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Sommaire

  • 1Organisation fonctionnelle de la paroi digestive
  • 2Le système nerveux entérique
    • 2.1Réflexes courts et réflexes longs
  • 3Déglutition
    • 3.1Phase orale
    • 3.2Phase pharyngée
    • 3.3Phase œsophagienne
  • 4Péristaltisme et brassage intestinal lock — section verrouillée
  • 5Motricité gastrique et vidange lock — section verrouillée
  • 6Motricité colique et défécation lock — section verrouillée
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  5. Motricité digestive

B8 · Système digestif

Motricité digestive

Décrire l'organisation de la paroi digestive et le système nerveux entérique. Présenter la déglutition, le péristaltisme, la vidange gastrique et la motricité colique et leur régulation.

Physiologie·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Organisation fonctionnelle de la paroi digestive

La paroi du tube digestif est organisée en couches concentriques qui assurent des fonctions complémentaires. De la lumière vers l'extérieur, on distingue :

  • la muqueuse, constituée d'un épithélium, d'un tissu conjonctif appelé chorion et d'une fine couche musculaire, la musculaire muqueuse ;
  • la sous-muqueuse, riche en vaisseaux, en fibres nerveuses et en tissu conjonctif ;
  • la musculeuse, généralement formée d'une couche circulaire interne et d'une couche longitudinale externe ;
  • la séreuse, ou une adventice selon le segment considéré, qui constitue l'enveloppe externe.

La musculaire muqueuse produit des mouvements locaux de la muqueuse. La musculeuse assure l'essentiel de la propulsion et du brassage du contenu digestif. La contraction de la couche circulaire réduit le calibre de la lumière, tandis que celle de la couche longitudinale raccourcit le segment concerné.

Définition

Motricité digestive

Ensemble des contractions et des relâchements coordonnés de la musculature du tube digestif permettant le stockage, le brassage, la progression et l'évacuation du contenu luminal.

Les cellules musculaires lisses digestives sont reliées par des jonctions communicantes et se comportent ainsi comme un ensemble fonctionnel. Leur activité électrique de base est rythmée par les cellules interstitielles de Cajal, situées au contact des muscles et des neurones entériques.

Ces cellules produisent des ondes lentes, c'est-à-dire des oscillations périodiques du potentiel de membrane. Une onde lente ne déclenche pas nécessairement une contraction. Lorsque sa dépolarisation atteint le seuil, des potentiels en pointes apparaissent, favorisent l'entrée de calcium et provoquent une contraction. La force développée dépend donc notamment du nombre de potentiels en pointes.

Les sphincters digestifs sont des zones de musculature circulaire présentant un tonus permanent. Leur contraction sépare deux compartiments et limite le reflux ; leur relâchement coordonné autorise le passage du contenu.

Le système nerveux entérique

Définition

Système nerveux entérique

Réseau neuronal propre à la paroi digestive, capable d'intégrer des informations locales et de commander la motricité, même en l'absence de contrôle direct du système nerveux central.

Le système nerveux entérique comprend deux réseaux principaux :

  • le plexus sous-muqueux de Meissner, situé dans la sous-muqueuse, qui participe surtout au contrôle local de la muqueuse et du débit sanguin ;
  • le plexus myentérique d'Auerbach, situé entre les couches circulaire et longitudinale, qui commande principalement le tonus, la force et la coordination des contractions.

Un circuit entérique comporte des neurones sensitifs détectant la distension et la composition du contenu luminal, des interneurones assurant l'intégration, puis des neurones moteurs agissant sur les muscles. Les neurones moteurs excitateurs libèrent principalement de l'acétylcholine et de la substance P. Les neurones inhibiteurs libèrent notamment du monoxyde d'azote et favorisent le relâchement musculaire.

Réflexes courts et réflexes longs

Un réflexe court est entièrement organisé dans la paroi digestive : le stimulus, l'intégration et la réponse motrice dépendent du système nerveux entérique. Un réflexe long fait intervenir le système nerveux central ou des ganglions autonomes.

Le parasympathique augmente globalement l'activité motrice digestive, principalement par activation des circuits entériques. Le sympathique réduit généralement la motricité de la paroi et renforce le tonus de certains sphincters. Ces effets ne remplacent pas les circuits entériques : ils en modulent l'activité.

Comparaison

Contrôles nerveux de la motricité digestive

CritèreContrôle entériqueContrôle extrinsèque
Localisation de l'intégrationparoi digestivesystème nerveux central ou ganglions autonomes
Type de réflexe associéréflexe courtréflexe long
Rôle principalcoordination locale autonomeadaptation à l'état général de l'organisme
Voies majeuresplexus sous-muqueux et myentériqueparasympathique et sympathique

Déglutition

Définition

Déglutition

Suite coordonnée de mouvements qui transfère le bol alimentaire de la cavité buccale vers l'estomac tout en protégeant les voies respiratoires.

Phase orale

La phase orale est volontaire. La langue propulse le bol vers l'oropharynx. L'arrivée du bol dans cette région stimule des récepteurs sensitifs et déclenche le programme moteur central de la déglutition.

Phase pharyngée

La phase pharyngée est réflexe. Le voile du palais ferme le rhinopharynx, tandis que l'élévation du larynx et la fermeture de la glotte protègent les voies respiratoires. Le sphincter supérieur de l'œsophage se relâche, puis les muscles pharyngés propulsent le bol dans l'œsophage. La respiration est brièvement interrompue afin d'éviter la concurrence entre les voies aérienne et digestive.

Phase œsophagienne

Le péristaltisme primaire prolonge l'onde motrice initiée par la déglutition. Une contraction progresse derrière le bol tandis que la région située en aval se relâche. Le sphincter inférieur de l'œsophage se relâche avant l'arrivée du bol, puis retrouve son tonus afin de limiter le reflux gastrique.

Une distension persistante de l'œsophage peut déclencher un péristaltisme secondaire, indépendant d'une nouvelle déglutition. Il repose principalement sur des réflexes entériques locaux.

À retenir

Coordination de la déglutition

La propulsion efficace exige une contraction en amont du bol et un relâchement en aval, notamment celui du sphincter inférieur de l'œsophage.

Péristaltisme et brassage intestinal

Définition

Péristaltisme

Onde coordonnée de contraction et de relâchement de la musculature digestive qui déplace le contenu dans le sens aboral, c'est-à-dire de la bouche vers l'anus.

La distension de la paroi active les neurones sensitifs entériques. Les circuits ascendants provoquent une contraction du muscle circulaire en amont du contenu, tandis que les circuits descendants provoquent un relâchement en aval. Cette polarisation du réflexe impose le sens de progression.

La segmentation correspond à des contractions circulaires locales et alternées. Elle assure surtout le brassage et augmente les contacts entre le contenu et la muqueuse, avec une faible propulsion nette. Le détail de la digestion et de l'absorption appartient à la fiche qui leur est consacrée.

À distance des repas, l'estomac et l'intestin grêle présentent un complexe moteur migrant : une succession cyclique d'activités contractiles qui progresse vers l'aval et élimine les résidus. Son activité est interrompue par la prise alimentaire, qui rétablit une motricité irrégulière de brassage et de propulsion.

Attention

Péristaltisme et segmentation

Le péristaltisme est principalement propulsif, alors que la segmentation est principalement destinée au brassage. Toute contraction digestive ne constitue donc pas une onde péristaltique.

Motricité gastrique et vidange

L'estomac proximal se relâche lors de la déglutition par un réflexe vagovagal, dont les voies afférente et efférente empruntent le nerf vague. Cette accommodation gastrique permet le stockage du contenu sans augmentation majeure de la pression intragastrique.

Dans l'estomac distal, les ondes péristaltiques augmentent d'intensité à l'approche du pylore. Comme celui-ci n'est que partiellement ouvert, une grande partie du contenu est rejetée vers l'arrière : cette rétropulsion fragmente et mélange le contenu. Seules les particules suffisamment fines et la phase liquide franchissent efficacement le pylore.

Définition

Vidange gastrique

Transfert contrôlé du contenu de l'estomac vers le duodénum, résultant de l'équilibre entre la poussée des contractions antrales et la résistance du pylore.

La vidange est accélérée par la distension gastrique et par l'augmentation de l'activité propulsive antrale. Elle est freinée lorsque le duodénum détecte une distension, une acidité importante, une osmolarité élevée ou la présence de nutriments nécessitant un traitement prolongé. Ce frein duodénal associe des réflexes nerveux et des signaux hormonaux, notamment la cholécystokinine, la sécrétine et le peptide inhibiteur gastrique.

Ainsi, le duodénum adapte le débit d'arrivée à ses capacités de neutralisation et de traitement. Les mécanismes détaillés des sécrétions digestives relèvent de la fiche suivante.

À retenir

Déterminant de la vidange gastrique

La vidange gastrique dépend d'un équilibre entre la motricité propulsive de l'antre, l'ouverture pylorique et le frein exercé par le duodénum.

Motricité colique et défécation

Le côlon assure une progression lente compatible avec les échanges d'eau et d'électrolytes. Sa motricité associe plusieurs formes de contractions :

  • les contractions haustrales, segmentaires et peu propulsives, qui brassent localement le contenu ;
  • les contractions propulsives courtes, responsables d'une progression limitée ;
  • les mouvements de masse, contractions puissantes parcourant une longue portion du côlon et transférant rapidement le contenu vers le rectum.

La prise alimentaire peut renforcer la motricité colique par le réflexe gastrocolique. Ce réflexe associe des voies nerveuses autonomes, des circuits entériques et des médiateurs hormonaux.

L'arrivée du contenu dans le rectum provoque sa distension et déclenche le réflexe recto-anal inhibiteur : le sphincter anal interne, constitué de muscle lisse, se relâche. Le sphincter anal externe, constitué de muscle strié, reste soumis au contrôle volontaire.

La défécation devient possible lorsque le sphincter externe et les muscles du plancher pelvien se relâchent, tandis que les contractions rectales et coliques augmentent. Le parasympathique sacré renforce ce réflexe. Si l'évacuation est différée, la contraction volontaire du sphincter externe et l'adaptation du rectum permettent temporairement de maintenir la continence.

Points clés
  • La musculeuse digestive associe une couche circulaire et une couche longitudinale dont la coordination assure brassage et propulsion.
  • Le système nerveux entérique organise des réflexes locaux, modulés par les voies parasympathiques et sympathiques.
  • Le péristaltisme associe contraction en amont et relâchement en aval du contenu.
  • La déglutition comprend une phase orale volontaire, puis des phases pharyngée et œsophagienne réflexes.
  • La vidange gastrique résulte de l'équilibre entre propulsion antrale, résistance pylorique et frein duodénal.
  • La motricité colique combine contractions haustrales, mouvements de masse et contrôle réflexe de la défécation.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Système digestif.

  • Fiche 02Sécrétions digestivesSystème digestif
  • Fiche 03Digestion et absorption des nutrimentsSystème digestif
  • Fiche 04Fonctions hépatiques et sécrétion biliaireSystème digestif
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