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Sommaire

  • 1Principes généraux des sécrétions digestives
  • 2La sécrétion salivaire
    • 2.1Origine et composition
    • 2.2Régulation et fonctions
  • 3La sécrétion gastrique
    • 3.1Cellules sécrétrices et composition
    • 3.2Régulation de la sécrétion acide
  • 4La sécrétion pancréatique exocrine lock — section verrouillée
    • 4.1Deux composantes complémentaires lock — section verrouillée
    • 4.2Régulation hormonale et nerveuse lock — section verrouillée
  • 5La sécrétion biliaire lock — section verrouillée
    • 5.1Formation, composition et circulation lock — section verrouillée
    • 5.2Régulation de l'éjection biliaire lock — section verrouillée
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  5. Sécrétions digestives

B8 · Système digestif

Sécrétions digestives

Décrire les sécrétions salivaire, gastrique, pancréatique et biliaire, leur composition et leur régulation. Relier chaque sécrétion aux étapes de la digestion qu'elle permet.

Physiologie·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Principes généraux des sécrétions digestives

Définition

Sécrétion digestive

Liquide déversé dans la lumière du tube digestif et contenant de l'eau, des électrolytes, du mucus, des enzymes ou des molécules facilitant la digestion.

Les sécrétions digestives assurent quatre fonctions complémentaires :

  • humidifier et lubrifier le contenu digestif ;
  • créer un milieu chimique adapté, notamment par le contrôle du pH ;
  • réaliser l'hydrolyse enzymatique des macromolécules ;
  • faciliter la dispersion et le transport intraluminal des produits de digestion.

Leur production varie avec la présence anticipée ou réelle d'aliments. Elle est commandée par le système nerveux autonome, le système nerveux entérique, réseau neuronal propre à la paroi digestive, et des hormones libérées par les cellules endocrines du tube digestif.

La motricité, qui met les sécrétions en contact avec le contenu digestif, relève de la fiche précédente. Le devenir détaillé des nutriments hydrolysés et leur absorption sont traités dans la fiche suivante.

La sécrétion salivaire

Origine et composition

La salive est produite par les glandes salivaires principales et par de petites glandes dispersées dans la muqueuse buccale. Les acini, unités sécrétrices terminales, élaborent une sécrétion primaire proche du plasma. Les canaux excréteurs la modifient avant son arrivée dans la bouche.

La salive définitive contient :

  • de l'eau, qui hydrate et dissout les substances ;
  • des ions, principalement sodium, potassium, chlorure et bicarbonate ;
  • des mucines, glycoprotéines responsables de la lubrification ;
  • l'amylase salivaire, qui commence l'hydrolyse de l'amidon ;
  • une lipase linguale, participant au début de l'hydrolyse lipidique ;
  • des molécules de défense, notamment des immunoglobulines A et du lysozyme.

Les canaux réabsorbent surtout le sodium et le chlorure, tout en sécrétant du potassium et du bicarbonate. Comme leur perméabilité à l'eau est faible, la salive devient hypotonique, c'est-à-dire moins concentrée en particules dissoutes que le plasma. Lorsque le débit augmente, les échanges canalaires sont moins complets : la concentration en sodium et en chlorure augmente, tandis que la sécrétion de bicarbonate s'accroît.

Régulation et fonctions

La régulation salivaire est essentiellement nerveuse. Le parasympathique provoque une sécrétion abondante, aqueuse et riche en électrolytes. Le sympathique favorise une sécrétion moins abondante mais relativement riche en protéines. La stimulation est déclenchée par les signaux sensoriels, la mastication et les réflexes issus de la cavité buccale.

La salive permet la formation d'un contenu lubrifié compatible avec la déglutition. Elle débute la digestion des glucides et, plus modestement, celle des lipides. Son bicarbonate contribue à limiter les variations de pH buccal.

La sécrétion gastrique

Cellules sécrétrices et composition

Les glandes de la muqueuse gastrique associent plusieurs types cellulaires :

  • les cellules pariétales sécrètent l'acide chlorhydrique et le facteur intrinsèque ;
  • les cellules principales libèrent le pepsinogène et une lipase gastrique ;
  • les cellules à mucus sécrètent des mucines et du bicarbonate ;
  • les cellules endocrines libèrent des médiateurs régulateurs, notamment la gastrine, l'histamine et la somatostatine.

L'acide chlorhydrique est produit par une pompe échangeant les ions hydrogène contre les ions potassium à la membrane apicale des cellules pariétales. Il abaisse fortement le pH gastrique. Cette acidité dénature les protéines, active le pepsinogène et limite la prolifération de nombreux micro-organismes.

Définition

Zymogène

Précurseur enzymatique inactif qui doit subir une transformation, généralement un clivage protéolytique, pour devenir actif.

Le pepsinogène est ainsi transformé en pepsine dans le milieu acide. La pepsine commence l'hydrolyse des protéines. Le facteur intrinsèque est une glycoprotéine nécessaire à l'absorption ultérieure de la vitamine B12 dans l'intestin distal.

Le mucus forme avec le bicarbonate une barrière protectrice. Le bicarbonate maintient un pH moins acide au contact immédiat de l'épithélium, tandis que les jonctions entre cellules limitent la diffusion de l'acide vers la paroi.

Régulation de la sécrétion acide

Trois médiateurs stimulent principalement la cellule pariétale :

  • l'acétylcholine, libérée par les neurones parasympathiques et entériques ;
  • la gastrine, hormone produite par les cellules G de l'antre gastrique ;
  • l'histamine, libérée par les cellules de type entérochromaffine et agissant sur les récepteurs H2.

Leurs voies de signalisation se renforcent mutuellement. La sécrétion est organisée en trois phases :

  1. La phase céphalique précède l'arrivée du contenu dans l'estomac et dépend principalement de l'activité vagale.
  2. La phase gastrique résulte de la distension de l'estomac et de la présence de peptides, qui activent les réflexes locaux et la libération de gastrine.
  3. La phase intestinale devient surtout inhibitrice lorsque le contenu acide et lipidique atteint le duodénum.

Lorsque le pH gastrique diminue fortement, les cellules D libèrent de la somatostatine, qui freine la sécrétion de gastrine et d'acide. Ce rétrocontrôle protège contre une acidification excessive.

À retenir

Protection de la muqueuse gastrique

L'estomac sécrète simultanément l'acide nécessaire à la digestion et une barrière mucus-bicarbonate indispensable à la protection de son propre épithélium.

La sécrétion pancréatique exocrine

Deux composantes complémentaires

Le pancréas exocrine associe :

  • les cellules acineuses, qui sécrètent les enzymes digestives ;
  • les cellules canalaires, qui sécrètent un liquide riche en bicarbonate.

Les enzymes pancréatiques assurent l'hydrolyse des grandes catégories de nutriments :

  • l'amylase pancréatique agit sur les glucides complexes ;
  • les lipases et enzymes associées agissent sur les lipides ;
  • les nucléases hydrolysent les acides nucléiques ;
  • les protéases agissent sur les protéines.

Les protéases sont majoritairement libérées sous forme de zymogènes, notamment le trypsinogène. Dans le duodénum, l'entéropeptidase transforme le trypsinogène en trypsine, laquelle active ensuite d'autres zymogènes pancréatiques. Cette activation à distance protège le pancréas contre l’autodigestion. Un inhibiteur pancréatique de la trypsine renforce cette protection.

Le bicarbonate neutralise l'acidité du contenu provenant de l'estomac. Il protège la muqueuse duodénale et établit un pH compatible avec l'activité des enzymes pancréatiques.

Régulation hormonale et nerveuse

Deux hormones duodénales jouent un rôle central :

  • la sécrétine, libérée en réponse à l'acidité, stimule surtout les cellules canalaires et la sécrétion de bicarbonate ;
  • la cholécystokinine, libérée principalement en réponse aux lipides et aux produits de digestion des protéines, stimule surtout les cellules acineuses et la sécrétion enzymatique.

L'activité vagale renforce la sécrétion, notamment pendant les phases céphalique et gastrique. La sécrétine et la cholécystokinine exercent une potentialisation : leur action conjointe est supérieure à la simple addition de leurs effets isolés.

À retenir

Couplage entre acidité et neutralisation

L'arrivée d'un contenu acide dans le duodénum stimule la sécrétine, donc la production pancréatique de bicarbonate : le signal déclenche directement la réponse qui le corrige.

La sécrétion biliaire

Formation, composition et circulation

La bile est produite en continu par les hépatocytes. Elle circule dans les canalicules biliaires, puis dans les voies biliaires. Les cholangiocytes, cellules des canaux biliaires, ajoutent une sécrétion aqueuse riche en bicarbonate. Entre les repas, la bile est stockée et concentrée dans la vésicule biliaire par réabsorption d'eau et d'électrolytes.

Elle contient principalement :

  • des sels biliaires ;
  • des phospholipides ;
  • du cholestérol ;
  • des pigments biliaires issus de la dégradation de l'hémoglobine ;
  • de l'eau et des électrolytes, dont le bicarbonate.
Définition

Sels biliaires

Dérivés ionisés des acides biliaires possédant une partie hydrophile et une partie hydrophobe, ce qui leur permet d'interagir à la fois avec l'eau et les lipides.

Les sels biliaires dispersent les lipides en petites structures et facilitent l'action des enzymes pancréatiques. Ils participent ensuite à la formation de micelles nécessaires au transport intraluminal des lipides vers l'épithélium intestinal. Les mécanismes détaillés de leur absorption relèvent de la fiche consacrée à la digestion et à l'absorption.

La majorité des sels biliaires est réabsorbée dans l'intestin distal, retourne au foie par la veine porte, puis est à nouveau sécrétée. Ce recyclage constitue la circulation entérohépatique.

Régulation de l'éjection biliaire

La cholécystokinine provoque la contraction de la vésicule biliaire et favorise le relâchement du sphincter d'Oddi, qui contrôle l'arrivée de bile et de suc pancréatique dans le duodénum. La sécrétine stimule la composante biliaire riche en bicarbonate. Le retour des sels biliaires au foie entretient leur propre sécrétion.

Attention

La bile n'est pas une sécrétion enzymatique

La bile ne contient pas d'enzyme digestive majeure. Elle facilite surtout la digestion et l'absorption des lipides grâce aux propriétés amphiphiles des sels biliaires.

Comparaison

Organisation fonctionnelle des principales sécrétions

SécrétionComposants caractéristiquesFonction dominante
Salivemucines, amylase, bicarbonatelubrification et début de la digestion glucidique
Suc gastriqueacide chlorhydrique, pepsine, facteur intrinsèqueacidification et début de la digestion protéique
Suc pancréatiquebicarbonate et enzymesneutralisation et hydrolyse majeure des nutriments
Bilesels biliaires, phospholipides, bicarbonatedispersion et transport intraluminal des lipides
Points clés
  • La salive lubrifie le contenu buccal et commence surtout la digestion des glucides sous contrôle nerveux.
  • L'estomac associe une sécrétion acido-enzymatique à une barrière protectrice de mucus et de bicarbonate.
  • Le pancréas sécrète des enzymes par les acini et du bicarbonate par les canaux.
  • La sécrétine répond à l'acidité duodénale, tandis que la cholécystokinine répond surtout aux lipides et aux peptides.
  • La bile facilite la digestion lipidique sans constituer une sécrétion enzymatique.
  • Chaque sécrétion prépare un milieu chimique adapté à l'étape digestive qui lui succède.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Système digestif.

  • Fiche 01Motricité digestiveSystème digestif
  • Fiche 03Digestion et absorption des nutrimentsSystème digestif
  • Fiche 04Fonctions hépatiques et sécrétion biliaireSystème digestif
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    • 2.1Origine et composition
    • 2.2Régulation et fonctions
  • 3La sécrétion gastrique
    • 3.1Cellules sécrétrices et composition
    • 3.2Régulation de la sécrétion acide
  • 4La sécrétion pancréatique exocrine lock — section verrouillée
    • 4.1Deux composantes complémentaires lock — section verrouillée
    • 4.2Régulation hormonale et nerveuse lock — section verrouillée
  • 5La sécrétion biliaire lock — section verrouillée
    • 5.1Formation, composition et circulation lock — section verrouillée
    • 5.2Régulation de l'éjection biliaire lock — section verrouillée