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Sommaire

  • 1Absorption optique d’une solution
    • 1.1Loi de Beer-Lambert
    • 1.2Organisation d’une mesure spectrométrique
  • 2Fluorescence lock — section verrouillée
  • 3Oxymétrie de pouls lock — section verrouillée
    • 3.1Principe spectral lock — section verrouillée
    • 3.2Sélection du compartiment artériel lock — section verrouillée
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B7 · Optique

Spectrométries optiques, fluorescence et oxymétrie de pouls

Décrire l'absorption d'un rayonnement par une solution et son exploitation quantitative. Présenter la fluorescence et l'application de la mesure d'absorption à l'oxymétrie de pouls.

Biophysique·schedule6 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Absorption optique d’une solution

La lumière transporte une énergie qui dépend de sa fréquence. Lorsqu’un rayonnement traverse une solution, il peut être transmis, absorbé, réfléchi ou diffusé. Les propriétés générales de la lumière et de sa propagation sont étudiées dans les fiches précédentes ; ici, seule la diminution d’intensité provoquée par l’absorption est exploitée quantitativement.

Définition

Spectrométrie optique

Méthode de mesure fondée sur l’interaction entre un rayonnement électromagnétique et la matière, étudiée en fonction de la longueur d’onde.

Définition

Absorption optique

Transfert de l’énergie d’un photon à une molécule, qui passe vers un état énergétique plus élevé si l’énergie du photon correspond à une transition permise.

La probabilité d’absorption dépend donc de la longueur d’onde λ\lambdaλ, grandeur caractérisant la périodicité spatiale du rayonnement. Une molécule n’absorbe pas toutes les longueurs d’onde de la même manière : son absorption forme un spectre.

Définition

Chromophore

Partie d’une molécule responsable de l’absorption d’un rayonnement dans un domaine spectral donné.

Lorsqu’un faisceau d’intensité incidente I0I_0I0​ traverse l’échantillon, son intensité transmise III est généralement inférieure à I0I_0I0​. Deux grandeurs sans unité décrivent cette atténuation.

Formule

Transmittance et absorbance

T=II0etA=−log⁡10(T)=log⁡10(I0I)T = \frac{I}{I_0} \qquad \text{et} \qquad A = -\log_{10}(T) = \log_{10}\left(\frac{I_0}{I}\right)T=I0​I​etA=−log10​(T)=log10​(II0​​)
  • TTT : transmittance, sans unité
  • AAA : absorbance, sans unité
  • I0I_0I0​ : intensité lumineuse incidente
  • III : intensité lumineuse transmise

La transmittance est la fraction de lumière qui traverse l’échantillon. L’absorbance augmente lorsque la transmission diminue. L’utilisation du logarithme transforme une atténuation multiplicative en une grandeur additive, ce qui permet notamment d’additionner les contributions de plusieurs espèces absorbantes indépendantes.

Loi de Beer-Lambert

Dans une solution homogène et suffisamment diluée, l’absorbance est proportionnelle à la concentration de l’espèce absorbante et à la distance parcourue par la lumière.

Formule

Loi de Beer-Lambert

A(λ)=ε(λ) ℓ cA(\lambda) = \varepsilon(\lambda)\,\ell\,cA(λ)=ε(λ)ℓc
  • A(λ)A(\lambda)A(λ) : absorbance à la longueur d’onde λ\lambdaλ, sans unité
  • ε(λ)\varepsilon(\lambda)ε(λ) : coefficient d’extinction molaire à la longueur d’onde λ\lambdaλ, généralement en L ⋅ mol−1 ⋅ cm−1\pu{L.mol^{-1}.cm^{-1}}L⋅mol−1⋅cm−1
  • ℓ\ellℓ : trajet optique dans la solution, généralement en cm\pu{cm}cm
  • ccc : concentration molaire de l’espèce absorbante, en mol ⋅ L−1\pu{mol.L^{-1}}mol⋅L−1
  • λ\lambdaλ : longueur d’onde du rayonnement

Le coefficient ε(λ)\varepsilon(\lambda)ε(λ) exprime la capacité propre d’une espèce chimique à absorber à une longueur d’onde donnée. Il dépend aussi de l’environnement moléculaire, notamment du solvant, du pH et de l’état chimique du chromophore.

Pour plusieurs espèces absorbantes qui n’interagissent pas entre elles, les absorbances s’additionnent :

A(λ)=∑iεi(λ) ℓ ciA(\lambda)=\sum_i \varepsilon_i(\lambda)\,\ell\,c_iA(λ)=i∑​εi​(λ)ℓci​

où l’indice iii désigne chaque espèce absorbante, εi(λ)\varepsilon_i(\lambda)εi​(λ) son coefficient d’extinction molaire et cic_ici​ sa concentration.

À retenir

Base de l’analyse quantitative

À longueur d’onde et trajet optique fixés, la loi de Beer-Lambert donne A∝cA \propto cA∝c. Une absorbance permet donc de déterminer une concentration si le coefficient d’extinction ou une relation d’étalonnage est connu.

Exemple

Déterminer une concentration par la loi de Beer-Lambert

Une solution contient un chromophore de coefficient d’extinction molaire ε=1,50⋅104 L ⋅ mol−1 ⋅ cm−1\varepsilon = \pu{1,50e4 L.mol^{-1}.cm^{-1}}ε=1,50⋅104 L⋅mol−1⋅cm−1 à la longueur d’onde choisie. Elle est placée dans une cuve de trajet optique ℓ=1,00 cm\ell = \pu{1,00 cm}ℓ=1,00 cm. L’absorbance mesurée est A=0,600A = 0{,}600A=0,600.

La loi de Beer-Lambert donne :

c=Aεℓ=0,6001,50⋅104 L ⋅ mol−1 ⋅ cm−1×1,00 cm=4,00⋅10−5 mol ⋅ L−1c = \frac{A}{\varepsilon\ell} = \frac{0{,}600}{\pu{1,50e4 L.mol^{-1}.cm^{-1}} \times \pu{1,00 cm}} = \pu{4,00e-5 mol.L^{-1}}c=εℓA​=1,50⋅104 L⋅mol−1⋅cm−1×1,00 cm0,600​=4,00⋅10−5 mol⋅L−1

La concentration du chromophore dans la solution est donc 4,00⋅10−5 mol ⋅ L−1\pu{4,00e-5 mol.L^{-1}}4,00⋅10−5 mol⋅L−1, soit 40,0 μmol ⋅ L−1\pu{40,0 \mu mol.L^{-1}}40,0 μmol⋅L−1.

Attention

Atténuation ne signifie pas toujours absorption

Une baisse de l’intensité détectée peut aussi résulter de la réflexion ou de la diffusion. La loi de Beer-Lambert décrit l’absorption dans des conditions contrôlées ; une solution trouble peut provoquer une atténuation supplémentaire non directement liée à la concentration du chromophore.

Organisation d’une mesure spectrométrique

Un spectromètre d’absorption associe plusieurs éléments fonctionnels :

  1. une source lumineuse émet le rayonnement ;
  2. un dispositif de sélection spectrale isole une longueur d’onde ou un domaine étroit ;
  3. le rayonnement traverse une cuve contenant l’échantillon ;
  4. un détecteur convertit l’intensité lumineuse reçue en signal électrique ;
  5. la comparaison avec une mesure de référence permet de calculer la transmittance puis l’absorbance.

La référence, souvent appelée blanc, contient tous les constituants sauf l’espèce à doser. Elle corrige l’absorption du solvant, de la cuve et des autres constituants non recherchés.

Méthode

Exploiter quantitativement une mesure d’absorption

  1. Choisir une longueur d’onde où l’espèce étudiée absorbe suffisamment et où les interférences sont limitées
  2. Mesurer l’intensité de référence I0I_0I0​
  3. Mesurer l’intensité transmise III dans les mêmes conditions
  4. Calculer l’absorbance AAA
  5. Relier AAA à la concentration par la loi de Beer-Lambert ou par un étalonnage
  6. Vérifier que la mesure appartient au domaine de linéarité

Les écarts à la linéarité peuvent provenir d’une concentration trop élevée, d’interactions entre molécules, d’un rayonnement insuffisamment monochromatique, d’une lumière parasite ou d’une modification chimique de l’espèce absorbante.

Fluorescence

Définition

Fluorescence

Émission rapide de lumière par une molécule préalablement excitée par absorption d’un rayonnement, lors de son retour vers un état électronique de plus faible énergie.

Une molécule fluorescente, ou fluorophore, absorbe d’abord un photon. Elle atteint un état excité, puis perd une partie de son énergie par des processus non radiatifs. Elle émet ensuite un photon de fluorescence en revenant vers un état électronique inférieur.

Comme une partie de l’énergie a été dissipée avant l’émission, le photon émis possède généralement une énergie plus faible et une longueur d’onde plus grande que le photon absorbé. Ce décalage entre les spectres d’excitation et d’émission est appelé décalage de Stokes.

Définition

Rendement quantique de fluorescence

Rapport entre le nombre de photons fluorescents émis et le nombre de photons absorbés par le fluorophore.

L’intensité de fluorescence dépend notamment :

  • de l’intensité du rayonnement excitateur ;
  • de la concentration du fluorophore ;
  • de son coefficient d’absorption à la longueur d’onde d’excitation ;
  • de son rendement quantique ;
  • des conditions physicochimiques du milieu.

À faible concentration, l’intensité émise peut être approximativement proportionnelle à la concentration. À concentration élevée, cette relation se dégrade car le rayonnement excitateur est absorbé avant de pénétrer profondément dans l’échantillon et parce que la lumière émise peut être réabsorbée.

Définition

Extinction de fluorescence

Diminution de l’intensité ou de la durée de fluorescence sous l’effet d’interactions qui favorisent une désactivation non radiative de l’état excité.

Comparaison

Absorption et fluorescence

CritèreSpectrométrie d’absorptionSpectrométrie de fluorescence
Signal mesurédiminution du rayonnement transmisrayonnement émis par l’échantillon
Origine du signalphotons non transmis par absorptionphotons émis après excitation
Longueur d’onde détectéecelle du rayonnement incident sélectionnégénéralement supérieure à celle de l’excitation
Sensibilitélimitée par la mesure d’une différence d’intensitéssouvent élevée car l’émission est détectée sur un fond faible

Oxymétrie de pouls

Définition

Saturation artérielle en oxygène

Fraction de l’hémoglobine fonctionnelle présente sous forme oxygénée dans le sang artériel.

L’oxymétrie de pouls estime cette saturation de manière optique et non invasive. La valeur obtenue est notée SpO2\mathrm{SpO_2}SpO2​ : il s’agit d’une estimation périphérique, à distinguer d’une mesure directe de la saturation artérielle.

Principe spectral

L’oxyhémoglobine, notée HbO2\mathrm{HbO_2}HbO2​, et la désoxyhémoglobine, notée Hb\mathrm{Hb}Hb, possèdent des spectres d’absorption différents. L’appareil utilise donc deux longueurs d’onde, l’une dans le rouge, proche de 660 nm\pu{660 nm}660 nm, et l’autre dans l’infrarouge proche, autour de 940 nm\pu{940 nm}940 nm.

Dans le rouge, la désoxyhémoglobine absorbe davantage que l’oxyhémoglobine. Dans l’infrarouge proche, leur comportement relatif est inversé. La comparaison des atténuations aux deux longueurs d’onde permet ainsi d’estimer la proportion relative des deux formes.

Sélection du compartiment artériel

Les tissus, le sang veineux et le sang artériel absorbent tous la lumière. Cependant, seule la quantité de sang artériel varie nettement au rythme du pouls. Le signal optique comprend donc :

  • une composante continue, associée aux tissus et aux volumes sanguins peu variables ;
  • une composante pulsatile, associée principalement aux variations du volume artériel.

À chaque longueur d’onde, l’amplitude pulsatile est normalisée par la composante continue. L’appareil compare ensuite ces variations relatives.

Formule

Rapport d’oxymétrie

R=Prouge/SrougePinfrarouge/SinfrarougeR = \frac{P_{\mathrm{rouge}}/S_{\mathrm{rouge}}} {P_{\mathrm{infrarouge}}/S_{\mathrm{infrarouge}}}R=Pinfrarouge​/Sinfrarouge​Prouge​/Srouge​​
  • RRR : rapport d’oxymétrie, sans unité
  • ProugeP_{\mathrm{rouge}}Prouge​ : amplitude pulsatile mesurée dans le rouge
  • SrougeS_{\mathrm{rouge}}Srouge​ : composante continue mesurée dans le rouge
  • PinfrarougeP_{\mathrm{infrarouge}}Pinfrarouge​ : amplitude pulsatile mesurée dans l’infrarouge proche
  • SinfrarougeS_{\mathrm{infrarouge}}Sinfrarouge​ : composante continue mesurée dans l’infrarouge proche

La relation entre RRR et SpO2\mathrm{SpO_2}SpO2​ n’est pas déduite d’une application idéale de la loi de Beer-Lambert, car les tissus diffusent fortement la lumière et le trajet optique est complexe. Elle repose sur un étalonnage intégré à l’appareil.

Attention

Une estimation fondée sur un modèle simplifié

L’oxymètre conventionnel distingue principalement HbO2\mathrm{HbO_2}HbO2​ et Hb\mathrm{Hb}Hb. D’autres formes d’hémoglobine absorbantes peuvent fausser l’estimation, car deux longueurs d’onde ne suffisent pas à déterminer indépendamment de nombreuses espèces.

La qualité de la mesure diminue lorsque la composante pulsatile est faible ou perturbée. Les mouvements, une perfusion périphérique insuffisante, la lumière ambiante, des pigments externes ou un mauvais positionnement du capteur peuvent altérer le signal.

À retenir

Logique de l’oxymétrie de pouls

L’oxymètre combine une discrimination spectrale, grâce aux absorptions différentes de HbO2\mathrm{HbO_2}HbO2​ et de Hb\mathrm{Hb}Hb, et une discrimination temporelle, grâce au caractère pulsatile du sang artériel.

Points clés
  • L’absorbance vérifie A=−log⁡10(T)A=-\log_{10}(T)A=−log10​(T), avec T=I/I0T=I/I_0T=I/I0​
  • La loi de Beer-Lambert relie l’absorbance à la concentration par A(λ)=ε(λ)ℓcA(\lambda)=\varepsilon(\lambda)\ell cA(λ)=ε(λ)ℓc
  • La fluorescence est une émission lumineuse consécutive à une absorption, généralement à plus grande longueur d’onde
  • L’oxymétrie exploite les absorptions différentes de l’oxyhémoglobine et de la désoxyhémoglobine à deux longueurs d’onde
  • La composante pulsatile du signal optique permet d’isoler principalement la contribution du sang artériel
  • La SpO2\mathrm{SpO_2}SpO2​ est une estimation dépendante d’un étalonnage et de la qualité du signal

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