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Sommaire

  • 1Du signal électrique à la réponse mécanique
  • 2Libération du calcium
    • 2.1Détection de la dépolarisation
    • 2.2Activation des myofilaments
  • 3Relaxation musculaire
  • 4Réponse mécanique à une stimulation
    • 4.1Secousse musculaire lock — section verrouillée
    • 4.2Sommation et tétanos lock — section verrouillée
  • 5Relation tension–longueur lock — section verrouillée
  • 6Relation force–vitesse lock — section verrouillée
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  5. Couplage excitation–contraction et mécanique musculaire

B8 · Physiologie cellulaire et neuromusculaire

Couplage excitation–contraction et mécanique musculaire

Relier l'excitation membranaire, les tubules transverses, le réticulum sarcoplasmique et la libération de calcium. Décrire la secousse, la sommation, le tétanos et les relations tension-longueur et force-vitesse.

Physiologie·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Du signal électrique à la réponse mécanique

La jonction neuromusculaire déclenche un potentiel d'action musculaire, tandis que les mécanismes de sa genèse et de sa propagation sont étudiés dans les fiches précédentes. Ici, le point de départ est donc l'arrivée de ce potentiel d'action sur la membrane de la fibre musculaire striée squelettique.

Définition

Couplage excitation–contraction

Ensemble des mécanismes qui convertissent l'excitation électrique de la membrane musculaire en une augmentation de la concentration cytosolique de calcium, puis en une production de force par les protéines contractiles.

La fibre musculaire possède une organisation adaptée à cette conversion rapide. Son sarcolemme, c'est-à-dire sa membrane plasmique, forme des invaginations profondes appelées tubules transverses.

Définition

Tubule transverse

Invagination du sarcolemme qui conduit le potentiel d'action au voisinage immédiat des myofibrilles, jusque dans la profondeur de la fibre musculaire.

Définition

Réticulum sarcoplasmique

Réseau membranaire intracellulaire spécialisé dans le stockage, la libération et la recapture du calcium nécessaire à la contraction musculaire.

Les extrémités dilatées du réticulum sarcoplasmique sont les citernes terminales. Un tubule transverse encadré par deux citernes terminales constitue une triade. Cette disposition rapproche physiquement le système qui détecte la dépolarisation et celui qui libère le calcium.

Libération du calcium

Détection de la dépolarisation

La membrane des tubules transverses contient le récepteur des dihydropyridines, ou récepteur DHP. Dans le muscle squelettique, cette protéine est un canal calcique de type L qui agit surtout comme capteur de voltage. Sa conformation change lorsque la membrane est dépolarisée.

Le récepteur DHP est mécaniquement couplé au récepteur de la ryanodine de type 1, ou RyR1, situé dans la membrane du réticulum sarcoplasmique. RyR1 est le canal par lequel le calcium stocké dans le réticulum est libéré dans le cytosol.

Méthode

Séquence du couplage excitation–contraction

  1. Le potentiel d'action se propage sur le sarcolemme
  2. Il pénètre dans la fibre par les tubules transverses
  3. La dépolarisation modifie la conformation des récepteurs DHP
  4. Le couplage entre DHP et RyR1 provoque l'ouverture de RyR1
  5. Le calcium quitte le réticulum sarcoplasmique et sa concentration cytosolique augmente
  6. Le calcium se fixe sur les protéines régulatrices des myofilaments
  7. Les interactions entre actine et myosine produisent une force

Dans le muscle squelettique, l'entrée de calcium extracellulaire par le récepteur DHP n'est donc pas le mécanisme principal de déclenchement immédiat. La majeure partie du calcium activateur provient du réticulum sarcoplasmique.

Activation des myofilaments

Le sarcomère est l'unité contractile répétée des myofibrilles. Son organisation structurale détaillée relève de l'histologie musculaire ; il associe principalement des filaments fins d'actine et des filaments épais de myosine.

Au repos, la tropomyosine masque sur l'actine les sites auxquels les têtes de myosine peuvent se fixer. Le calcium cytosolique se lie à la troponine C, sous-unité de la troponine sensible au calcium. Cette fixation modifie la conformation du complexe troponine–tropomyosine et découvre les sites de liaison de la myosine.

Les têtes de myosine peuvent alors établir des ponts actine–myosine. Leur cycle d'attachement, de traction puis de détachement utilise l'énergie fournie par l'hydrolyse de l'ATP. Les filaments ne raccourcissent pas eux-mêmes : ils glissent les uns par rapport aux autres, ce qui raccourcit le sarcomère lorsque les conditions mécaniques l'autorisent.

À retenir

La dépolarisation ne déplace pas directement les myofilaments. Elle provoque une libération de calcium, et le calcium lève l'inhibition exercée par le complexe troponine–tropomyosine sur l'interaction actine–myosine.

Relaxation musculaire

La relaxation exige la diminution de la concentration cytosolique de calcium. Les canaux RyR1 se ferment, puis les pompes SERCA, ATPases calciques du réticulum sarcoplasmique, transportent activement le calcium du cytosol vers la lumière du réticulum.

Dans le réticulum, le calcium est notamment lié à la calséquestrine, protéine qui permet d'en stocker une grande quantité tout en maintenant une concentration libre relativement limitée. Lorsque le calcium se dissocie de la troponine C, la tropomyosine masque de nouveau les sites de liaison de la myosine. La formation de nouveaux ponts cesse et la fibre se relâche.

L'ATP intervient ainsi à deux niveaux : il permet le cycle mécanique des têtes de myosine et alimente la recapture du calcium par SERCA.

Attention

Relaxation et absence d'énergie

La relaxation n'est pas un simple arrêt passif de la contraction. La dissociation des ponts actine–myosine et la recapture du calcium nécessitent de l'ATP.

Réponse mécanique à une stimulation

Secousse musculaire

Définition

Secousse musculaire

Réponse mécanique transitoire d'une fibre ou d'un muscle à une excitation unique suffisamment intense pour déclencher un potentiel d'action.

Une secousse comprend trois périodes :

  • la période de latence, entre l'excitation et le début mesurable de la force, correspondant notamment au couplage et à la mise en tension des éléments élastiques ;
  • la phase de contraction, pendant laquelle la concentration cytosolique de calcium et le nombre de ponts actifs permettent l'augmentation de la force ;
  • la phase de relaxation, pendant laquelle la recapture du calcium entraîne la diminution de la force.

Le potentiel d'action est beaucoup plus bref que la réponse mécanique. Une nouvelle excitation peut donc survenir alors que le calcium cytosolique et la force ne sont pas encore revenus à leur valeur de repos.

Sommation et tétanos

Définition

Sommation temporelle

Augmentation de la force obtenue lorsque plusieurs excitations rapprochées produisent des réponses mécaniques qui se superposent.

Si une nouvelle excitation arrive avant la relaxation complète, elle provoque une libération supplémentaire de calcium. La concentration cytosolique reste élevée, davantage de sites de l'actine demeurent accessibles et le nombre moyen de ponts actine–myosine augmente. La force produite dépasse alors celle d'une secousse isolée.

Lorsque la fréquence des excitations augmente encore, les secousses ne sont plus individualisées.

Comparaison

Formes de réponse mécanique

RéponseÉtat de la forceÉtat du calcium cytosolique
Secousse isoléeaugmentation puis retour au reposélévation transitoire puis recapture
Tétanos incompletforce élevée avec oscillationsdemeure élevé mais fluctue
Tétanos completplateau de force sans relaxation visibledemeure suffisamment élevé et stable
Définition

Tétanos musculaire

Contraction soutenue résultant d'une fréquence d'excitation telle que les réponses mécaniques se somment durablement.

Attention

Tétanos musculaire et maladie infectieuse

Le tétanos musculaire désigne ici un état mécanique de contraction soutenue. Il ne doit pas être confondu avec la maladie infectieuse portant le même nom.

À retenir

L'intensité du potentiel d'action ne code pas l'intensité de la contraction. La force peut augmenter par élévation de la fréquence des potentiels d'action, ce qui entretient le calcium cytosolique et produit une sommation.

Relation tension–longueur

La tension musculaire est la force développée par le muscle. Elle dépend de la longueur initiale des sarcomères, car celle-ci détermine le degré de chevauchement entre les filaments d'actine et de myosine.

La tension active est produite par les ponts actine–myosine. Elle est maximale à une longueur optimale, pour laquelle le chevauchement permet la formation du plus grand nombre efficace de ponts.

À une longueur trop faible, le chevauchement excessif gêne l'organisation efficace des filaments. À une longueur trop élevée, le chevauchement diminue et moins de ponts peuvent se former. Si les filaments ne se chevauchent plus, aucune tension active ne peut être produite.

La tension passive apparaît lorsque le muscle non activé est étiré. Elle résulte de la résistance des structures élastiques, notamment la titine, les enveloppes conjonctives et les tendons. Elle augmente fortement aux grandes longueurs.

Formule

Tension totale

Ttotale=Tactive+TpassiveT_{\mathrm{totale}} = T_{\mathrm{active}} + T_{\mathrm{passive}}Ttotale​=Tactive​+Tpassive​
  • TtotaleT_{\mathrm{totale}}Ttotale​ : tension totale mesurée
  • TactiveT_{\mathrm{active}}Tactive​ : tension produite par les ponts actine–myosine
  • TpassiveT_{\mathrm{passive}}Tpassive​ : tension produite par l'étirement des éléments élastiques

La relation tension–longueur doit être étudiée dans des conditions où la longueur est imposée, afin que l'effet propre de la longueur initiale puisse être distingué d'un raccourcissement simultané.

Relation force–vitesse

La vitesse de variation de longueur dépend de la force extérieure qui s'oppose au mouvement. Lors d'un raccourcissement, plus la charge est élevée, plus la vitesse de raccourcissement est faible : les ponts doivent maintenir une force plus importante et progressent moins rapidement dans leur cycle collectif.

Comparaison

Régimes mécaniques de contraction

RégimeLongueur musculaireRelation entre force et charge
Concentriquediminue par raccourcissementla force musculaire dépasse la charge
Isométriquereste constantela force musculaire équilibre la charge
Excentriqueaugmente par allongement actifla charge dépasse la force permettant le raccourcissement

En contraction concentrique, la vitesse de raccourcissement est maximale lorsque la charge est minimale, puis diminue à mesure que la charge augmente. Lorsque la charge atteint la force isométrique maximale, la vitesse devient nulle.

En contraction excentrique, le muscle activé est allongé. Il peut alors résister à une force supérieure à sa force isométrique maximale, car les ponts actine–myosine et les éléments élastiques s'opposent ensemble à l'étirement. La force augmente avec la vitesse d'allongement, puis tend vers un plateau.

La relation force–vitesse est donc asymétrique : le raccourcissement rapide réduit la force disponible, tandis que l'allongement actif permet une force résistante élevée.

Points clés
  • Le potentiel d'action gagne les tubules transverses, où les récepteurs DHP commandent l'ouverture des canaux RyR1 du réticulum sarcoplasmique
  • Le calcium se fixe à la troponine C et permet la formation des ponts actine–myosine
  • La recapture active du calcium par SERCA provoque la relaxation
  • La sommation et le tétanos résultent du maintien du calcium cytosolique lorsque les excitations sont rapprochées
  • La tension active est maximale pour une longueur assurant un chevauchement optimal entre actine et myosine
  • En raccourcissement, la vitesse diminue lorsque la charge augmente ; en allongement actif, la force résistante peut dépasser la force isométrique

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Physiologie cellulaire et neuromusculaire.

  • Fiche 01Potentiel de repos et potentiel d'actionPhysiologie cellulaire et neuromusculaire
  • Fiche 02Propagation du potentiel d'action et rôle de la myélinePhysiologie cellulaire et neuromusculaire
  • Fiche 03Transmission synaptique et neurotransmetteursPhysiologie cellulaire et neuromusculaire
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