B8 · Système digestif
Sécrétions digestives
Décrire les sécrétions salivaire, gastrique, pancréatique et biliaire, leur composition et leur régulation. Relier chaque sécrétion aux étapes de la digestion qu'elle permet.
Physiologie7 min de lecture17 QCM corrigés
Principes généraux des sécrétions digestives
Les sécrétions digestives assurent quatre fonctions complémentaires :
- humidifier et lubrifier le contenu digestif ;
- créer un milieu chimique adapté, notamment par le contrôle du pH ;
- réaliser l'hydrolyse enzymatique des macromolécules ;
- faciliter la dispersion et le transport intraluminal des produits de digestion.
Leur production varie avec la présence anticipée ou réelle d'aliments. Elle est commandée par le système nerveux autonome, le système nerveux entérique, réseau neuronal propre à la paroi digestive, et des hormones libérées par les cellules endocrines du tube digestif.
La motricité, qui met les sécrétions en contact avec le contenu digestif, relève de la fiche précédente. Le devenir détaillé des nutriments hydrolysés et leur absorption sont traités dans la fiche suivante.
La sécrétion salivaire
Origine et composition
La salive est produite par les glandes salivaires principales et par de petites glandes dispersées dans la muqueuse buccale. Les acini, unités sécrétrices terminales, élaborent une sécrétion primaire proche du plasma. Les canaux excréteurs la modifient avant son arrivée dans la bouche.
La salive définitive contient :
- de l'eau, qui hydrate et dissout les substances ;
- des ions, principalement sodium, potassium, chlorure et bicarbonate ;
- des mucines, glycoprotéines responsables de la lubrification ;
- l'amylase salivaire, qui commence l'hydrolyse de l'amidon ;
- une lipase linguale, participant au début de l'hydrolyse lipidique ;
- des molécules de défense, notamment des immunoglobulines A et du lysozyme.
Les canaux réabsorbent surtout le sodium et le chlorure, tout en sécrétant du potassium et du bicarbonate. Comme leur perméabilité à l'eau est faible, la salive devient hypotonique, c'est-à-dire moins concentrée en particules dissoutes que le plasma. Lorsque le débit augmente, les échanges canalaires sont moins complets : la concentration en sodium et en chlorure augmente, tandis que la sécrétion de bicarbonate s'accroît.
Régulation et fonctions
La régulation salivaire est essentiellement nerveuse. Le parasympathique provoque une sécrétion abondante, aqueuse et riche en électrolytes. Le sympathique favorise une sécrétion moins abondante mais relativement riche en protéines. La stimulation est déclenchée par les signaux sensoriels, la mastication et les réflexes issus de la cavité buccale.
La salive permet la formation d'un contenu lubrifié compatible avec la déglutition. Elle débute la digestion des glucides et, plus modestement, celle des lipides. Son bicarbonate contribue à limiter les variations de pH buccal.
La sécrétion gastrique
Cellules sécrétrices et composition
Les glandes de la muqueuse gastrique associent plusieurs types cellulaires :
- les cellules pariétales sécrètent l'acide chlorhydrique et le facteur intrinsèque ;
- les cellules principales libèrent le pepsinogène et une lipase gastrique ;
- les cellules à mucus sécrètent des mucines et du bicarbonate ;
- les cellules endocrines libèrent des médiateurs régulateurs, notamment la gastrine, l'histamine et la somatostatine.
L'acide chlorhydrique est produit par une pompe échangeant les ions hydrogène contre les ions potassium à la membrane apicale des cellules pariétales. Il abaisse fortement le pH gastrique. Cette acidité dénature les protéines, active le pepsinogène et limite la prolifération de nombreux micro-organismes.
Le pepsinogène est ainsi transformé en pepsine dans le milieu acide. La pepsine commence l'hydrolyse des protéines. Le facteur intrinsèque est une glycoprotéine nécessaire à l'absorption ultérieure de la vitamine B12 dans l'intestin distal.
Le mucus forme avec le bicarbonate une barrière protectrice. Le bicarbonate maintient un pH moins acide au contact immédiat de l'épithélium, tandis que les jonctions entre cellules limitent la diffusion de l'acide vers la paroi.
Régulation de la sécrétion acide
Trois médiateurs stimulent principalement la cellule pariétale :
- l'acétylcholine, libérée par les neurones parasympathiques et entériques ;
- la gastrine, hormone produite par les cellules G de l'antre gastrique ;
- l'histamine, libérée par les cellules de type entérochromaffine et agissant sur les récepteurs H2.
Leurs voies de signalisation se renforcent mutuellement. La sécrétion est organisée en trois phases :
- La phase céphalique précède l'arrivée du contenu dans l'estomac et dépend principalement de l'activité vagale.
- La phase gastrique résulte de la distension de l'estomac et de la présence de peptides, qui activent les réflexes locaux et la libération de gastrine.
- La phase intestinale devient surtout inhibitrice lorsque le contenu acide et lipidique atteint le duodénum.
Lorsque le pH gastrique diminue fortement, les cellules D libèrent de la somatostatine, qui freine la sécrétion de gastrine et d'acide. Ce rétrocontrôle protège contre une acidification excessive.
La sécrétion pancréatique exocrine
Deux composantes complémentaires
Le pancréas exocrine associe :
- les cellules acineuses, qui sécrètent les enzymes digestives ;
- les cellules canalaires, qui sécrètent un liquide riche en bicarbonate.
Les enzymes pancréatiques assurent l'hydrolyse des grandes catégories de nutriments :
- l'amylase pancréatique agit sur les glucides complexes ;
- les lipases et enzymes associées agissent sur les lipides ;
- les nucléases hydrolysent les acides nucléiques ;
- les protéases agissent sur les protéines.
Les protéases sont majoritairement libérées sous forme de zymogènes, notamment le trypsinogène. Dans le duodénum, l'entéropeptidase transforme le trypsinogène en trypsine, laquelle active ensuite d'autres zymogènes pancréatiques. Cette activation à distance protège le pancréas contre l’autodigestion. Un inhibiteur pancréatique de la trypsine renforce cette protection.
Le bicarbonate neutralise l'acidité du contenu provenant de l'estomac. Il protège la muqueuse duodénale et établit un pH compatible avec l'activité des enzymes pancréatiques.
Régulation hormonale et nerveuse
Deux hormones duodénales jouent un rôle central :
- la sécrétine, libérée en réponse à l'acidité, stimule surtout les cellules canalaires et la sécrétion de bicarbonate ;
- la cholécystokinine, libérée principalement en réponse aux lipides et aux produits de digestion des protéines, stimule surtout les cellules acineuses et la sécrétion enzymatique.
L'activité vagale renforce la sécrétion, notamment pendant les phases céphalique et gastrique. La sécrétine et la cholécystokinine exercent une potentialisation : leur action conjointe est supérieure à la simple addition de leurs effets isolés.
La sécrétion biliaire
Formation, composition et circulation
La bile est produite en continu par les hépatocytes. Elle circule dans les canalicules biliaires, puis dans les voies biliaires. Les cholangiocytes, cellules des canaux biliaires, ajoutent une sécrétion aqueuse riche en bicarbonate. Entre les repas, la bile est stockée et concentrée dans la vésicule biliaire par réabsorption d'eau et d'électrolytes.
Elle contient principalement :
- des sels biliaires ;
- des phospholipides ;
- du cholestérol ;
- des pigments biliaires issus de la dégradation de l'hémoglobine ;
- de l'eau et des électrolytes, dont le bicarbonate.
Les sels biliaires dispersent les lipides en petites structures et facilitent l'action des enzymes pancréatiques. Ils participent ensuite à la formation de micelles nécessaires au transport intraluminal des lipides vers l'épithélium intestinal. Les mécanismes détaillés de leur absorption relèvent de la fiche consacrée à la digestion et à l'absorption.
La majorité des sels biliaires est réabsorbée dans l'intestin distal, retourne au foie par la veine porte, puis est à nouveau sécrétée. Ce recyclage constitue la circulation entérohépatique.
Régulation de l'éjection biliaire
La cholécystokinine provoque la contraction de la vésicule biliaire et favorise le relâchement du sphincter d'Oddi, qui contrôle l'arrivée de bile et de suc pancréatique dans le duodénum. La sécrétine stimule la composante biliaire riche en bicarbonate. Le retour des sels biliaires au foie entretient leur propre sécrétion.
Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche
Il reste 2 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.