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Biophysiquechevron_rightOptiquechevron_rightLaser : principe et applications médicales
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Sommaire

  • 1De l’interaction photon–matière à l’émission stimulée
  • 2Inversion de population et amplification
    • 2.1Cavité résonante
  • 3Propriétés du faisceau laser lock — section verrouillée
  • 4Interaction avec les tissus biologiques lock — section verrouillée
    • 4.1Effets thermiques lock — section verrouillée
    • 4.2Effets photochimiques lock — section verrouillée
  • 5Points clés lock — section verrouillée
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B7 · Optique

Laser : principe et applications médicales

Décrire l'émission stimulée, l'inversion de population et les propriétés du faisceau laser. Relier ces propriétés aux effets thermiques et photochimiques exploités en médecine.

Biophysique·schedule6 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

De l’interaction photon–matière à l’émission stimulée

La relation entre l’énergie d’un photon et la fréquence du rayonnement est étudiée dans la fiche consacrée à la nature de la lumière. On retient ici que l’échange d’énergie avec la matière se fait par quantités discrètes appelées photons, selon E=hνE = h\nuE=hν, où EEE est l’énergie du photon, hhh la constante de Planck et ν\nuν la fréquence du rayonnement.

Considérons deux niveaux d’énergie d’un atome ou d’une molécule, avec un niveau inférieur E1E_1E1​ et un niveau supérieur E2E_2E2​. Un photon peut être absorbé si son énergie correspond à l’écart E2−E1E_2-E_1E2​−E1​. La particule passe alors de E1E_1E1​ à E2E_2E2​.

Définition

Émission spontanée

Retour non provoqué d’une particule d’un niveau d’énergie supérieur vers un niveau inférieur, accompagné de l’émission d’un photon d’énergie E2−E1E_2-E_1E2​−E1​.

L’émission spontanée se produit à un instant aléatoire. Les photons issus de particules différentes n’ont donc pas de relation de phase déterminée et sont émis dans des directions variées.

Définition

Émission stimulée

Émission d’un photon provoquée par l’arrivée d’un photon incident dont l’énergie correspond à la différence entre deux niveaux d’énergie de la particule excitée.

Le photon incident n’est pas absorbé lors de cette interaction. Il est rejoint par un second photon possédant la même fréquence, la même direction de propagation, la même polarisation et la même phase. Un photon incident conduit donc à deux photons identiques du point de vue de leur état optique : le rayonnement est amplifié.

Comparaison

Émission spontanée et émission stimulée

CritèreÉmission spontanéeÉmission stimulée
Déclenchementretour non provoquéaction d’un photon incident
Direction d’émissionvariableidentique à celle du photon incident
Relation de phasenon imposéephase identique
Conséquence collectiverayonnement désordonnéamplification cohérente

Inversion de population et amplification

Dans un milieu matériel à l’équilibre, les particules sont majoritairement dans les niveaux d’énergie les plus bas. Si N1N_1N1​ désigne le nombre de particules dans le niveau inférieur et N2N_2N2​ celui du niveau supérieur, on a normalement N1>N2N_1>N_2N1​>N2​. Dans cette situation, l’absorption l’emporte sur l’émission stimulée et aucune amplification durable n’est possible.

Définition

Inversion de population

État hors équilibre dans lequel le niveau d’énergie supérieur contient davantage de particules que le niveau inférieur impliqué dans la transition laser, soit N2>N1N_2>N_1N2​>N1​.

L’inversion de population est produite par un pompage, c’est-à-dire par un apport extérieur d’énergie au milieu. Cet apport peut être optique, électrique ou chimique. Les particules sont d’abord portées vers des niveaux excités, puis s’accumulent dans un niveau suffisamment stable pour que l’émission stimulée puisse devenir majoritaire.

Le matériau dans lequel se produit cette amplification est le milieu actif. Sa nature détermine les niveaux d’énergie disponibles et donc la fréquence, ou la longueur d’onde, du rayonnement émis.

Cavité résonante

Le milieu actif est placé entre deux miroirs formant une cavité résonante. Les photons se propageant selon l’axe de la cavité effectuent des allers-retours et traversent plusieurs fois le milieu actif. Ils provoquent ainsi des émissions stimulées successives.

L’un des miroirs est fortement réfléchissant, tandis que l’autre transmet une petite partie du rayonnement. Cette fraction transmise constitue le faisceau laser. L’oscillation ne devient durable que lorsque le gain apporté par l’émission stimulée compense les pertes dues à la transmission, à l’absorption et à la diffusion.

Méthode

Production d’un faisceau laser

  1. Apporter de l’énergie au milieu actif par pompage
  2. Créer une inversion de population entre les niveaux impliqués
  3. Déclencher des émissions stimulées par les photons présents dans la cavité
  4. Amplifier préférentiellement les photons se propageant selon l’axe de la cavité
  5. Extraire une fraction du rayonnement à travers le miroir partiellement transmissif
À retenir

Un laser exige simultanément un milieu actif, une inversion de population entretenue par pompage et une cavité résonante assurant l’amplification sélective du rayonnement.

Propriétés du faisceau laser

Les propriétés du faisceau découlent directement de l’émission stimulée et de la sélection opérée par la cavité.

  • La monochromaticité correspond à une distribution très étroite des fréquences. Elle n’est jamais absolument parfaite, mais elle permet de choisir une longueur d’onde adaptée à la cible moléculaire.
  • La cohérence temporelle traduit le maintien d’une relation de phase au cours du temps.
  • La cohérence spatiale traduit une relation de phase stable entre différents points du faisceau.
  • La directivité correspond à une faible divergence : l’énergie reste concentrée autour d’une direction.
  • La focalisabilité permet de concentrer la puissance sur une très petite surface.
  • La polarisation peut être bien définie, car les photons produits par émission stimulée conservent celle du rayonnement stimulant.

La forte concentration spatiale de l’énergie peut produire une irradiance élevée, même lorsque la puissance totale n’est pas considérable. Le laser peut fonctionner en régime continu, avec une émission prolongée, ou en régime impulsionnel, avec des émissions brèves séparées dans le temps.

Formule

Grandeurs d’exposition d’un faisceau

I=PSF=WSPcreˆte=WΔtI=\frac{P}{S} \qquad F=\frac{W}{S} \qquad P_{\text{crête}}=\frac{W}{\Delta t}I=SP​F=SW​Pcreˆte​=ΔtW​
  • III : irradiance, puissance reçue par unité de surface, en W ⋅ m−2\pu{W.m^{-2}}W⋅m−2
  • PPP : puissance du faisceau, en watts
  • SSS : surface éclairée, en m2\pu{m^2}m2
  • FFF : fluence, énergie reçue par unité de surface, en J ⋅ m−2\pu{J.m^{-2}}J⋅m−2
  • WWW : énergie d’une impulsion, en joules
  • PcreˆteP_{\text{crête}}Pcreˆte​ : puissance au sommet d’une impulsion, en watts
  • Δt\Delta tΔt : durée de l’impulsion, en secondes
Exemple

Calculer la puissance crête d’une impulsion laser

Une impulsion laser délivre une énergie de 0,20 J\pu{0,20 J}0,20 J pendant une durée de 2,0 ms\pu{2,0 ms}2,0 ms.

La durée doit être exprimée en secondes :

Δt=2,0×10−3 s\Delta t=\pu{2,0 \times 10^{-3} s}Δt=2,0×10−3 s

La puissance crête vaut alors :

Pcreˆte=WΔt=0,20 J2,0×10−3 s=100 WP_{\text{crête}}=\frac{W}{\Delta t}=\frac{\pu{0,20 J}}{\pu{2,0 \times 10^{-3} s}}=\pu{100 W}Pcreˆte​=ΔtW​=2,0×10−3 s0,20 J​=100 W

La puissance crête de cette impulsion est donc de 100 W\pu{100 W}100 W. Cette valeur correspond au débit d’énergie pendant les 2,0 ms\pu{2,0 ms}2,0 ms de l’impulsion, et non à son énergie totale.

Attention

Puissance, énergie et fluence ne sont pas interchangeables

La puissance décrit un débit d’énergie, tandis que la fluence décrit l’énergie reçue par unité de surface. Deux faisceaux de même énergie peuvent produire des effets différents si leurs surfaces d’impact ou leurs durées d’émission diffèrent.

Interaction avec les tissus biologiques

Un effet biologique nécessite qu’une partie du rayonnement soit absorbée. Une molécule capable d’absorber certaines longueurs d’onde est appelée chromophore. La sélection de la longueur d’onde permet donc de privilégier l’absorption par une cible donnée, tandis que la réflexion, la diffusion et la transmission réduisent la fraction d’énergie effectivement déposée.

Après absorption, l’énergie lumineuse peut être convertie en chaleur ou déclencher une transformation chimique. La nature de l’effet dépend principalement de la longueur d’onde, de la fluence, de l’irradiance, de la durée d’émission et des propriétés optiques du tissu.

Effets thermiques

Définition

Effet photothermique

Transformation de l’énergie lumineuse absorbée en agitation moléculaire, provoquant une élévation locale de température.

Si l’énergie est délivrée lentement, la chaleur diffuse vers les régions voisines par conduction. Si elle est déposée pendant une durée brève par rapport au temps nécessaire à cette diffusion, l’élévation de température reste davantage confinée à la zone absorbante.

Selon l’importance de l’échauffement, l’action médicale recherchée peut être une modification réversible, une dénaturation des protéines avec coagulation, ou une élimination de matière par vaporisation. La focalisation autorise ainsi une action localisée de coagulation, d’incision ou d’ablation.

Effets photochimiques

Définition

Effet photochimique

Transformation moléculaire déclenchée par l’absorption d’un photon, sans que l’élévation globale de température constitue le mécanisme principal.

Le photon porte une molécule dans un état électronique excité. Cette molécule peut ensuite subir une réaction, transférer son énergie à une autre espèce ou produire des intermédiaires réactifs. L’action peut être directe ou reposer sur un photosensibilisateur, substance qui absorbe la lumière puis transmet l’énergie à son environnement moléculaire.

L’effet photochimique dépend du nombre de photons absorbés, de leur énergie, de la présence éventuelle d’un photosensibilisateur et des molécules nécessaires à la réaction. Il permet une action sélective lorsque la substance activable et l’éclairement sont tous deux localisés.

Comparaison

Effets thermiques et photochimiques

CritèreEffet photothermiqueEffet photochimique
Conversion initialeénergie lumineuse en chaleurexcitation électronique et réaction
Paramètre déterminanténergie déposée et duréephotons absorbés et réactivité moléculaire
Sélectivitéabsorption et confinement thermiqueabsorption et présence des réactifs
Action médicale généralecoagulation, incision ou ablationactivation moléculaire localisée
À retenir

Fondement de la sélectivité médicale

La sélectivité d’une action laser associe une sélection spectrale, par choix d’une longueur d’onde absorbée par la cible, et une sélection spatiale et temporelle, par réglage de la focalisation et de la durée d’émission.

Points clés

Points clés
  • L’émission stimulée produit un photon de même fréquence, direction, polarisation et phase que le photon incident
  • L’amplification laser nécessite une inversion de population entretenue par pompage
  • La cavité résonante amplifie le rayonnement et en extrait une fraction sous forme de faisceau
  • Le faisceau laser est très directif, cohérent, quasi monochromatique et fortement focalisable
  • L’absorption par un chromophore est indispensable à la production d’un effet biologique
  • Les applications médicales reposent principalement sur des effets photothermiques ou photochimiques contrôlés

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Optique.

  • Fiche 01Nature de la lumière et dualité onde–particuleOptique
  • Fiche 02Réflexion, réfraction, diffusion et diffractionOptique
  • Fiche 03Optique géométrique et lentillesOptique
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