homecarab1.fr
Physiologiechevron_rightSystème respiratoirechevron_rightRégulation de la ventilation
stylus_noteS'entraînerS'entraînerarrow_backarrow_forward

Sommaire

  • 1Organisation générale de la commande ventilatoire
  • 2Centres respiratoires du tronc cérébral
    • 2.1Réseaux bulbaires
    • 2.2Modulation pontique
  • 3Genèse et modulation du rythme ventilatoire
  • 4Chémorécepteurs centraux lock — section verrouillée
  • 5Chémorécepteurs périphériques lock — section verrouillée
  • 6Réponses ventilatoires aux gaz du sang et au pH lock — section verrouillée
    • 6.1Réponse au dioxyde de carbone lock — section verrouillée
    • 6.2Réponse au dioxygène lock — section verrouillée
    • 6.3Réponse au pH lock — section verrouillée
  1. Accueilchevron_right
  2. Ficheschevron_right
  3. Physiologiechevron_right
  4. Système respiratoirechevron_right
  5. Régulation de la ventilation

B8 · Système respiratoire

Régulation de la ventilation

Décrire les centres respiratoires et la genèse du rythme ventilatoire. Présenter les chémorécepteurs centraux et périphériques et la réponse ventilatoire aux variations des gaz du sang et du pH.

Physiologie·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Organisation générale de la commande ventilatoire

La ventilation assure le renouvellement de l'air alvéolaire afin de maintenir les pressions partielles artérielles en dioxygène et en dioxyde de carbone dans des limites compatibles avec le métabolisme. Sa régulation repose sur une boucle de rétrocontrôle négatif comportant :

  • des capteurs, principalement les chémorécepteurs centraux et périphériques ;
  • des centres respiratoires situés dans le tronc cérébral ;
  • des voies motrices destinées aux muscles respiratoires ;
  • une réponse ventilatoire qui corrige la perturbation initiale.
Définition

Ventilation minute

Volume d'air mobilisé par l'appareil respiratoire en une minute. Elle dépend du volume courant et de la fréquence respiratoire.

Définition

Ventilation alvéolaire

Volume d'air frais atteignant chaque minute les alvéoles participant effectivement aux échanges gazeux.

Les relations entre volumes pulmonaires, débits et ventilation alvéolaire sont étudiées dans les fiches précédentes du sous-bloc. Pour la régulation, il faut retenir que seule la ventilation alvéolaire contrôle directement l'élimination pulmonaire du dioxyde de carbone.

Formule

Relation entre ventilation alvéolaire et pression artérielle en dioxyde de carbone

PaCO2=K×V˙CO2V˙AP_{\mathrm{a}CO_2} = K \times \frac{\dot V_{CO_2}}{\dot V_A}PaCO2​​=K×V˙A​V˙CO2​​​
  • PaCO2P_{\mathrm{a}CO_2}PaCO2​​ : pression partielle artérielle en dioxyde de carbone
  • KKK : coefficient de conversion dépendant des unités employées
  • V˙CO2\dot V_{CO_2}V˙CO2​​ : débit de production métabolique de dioxyde de carbone
  • V˙A\dot V_AV˙A​ : ventilation alvéolaire

À production métabolique constante, une augmentation de la ventilation alvéolaire diminue donc la PaCO2P_{\mathrm{a}CO_2}PaCO2​​, tandis qu'une diminution de la ventilation alvéolaire l'augmente.

Exemple

Effet d'un doublement de la ventilation alvéolaire sur la PₐCO₂

Pour une production métabolique de dioxyde de carbone constante, prendre K=863K = 863K=863, V˙CO2=0 ,20 L ⋅ min−1\dot V_{CO_2} = \pu{0{,}20 L.min^{-1}}V˙CO2​​=0 ,20L⋅min−1 et une ventilation alvéolaire de V˙A=4,0 L ⋅ min−1\dot V_A = \pu{4,0 L.min^{-1}}V˙A​=4,0 L⋅min−1.

PaCO2=863×0,204,0=43,2 mmHgP_{\mathrm{a}CO_2} = 863 \times \frac{0{,}20}{4{,}0} = \pu{43,2 mmHg}PaCO2​​=863×4,00,20​=43,2 mmHg

Si la ventilation alvéolaire double et atteint 8,0 L ⋅ min−1\pu{8,0 L.min^{-1}}8,0 L⋅min−1, sans modification de la production de dioxyde de carbone :

PaCO2=863×0,208,0=21,6 mmHgP_{\mathrm{a}CO_2} = 863 \times \frac{0{,}20}{8{,}0} = \pu{21,6 mmHg}PaCO2​​=863×8,00,20​=21,6 mmHg

Le doublement de la ventilation alvéolaire divise ici la pression artérielle en dioxyde de carbone par deux. Une hyperventilation alvéolaire abaisse donc la PaCO2P_{\mathrm{a}CO_2}PaCO2​​ lorsque la production métabolique reste constante.

Centres respiratoires du tronc cérébral

Réseaux bulbaires

Les principaux réseaux générateurs et organisateurs de la respiration automatique sont situés dans le bulbe rachidien.

Définition

Groupe respiratoire dorsal

Ensemble de neurones principalement inspiratoires situé dans la partie dorsale du bulbe, au voisinage du noyau du tractus solitaire. Il reçoit de nombreuses informations sensitives et participe à la commande inspiratoire.

Le noyau du tractus solitaire constitue un relais majeur des afférences véhiculées par les nerfs glossopharyngien et vague. Il intègre notamment les informations provenant des chémorécepteurs périphériques et de récepteurs pulmonaires.

Définition

Groupe respiratoire ventral

Ensemble longitudinal de neurones bulbaires inspiratoires et expiratoires, recrutés selon les besoins ventilatoires. Il comprend des réseaux participant à la genèse du rythme et à la commande des muscles respiratoires.

Le complexe pré-Bötzinger, inclus dans la région ventrolatérale du bulbe, joue un rôle essentiel dans la genèse du rythme inspiratoire. Ses neurones présentent des propriétés intrinsèques et des interactions synaptiques permettant l'apparition répétitive d'une activité inspiratoire.

Au repos, l'expiration est principalement passive, car elle résulte du recul élastique de l'appareil respiratoire. Lorsque les besoins ventilatoires augmentent, les neurones expiratoires commandent les muscles expiratoires, rendant l'expiration active.

Modulation pontique

Les structures respiratoires du pont ne créent pas seules le rythme fondamental, mais elles en modulent la fréquence et la forme. Elles participent notamment à la transition entre inspiration et expiration, ce qui rend le cycle respiratoire régulier et adaptable.

La commande issue du tronc cérébral descend dans la moelle épinière jusqu'aux motoneurones respiratoires. Les motoneurones phréniques commandent le diaphragme, tandis que d'autres motoneurones commandent les muscles intercostaux et les muscles respiratoires accessoires.

Genèse et modulation du rythme ventilatoire

Le rythme ventilatoire n'est pas produit par un neurone isolé. Il émerge d'un réseau neuronal comportant des neurones excitateurs et inhibiteurs. Leur activité alternée organise les phases inspiratoire et expiratoire.

Méthode

Organisation fonctionnelle d'un cycle ventilatoire automatique

  1. Les réseaux bulbaires générateurs déclenchent une activité inspiratoire
  2. La commande motrice active progressivement les muscles inspiratoires
  3. Les réseaux bulbaires et pontiques interrompent l'inspiration
  4. L'activité inspiratoire cesse et l'expiration se produit
  5. Les informations chimiques et mécaniques modulent le cycle suivant

La respiration automatique est également influencée par :

  • le cortex cérébral, qui permet une modification volontaire temporaire ;
  • l'hypothalamus et le système limbique, qui relient ventilation, température et états émotionnels ;
  • les afférences pulmonaires et thoraciques, qui renseignent sur l'état mécanique de l'appareil respiratoire.

La commande volontaire ne supprime pas durablement la commande automatique. Une variation suffisante de la PaCO2P_{\mathrm{a}CO_2}PaCO2​​ ou du pH réactive fortement les réseaux bulbaires.

À retenir

Le rythme respiratoire automatique naît principalement dans les réseaux bulbaires, notamment le complexe pré-Bötzinger. Les structures pontiques modulent surtout la transition entre inspiration et expiration.

Chémorécepteurs centraux

Définition

Chémorécepteur central

Cellule sensible aux variations chimiques du milieu extracellulaire cérébral, située dans les régions ventrolatérales du bulbe et participant à la réponse ventilatoire au dioxyde de carbone.

Le dioxyde de carbone traverse facilement la barrière hémato-encéphalique. Dans le liquide cérébrospinal, il s'hydrate puis produit des ions hydrogène selon l'équilibre :

COX2+HX2O⇌HX2COX3⇌HX++HCOX3X−\ce{CO2 + H2O <=> H2CO3 <=> H+ + HCO3-}COX2​+HX2​O​HX2​COX3​​HX++HCOX3​X−

L'augmentation de la PaCO2P_{\mathrm{a}CO_2}PaCO2​​ élève donc la concentration en ions hydrogène dans le liquide cérébrospinal et diminue son pH. Les chémorécepteurs centraux répondent surtout à cette variation locale de pH, et non directement à la concentration artérielle en ions hydrogène.

Une hypercapnie, c'est-à-dire une augmentation de la PaCO2P_{\mathrm{a}CO_2}PaCO2​​, stimule la ventilation. L'élimination accrue de dioxyde de carbone tend ensuite à ramener la PaCO2P_{\mathrm{a}CO_2}PaCO2​​ et le pH vers leur valeur régulée. Inversement, une hypocapnie diminue la stimulation des centres respiratoires et réduit la ventilation.

Lors d'une hypercapnie prolongée, la composition en bicarbonate du liquide cérébrospinal se modifie progressivement. Le pH central est alors partiellement corrigé, ce qui atténue la réponse des chémorécepteurs centraux malgré la persistance d'une PaCO2P_{\mathrm{a}CO_2}PaCO2​​ élevée.

Attention

Le dioxyde de carbone agit indirectement sur les chémorécepteurs centraux

Les chémorécepteurs centraux détectent principalement l'acidification du liquide cérébrospinal provoquée par le dioxyde de carbone. Les ions hydrogène sanguins traversent difficilement la barrière hémato-encéphalique.

Chémorécepteurs périphériques

Définition

Chémorécepteur périphérique

Cellule sensorielle située dans un corpuscule carotidien ou aortique, sensible aux variations de la pression artérielle en dioxygène, de la pression artérielle en dioxyde de carbone et du pH artériel.

Les corpuscules carotidiens, situés près de la bifurcation des artères carotides communes, transmettent leurs informations par le nerf glossopharyngien. Les corpuscules aortiques, situés près de la crosse aortique, utilisent le nerf vague. Leurs afférences rejoignent le noyau du tractus solitaire.

La diminution de la pression partielle artérielle en dioxygène, notée PaO2P_{\mathrm{a}O_2}PaO2​​, active les chémorécepteurs périphériques. Cette réponse devient particulièrement intense lorsque la PaO2P_{\mathrm{a}O_2}PaO2​​ descend approximativement sous 60 mmHg\pu{60 mmHg}60 mmHg. L'augmentation de la PaCO2P_{\mathrm{a}CO_2}PaCO2​​ et la diminution du pH artériel stimulent également ces récepteurs.

Les corpuscules périphériques répondent rapidement, car ils sont directement exposés au sang artériel. Ils sont donc essentiels à la réponse immédiate à l'hypoxémie et aux variations métaboliques du pH.

Comparaison

Chémorécepteurs centraux et périphériques

CritèreChémorécepteurs centrauxChémorécepteurs périphériques
Localisationbulbe ventrolatéralcorpuscules carotidiens et aortiques
Stimulus majeurpH du liquide cérébrospinal lié au COX2\ce{CO2}COX2​PaO2P_{\mathrm{a}O_2}PaO2​​, PaCO2P_{\mathrm{a}CO_2}PaCO2​​ et pH artériel
Réponse à l'hypoxémieabsente directementmajeure
Réponse à une acidose métaboliquefaible directementimportante
Cinétiqueplus progressiverapide
Attention

Pression partielle et contenu en dioxygène

Les chémorécepteurs périphériques détectent principalement la PaO2P_{\mathrm{a}O_2}PaO2​​, et non le contenu total du sang en dioxygène. Ces deux grandeurs ne doivent pas être confondues.

Réponses ventilatoires aux gaz du sang et au pH

Réponse au dioxyde de carbone

Dans les conditions physiologiques, le dioxyde de carbone constitue le principal régulateur chimique de la ventilation. Une hausse de la PaCO2P_{\mathrm{a}CO_2}PaCO2​​ stimule simultanément les chémorécepteurs centraux et périphériques, ce qui augmente la fréquence et l'amplitude respiratoires. La relation forme une boucle stabilisatrice puisque l'hyperventilation alvéolaire abaisse ensuite la PaCO2P_{\mathrm{a}CO_2}PaCO2​​.

Réponse au dioxygène

Une baisse modérée de la PaO2P_{\mathrm{a}O_2}PaO2​​ produit peu d'effet ventilatoire. En revanche, lorsque l'hypoxémie devient marquée, la stimulation des corpuscules carotidiens et aortiques entraîne une augmentation rapide de la ventilation. La réponse hypoxique est renforcée si une hypercapnie ou une acidose est simultanément présente.

Réponse au pH

Une acidose correspond à une diminution du pH, tandis qu'une alcalose correspond à son augmentation. Lors d'une acidose métabolique, l'augmentation artérielle des ions hydrogène stimule surtout les chémorécepteurs périphériques. L'hyperventilation qui en résulte diminue la PaCO2P_{\mathrm{a}CO_2}PaCO2​​ et limite ainsi la baisse du pH.

À l'inverse, une alcalose tend à diminuer la commande ventilatoire. Cette diminution reste limitée par la nécessité de préserver une oxygénation suffisante.

À retenir

Le COX2\ce{CO2}COX2​ régule surtout la ventilation par l'intermédiaire du pH cérébrospinal et des chémorécepteurs centraux. L'hypoxémie et les variations métaboliques du pH sont détectées principalement par les chémorécepteurs périphériques.

Points clés
  • Le rythme ventilatoire automatique est généré par des réseaux bulbaires et modulé par les structures pontiques
  • Le complexe pré-Bötzinger joue un rôle essentiel dans la genèse de l'activité inspiratoire
  • Une hausse de la PaCO2P_{\mathrm{a}CO_2}PaCO2​​ acidifie le liquide cérébrospinal et stimule fortement la ventilation
  • Les corpuscules carotidiens et aortiques détectent la PaO2P_{\mathrm{a}O_2}PaO2​​, la PaCO2P_{\mathrm{a}CO_2}PaCO2​​ et le pH artériel
  • La réponse ventilatoire à l'hypoxémie devient particulièrement forte pour une PaO2P_{\mathrm{a}O_2}PaO2​​ inférieure à environ 60 mmHg\pu{60 mmHg}60 mmHg
  • Les réponses aux variations de COX2\ce{CO2}COX2​, de dioxygène et de pH interagissent pour stabiliser les gaz du sang

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Système respiratoire.

  • Fiche 01Mécanique ventilatoire, compliance et résistancesSystème respiratoire
  • Fiche 02Volumes et débits pulmonairesSystème respiratoire
  • Fiche 03Échanges gazeux alvéolo-capillairesSystème respiratoire
lock_open

Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche

Il reste 3 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.

Déjà un compte ? Se connecter · Voir les formules

arrow_backPrécédentTransport de l'oxygène et du dioxyde de carbone dans le sangSystème respiratoireSuivantarrow_forwardFiltration glomérulaire et notion de clairanceSystème rénal
Sommaire
  • 1Organisation générale de la commande ventilatoire
  • 2Centres respiratoires du tronc cérébral
    • 2.1Réseaux bulbaires
    • 2.2Modulation pontique
  • 3Genèse et modulation du rythme ventilatoire
  • 4Chémorécepteurs centraux lock — section verrouillée
  • 5Chémorécepteurs périphériques lock — section verrouillée
  • 6Réponses ventilatoires aux gaz du sang et au pH lock — section verrouillée
    • 6.1Réponse au dioxyde de carbone lock — section verrouillée
    • 6.2Réponse au dioxygène lock — section verrouillée
    • 6.3Réponse au pH lock — section verrouillée