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Sommaire

  • 1Deux logiques d’imagerie par rayonnements ionisants
  • 2Choisir un radionucléide
    • 2.1Périodes physiques, biologiques et effectives
    • 2.2Nature du rayonnement
  • 3Scintigraphie et tomographie d’émission monophotonique lock — section verrouillée
  • 4Tomographie par émission de positons lock — section verrouillée
  • 5Radiothérapie lock — section verrouillée
    • 5.1Modalités d’irradiation lock — section verrouillée
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B7 · Rayonnements ionisants

Applications médicales des rayonnements ionisants

Comparer imagerie de transmission et imagerie d'émission et le choix du radionucléide selon sa période et son rayonnement. Présenter les principes de la scintigraphie, de la tomographie par émission de positons et de la radiothérapie.

Biophysique·schedule6 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Deux logiques d’imagerie par rayonnements ionisants

L’imagerie médicale utilise les rayonnements ionisants selon deux organisations opposées : soit une source extérieure traverse le patient, soit une substance radioactive introduite dans l’organisme émet elle-même le rayonnement détecté.

Définition

Imagerie de transmission

Imagerie dans laquelle une source externe envoie un faisceau de rayons X à travers l’organisme. L’image traduit les différences d’atténuation du faisceau entre les tissus traversés.

En radiographie et en tomodensitométrie, le détecteur mesure l’intensité transmise. Un tissu très atténuant laisse parvenir moins de photons au détecteur qu’un tissu peu atténuant. L’information obtenue est donc principalement morphologique : elle renseigne sur la géométrie et les propriétés d’atténuation des structures.

Définition

Imagerie d’émission

Imagerie dans laquelle un radiopharmaceutique administré au patient émet des photons détectés à l’extérieur de l’organisme. L’image représente la distribution spatiale de ce radiopharmaceutique.

Définition

Radiopharmaceutique

Produit associant un radionucléide, responsable du signal radioactif, à un composé dont le devenir biologique détermine la répartition dans l’organisme.

L’imagerie d’émission fournit ainsi une information surtout fonctionnelle ou moléculaire. Sa résolution spatiale est généralement inférieure à celle de l’imagerie de transmission, mais elle peut révéler une modification fonctionnelle avant l’apparition d’une modification morphologique importante.

Comparaison

Imagerie de transmission et imagerie d’émission

CritèreImagerie de transmissionImagerie d’émission
Origine du rayonnementsource extérieure au patientradionucléide présent dans l’organisme
Grandeur cartographiéeatténuation des tissusdistribution du radiopharmaceutique
Information dominantemorphologiquefonctionnelle ou moléculaire
Détectionphotons ayant traversé le patientphotons émis depuis le patient
Expositionlimitée à l’émission de la source externepersiste tant que le radionucléide est présent et actif

Choisir un radionucléide

Le choix ne dépend pas seulement de la radioactivité. Il doit concilier les propriétés physiques du noyau, le comportement biologique du radiopharmaceutique et l’objectif diagnostique ou thérapeutique.

Périodes physiques, biologiques et effectives

La période physique TpT_{\mathrm{p}}Tp​ est le temps nécessaire pour que l’activité radioactive soit divisée par deux du fait des désintégrations. Sa détermination et la loi de décroissance sont traitées dans la fiche consacrée à la décroissance radioactive.

Définition

Période biologique TbT_{\mathrm{b}}Tb​

Temps nécessaire pour que la quantité de substance présente dans l’organisme soit divisée par deux sous l’effet des processus biologiques d’élimination.

Définition

Période effective TeT_{\mathrm{e}}Te​

Temps nécessaire pour que l’activité présente dans l’organisme soit divisée par deux sous l’action conjointe de la décroissance physique et de l’élimination biologique.

Formule

Période effective

1Te=1Tp+1Tb\frac{1}{T_{\mathrm{e}}} = \frac{1}{T_{\mathrm{p}}} + \frac{1}{T_{\mathrm{b}}}Te​1​=Tp​1​+Tb​1​
  • TeT_{\mathrm{e}}Te​ : période effective
  • TpT_{\mathrm{p}}Tp​ : période physique du radionucléide
  • TbT_{\mathrm{b}}Tb​ : période biologique du radiopharmaceutique

La période physique doit être assez longue pour permettre la préparation, l’administration, la distribution biologique et l’acquisition des données. Elle doit néanmoins rester aussi courte que possible afin de limiter l’irradiation après l’examen. La période effective est toujours inférieure à chacune des deux périodes qui la déterminent, car les deux mécanismes réduisent simultanément l’activité présente.

Exemple

Calculer une période effective

Pour un radiopharmaceutique dont la période physique vaut Tp=6 hT_{\mathrm{p}} = \pu{6 h}Tp​=6 h et la période biologique vaut Tb=3 hT_{\mathrm{b}} = \pu{3 h}Tb​=3 h :

1Te=16+13=16+26=36=12\frac{1}{T_{\mathrm{e}}} = \frac{1}{6} + \frac{1}{3} = \frac{1}{6} + \frac{2}{6} = \frac{3}{6} = \frac{1}{2}Te​1​=61​+31​=61​+62​=63​=21​

Ainsi, Te=2 hT_{\mathrm{e}} = \pu{2 h}Te​=2 h.

L’activité présente dans l’organisme est donc divisée par deux en deux heures. Cette période effective est bien plus courte que la période physique de 6 h\pu{6 h}6 h et que la période biologique de 3 h\pu{3 h}3 h, car la décroissance radioactive et l’élimination biologique agissent simultanément.

Nature du rayonnement

Pour une détection externe, le rayonnement doit sortir de l’organisme avec une probabilité suffisante. Les photons gamma sont donc adaptés à la scintigraphie. Une énergie trop faible entraîne une forte absorption dans les tissus, tandis qu’une énergie trop élevée rend la détection et la collimation moins efficaces.

La tomographie par émission de positons exige un radionucléide émetteur β+\beta^+β+. Pour la thérapie, on recherche au contraire un dépôt d’énergie élevé dans le volume ciblé. Les particules β−\beta^-β− ont une portée permettant une irradiation sur plusieurs distances cellulaires, tandis que les particules alpha déposent très densément leur énergie sur une courte distance.

À retenir

Critères indissociables

Un radionucléide n’est adapté que si sa période, son rayonnement et son association à un vecteur biologique sont tous compatibles avec l’objectif médical.

Scintigraphie et tomographie d’émission monophotonique

Définition

Scintigraphie

Technique d’imagerie d’émission qui détecte les photons gamma émis individuellement par un radiopharmaceutique et forme une image de sa distribution.

La caméra à scintillation comporte successivement :

  1. un collimateur, qui ne laisse passer que certaines directions de photons ;
  2. un cristal scintillateur, qui convertit l’énergie déposée en lumière ;
  3. des photodétecteurs, qui transforment cette lumière en signaux électriques ;
  4. un système électronique, qui estime la position et l’énergie de chaque interaction.

Le collimateur est indispensable car un détecteur isolé ne connaît pas la direction d’origine d’un photon gamma. Ses ouvertures réalisent une sélection géométrique : cette sélection permet la localisation, mais rejette une grande partie des photons. Il existe donc un compromis entre sensibilité, c’est-à-dire le nombre de photons utiles détectés, et résolution spatiale, c’est-à-dire la capacité à distinguer deux régions proches.

Sélection directionnelle par le collimateur d’une caméra à scintillation
Sélection directionnelle par le collimateur d’une caméra à scintillation

Une fenêtre énergétique retient les événements compatibles avec l’énergie attendue. Elle réduit notamment la contribution des photons diffusés, dont la direction ne représente plus correctement leur lieu d’émission.

Définition

Tomographie d’émission monophotonique

Acquisition scintigraphique réalisée sous plusieurs angles, suivie d’une reconstruction informatique produisant des coupes de la distribution du radiopharmaceutique.

La scintigraphie planaire superpose les activités situées à différentes profondeurs. La tomographie réduit cette superposition, au prix d’une acquisition et d’une reconstruction plus complexes.

Tomographie par émission de positons

Définition

Tomographie par émission de positons

Technique tomographique utilisant un radionucléide émetteur β+\beta^+β+ et détectant en coïncidence les deux photons issus de l’annihilation du positon avec un électron.

Après son émission, le positon perd son énergie dans la matière puis s’annihile avec un électron. Leur masse est convertie principalement en deux photons de 511 keV\pu{511 keV}511 keV émis dans des directions presque opposées.

Des détecteurs disposés autour du patient enregistrent les photons. Lorsque deux photons sont détectés dans une fenêtre temporelle très courte, le système considère qu’ils proviennent d’une même annihilation. Celle-ci se situe alors sur la ligne de réponse joignant les deux détecteurs.

Annihilation et ligne de réponse en tomographie par émission de positons
Annihilation et ligne de réponse en tomographie par émission de positons
Méthode

Formation d’une image en tomographie par émission de positons

  1. Administrer un radiopharmaceutique marqué par un émetteur β+\beta^+β+
  2. Détecter les paires de photons d’annihilation en coïncidence
  3. Associer chaque coïncidence à une ligne de réponse
  4. Corriger les données pour l’atténuation, la diffusion et les coïncidences fortuites
  5. Reconstruire la distribution tridimensionnelle de l’activité

La détection en coïncidence remplace la collimation mécanique de la scintigraphie. Elle augmente la sensibilité, mais la localisation reste limitée par la distance parcourue par le positon avant son annihilation et par le défaut de stricte opposition des deux photons.

Attention

Scintigraphie et tomographie par émission de positons

La scintigraphie détecte directement un photon gamma unique sélectionné par un collimateur. La tomographie par émission de positons détecte en coïncidence deux photons d’annihilation : elle ne détecte pas directement le positon.

Radiothérapie

Définition

Radiothérapie

Utilisation thérapeutique de rayonnements ionisants afin de détruire ou de contrôler des cellules pathologiques tout en limitant l’irradiation des tissus sains.

Les mécanismes moléculaires des lésions radio-induites et les grandeurs dosimétriques sont étudiés dans les fiches dédiées aux effets biologiques et à la dosimétrie. Le principe thérapeutique repose sur une différence exploitable entre le contrôle de la cible et la tolérance des tissus normaux.

Modalités d’irradiation

Comparaison

Principales modalités de radiothérapie

CritèreIrradiation externeCuriethérapieRadiothérapie interne vectorisée
Position de la sourceextérieure au patientplacée dans ou près de la cibleradionucléide distribué dans l’organisme
Ciblagegéométrie des faisceauxproximité de la sourceaffinité biologique du vecteur
Rayonnement recherchéphotons ou particules accéléréesrayonnement de courte portée utileparticules à effet thérapeutique
Décroissance dans le patientabsente après la séanceprésente tant que la source reste en placeprésente jusqu’à décroissance et élimination

En irradiation externe, plusieurs faisceaux peuvent converger vers la cible. Chaque faisceau traverse des tissus sains, mais leur convergence augmente la dose au volume visé. La planification définit les volumes à traiter, les organes à protéger, les orientations des faisceaux et la répartition de dose.

Convergence de faisceaux en irradiation externe
Convergence de faisceaux en irradiation externe

Le fractionnement consiste à répartir la dose totale en plusieurs séances. Entre deux fractions, les tissus peuvent réparer une partie des lésions subies. Le schéma choisi cherche à exploiter les différences de réponse entre la cible et les tissus sains.

En radiothérapie interne vectorisée, le radionucléide est associé à un vecteur qui concentre préférentiellement l’activité dans la cible. La portée des particules doit être cohérente avec la taille et l’hétérogénéité du volume à traiter. Un rayonnement photonique associé peut permettre le contrôle de la distribution, mais contribue aussi à l’irradiation à distance.

À retenir

Le diagnostic recherche un rayonnement suffisamment pénétrant pour être détecté hors du corps ; la thérapie recherche surtout un dépôt d’énergie élevé et spatialement limité dans la cible.

Points clés
  • L’imagerie de transmission cartographie l’atténuation d’un faisceau externe, tandis que l’imagerie d’émission cartographie un radiopharmaceutique interne
  • Le choix d’un radionucléide associe période effective, nature du rayonnement et comportement biologique du vecteur
  • La scintigraphie détecte des photons gamma uniques et utilise une collimation mécanique
  • La tomographie par émission de positons localise des annihilations par détection de deux photons de 511 keV\pu{511 keV}511 keV en coïncidence
  • La radiothérapie peut être externe, placée au contact de la cible ou interne vectorisée
  • Toute stratégie thérapeutique cherche à maximiser la dose dans la cible tout en préservant les tissus sains

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Rayonnements ionisants.

  • Fiche 01Structure du noyau et énergie de liaisonRayonnements ionisants
  • Fiche 02Stabilité nucléaire et modes de désintégrationRayonnements ionisants
  • Fiche 03Décroissance radioactive, période et filiationsRayonnements ionisants
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