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Sommaire

  • 1Organisation fonctionnelle d’une synapse chimique
  • 2De l’arrivée du potentiel d’action à l’exocytose
    • 2.1Ouverture des canaux calciques
    • 2.2Arrimage et fusion des vésicules
  • 3Action du neurotransmetteur sur la cellule postsynaptique
    • 3.1Récepteurs ionotropes et métabotropes
  • 4Potentiels postsynaptiques excitateurs et inhibiteurs lock — section verrouillée
    • 4.1Potentiel postsynaptique excitateur lock — section verrouillée
    • 4.2Potentiel postsynaptique inhibiteur lock — section verrouillée
  • 5Fin du signal et devenir des neurotransmetteurs lock — section verrouillée
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  5. Transmission synaptique et neurotransmetteurs

B8 · Physiologie cellulaire et neuromusculaire

Transmission synaptique et neurotransmetteurs

Décrire les étapes de la transmission chimique, de l'entrée du calcium présynaptique à la réponse postsynaptique. Distinguer potentiels postsynaptiques excitateurs et inhibiteurs et présenter le devenir des neurotransmetteurs.

Physiologie·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Organisation fonctionnelle d’une synapse chimique

Définition

Synapse chimique

Zone spécialisée dans laquelle une cellule présynaptique transmet une information à une cellule postsynaptique par libération d’un neurotransmetteur dans un espace extracellulaire appelé fente synaptique.

Une synapse chimique comporte trois éléments :

  • le bouton présynaptique, qui contient des vésicules remplies de neurotransmetteur ;
  • la fente synaptique, séparant les deux cellules ;
  • la membrane postsynaptique, enrichie en récepteurs du neurotransmetteur.

La transmission est orientée de la cellule présynaptique vers la cellule postsynaptique, car l’appareil de libération se trouve d’un côté et les récepteurs de l’autre. Elle convertit successivement un signal électrique en signal chimique, puis le signal chimique en réponse électrique ou métabolique.

Le potentiel d’action et sa propagation sont étudiés dans les deux fiches précédentes. Ici, le potentiel d’action constitue le signal qui atteint la terminaison présynaptique, sans que son mécanisme soit repris.

Définition

Neurotransmetteur

Molécule de signalisation stockée ou produite par une terminaison présynaptique, libérée en réponse à son activité et capable de modifier le fonctionnement d’une cellule postsynaptique portant les récepteurs correspondants.

Les neurotransmetteurs appartiennent à plusieurs familles chimiques : acides aminés, amines, peptides, dérivés puriques, lipides ou molécules gazeuses. Leur nature chimique conditionne leur synthèse, leur stockage et leur mode d’élimination.

De l’arrivée du potentiel d’action à l’exocytose

Ouverture des canaux calciques

Lorsque le potentiel d’action atteint le bouton présynaptique, sa dépolarisation ouvre des canaux calciques dépendants du voltage. Le calcium est beaucoup plus concentré dans le milieu extracellulaire que dans le cytosol. L’ouverture des canaux entraîne donc une entrée rapide d’ions CaX2+\ce{Ca^{2+}}CaX2+ selon leur gradient électrochimique.

Cette entrée reste localisée à proximité des canaux. Elle crée des régions cytosoliques transitoirement riches en calcium, au voisinage immédiat des vésicules prêtes à fusionner. Une proximité étroite est nécessaire, car la concentration cytosolique de calcium diminue rapidement après la fermeture des canaux.

Arrimage et fusion des vésicules

Les vésicules synaptiques destinées à être libérées sont regroupées dans une zone active de la membrane présynaptique. Certaines sont déjà arrimées et préparées à la fusion. Elles constituent un ensemble immédiatement mobilisable.

Le calcium se fixe sur une protéine vésiculaire sensible à sa concentration. Cette fixation déclenche l’action d’un complexe de protéines de fusion, appelé complexe SNARE, qui rapproche la membrane vésiculaire de la membrane plasmique. Les deux bicouches lipidiques fusionnent alors et le contenu de la vésicule est expulsé dans la fente synaptique par exocytose.

Définition

Libération quantique

Mode de sécrétion selon lequel le neurotransmetteur est libéré par unités discrètes correspondant chacune au contenu d’une vésicule synaptique.

La quantité totale libérée dépend surtout du nombre de vésicules qui fusionnent. Comme la fusion est très sensible à la concentration locale en calcium, une augmentation de l’entrée de CaX2+\ce{Ca^{2+}}CaX2+ accroît fortement la probabilité d’exocytose.

Méthode

Étapes de la transmission chimique

  1. Arrivée du potentiel d’action dans le bouton présynaptique
  2. Dépolarisation de la membrane présynaptique
  3. Ouverture des canaux calciques dépendants du voltage
  4. Entrée locale de CaX2+\ce{Ca^{2+}}CaX2+ dans le cytosol
  5. Activation des protéines d’arrimage et de fusion
  6. Exocytose du neurotransmetteur dans la fente synaptique
  7. Diffusion et fixation du neurotransmetteur sur ses récepteurs postsynaptiques
  8. Modification de conductances ioniques ou activation d’une voie intracellulaire
À retenir

Rôle déclencheur du calcium

L’entrée présynaptique de CaX2+\ce{Ca^{2+}}CaX2+ constitue le lien indispensable entre la dépolarisation du bouton synaptique et l’exocytose des vésicules.

Action du neurotransmetteur sur la cellule postsynaptique

Après sa libération, le neurotransmetteur diffuse sur la faible largeur de la fente synaptique puis se fixe de manière réversible à des récepteurs spécifiques.

Récepteurs ionotropes et métabotropes

Comparaison

Deux modes de réception postsynaptique

CritèreRécepteur ionotropeRécepteur métabotrope
Naturecanal ionique activé par un ligandrécepteur couplé à une voie intracellulaire
Action initialemodification directe d’une conductance ioniqueactivation de protéines et de seconds messagers
Délaibrefplus long
Durée habituellecourteprolongée
Effetsprincipalement électriquesélectriques, métaboliques ou enzymatiques

Un récepteur ionotrope contient lui-même un canal. La fixation du neurotransmetteur l’ouvre directement et modifie rapidement la perméabilité membranaire à certains ions.

Un récepteur métabotrope ne forme pas nécessairement un canal. Il déclenche une cascade intracellulaire susceptible de modifier indirectement des canaux, des enzymes ou d’autres fonctions cellulaires. La réponse est plus lente, mais elle peut être amplifiée et persister davantage.

Potentiels postsynaptiques excitateurs et inhibiteurs

Définition

Potentiel postsynaptique

Variation locale et graduée du potentiel de membrane postsynaptique provoquée par l’action d’un neurotransmetteur sur ses récepteurs.

À la différence du potentiel d’action, un potentiel postsynaptique n’obéit pas à la loi du tout ou rien. Son amplitude dépend notamment de la quantité de neurotransmetteur libérée, du nombre de récepteurs activés et de la force électrochimique agissant sur les ions perméants.

Le sens du courant ionique dépend du potentiel de membrane VmV_mVm​ et du potentiel d’inversion ErevE_{\mathrm{rev}}Erev​, valeur vers laquelle tend le potentiel membranaire lorsque la conductance activée domine.

Formule

Courant postsynaptique

Isyn=gsyn(Vm−Erev)I_{\mathrm{syn}} = g_{\mathrm{syn}}\left(V_m - E_{\mathrm{rev}}\right)Isyn​=gsyn​(Vm​−Erev​)
  • IsynI_{\mathrm{syn}}Isyn​ : courant ionique synaptique
  • gsyng_{\mathrm{syn}}gsyn​ : conductance synaptique ouverte
  • VmV_mVm​ : potentiel de membrane postsynaptique
  • ErevE_{\mathrm{rev}}Erev​ : potentiel d’inversion du courant synaptique
Exemple

Calculer un courant synaptique à partir du potentiel d’inversion

Considérons l’ouverture d’une conductance synaptique de gsyn=2 nSg_{\mathrm{syn}} = \pu{2 nS}gsyn​=2 nS chez une cellule dont le potentiel de membrane est Vm=−70 mVV_m = \pu{-70 mV}Vm​=−70 mV. Le potentiel d’inversion de cette conductance est Erev=0 mVE_{\mathrm{rev}} = \pu{0 mV}Erev​=0 mV.

Isyn=gsyn(Vm−Erev)I_{\mathrm{syn}} = g_{\mathrm{syn}}\left(V_m - E_{\mathrm{rev}}\right)Isyn​=gsyn​(Vm​−Erev​)Isyn=2 nS×(−70 mV−0 mV)=−140 pAI_{\mathrm{syn}} = \pu{2 nS} \times \left(\pu{-70 mV} - \pu{0 mV}\right) = \pu{-140 pA}Isyn​=2 nS×(−70 mV−0 mV)=−140 pA

Le courant synaptique vaut −140 pA\pu{-140 pA}−140 pA. Son signe négatif correspond à un courant entrant de charges positives selon la convention usuelle. Comme ErevE_{\mathrm{rev}}Erev​ est plus positif que VmV_mVm​, l’ouverture de cette conductance entraîne le potentiel de membrane vers 0 mV\pu{0 mV}0 mV et produit un effet dépolarisant.

Potentiel postsynaptique excitateur

Définition

Potentiel postsynaptique excitateur

Variation graduée du potentiel membranaire qui rapproche la cellule postsynaptique du seuil de déclenchement d’un potentiel d’action et augmente ainsi sa probabilité de décharge.

Il résulte généralement de l’ouverture de canaux dont le potentiel d’inversion est plus positif que le potentiel membranaire initial. Le courant net dépolarise alors la membrane. L’effet reste local et décroît avec la distance et le temps.

Potentiel postsynaptique inhibiteur

Définition

Potentiel postsynaptique inhibiteur

Variation de conductance qui éloigne le potentiel membranaire du seuil ou réduit l’effet des courants excitateurs, diminuant ainsi la probabilité de déclenchement d’un potentiel d’action.

L’inhibition peut reposer sur une hyperpolarisation, lorsque le potentiel est déplacé vers une valeur plus négative. Elle peut aussi résulter d’une augmentation de conductance maintenant le potentiel près d’une valeur stable. Cette dernière diminue l’efficacité des courants excitateurs en les dissipant à travers la membrane : il s’agit d’une inhibition par court-circuit.

Attention

Dépolarisation et excitation ne sont pas synonymes

Une dépolarisation est une variation électrique vers des valeurs moins négatives ; une excitation est un effet fonctionnel augmentant la probabilité de déclenchement d’un potentiel d’action. Selon le potentiel d’inversion et le seuil, une faible dépolarisation peut néanmoins exercer un effet inhibiteur en stabilisant la membrane sous le seuil.

Comparaison

Réponses postsynaptiques

CritèrePotentiel excitateurPotentiel inhibiteur
Effet sur la déchargeprobabilité augmentéeprobabilité diminuée
Relation au seuilrapproche fonctionnellement du seuiléloigne du seuil ou réduit l’excitation
Mécanisme fréquentconductance à potentiel d’inversion positifhyperpolarisation ou court-circuit
Naturelocal et graduélocal et gradué

Une cellule reçoit simultanément de nombreuses influences excitatrices et inhibitrices. Leur intégration temporelle et spatiale, qui détermine la décharge neuronale finale, relève de la fiche suivante consacrée à la sommation et à l’intégration neuronale.

À retenir

Le caractère excitateur ou inhibiteur n’est pas une propriété absolue du neurotransmetteur : il dépend du récepteur activé, des ions conduits, du potentiel d’inversion et de l’état électrique de la cellule postsynaptique.

Fin du signal et devenir des neurotransmetteurs

La transmission doit être brève et contrôlée. Si le neurotransmetteur persistait dans la fente, les récepteurs resteraient activés et les messages successifs ne pourraient plus être distingués.

Trois mécanismes principaux interrompent son action :

  1. Recapture par des transporteurs membranaires de la terminaison présynaptique ou des cellules gliales. Le neurotransmetteur récupéré peut être recyclé ou dégradé.
  2. Dégradation enzymatique dans la fente ou après recapture. Les produits obtenus peuvent être éliminés ou servir à une nouvelle synthèse.
  3. Diffusion extrasynaptique hors de la fente, ce qui réduit sa concentration au voisinage des récepteurs.

Les membranes des vésicules ajoutées à la membrane présynaptique par exocytose sont récupérées par endocytose. De nouvelles vésicules sont formées, remplies grâce à des transporteurs spécifiques puis réintroduites dans les ensembles vésiculaires. Le calcium cytosolique est parallèlement éliminé par des pompes et des échangeurs, ce qui met fin au signal déclencheur de l’exocytose.

Les petits neurotransmetteurs sont généralement synthétisés dans la terminaison et chargés dans de petites vésicules. Les neurotransmetteurs peptidiques sont synthétisés dans le corps cellulaire, conditionnés dans le système endomembranaire puis transportés vers la terminaison. Cette différence explique que leur renouvellement soit plus lent.

Points clés
  • Le potentiel d’action présynaptique ouvre des canaux calciques dépendants du voltage
  • L’entrée de CaX2+\ce{Ca^{2+}}CaX2+ déclenche la fusion vésiculaire et la libération quantique du neurotransmetteur
  • Les récepteurs ionotropes agissent directement sur une conductance, tandis que les récepteurs métabotropes activent une voie intracellulaire
  • Un potentiel postsynaptique excitateur augmente la probabilité de décharge ; un potentiel inhibiteur la diminue
  • L’effet dépend du récepteur, du potentiel d’inversion et du potentiel de membrane, non du seul neurotransmetteur
  • Le signal cesse par recapture, dégradation enzymatique ou diffusion hors de la fente

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Physiologie cellulaire et neuromusculaire.

  • Fiche 01Potentiel de repos et potentiel d'actionPhysiologie cellulaire et neuromusculaire
  • Fiche 02Propagation du potentiel d'action et rôle de la myélinePhysiologie cellulaire et neuromusculaire
  • Fiche 04Sommation et intégration neuronalePhysiologie cellulaire et neuromusculaire
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  • 3Action du neurotransmetteur sur la cellule postsynaptique
    • 3.1Récepteurs ionotropes et métabotropes
  • 4Potentiels postsynaptiques excitateurs et inhibiteurs lock — section verrouillée
    • 4.1Potentiel postsynaptique excitateur lock — section verrouillée
    • 4.2Potentiel postsynaptique inhibiteur lock — section verrouillée
  • 5Fin du signal et devenir des neurotransmetteurs lock — section verrouillée