accomplir valablement les actes juridiques permettant leur mise en œuvre.

La capacité juridique comprend deux dimensions.

  • La capacité de jouissance est l’aptitude à être titulaire d’un droit.
  • La capacité d’action est l’aptitude à accomplir soi-même un acte juridique valable.

En principe, toute personne majeure est capable. Une limitation constitue donc une exception prévue par la loi et doit être justifiée. Elle ne peut pas être déduite automatiquement d’une maladie, d’un handicap, d’une hospitalisation ou d’un âge avancé.

Comparaison

Les deux dimensions de la capacité juridique

CritèreCapacité de jouissanceCapacité d’action
ObjetÊtre titulaire d’un droitAccomplir soi-même un acte juridique
PrincipeReconnue à toute personne juridiquePleine en principe à la majorité
LimitationExceptionnelle et spécialePossible dans le cadre d’une protection
Effet d’une limitationLe droit concerné ne peut être détenuLe droit subsiste mais sa mise en œuvre est encadrée

L’incapacité ne signifie donc pas nécessairement que la personne perd le droit concerné. Le plus souvent, elle modifie les conditions dans lesquelles une décision ou un acte peut être valablement réalisé.

Exemple

Distinguer titularité du droit et accomplissement de l’acte

Mme L. est propriétaire de son appartement. Son jugement de curatelle prévoit l’assistance du curateur pour sa vente.

Mme L. conserve le droit d’être propriétaire de l’appartement : sa capacité de jouissance n’est pas retirée. En revanche, la vente ne peut pas être accomplie valablement par sa seule signature dans le cadre prévu par le jugement : le curateur l’assiste pour cet acte.

La protection encadre donc l’exercice du droit, sans supprimer nécessairement le droit lui-même.

Principes de la protection juridique des majeurs

Définition

Majeur protégé

Personne âgée d’au moins dix-huit ans bénéficiant d’une mesure juridique destinée à protéger ses intérêts lorsque ses facultés sont altérées.

Une mesure de protection peut être ouverte lorsque l’altération des facultés mentales ou corporelles empêche la personne de pourvoir seule à ses intérêts. Cette altération doit être médicalement constatée selon les conditions prévues par la loi.

La protection repose sur quatre principes.

  1. Nécessité : aucune mesure ne doit être prononcée si la situation ne la justifie pas.
  2. Subsidiarité : une mesure contraignante n’est retenue que si un mécanisme moins restrictif ne suffit pas.
  3. Proportionnalité : l’intensité de la protection doit correspondre au degré d’altération.
  4. Individualisation : le contenu de la mesure est adapté aux facultés et aux besoins de la personne.

La protection peut concerner les biens, la personne, ou les deux. Cette distinction est essentielle en santé : un représentant compétent pour les actes patrimoniaux n’est pas nécessairement habilité à intervenir dans les décisions relatives à la personne.

À retenir

Une mesure de protection ne crée pas une incapacité générale automatique. Il faut toujours identifier sa nature, son étendue et les pouvoirs précisément attribués à la personne chargée de la protection.

Les principales mesures de protection

La sauvegarde de justice

Définition

Sauvegarde de justice

Mesure temporaire et légère laissant en principe au majeur la possibilité d’accomplir lui-même les actes juridiques, tout en permettant un contrôle ultérieur de certains actes préjudiciables.

Elle répond à un besoin limité dans le temps ou précède la mise en place d’une mesure plus durable. Un mandataire spécial peut recevoir une mission déterminée, sans que cela transforme la sauvegarde en représentation générale.

La curatelle

Définition

Curatelle

Mesure d’assistance destinée à une personne qui peut agir elle-même mais doit être conseillée ou accompagnée pour certains actes importants.

Le curateur n’a pas vocation à se substituer systématiquement à la personne. La logique est celle d’une codécision encadrée pour les actes visés par la mesure. La curatelle peut être aménagée en fonction du niveau de protection nécessaire.

La tutelle

Définition

Tutelle

Mesure de représentation destinée à une personne qui doit être représentée de manière continue pour les actes définis par le jugement.

Le tuteur agit au nom du majeur dans le périmètre fixé. Toutefois, la représentation patrimoniale n’emporte pas automatiquement représentation pour les décisions concernant la personne ou les soins.

Comparaison

Sauvegarde, curatelle et tutelle

CritèreSauvegardeCuratelleTutelle
IntensitéFaibleIntermédiaireForte
Logique principaleProtection temporaireAssistanceReprésentation
Autonomie juridiqueGlobalement conservéeMaintenue avec accompagnementLimitée dans le périmètre fixé
DuréeTemporaireDurable mais révisableDurable mais révisable
Intervention d’un tiersMission ponctuelle possibleParticipation du curateurAction du tuteur au nom du majeur

Les mécanismes complémentaires

Définition

Habilitation familiale

Mécanisme par lequel le juge autorise un proche à assister ou à représenter un majeur dont les facultés sont altérées, pour certains actes ou de manière plus générale.

Définition

Mandat de protection future

Contrat permettant à une personne d’organiser à l’avance sa protection pour le jour où elle ne pourra plus pourvoir seule à ses intérêts.

Ces mécanismes obéissent également à une logique d’adaptation. Leur existence ne suffit pas à connaître les pouvoirs du mandataire ou de la personne habilitée : le contenu du mandat ou de la décision judiciaire doit être vérifié.

Conséquences sur le consentement aux soins

Définition

Consentement aux soins

Manifestation libre et éclairée de la volonté d’accepter un acte de prévention, de diagnostic ou de traitement après avoir reçu une information adaptée.

Le consentement est attaché à la personne. Il doit être recherché avant les soins et peut être retiré. Les règles générales relatives à l’information du patient sont étudiées dans la fiche consacrée aux droits des patients.

Le principe d’autonomie du majeur protégé

La personne protégée prend elle-même les décisions relatives à sa personne dans la mesure où son état le permet. Le soignant doit donc évaluer sa capacité concrète à comprendre l’information, à apprécier les conséquences de la décision et à exprimer une volonté.

Cette appréciation est distincte de l’existence d’une mesure juridique. Une tutelle ne prouve pas, à elle seule, l’impossibilité de consentir à un soin. Inversement, l’absence de mesure ne garantit pas que la personne puisse décider valablement à un moment donné.

L’information doit être délivrée directement au majeur protégé sous une forme adaptée à ses facultés. Sa volonté, ses préférences et son éventuel refus doivent être recherchés.

Assistance ou représentation relative à la personne

Lorsque le majeur ne peut pas décider seul, la conduite à tenir dépend du contenu de la mesure.

  • En cas d’assistance, la personne chargée de la protection accompagne le majeur sans effacer sa volonté.
  • En cas de représentation relative à la personne, le représentant peut intervenir dans la décision de soins, dans les limites fixées par la loi et le jugement.
  • Si la mesure ne porte que sur les biens, le protecteur ne reçoit pas de ce seul fait le pouvoir de consentir aux soins.
Exemple

Consentement à un soin malgré une protection limitée aux biens

M. R. fait l’objet d’une mesure qui confie à son tuteur la gestion de ses biens, sans pouvoir de représentation relatif à sa personne. Une intervention pour une cataracte est proposée.

Après une information adaptée, M. R. explique avec ses propres mots le but de l’intervention, ses conséquences et son accord. Son consentement est donc recueilli directement.

Le tuteur peut intervenir pour les actes patrimoniaux relevant de sa mission, mais la seule protection des biens ne lui donne pas le pouvoir de consentir à l’intervention à la place de M. R.

Les actes strictement personnels restent soustraits à la substitution d’un tiers. Leur accomplissement dépend nécessairement de la volonté propre de la personne.

Méthode

Recueillir le consentement d’un majeur protégé

  1. Informer directement la personne avec des modalités adaptées à ses facultés
  2. Rechercher sa compréhension, ses préférences et sa volonté
  3. Identifier précisément la mesure de protection en vigueur
  4. Vérifier si elle concerne les biens, la personne ou les deux
  5. Déterminer si le tiers possède une mission d’assistance ou un pouvoir de représentation
  6. Recueillir la décision selon ce cadre, tout en maintenant la participation du majeur

En cas de désaccord entre le majeur et la personne chargée de sa protection, ou lorsque la décision comporte une atteinte grave à l’intégrité corporelle, l’intervention du juge peut être nécessaire. L’urgence médicale peut toutefois imposer une prise en charge immédiate lorsque l’attente exposerait la personne à un risque grave.

À retenir

Règle centrale pour les soins

Le consentement du majeur protégé doit toujours être recherché s’il est apte à exprimer une volonté. L’intervention d’un tiers dépend de ses pouvoirs relatifs à la personne et ne doit jamais conduire à ignorer systématiquement le patient.

Attention

Ne pas déduire le pouvoir de consentir du seul intitulé de la mesure

Les termes curatelle, tutelle ou habilitation familiale ne suffisent pas. Il faut lire le jugement ou le mandat afin de savoir si le tiers assiste la personne, la représente, et dans quel domaine.

Points clés
  • La personnalité juridique est l’aptitude à être titulaire de droits et d’obligations
  • La capacité distingue la titularité d’un droit et l’aptitude à accomplir soi-même un acte juridique
  • Toute limitation doit respecter les principes de nécessité, de subsidiarité, de proportionnalité et d’individualisation
  • La sauvegarde protège temporairement, la curatelle assiste et la tutelle représente dans le périmètre fixé
  • La protection des biens ne confère pas automatiquement un pouvoir sur les décisions de soins
  • Le consentement et la participation du majeur protégé doivent être recherchés selon ses facultés réelles

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Droit et santé.

  • Fiche 01Organisation de la justice et sources du droitDroit et santé
  • Fiche 03Responsabilité médicale : civile, pénale, administrative et disciplinaireDroit et santé
  • Fiche 04Secret médical et dérogations légalesDroit et santé
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    • 4.1La sauvegarde de justice
    • 4.2La curatelle
    • 4.3La tutelle
    • 4.4Les mécanismes complémentaires lock — section verrouillée
  • 5Conséquences sur le consentement aux soins lock — section verrouillée
    • 5.1Le principe d’autonomie du majeur protégé lock — section verrouillée
    • 5.2Assistance ou représentation relative à la personne lock — section verrouillée