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Sommaire

  • 1Fondements des droits des patients
  • 2Les droits individuels
    • 2.1Respect de la personne et égalité d’accès aux soins
    • 2.2Information et participation aux décisions
    • 2.3Accès aux informations de santé
    • 2.4Qualité des soins, douleur et fin de vie
  • 3La personne de confiance lock — section verrouillée
  • 4Les droits collectifs des usagers lock — section verrouillée
  • 5Médiation et voies de recours lock — section verrouillée
    • 5.1Réclamation auprès du professionnel ou de l’établissement lock — section verrouillée
    • 5.2Conciliation et indemnisation lock — section verrouillée
    • 5.3Recours juridictionnels et disciplinaires lock — section verrouillée
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  5. Droits des patients

B12 · Droit et santé

Droits des patients

Présenter les droits individuels et collectifs des personnes malades et la personne de confiance. Décrire les voies de recours et de médiation en cas de litige.

Santé, société, humanité et santé publique·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Fondements des droits des patients

Les droits des patients s’appliquent à toute personne qui reçoit, demande ou pourrait recevoir des soins. Ils encadrent les relations avec les professionnels, les établissements et les organismes du système de santé. Leur objectif est de protéger la personne sans la réduire à sa maladie et de lui permettre de participer aux décisions qui la concernent.

Définition

Usager du système de santé

Personne qui utilise les services de prévention, de diagnostic ou de soins, ou qui est susceptible d’y recourir. Cette notion est plus large que celle de personne actuellement malade.

La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé a constitué une étape majeure. Elle a renforcé les droits individuels, organisé la représentation collective des usagers et facilité le règlement des litiges liés aux soins.

Ces droits reposent sur plusieurs principes :

  • le respect de la dignité de la personne ;
  • l’absence de discrimination dans l’accès à la prévention et aux soins ;
  • le respect de la vie privée et de l’intimité ;
  • la participation de la personne aux décisions concernant sa santé ;
  • l’accès à des soins appropriés, sûrs et fondés sur les connaissances médicales établies.

Les droits individuels

Respect de la personne et égalité d’accès aux soins

Toute personne malade conserve l’ensemble de ses droits fondamentaux. Son état de santé ne justifie ni atteinte à sa dignité, ni traitement discriminatoire.

Le droit à la protection de la santé ne signifie pas que toute personne peut exiger n’importe quel acte médical. Le professionnel doit proposer des soins justifiés par l’état de santé, proportionnés au bénéfice attendu et conformes aux données acquises de la science.

Le patient bénéficie également du droit au respect de son intimité, particulièrement lors des examens, des soins et de l’hébergement dans un établissement.

Information et participation aux décisions

Toute personne a le droit de recevoir une information claire, loyale et appropriée sur son état de santé, les investigations proposées, l’utilité et l’urgence des soins, leurs conséquences, leurs risques ainsi que les autres possibilités médicales pertinentes.

Cette information permet au patient de participer à la décision médicale. Elle doit être adaptée à ses capacités de compréhension et délivrée au cours d’un entretien individuel.

Le consentement libre et éclairé relève spécifiquement de la fiche consacrée à l’information et au consentement du patient. Il faut néanmoins retenir qu’aucun soin ne peut, en principe, être pratiqué sans l’accord de la personne, et que cet accord peut être retiré.

Attention

Information ne signifie pas décision imposée

Le professionnel apporte les connaissances médicales nécessaires et formule une proposition de soins ; il ne se substitue pas à la volonté du patient capable de décider. Inversement, le patient ne peut imposer un acte médical injustifié.

Accès aux informations de santé

Le patient peut accéder aux informations formalisées concernant sa santé, directement ou par l’intermédiaire d’un médecin qu’il désigne. Les modalités de constitution, de conservation et de communication du dossier médical sont étudiées dans la fiche dédiée.

La confidentialité de ces informations est protégée par le secret professionnel, traité dans une fiche voisine. Ce secret demeure applicable lors de toute démarche de médiation ou de recours.

Qualité des soins, douleur et fin de vie

La personne a droit aux soins les plus appropriés et à une prise en charge destinée à soulager sa douleur. Les actes ne doivent pas lui faire courir de risques disproportionnés par rapport au bénéfice attendu.

Lorsqu’une guérison n’est plus possible, la continuité des soins, l’accompagnement et le soulagement de la souffrance restent dus. Les règles précises relatives aux directives anticipées et à la fin de vie appartiennent à la fiche d’éthique correspondante.

À retenir

Principe directeur

La personne malade reste un sujet de droit : elle doit être respectée, informée et associée aux décisions qui concernent sa santé.

La personne de confiance

Définition

Personne de confiance

Personne majeure désignée par un patient majeur pour l’accompagner dans ses démarches de santé et être consultée si celui-ci devient incapable d’exprimer sa volonté.

La désignation est faite par écrit. Elle est révocable et modifiable à tout moment. La personne choisie doit accepter cette mission. Il peut s’agir d’un proche, d’un parent ou du médecin traitant, à condition que la personne désignée soit majeure.

Tant que le patient peut exprimer sa volonté, la personne de confiance peut l’accompagner lors des entretiens médicaux et l’aider à comprendre les informations reçues. Elle n’exerce cependant pas le pouvoir de décision à sa place.

Si le patient ne peut plus exprimer sa volonté, l’équipe médicale consulte la personne de confiance pour connaître les souhaits antérieurement exprimés. Son témoignage bénéficie d’une place privilégiée par rapport à celui des autres proches, sous réserve des règles particulières applicables aux directives anticipées.

Comparaison

Personne de confiance et personne à prévenir

CritèrePersonne de confiancePersonne à prévenir
Fonctionaccompagne et témoigne de la volonté du patientest contactée pour recevoir une information pratique
Intervention médicalepeut assister aux entretiens avec l’accord du patientne participe pas nécessairement aux échanges médicaux
En cas d’impossibilité de s’exprimerest consultée sur les volontés du patientne dispose pas de cette mission du seul fait de sa désignation
Désignationécrite, révocable et modifiableindiquée selon les modalités de l’établissement
Attention

La personne de confiance ne décide pas à la place du patient

Sa mission est d’accompagner puis, si nécessaire, de témoigner des volontés du patient. Elle n’est ni un représentant légal automatique ni le destinataire systématique de toutes les informations médicales.

Les droits collectifs des usagers

Les droits collectifs permettent aux usagers de participer au fonctionnement et à l’amélioration du système de santé. Cette participation constitue la démocratie sanitaire.

Définition

Démocratie sanitaire

Organisation de la participation des usagers, de leurs représentants et des associations agréées à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques de santé.

Les associations d’usagers peuvent recevoir un agrément lorsqu’elles remplissent les conditions légales d’indépendance, d’activité et de représentativité. Leurs membres peuvent alors siéger dans différentes instances sanitaires.

Les représentants des usagers portent la parole des patients, veillent au respect de leurs droits et contribuent à l’amélioration de la qualité des prises en charge. Dans les établissements de santé, ils participent notamment à la commission des usagers.

Définition

Commission des usagers

Instance d’un établissement de santé chargée de veiller au respect des droits des usagers, de faciliter leurs démarches et de contribuer à l’amélioration de la qualité de l’accueil et des soins.

Les droits collectifs ne remplacent pas les droits individuels. Une association peut défendre les intérêts communs des usagers, tandis que chaque patient conserve la maîtrise des décisions et démarches relatives à sa propre situation.

Médiation et voies de recours

Réclamation auprès du professionnel ou de l’établissement

Face à une difficulté, une demande d’explication peut d’abord être adressée au professionnel ou au service concerné. Dans un établissement, une réclamation écrite peut être envoyée à la direction.

La commission des usagers examine les réclamations et les suites qui leur sont données. Le patient peut rencontrer un médiateur médical lorsque le différend concerne l’organisation des soins ou une décision médicale, ou un médiateur non médical lorsqu’il porte sur une autre dimension de la prise en charge.

Définition

Médiation

Processus de règlement amiable dans lequel un tiers impartial facilite le dialogue afin de clarifier le différend et de rechercher une solution acceptable.

La médiation vise l’explication et l’apaisement. Elle n’empêche pas un recours ultérieur et ne remplace pas une décision juridictionnelle lorsque celle-ci est nécessaire.

Conciliation et indemnisation

En cas de dommage lié aux soins, la personne peut saisir une commission de conciliation et d’indemnisation, dite CCI. Cette procédure est gratuite et permet, lorsque les conditions légales sont réunies, une expertise puis un avis sur les circonstances du dommage et son indemnisation.

Selon l’origine et la gravité du dommage, l’indemnisation peut incomber à l’assureur d’un responsable ou relever de la solidarité nationale par l’intermédiaire de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux.

Recours juridictionnels et disciplinaires

La voie compétente dépend de la nature du litige :

  • le juge administratif connaît en principe des litiges mettant en cause un établissement public de santé ;
  • le juge judiciaire connaît notamment des demandes concernant les professionnels de santé en médecine libérale et les établissements privés ;
  • la juridiction pénale intervient lorsqu’une infraction est alléguée ;
  • l’ordre professionnel peut être saisi pour un manquement aux règles déontologiques.

La responsabilité civile, administrative, pénale et disciplinaire est développée dans la fiche précédente du sous-bloc. Une même situation peut relever de plusieurs voies, car celles-ci n’ont ni le même objectif ni les mêmes conditions.

À retenir

Choisir une voie adaptée

La médiation recherche une solution amiable, la procédure d’indemnisation vise la réparation d’un dommage, la juridiction tranche un litige et la voie disciplinaire sanctionne un manquement déontologique.

Points clés
  • Les droits individuels protègent la dignité, l’égalité d’accès, l’intimité, l’information et la participation du patient aux décisions
  • La personne de confiance accompagne le patient et témoigne de ses volontés lorsqu’il ne peut plus les exprimer
  • Les associations agréées et les représentants des usagers participent à la démocratie sanitaire
  • La commission des usagers facilite les réclamations et contribue à l’amélioration de la qualité des soins
  • La médiation, la CCI, les juridictions et les ordres professionnels répondent à des objectifs distincts

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Droit et santé.

  • Fiche 01Organisation de la justice et sources du droitDroit et santé
  • Fiche 02Personne juridique, capacité et protection des majeursDroit et santé
  • Fiche 03Responsabilité médicale : civile, pénale, administrative et disciplinaireDroit et santé
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  • 2Les droits individuels
    • 2.1Respect de la personne et égalité d’accès aux soins
    • 2.2Information et participation aux décisions
    • 2.3Accès aux informations de santé
    • 2.4Qualité des soins, douleur et fin de vie
  • 3La personne de confiance lock — section verrouillée
  • 4Les droits collectifs des usagers lock — section verrouillée
  • 5Médiation et voies de recours lock — section verrouillée
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