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Sommaire

  • 1Le cholestérol, un stérol membranaire
    • 1.1Architecture du noyau stéroïde
    • 1.2Cholestérol libre et cholestérol estérifié
  • 2Insertion du cholestérol dans les membranes
    • 2.1Régulation de la fluidité
  • 3Les acides biliaires
  • 4Cycle entérohépatique lock — section verrouillée
  • 5Les hormones stéroïdiennes lock — section verrouillée
  • 6Mode d’action cellulaire des hormones stéroïdiennes lock — section verrouillée
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B2 · Lipides

Cholestérol, stéroïdes et acides biliaires

Décrire le noyau stérol, l'insertion du cholestérol dans les membranes et son rôle sur la fluidité. Présenter ses dérivés — acides biliaires et cycle entérohépatique, hormones stéroïdiennes — et leur mode d'action cellulaire.

Biochimie structurale et métabolique·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Le cholestérol, un stérol membranaire

Architecture du noyau stéroïde

Définition

Stéroïde

Lipide caractérisé par un squelette carboné rigide formé de quatre cycles fusionnés : trois cycles à six atomes et un cycle à cinq atomes.

Ce squelette polycyclique, appelé noyau stéroïde, est presque plan et peu flexible. Il est essentiellement hydrocarboné, donc hydrophobe. La nature des substituants, leur position et l’état d’oxydation du noyau déterminent les propriétés des différents stéroïdes.

Définition

Stérol

Stéroïde portant un groupe hydroxyle alcoolique, ce qui lui confère une petite région polaire au sein d’une structure majoritairement hydrophobe.

Le cholestérol est le principal stérol des cellules animales. Sa molécule comporte :

  • un groupe hydroxyle polaire porté par le premier cycle ;
  • un noyau stéroïde hydrophobe, rigide et volumineux ;
  • une courte chaîne hydrocarbonée hydrophobe fixée au dernier cycle ;
  • une double liaison dans le noyau carboné.
Définition

Molécule amphipathique

Molécule associant une région hydrophile, capable d’interagir avec l’eau, et une région hydrophobe, qui évite le contact avec l’eau.

Le cholestérol est donc amphipathique, mais sa région hydrophile est très réduite. Cette dissymétrie explique son orientation dans les membranes.

Cholestérol libre et cholestérol estérifié

Le groupe hydroxyle du cholestérol peut être estérifié par un acide gras. L’estérification masque la seule région polaire de la molécule et rend le produit entièrement hydrophobe.

Comparaison

Deux formes du cholestérol

CritèreCholestérol libreCholestérol estérifié
Groupe hydroxylelibre et polaireengagé dans une liaison ester
Caractère moléculaireamphipathiquetotalement hydrophobe
Localisation privilégiéemembranescœur des structures de stockage ou de transport
Fonction principaleorganisation membranaire et précurseurstockage et transport

Le transport sanguin du cholestérol et de ses esters par les lipoprotéines relève de la fiche consacrée au transport sanguin des lipides.

Insertion du cholestérol dans les membranes

Dans une bicouche lipidique, le groupe hydroxyle du cholestérol se place au voisinage des têtes polaires des phospholipides. Le noyau stéroïde et la chaîne hydrocarbonée s’insèrent entre leurs chaînes d’acides gras, dans la partie hydrophobe de la membrane.

Le noyau rigide limite les mouvements des segments hydrocarbonés situés près de la surface membranaire. En revanche, la chaîne courte du cholestérol perturbe l’empilement régulier des extrémités des acides gras. Son effet dépend donc de l’état initial de la bicouche.

Régulation de la fluidité

Définition

Fluidité membranaire

Capacité des lipides et des protéines d’une membrane à se déplacer au sein de la bicouche. Elle dépend principalement de la température et de la composition lipidique.

À température relativement élevée, les chaînes lipidiques sont très mobiles. Le noyau rigide du cholestérol restreint leurs mouvements : il diminue la fluidité excessive et réduit la perméabilité de la membrane aux petites molécules hydrophiles.

À température relativement basse, les chaînes d’acides gras tendent à s’ordonner et à se rapprocher. Le cholestérol empêche leur empilement compact : il limite la rigidification et s’oppose à une transition brutale vers un état ordonné.

Le cholestérol agit ainsi comme un tampon de fluidité. Il stabilise les propriétés physiques de la membrane lorsque la température varie, plutôt que d’exercer un effet unidirectionnel.

À retenir

Effet bidirectionnel du cholestérol

Le cholestérol diminue la mobilité excessive des lipides lorsque la membrane est très fluide, mais empêche leur empilement lorsque la membrane tend à se rigidifier.

Une concentration locale élevée en cholestérol, associée à certains sphingolipides, favorise la formation de domaines membranaires plus ordonnés. Ces domaines participent à l’organisation de protéines impliquées dans la signalisation et le trafic membranaire.

Attention

Fluidité et rigidité ne sont pas synonymes de quantité de cholestérol

Il est incorrect d’affirmer que le cholestérol rigidifie toujours la membrane. Son effet dépend de la température, de la saturation des acides gras et de la composition globale de la bicouche.

Les acides biliaires

Définition

Acide biliaire

Dérivé amphipathique du cholestérol synthétisé par le foie, portant plusieurs groupes hydroxyle et une fonction acide carboxylique.

La transformation du cholestérol en acides biliaires augmente fortement sa polarité. Les groupes hydrophiles et hydrophobes se répartissent sur deux faces différentes du noyau stéroïde : cette organisation dite amphipathie faciale confère aux acides biliaires des propriétés détergentes.

Les acides biliaires produits directement par le foie sont dits primaires. Avant leur sécrétion, ils sont généralement conjugués à un composé azoté. Cette conjugaison abaisse leur tendance à être protonés : au pH intestinal, ils sont principalement ionisés et associés à des cations. On parle alors de sels biliaires.

Dans l’intestin, leur face hydrophobe interagit avec les lipides, tandis que leur face hydrophile reste en contact avec le milieu aqueux. Ils facilitent ainsi :

  • la dispersion des masses lipidiques en petites structures ;
  • l’action des enzymes digestives à l’interface entre l’eau et les lipides ;
  • la formation de micelles contenant les produits de la digestion lipidique ;
  • l’absorption des lipides et des vitamines liposolubles.
Définition

Micelle

Agrégat de molécules amphipathiques dont les régions hydrophobes sont tournées vers l’intérieur et les régions hydrophiles vers le milieu aqueux.

Une partie des acides biliaires primaires est modifiée par le microbiote intestinal et devient un acide biliaire secondaire. La distinction primaire ou secondaire dépend donc du lieu et du mécanisme de formation, non de l’importance physiologique.

Cycle entérohépatique

Définition

Cycle entérohépatique

Circulation répétée d’une substance entre le foie, la bile, l’intestin et le sang portal, suivie de sa captation à nouveau par le foie.

Méthode

Étapes du cycle entérohépatique des acides biliaires

  1. Le foie synthétise les acides biliaires à partir du cholestérol, puis les conjugue
  2. Les sels biliaires sont sécrétés dans la bile et délivrés dans l’intestin
  3. Ils participent à la digestion et à l’absorption des lipides
  4. La majorité est réabsorbée, principalement dans la partie terminale de l’intestin grêle
  5. Le sang portal les ramène au foie
  6. Les hépatocytes les captent et les sécrètent de nouveau dans la bile

Cette récupération limite le coût métabolique d’une synthèse permanente. Une faible fraction échappe cependant à la réabsorption et est éliminée dans les selles. Cette perte doit être compensée par une nouvelle synthèse hépatique.

La conversion en acides biliaires puis leur élimination fécale constituent une voie majeure d’élimination du cholestérol, dont le noyau carboné ne peut pas être complètement dégradé en dioxyde de carbone par l’organisme humain.

À retenir

Les acides biliaires sont à la fois des dérivés du cholestérol, des agents de solubilisation des lipides alimentaires et une voie d’élimination du cholestérol.

Les hormones stéroïdiennes

Définition

Hormone stéroïdienne

Messager chimique lipophile dérivé du cholestérol, synthétisé par une cellule endocrine et agissant à distance après transport dans le sang.

Les hormones stéroïdiennes comprennent plusieurs familles fonctionnelles :

  • les glucocorticoïdes, impliqués dans l’adaptation métabolique ;
  • les minéralocorticoïdes, qui participent à l’équilibre hydro-électrolytique ;
  • les stéroïdes sexuels, qui interviennent dans la reproduction et les caractères sexuels.

Leur caractère lipophile explique leurs propriétés générales. Elles traversent les membranes biologiques, sont peu solubles dans le plasma et circulent majoritairement liées à des protéines porteuses. Seule la fraction libre peut diffuser vers les cellules cibles.

Contrairement aux messagers hydrophiles stockés dans des vésicules, les hormones stéroïdiennes sont habituellement synthétisées à la demande. Une fois produites, elles diffusent hors de la cellule endocrine.

Mode d’action cellulaire des hormones stéroïdiennes

Définition

Récepteur intracellulaire

Protéine située dans le cytosol ou le noyau, capable de lier un ligand lipophile puis de réguler l’expression de gènes déterminés.

L’hormone traverse la membrane plasmique par diffusion simple. Elle se fixe ensuite à son récepteur spécifique. Cette liaison modifie la conformation du récepteur, favorise souvent son association avec un second récepteur et permet au complexe d’interagir avec l’ADN.

Définition

Élément de réponse hormonale

Séquence régulatrice de l’ADN reconnue par un complexe formé d’une hormone stéroïdienne et de son récepteur.

La fixation du complexe hormone-récepteur sur ces séquences recrute des protéines activatrices ou inhibitrices de la transcription. La quantité de certains ARN messagers est alors modifiée, ce qui entraîne une variation de la synthèse protéique et, finalement, de la fonction cellulaire.

Méthode

Mode d’action génomique d’une hormone stéroïdienne

  1. L’hormone libre diffuse à travers la membrane plasmique
  2. Elle se lie à un récepteur intracellulaire spécifique
  3. Le récepteur activé reconnaît une séquence régulatrice de l’ADN
  4. Le complexe modifie la transcription de gènes cibles
  5. La synthèse de protéines est augmentée ou diminuée
  6. Les nouvelles protéines produisent la réponse cellulaire

Ce mécanisme est relativement lent, car il nécessite transcription et traduction, mais ses effets sont souvent prolongés. Des actions plus rapides, indépendantes d’une modification directe de la transcription, peuvent aussi exister.

Attention

Lipophilie ne signifie pas absence de spécificité

Une hormone stéroïdienne peut pénétrer dans de nombreuses cellules, mais seules les cellules exprimant le récepteur adapté produisent une réponse spécifique.

Points clés
  • Le cholestérol possède un petit groupe polaire et une vaste région hydrophobe formée du noyau stéroïde et d’une chaîne carbonée
  • Dans les membranes, il s’insère entre les phospholipides et agit comme un tampon de fluidité
  • Les acides biliaires sont des dérivés amphipathiques du cholestérol indispensables à la solubilisation intestinale des lipides
  • Le cycle entérohépatique assure la récupération et la réutilisation de la majorité des acides biliaires
  • Les hormones stéroïdiennes diffusent à travers la membrane et agissent principalement par des récepteurs intracellulaires régulant la transcription

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Lipides.

  • Fiche 01Acides gras : nomenclature, propriétés et rôle énergétiqueLipides
  • Fiche 02Triglycérides, tissu adipeux et réserves lipidiquesLipides
  • Fiche 03Glycérophospholipides et sphingolipidesLipides
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