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Sommaire

  • 1Finalités de la responsabilité médicale
  • 2Responsabilités civile et administrative
    • 2.1Une finalité commune : indemniser la victime
    • 2.2La responsabilité civile
    • 2.3La responsabilité administrative
  • 3Responsabilité pénale
    • 3.1Une responsabilité personnelle fondée sur une infraction
  • 4Responsabilité disciplinaire lock — section verrouillée
    • 4.1Le contrôle des obligations professionnelles lock — section verrouillée
  • 5Articulation des responsabilités lock — section verrouillée
  • 6Mécanismes d’indemnisation lock — section verrouillée
    • 6.1Indemnisation fondée sur la responsabilité lock — section verrouillée
    • 6.2Procédure devant les commissions de conciliation et d’indemnisation lock — section verrouillée
    • 6.3Solidarité nationale lock — section verrouillée
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  5. Responsabilité médicale : civile, pénale, administrative et disciplinaire

B12 · Droit et santé

Responsabilité médicale : civile, pénale, administrative et disciplinaire

Distinguer les quatre ordres de responsabilité, leurs juridictions et leurs sanctions. Présenter les conditions d'engagement de la responsabilité et les mécanismes d'indemnisation.

Santé, société, humanité et santé publique·schedule8 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Finalités de la responsabilité médicale

La responsabilité médicale désigne l’obligation, pour un professionnel ou un établissement de santé, de répondre juridiquement de faits liés à une activité de prévention, de diagnostic ou de soins. Un même fait peut relever de plusieurs ordres de responsabilité, car chacun protège un intérêt différent.

Définition

Responsabilité juridique

Obligation de répondre d’un comportement devant une autorité compétente et d’en supporter les conséquences prévues par le droit.

La responsabilité peut avoir trois finalités principales :

  • réparer un dommage, par une indemnisation civile ou administrative ;
  • punir une infraction, par une sanction pénale ;
  • garantir le respect des devoirs professionnels, par une sanction disciplinaire.

L’organisation générale des juridictions françaises relève de la fiche précédente. Ici, il faut surtout identifier l’ordre juridictionnel compétent pour chaque responsabilité.

Comparaison

Les quatre ordres de responsabilité médicale

CritèreCivileAdministrativePénaleDisciplinaire
Personne principalement concernéeprofessionnel libéral ou structure privéeétablissement public de santétoute personne auteur d’une infractionprofessionnel soumis à une discipline ordinale
Finalitéréparer un dommageréparer un dommage imputable au service publicpunir une infractionsanctionner un manquement professionnel
Juridiction principaletribunal judiciairetribunal administratifjuridiction pénalejuridiction disciplinaire ordinale
Conséquencedommages et intérêtsindemnitépeinesanction professionnelle
Condition centralefaute, dommage et causalitéfait imputable au service, dommage et causalitééléments constitutifs d’une infractionmanquement déontologique

Responsabilités civile et administrative

Une finalité commune : indemniser la victime

Les responsabilités civile et administrative sont principalement réparatrices. Leur objet n’est pas de punir le professionnel, mais de replacer autant que possible la victime dans la situation où elle se serait trouvée sans le dommage.

Définition

Dommage

Atteinte subie par une personne dans ses intérêts corporels, matériels ou moraux, susceptible d’être juridiquement réparée.

La réparation obéit au principe de réparation intégrale : tous les préjudices juridiquement reconnus doivent être compensés, mais la victime ne doit recevoir ni moins ni davantage que leur valeur.

La responsabilité civile

La responsabilité civile médicale concerne principalement les professionnels libéraux et les établissements privés. Le litige relève des juridictions de l’ordre judiciaire, en premier lieu du tribunal judiciaire.

En principe, son engagement suppose la réunion de trois conditions :

  1. un fait générateur, généralement une faute ;
  2. un dommage certain ;
  3. un lien de causalité entre la faute et le dommage.
Définition

Faute médicale

Manquement d’un professionnel aux obligations juridiques et techniques qui encadrent sa conduite, apprécié au regard des données acquises de la science et des circonstances de la prise en charge.

Le professionnel de santé est en principe tenu d’une obligation de moyens : il doit apporter des soins consciencieux, attentifs et conformes aux connaissances médicales établies, sans garantir la guérison. L’absence de résultat favorable ne suffit donc pas à démontrer une faute.

Le dommage doit être certain, ce qui n’impose pas qu’il soit déjà entièrement réalisé : un préjudice futur peut être réparé si sa survenue est certaine. Il doit également être personnel et directement rattachable au fait invoqué.

Le lien de causalité signifie que le dommage doit résulter du fait générateur. Lorsque la faute a seulement privé la personne d’une probabilité d’éviter une aggravation ou d’obtenir une amélioration, la réparation peut porter sur une perte de chance.

Exemple

Évaluer une perte de chance

Lors d'un retard de diagnostic, l'expertise estime que, si le diagnostic avait été posé à temps, la probabilité d'éviter l'aggravation était de 40%40\%40%.

Le préjudice qui aurait été intégralement réparé si l'aggravation avait été évitée est évalué à 100 000 €.

  • Valeur de la perte de chance : 100 000×40%=40 000100\,000 \times 40\% = 40\,000100000×40%=40000 €.
  • L'indemnisation porte donc sur 40 000 €, et non sur la totalité du préjudice lié à l'aggravation.

Cette somme répare la probabilité perdue d'éviter l'aggravation. Elle ne signifie pas qu'il est certain que le retard de diagnostic a causé à lui seul l'ensemble du dommage.

La responsabilité administrative

La responsabilité administrative médicale concerne les dommages imputables à l’activité d’un établissement public de santé. Le recours relève du tribunal administratif, puis éventuellement de la cour administrative d’appel et du Conseil d’État.

En principe, la victime recherche la responsabilité de l’établissement public, et non celle de l’agent. Une faute de service est une faute rattachée au fonctionnement du service public hospitalier. L’établissement indemnise alors le dommage.

Une faute personnelle détachable du service révèle un comportement qui ne peut être rattaché aux missions normales de l’agent public. Elle peut engager directement la responsabilité personnelle de son auteur. Certaines situations permettent toutefois une articulation entre responsabilité de l’établissement et responsabilité personnelle.

Attention

Le lieu des soins ne suffit pas toujours

La distinction entre responsabilité civile et responsabilité administrative dépend surtout du statut de la structure et du rattachement du fait au service public, et non de la seule profession de l’auteur.

Responsabilité pénale

Une responsabilité personnelle fondée sur une infraction

Définition

Responsabilité pénale

Obligation personnelle de répondre devant une juridiction répressive d’un comportement défini comme une infraction par la loi.

La responsabilité pénale vise la protection de l’ordre social. Elle ne dépend ni du caractère public ou privé de la structure, ni de l’existence d’une relation contractuelle avec le patient.

Son engagement suppose la réunion des éléments constitutifs de l’infraction :

  • un élément légal : un texte doit prévoir et réprimer le comportement ;
  • un élément matériel : le comportement interdit doit être réalisé ;
  • un élément moral : une intention ou, lorsque la loi le prévoit, une faute d’imprudence, de négligence ou un manquement à une obligation de prudence ou de sécurité.
À retenir

Principe de légalité

Il n’existe ni infraction ni peine sans texte. Une faute médicale ne devient pénale que si elle correspond aux éléments d’une infraction légalement définie.

La responsabilité pénale est personnelle : chacun répond de son propre comportement. La responsabilité d’une personne morale peut également être recherchée lorsque les conditions légales sont réunies.

Les juridictions compétentes dépendent de la catégorie de l’infraction :

  • le tribunal de police juge les contraventions ;
  • le tribunal correctionnel juge les délits ;
  • la cour criminelle départementale ou la cour d’assises, selon les règles de compétence, juge les crimes.

Les sanctions pénales comprennent principalement l’amende et l’emprisonnement. Des peines complémentaires peuvent restreindre ou interdire certaines activités.

La juridiction pénale peut aussi statuer sur l’indemnisation lorsque la victime se constitue partie civile. Il faut donc distinguer la peine, prononcée au nom de la société, des dommages et intérêts destinés à réparer le préjudice de la victime.

Responsabilité disciplinaire

Le contrôle des obligations professionnelles

Définition

Responsabilité disciplinaire

Responsabilité engagée lorsqu’un professionnel soumis à une discipline professionnelle méconnaît une règle déontologique ou une obligation liée à sa profession.

Pour les professions dotées d’un ordre, l’action est portée devant les juridictions disciplinaires ordinales. Pour les médecins, elle relève en première instance de la chambre disciplinaire compétente, puis de la chambre disciplinaire nationale. Le Conseil d’État peut contrôler juridiquement la décision par la voie du recours en cassation.

La responsabilité disciplinaire suppose :

  1. l’existence d’une obligation professionnelle ou déontologique ;
  2. un comportement contraire à cette obligation ;
  3. l’imputabilité de ce comportement au professionnel poursuivi.

Aucun dommage n’est nécessaire. Un manquement déontologique peut donc être sanctionné même si aucune atteinte indemnisable n’est démontrée.

Les sanctions ordinales sont graduées :

  • avertissement ;
  • blâme ;
  • interdiction temporaire de pratiquer ;
  • radiation du tableau de l’ordre.

La sanction disciplinaire protège la qualité et la dignité de la profession. Elle n’indemnise pas la victime.

Articulation des responsabilités

Les quatre responsabilités sont autonomes. Un même fait peut donner lieu à plusieurs procédures, car leurs finalités, leurs conditions et leurs sanctions diffèrent.

Ainsi, l’absence de condamnation pénale ne fait pas automatiquement disparaître toute responsabilité civile, administrative ou disciplinaire. Inversement, une indemnisation ne constitue pas une peine et n’empêche pas nécessairement une sanction professionnelle.

Attention

Ne pas confondre faute et infraction

Toute infraction suppose les conditions fixées par le droit pénal, alors qu’une faute civile, administrative ou disciplinaire obéit à d’autres règles. Une faute peut donc ouvrir droit à réparation sans entraîner de condamnation pénale.

La victime doit également choisir la voie indemnitaire adaptée :

  • devant le juge judiciaire pour une activité privée ;
  • devant le juge administratif pour un dommage imputable au service public ;
  • devant le juge pénal avec constitution de partie civile lorsqu’une infraction est poursuivie ;
  • par une procédure amiable lorsqu’elle est disponible.

Mécanismes d’indemnisation

Indemnisation fondée sur la responsabilité

Lorsque la faute, le dommage et le lien de causalité sont établis, l’indemnisation est généralement prise en charge par l’assureur de responsabilité du professionnel ou de l’établissement. L’assurance permet de garantir le paiement des sommes dues à la victime, sans supprimer la responsabilité juridique de l’assuré.

La loi impose aux professionnels et établissements concernés une assurance couvrant leur responsabilité au titre des actes de prévention, de diagnostic ou de soins.

Procédure devant les commissions de conciliation et d’indemnisation

Les commissions de conciliation et d’indemnisation, dites CCI, proposent une voie amiable et gratuite pour certains dommages liés aux soins. Elles peuvent favoriser la conciliation ou rendre un avis sur les causes du dommage, sa gravité et le régime d’indemnisation applicable.

Méthode

Raisonnement indemnitaire

  1. Identifier le dommage et les préjudices qui en résultent
  2. Déterminer si le dommage est imputable à une activité de prévention, de diagnostic ou de soins
  3. Rechercher une faute ou un autre fondement légal de responsabilité
  4. Établir le lien de causalité
  5. Identifier le débiteur de l’indemnisation
  6. Évaluer les préjudices selon le principe de réparation intégrale

Solidarité nationale

Certains accidents médicaux peuvent être indemnisés même en l’absence de faute. Cette réparation relève alors de la solidarité nationale, sous réserve des conditions légales d’imputabilité, de gravité et d’anormalité.

Définition

Accident médical non fautif

Dommage imputable à un acte de prévention, de diagnostic ou de soins, qui ne résulte pas d’une faute mais répond aux conditions légales ouvrant droit à une indemnisation par la solidarité nationale.

L’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, ou ONIAM, intervient dans les situations prévues par la loi. Il peut aussi se substituer à un assureur qui refuse de présenter une offre alors que l’indemnisation relève de sa garantie, avant d’engager un recours contre le responsable ou son assureur.

À retenir

L’indemnisation d’un dommage médical peut reposer soit sur une responsabilité pour faute, prise en charge par le responsable ou son assureur, soit sur la solidarité nationale lorsqu’un dommage non fautif remplit les conditions légales.

Points clés
  • Les responsabilités civile et administrative visent principalement la réparation du dommage
  • La responsabilité pénale sanctionne personnellement une infraction définie par un texte
  • La responsabilité disciplinaire réprime un manquement professionnel sans exiger de dommage
  • La responsabilité civile relève du juge judiciaire, tandis que la responsabilité du service public hospitalier relève du juge administratif
  • Une même conduite peut engager plusieurs responsabilités autonomes
  • L’indemnisation peut être assurantielle, amiable par une CCI ou fondée sur la solidarité nationale par l’ONIAM

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Droit et santé.

  • Fiche 01Organisation de la justice et sources du droitDroit et santé
  • Fiche 02Personne juridique, capacité et protection des majeursDroit et santé
  • Fiche 04Secret médical et dérogations légalesDroit et santé
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  • 3Responsabilité pénale
    • 3.1Une responsabilité personnelle fondée sur une infraction
  • 4Responsabilité disciplinaire lock — section verrouillée
    • 4.1Le contrôle des obligations professionnelles lock — section verrouillée
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