Reconnaître les primitives des fonctions usuelles et calculer une intégrale définie. Maîtriser l'intégration par parties, le changement de variable et les propriétés de parité, et interpréter une intégrale comme une aire.
Biostatistiques et méthodes d'analyse·schedule5 min de lecture·quiz15 QCM corrigés
Primitives d’une fonction
La dérivation, étudiée dans la fiche précédente, associe à une fonction son taux de variation. La recherche d’une primitive réalise l’opération inverse.
Une fonction continue sur un intervalle y admet au moins une primitive. Cette condition est suffisante, mais elle n’est pas nécessaire.
Si F est une primitive de f, alors F+C est également une primitive de f pour toute constante réelle C, car la dérivée d’une constante est nulle. Réciproquement, sur un intervalle, deux primitives d’une même fonction diffèrent nécessairement d’une constante.
La notation ∫f(x)dx désigne l’ensemble des primitives de f. Elle doit donc comporter la constante C lorsqu’on cherche une primitive générale.
Primitives usuelles
Dans les relations suivantes, a, b et α sont des constantes réelles, avec a=0.
Le facteur 1/a provient de la dérivation d’une fonction composée : la dérivée de ax+b vaut a. Reconnaître cette structure permet d’éviter de mémoriser chaque forme séparément.
Intégrale définie
La constante d’une primitive disparaît dans la différence, puisque les termes constants se compensent. L’intégrale définie est donc un nombre, alors qu’une primitive est une fonction.
Propriétés fondamentales de l’intégrale
L’intégrale est linéaire. Pour des fonctions intégrables f et g et des constantes réelles λ et μ :
∫ab(λf(x)+μg(x))dx=λ∫abf(x)dx+μ∫abg(x)dx.
Elle est également additive par rapport aux intervalles. Pour tout réel c situé dans l’intervalle considéré :
∫abf(x)dx=∫acf(x)dx+∫cbf(x)dx.
L’ordre des bornes détermine l’orientation :
∫baf(x)dx=−∫abf(x)dxet∫aaf(x)dx=0.
Enfin, si f(x)≥0 sur [a,b] avec a≤b, alors son intégrale est positive ou nulle. Plus généralement, si f(x)≤g(x) sur cet intervalle, alors :
∫abf(x)dx≤∫abg(x)dx.
Ces propriétés permettent de contrôler un résultat sans recalculer directement l’intégrale.
Intégration par parties
L’intégration par parties transforme l’intégrale d’un produit en utilisant la formule de dérivation d’un produit. Elle est utile lorsqu’un facteur devient plus simple après dérivation tandis que l’autre possède une primitive facilement identifiable.
L’objectif n’est pas seulement de déplacer une dérivée : l’intégrale obtenue doit être plus simple que l’intégrale initiale.
Changement de variable
Si x=φ(t), alors la différentielle devient dx=φ′(t)dt. Les bornes doivent être transformées en même temps que l’intégrande.
Parité et intervalle symétrique
Sur un intervalle symétrique [−a,a], avec a≥0 :
∫−aaf(x)dx=2∫0af(x)dxsi f est paire,
tandis que :
∫−aaf(x)dx=0si f est impaire.
Dans le premier cas, les contributions des deux moitiés sont égales. Dans le second, elles sont opposées et se compensent.
Interprétation géométrique
Lorsque a≤b, l’intégrale ∫abf(x)dx représente une aire algébrique entre le graphe de f, l’axe des abscisses et les droites d’équations x=a et x=b.
Les régions situées au-dessus de l’axe contribuent positivement, tandis que celles situées au-dessous contribuent négativement. Une intégrale n’est donc pas toujours une aire géométrique positive.
L’aire géométrique totale s’écrit :
∫ab∣f(x)∣dx.
Si la fonction change de signe, il faut découper l’intervalle aux points où elle s’annule, puis additionner les valeurs absolues des intégrales obtenues.