B9 · Membre supérieur
Poignet, main et préhension
Décrire les os du carpe, du métacarpe et des doigts et les articulations du poignet et de la main. Analyser les mouvements de la main et les bases anatomiques de la préhension.
Anatomie générale7 min de lecture17 QCM corrigés
Organisation osseuse du poignet et de la main
Le squelette de la main comprend 27 os répartis en trois ensembles successifs : 8 os du carpe, 5 métacarpiens et 14 phalanges. Cette organisation associe une base proximale stable, indispensable à la transmission des forces, et des segments distaux mobiles, nécessaires à la préhension.
Les os du carpe
La rangée proximale, décrite de dehors en dedans en position anatomique, comprend :
- le scaphoïde ;
- le lunatum, ou semi-lunaire ;
- le triquétrum, ou pyramidal ;
- le pisiforme.
Le pisiforme est un os sésamoïde développé dans le tendon du muscle fléchisseur ulnaire du carpe. Il se place en avant du triquétrum et ne participe donc pas directement à la surface articulaire proximale du carpe.
La rangée distale, également décrite de dehors en dedans, comprend :
- le trapèze ;
- le trapézoïde ;
- le capitatum, ou grand os ;
- l’hamatum, ou os crochu.
Les os du carpe forment un massif concave en avant. Cette gouttière carpienne est fermée par le rétinaculum des fléchisseurs, constituant ainsi le canal carpien. La concavité antérieure permet le passage groupé de tendons fléchisseurs et d’un élément nerveux, dont l’étude détaillée appartient à la fiche consacrée à l’innervation du membre supérieur.
Le métacarpe
Les métacarpiens sont numérotés de I à V, du pouce vers le petit doigt. Chacun présente :
- une base proximale, articulée avec le carpe et les métacarpiens voisins ;
- un corps allongé ;
- une tête distale, articulée avec la phalange proximale correspondante.
Le premier métacarpien est plus court, plus épais et plus mobile que les autres. Son orientation particulière place le pouce dans un plan différent de celui des doigts longs. Les deuxième et troisième métacarpiens constituent au contraire un axe central relativement fixe, autour duquel les rayons périphériques peuvent s’adapter.
Les phalanges
Les doigts sont numérotés de I à V du pouce vers le petit doigt. Les doigts II à V possèdent chacun trois phalanges : proximale, moyenne et distale. Le pouce ne possède que deux phalanges, proximale et distale.
Chaque phalange comprend une base, un corps et une tête. Les phalanges distales se terminent par une tubérosité qui soutient la pulpe digitale. La mobilité segmentaire des phalanges permet aux doigts d’épouser la forme d’un objet, tandis que leur alignement transmet les forces jusqu’au carpe.
Articulations du poignet
Articulation radio-carpienne
L’ulna ne s’articule pas directement avec les os du carpe. Il en est séparé par un disque articulaire, élément du complexe fibrocartilagineux triangulaire. La surface antébrachiale concave reçoit le condyle carpien convexe.
La capsule articulaire est renforcée par des ligaments palmaires, dorsaux et collatéraux. Ces moyens d’union guident les mouvements tout en empêchant une translation excessive des os du carpe.
Articulations intercarpiennes et médio-carpienne
Les articulations intercarpiennes unissent les os voisins d’une même rangée. L’articulation médio-carpienne sépare les deux rangées du carpe. Sa ligne articulaire irrégulière permet des glissements coordonnés entre les différents os.
Les mouvements visibles du poignet résultent donc de l’association des mobilités radio-carpienne et médio-carpienne. Aucun os carpien ne se déplace isolément : les ligaments imposent un mouvement collectif et contrôlé.
Articulations de la main
Articulations carpo-métacarpiennes
Les articulations carpo-métacarpiennes unissent la rangée distale du carpe aux bases des métacarpiens.
Celles des deuxième et troisième rayons sont peu mobiles et stabilisent la paume. Celles des quatrième et cinquième rayons sont plus mobiles, ce qui permet à la partie ulnaire de la main de se creuser et de s’adapter à la préhension.
L’articulation carpo-métacarpienne du pouce, entre le trapèze et le premier métacarpien, est une articulation en selle. Ses surfaces sont concaves dans un axe et convexes dans l’axe perpendiculaire. Cette géométrie autorise une mobilité dans plusieurs plans et rend possible l’opposition.
Articulations métacarpo-phalangiennes
Les articulations métacarpo-phalangiennes permettent la flexion et l’extension, mais aussi l’abduction et l’adduction. Leur capsule est renforcée par des ligaments collatéraux et par une plaque palmaire fibrocartilagineuse. Les ligaments collatéraux se tendent en flexion, ce qui réduit alors les mouvements latéraux.
Articulations interphalangiennes
Les articulations interphalangiennes sont des articulations de type trochléen : elles autorisent essentiellement la flexion et l’extension autour d’un axe transversal.
Les doigts II à V possèdent une articulation interphalangienne proximale et une articulation interphalangienne distale. Le pouce ne possède qu’une seule articulation interphalangienne.
Mouvements du poignet et des doigts
Le poignet réalise la flexion palmaire, l’extension dorsale, l’inclinaison radiale vers le pouce et l’inclinaison ulnaire vers le petit doigt. Leur combinaison produit une circumduction, mouvement au cours duquel la main décrit successivement plusieurs directions sans véritable rotation axiale autonome.
Pour les doigts longs, l’abduction correspond à l’éloignement par rapport à l’axe du troisième doigt, tandis que l’adduction correspond au rapprochement vers cet axe. Le troisième doigt peut donc s’écarter de part et d’autre de sa position de référence.
Les muscles moteurs se répartissent en deux ensembles. Les muscles extrinsèques, dont le corps musculaire se situe dans l’avant-bras, transmettent leur action par de longs tendons. Les muscles intrinsèques, entièrement situés dans la main, règlent plus finement la position des doigts. Leur description détaillée et leur innervation sont traitées avec l’organisation vasculo-nerveuse du membre supérieur.
Bases anatomiques de la préhension
La préhension repose sur plusieurs conditions anatomiques complémentaires :
- un poignet stabilisé, fournissant une base d’action aux tendons digitaux ;
- une paume déformable grâce à la mobilité des rayons périphériques ;
- des doigts longs capables de s’enrouler par flexion successive ;
- un pouce mobile pouvant se placer en face des autres doigts ;
- une coordination entre muscles extrinsèques et intrinsèques ;
- des surfaces pulpaires distales permettant un contact précis.
L’opposition ne correspond donc pas à un mouvement simple dans un seul plan. Elle dépend principalement de l’articulation en selle entre le trapèze et le premier métacarpien. Le mouvement inverse est la rétroposition, qui ramène le pouce vers sa position initiale.
La main possède des arches longitudinales et transversales. Les arches longitudinales suivent les rayons digitaux ; les arches transversales traversent le carpe et le métacarpe. Leur déformation contrôlée creuse la paume et rapproche les doigts du pouce.
La prise de force utilise largement la paume et la flexion globale des doigts autour de l’objet. La prise de précision privilégie l’opposition du pouce et le contact avec une ou plusieurs pulpes digitales. Ces deux modalités reposent sur la même architecture, mais diffèrent par l’étendue des surfaces de contact et par le degré de contrôle digital.
Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche
Il reste 2 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.