B10 · Tests diagnostiques
Valeurs prédictives, prévalence et rapports de vraisemblance
Calculer les valeurs prédictives positive et négative et montrer leur dépendance à la prévalence. Définir les rapports de vraisemblance et leur usage pour actualiser une probabilité de maladie.
Biostatistiques et méthodes d'analyse6 min de lecture15 QCM corrigés
Du résultat du test à la probabilité de maladie
Un test diagnostique classe les sujets selon deux états du test, positif ou négatif, tandis que l’état réel est malade ou non malade. La fiche précédente définit la sensibilité et la spécificité , où désigne la présence de la maladie, son absence, un test positif et un test négatif.
La sensibilité et la spécificité partent donc de l’état réel pour décrire le résultat du test. En pratique, la question est souvent inverse : connaissant le résultat, quelle est la probabilité que le sujet soit malade ou non malade ? Les valeurs prédictives répondent à cette question.
La proportion de sujets non malades est alors . La prévalence doit correspondre à la population dans laquelle le test est utilisé : elle peut varier avec le contexte, le recrutement et la période considérée.
Valeurs prédictives positives et négatives
À partir d’une matrice de classification, si , , et désignent respectivement les nombres de vrais positifs, faux positifs, vrais négatifs et faux négatifs, les valeurs prédictives se calculent parmi les sujets partageant le même résultat de test.
La VPP se calcule donc sur l’ensemble des tests positifs, tandis que la VPN se calcule sur l’ensemble des tests négatifs. Les dénominateurs ne correspondent pas à l’ensemble des malades ou des non-malades.
Dépendance à la prévalence
Le théorème de Bayes permet d’exprimer les valeurs prédictives en fonction de la sensibilité, de la spécificité et de la prévalence.
À sensibilité et spécificité fixées :
- lorsque la prévalence augmente, la proportion de malades parmi les tests positifs augmente : la VPP augmente ;
- lorsque la prévalence augmente, les tests négatifs contiennent proportionnellement davantage de faux négatifs : la VPN diminue ;
- lorsque la prévalence diminue, la VPP diminue et la VPN augmente.
Ainsi, un test positif n’a pas la même signification dans une population où la maladie est rare et dans une population où elle est fréquente. Cette dépendance interdit de transférer directement une valeur prédictive d’une population à une autre sans vérifier leur prévalence respective.
Rapports de vraisemblance
Le rapport de vraisemblance mesure combien un résultat de test modifie la plausibilité de la maladie. Il existe un rapport associé au résultat positif et un autre associé au résultat négatif.
Un supérieur à augmente la probabilité de maladie après un test positif. Plus il est élevé, plus le résultat positif est informatif. Un inférieur à diminue la probabilité de maladie après un test négatif. Plus il est proche de , plus le résultat négatif est informatif.
Un rapport de vraisemblance égal à ne modifie pas la probabilité de maladie : le résultat est alors aussi probable chez les malades que chez les non-malades.
Actualiser une probabilité de maladie
L’actualisation par un rapport de vraisemblance utilise les cotes plutôt que directement les probabilités.
La probabilité avant réalisation du test est transformée en cote pré-test. Cette cote est multipliée par le rapport de vraisemblance correspondant au résultat observé. La cote obtenue est enfin reconvertie en probabilité après test.
Les rapports de vraisemblance dépendent de la sensibilité et de la spécificité, mais pas directement de la prévalence dans leurs formules. En revanche, la probabilité après test dépend nécessairement de la probabilité pré-test. La fiche consacrée à la courbe ROC étudie séparément l’effet du seuil de positivité sur la sensibilité et la spécificité.
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