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Sommaire

  • 1Principe général de la propagation axonale
    • 1.1Courants locaux et dépolarisation du segment voisin
  • 2Pourquoi la propagation est-elle unidirectionnelle ?
  • 3Conduction continue dans les axones non myélinisés
  • 4Myéline et conduction saltatoire lock — section verrouillée
  • 5Facteurs déterminant la vitesse de conduction lock — section verrouillée
    • 5.1Diamètre axonal lock — section verrouillée
    • 5.2Myélinisation lock — section verrouillée
  • 6Continuité et sécurité de la propagation lock — section verrouillée
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  5. Propagation du potentiel d'action et rôle de la myéline

B8 · Physiologie cellulaire et neuromusculaire

Propagation du potentiel d'action et rôle de la myéline

Expliquer la propagation de proche en proche et son caractère unidirectionnel. Comparer conduction continue et conduction saltatoire et relier vitesse, diamètre axonal et myélinisation.

Physiologie·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Principe général de la propagation axonale

La fiche précédente décrit le potentiel de repos, le déclenchement du potentiel d'action et ses phases ioniques ; ici, ces mécanismes sont seulement mobilisés pour comprendre comment le signal se déplace le long de l'axone.

Définition

Axone

Prolongement du neurone spécialisé dans la conduction du potentiel d'action depuis sa zone de déclenchement vers ses terminaisons.

Définition

Propagation du potentiel d'action

Déplacement d'une onde de dépolarisation régénérée le long de la membrane axonale, sans diminution progressive de son amplitude.

Le potentiel d'action n'est pas un objet matériel transporté le long de l'axone. Il correspond à une succession de potentiels d'action locaux déclenchés dans des régions membranaires voisines. Chaque région activée fournit ainsi le courant nécessaire à l'activation de la suivante.

Courants locaux et dépolarisation du segment voisin

Lorsqu'un segment de membrane est dépolarisé, l'entrée de charges positives rend sa face interne momentanément plus positive que celle des segments voisins encore au repos. Cette différence de potentiel provoque des courants locaux dans l'axoplasme, c'est-à-dire le milieu intracellulaire de l'axone.

Définition

Courant local

Déplacement passif de charges électriques entre une région membranaire dépolarisée et une région voisine encore au repos.

Les charges positives se déplacent longitudinalement vers le segment voisin et dépolarisent sa membrane. Si cette dépolarisation atteint le seuil d'ouverture des canaux sodiques dépendants du potentiel, un nouveau potentiel d'action apparaît. Celui-ci crée à son tour des courants locaux vers le segment suivant.

La propagation associe donc deux phénomènes :

  1. une diffusion passive et décroissante du courant entre deux régions ;
  2. une régénération active du potentiel d'action par les canaux dépendants du potentiel.

Cette régénération explique que l'amplitude du potentiel d'action reste globalement constante au cours de la propagation. Le courant local, lui, s'atténue avec la distance, mais il n'a besoin que d'amener la région suivante jusqu'au seuil.

À retenir

Une propagation sans atténuation

Le potentiel d'action conserve son amplitude parce qu'il est régénéré à chaque région excitable. Il ne se propage pas comme un simple signal passif décroissant.

Pourquoi la propagation est-elle unidirectionnelle ?

À partir d'une région dépolarisée, les courants locaux se répartissent physiquement dans les deux directions de l'axone. Pourtant, dans les conditions physiologiques, le potentiel d'action progresse de la zone de déclenchement vers les terminaisons axonales.

Cette asymétrie repose sur l'état différent des régions situées de part et d'autre du front de propagation :

  • en avant, la membrane est au repos et ses canaux sodiques sont disponibles ;
  • en arrière, la membrane vient de produire un potentiel d'action et se trouve en période réfractaire.
Définition

Période réfractaire absolue

Intervalle suivant le déclenchement d'un potentiel d'action pendant lequel aucun nouveau potentiel d'action ne peut être produit, quelle que soit l'intensité de la dépolarisation.

La période réfractaire absolue est principalement due à l'inactivation transitoire des canaux sodiques dépendants du potentiel. Tant que ces canaux ne sont pas redevenus disponibles, le courant local rétrograde ne peut pas réexciter la membrane située en arrière.

La période réfractaire relative qui suit correspond à une excitabilité diminuée, notamment parce qu’une conductance potassique élevée tend encore à ramener le potentiel membranaire vers des valeurs négatives. Elle renforce l'impossibilité d'une réactivation immédiate.

Attention

Courants bidirectionnels, propagation physiologique unidirectionnelle

Les courants locaux se dirigent des deux côtés de la région active, mais seule la membrane située en avant est immédiatement excitable. L'unidirectionnalité ne vient donc pas d'un déplacement du courant dans une seule direction, mais de la réfractarité de la région située en arrière.

Conduction continue dans les axones non myélinisés

Définition

Conduction continue

Mode de propagation dans lequel chaque portion successive de la membrane axonale produit un potentiel d'action.

Dans un axone non myélinisé, les canaux dépendants du potentiel sont distribués le long de la membrane excitable. Le courant produit par une région active dépolarise directement la région immédiatement voisine. Le potentiel d'action est donc régénéré de proche en proche sur toute la longueur de l'axone.

Cette conduction est relativement lente, car chaque segment membranaire doit successivement :

  • être chargé électriquement jusqu'au seuil ;
  • ouvrir ses canaux sodiques ;
  • produire un potentiel d'action complet.

La membrane laisse également fuir une partie des courants locaux à travers ses canaux, ce qui limite la distance sur laquelle une dépolarisation passive peut agir efficacement.

Myéline et conduction saltatoire

Définition

Myéline

Enveloppe membranaire riche en lipides, enroulée autour de certains axones par les cellules de Schwann dans le système nerveux périphérique et par les oligodendrocytes dans le système nerveux central.

La gaine de myéline n'est pas continue. Elle est interrompue à intervalles réguliers par des zones où la membrane axonale reste exposée.

Définition

Nœud de Ranvier

Courte interruption de la gaine de myéline où la membrane axonale possède une forte densité de canaux sodiques dépendants du potentiel.

La portion myélinisée comprise entre deux nœuds constitue un segment internodal. Sous la myéline, les échanges ioniques transmembranaires sont fortement réduits. Le potentiel d'action est donc régénéré essentiellement au niveau des nœuds.

Définition

Conduction saltatoire

Mode de propagation propre aux axones myélinisés, dans lequel le potentiel d'action est régénéré d'un nœud de Ranvier au suivant.

La myéline modifie deux propriétés électriques de la membrane :

  • elle augmente la résistance membranaire, ce qui limite les fuites de courant à travers la membrane internodale ;
  • elle diminue la capacité membranaire, c'est-à-dire la quantité de charges nécessaire pour modifier le potentiel de membrane.

Le courant local se propage ainsi plus loin sous la myéline et charge plus rapidement le nœud suivant jusqu'au seuil. Le potentiel d'action paraît « sauter » d'un nœud à l'autre, mais il n'y a aucun saut matériel : un courant passif traverse le segment internodal, puis un nouveau potentiel d'action est activement régénéré au nœud suivant.

Comparaison

Conduction continue et conduction saltatoire

CritèreConduction continueConduction saltatoire
Type d'axonenon myélinisémyélinisé
Régénération du potentiel d'actionsur toute la membrane successiveprincipalement aux nœuds de Ranvier
Fuites de courantplus importanteslimitées par la myéline
Charge de la membraneplus lenteplus rapide aux nœuds
Vitesse de conductionplus faibleplus élevée
Dépense ionique directerépartie sur toute la membraneconcentrée aux nœuds
À retenir

Double effet électrique de la myéline

La myéline accélère la conduction parce qu'elle augmente la résistance membranaire et diminue la capacité membranaire. Le courant internodal fuit moins et atteint plus rapidement le nœud suivant.

Facteurs déterminant la vitesse de conduction

Définition

Vitesse de conduction

Distance parcourue par le front du potentiel d'action par unité de temps le long de l'axone.

Diamètre axonal

Le courant longitudinal rencontre une résistance interne liée à l'axoplasme. Lorsque le diamètre de l'axone augmente, la section disponible pour le déplacement des charges devient plus grande. La résistance axiale diminue donc, ce qui permet au courant local d'atteindre plus rapidement et plus efficacement les régions éloignées.

Formule

Résistance longitudinale d'un segment axonal

Ri=ρLπr2R_{\mathrm{i}} = \frac{\rho L}{\pi r^{2}}Ri​=πr2ρL​
  • RiR_{\mathrm{i}}Ri​ : résistance interne longitudinale du segment, en ohms
  • ρ\rhoρ : résistivité de l'axoplasme, en ohms-mètres
  • LLL : longueur du segment considéré, en mètres
  • rrr : rayon interne de l'axone, en mètres
  • π\piπ : constante géométrique sans unité

À longueur et résistivité identiques, l'augmentation du rayon réduit fortement la résistance interne puisqu'elle dépend de l'inverse de r2r^2r2. Un axone de plus grand diamètre conduit donc plus rapidement qu'un axone plus fin présentant par ailleurs les mêmes propriétés.

Exemple

Effet d'un doublement du rayon sur la résistance axiale

Considérons deux segments axonaux de même longueur LLL et de même résistivité axoplasmique ρ\rhoρ. Seul leur rayon diffère.

  • Axone fin : r=5 μmr = \pu{5 \mu m}r=5 μm
  • Axone large : r=10 μmr = \pu{10 \mu m}r=10 μm

Le rayon de l'axone large est donc multiplié par 222. Or la résistance interne varie comme l'inverse du carré du rayon :

Ri,largeRi,fin=122=14\frac{R_{\mathrm{i,large}}}{R_{\mathrm{i,fin}}} = \frac{1}{2^2} = \frac{1}{4}Ri,fin​Ri,large​​=221​=41​

La résistance interne de l'axone large vaut donc le quart de celle de l'axone fin. Le courant longitudinal y rencontre moins d'opposition et peut dépolariser plus efficacement les régions situées en aval : à propriétés membranaires identiques, l'axone large conduit plus rapidement.

Myélinisation

À diamètre comparable, un axone myélinisé conduit plus rapidement qu'un axone non myélinisé. La myéline permet en effet au courant passif de franchir une plus grande distance avant qu'une nouvelle régénération active soit nécessaire.

Dans les axones non myélinisés, la vitesse vvv augmente approximativement comme la racine carrée du diamètre ddd, soit v∝dv \propto \sqrt{d}v∝d​. Dans les axones myélinisés, elle augmente approximativement en proportion du diamètre, soit v∝dv \propto dv∝d. Ces relations expriment des tendances générales et non des égalités universelles.

Attention

La vitesse ne dépend pas seulement du diamètre

Un grand diamètre accélère la conduction en diminuant la résistance axiale, tandis que la myéline agit sur la résistance et la capacité membranaires. Diamètre et myélinisation sont donc deux déterminants distincts qui peuvent renforcer conjointement la vitesse.

Continuité et sécurité de la propagation

Pour que la conduction se poursuive, le courant provenant d'une région active doit être suffisant pour amener la région suivante au seuil. La différence entre le courant disponible et le courant minimal nécessaire constitue une marge de sécurité fonctionnelle.

Dans l'axone myélinisé, la distance entre les nœuds doit rester compatible avec l'atténuation du courant passif. Des nœuds trop éloignés ne recevraient pas une dépolarisation suffisante, tandis qu'une multiplication excessive des nœuds réduirait l'avantage de la conduction saltatoire. L'organisation internodale réalise donc un compromis entre distance parcourue passivement et régénération active fiable.

Points clés
  • La propagation résulte de courants locaux passifs suivis d'une régénération active du potentiel d'action.
  • La période réfractaire de la membrane située en arrière impose la direction physiologique de propagation.
  • La conduction continue régénère le potentiel d'action sur toute la membrane d'un axone non myélinisé.
  • La conduction saltatoire régénère le potentiel d'action principalement aux nœuds de Ranvier.
  • La myéline accélère la conduction en limitant les fuites de courant et en réduisant la charge électrique nécessaire.
  • L'augmentation du diamètre axonal diminue la résistance longitudinale et augmente la vitesse de conduction.

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