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Sommaire

  • 1De la chaîne polypeptidique à la protéine fonctionnelle
  • 2Repliement, assemblage et contrôle de qualité
    • 2.1Acquisition de la conformation tridimensionnelle
    • 2.2Ponts disulfure et milieu cellulaire
    • 2.3Élimination des protéines défectueuses
  • 3Principales modifications post-traductionnelles
    • 3.1Clivage protéolytique
    • 3.2Phosphorylation
    • 3.3Glycosylation
    • 3.4Acétylation, méthylation et lipidation
    • 3.5Ubiquitinylation
  • 4Les signaux d’adressage
    • 4.1Principe général lock — section verrouillée
    • 4.2Adressage vers le réticulum endoplasmique lock — section verrouillée
    • 4.3Tri dans le système endomembranaire lock — section verrouillée
    • 4.4Adressage vers les autres compartiments lock — section verrouillée
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B3 · Expression des gènes

Maturation et adressage post-traductionnels des protéines

Décrire les modifications post-traductionnelles des protéines et leur rôle fonctionnel. Expliquer l'adressage par peptide signal et le tri des protéines vers leur compartiment de destination.

Biologie moléculaire et génome·schedule8 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

De la chaîne polypeptidique à la protéine fonctionnelle

La traduction produit une chaîne polypeptidique, c’est-à-dire une succession linéaire d’acides aminés. Les mécanismes de synthèse par le ribosome sont étudiés dans la fiche précédente. Cette chaîne doit souvent acquérir une conformation précise, subir des transformations chimiques et rejoindre un compartiment déterminé avant de devenir pleinement fonctionnelle.

Définition

Maturation post-traductionnelle

Ensemble des transformations subies par une chaîne polypeptidique pendant ou après sa synthèse, comprenant notamment son repliement, son assemblage, ses clivages et ses modifications chimiques.

Définition

Adressage protéique

Ensemble des mécanismes permettant de diriger une protéine nouvellement synthétisée vers son compartiment cellulaire de destination.

Bien que le terme post-traductionnel soit utilisé globalement, certaines étapes commencent avant la fin de la traduction. L’entrée dans le réticulum endoplasmique peut ainsi être co-traductionnelle, car elle accompagne la synthèse de la protéine.

Repliement, assemblage et contrôle de qualité

Acquisition de la conformation tridimensionnelle

Le repliement protéique est l’acquisition d’une structure tridimensionnelle déterminée par la séquence d’acides aminés. Il repose sur des interactions hydrophobes, ioniques, des liaisons hydrogène et, pour certaines protéines, des ponts disulfure.

Des protéines chaperonnes se lient transitoirement aux chaînes en cours de synthèse ou mal repliées. Elles empêchent leur agrégation et favorisent l’accès à une conformation stable sans appartenir à la structure finale.

Les protéines constituées de plusieurs chaînes doivent également subir un assemblage quaternaire. Seules les sous-unités correctement repliées et associées peuvent généralement quitter le compartiment où leur maturation est contrôlée.

Ponts disulfure et milieu cellulaire

Un pont disulfure est une liaison covalente entre les atomes de soufre de deux résidus cystéine. Sa formation est favorisée dans la lumière oxydante du réticulum endoplasmique, tandis que le cytosol réducteur la défavorise.

Des enzymes du réticulum endoplasmique catalysent la formation et le réarrangement de ces ponts. Cette localisation explique pourquoi ils stabilisent surtout les protéines sécrétées, luminales ou présentant un domaine extracellulaire.

Élimination des protéines défectueuses

Une protéine qui ne parvient pas à se replier correctement est retenue par les systèmes de contrôle de qualité. Elle peut être renvoyée vers le cytosol, marquée par l’ubiquitine puis dégradée par le protéasome.

Définition

Protéasome

Complexe protéolytique cytosolique et nucléaire qui reconnaît principalement les protéines polyubiquitinylées et les dégrade en peptides.

Le contrôle de qualité ne sert donc pas seulement à éliminer des molécules inutiles. Il empêche aussi l’accumulation de protéines mal conformées susceptibles de former des agrégats.

Principales modifications post-traductionnelles

Les modifications post-traductionnelles modifient les propriétés d’une protéine sans changer la séquence du gène qui la code. Elles peuvent agir sur sa conformation, son activité, sa stabilité, ses interactions ou sa localisation.

Clivage protéolytique

Le clivage protéolytique est la coupure irréversible d’une liaison peptidique par une protéase. Il peut retirer un peptide signal, séparer plusieurs chaînes ou convertir un précurseur inactif en protéine active.

Un précurseur nécessitant une coupure pour devenir actif est appelé proprotéine ou zymogène selon son contexte fonctionnel. Ce mécanisme évite qu’une activité apparaisse avant que la protéine ait atteint le compartiment approprié.

Phosphorylation

La phosphorylation est l’ajout réversible d’un groupement phosphate, principalement sur un résidu sérine, thréonine ou tyrosine. Elle est catalysée par une protéine kinase, tandis qu’une phosphatase retire le phosphate.

L’ajout de charges négatives peut modifier la conformation de la protéine ou créer un site de liaison. La phosphorylation constitue ainsi un mécanisme rapide de régulation de l’activité et des interactions moléculaires.

Glycosylation

La glycosylation est l’ajout enzymatique de chaînes glucidiques à une protéine. Elle participe au repliement, à la stabilité, à la protection contre la protéolyse et à la reconnaissance moléculaire.

La N-glycosylation relie un glucide à l’azote d’un résidu asparagine. Elle débute dans le réticulum endoplasmique puis est remaniée dans l’appareil de Golgi. La O-glycosylation relie généralement un glucide à l’oxygène d’un résidu sérine ou thréonine et s’effectue principalement dans l’appareil de Golgi.

Acétylation, méthylation et lipidation

L’acétylation ajoute un groupement acétyle à l’extrémité aminoterminale ou à certains résidus lysine. La méthylation ajoute un ou plusieurs groupements méthyle, notamment sur des lysines ou des arginines. Ces transformations modulent les interactions entre protéines et peuvent modifier leur stabilité ou leur activité.

La lipidation correspond à la fixation covalente d’un groupement lipidique. Elle augmente l’affinité de la protéine pour une membrane et contribue donc à son adressage ou à son ancrage membranaire.

Ubiquitinylation

L’ubiquitinylation est la fixation covalente d’une ou plusieurs molécules d’ubiquitine sur une protéine cible. Une chaîne particulière d’ubiquitines peut provoquer la dégradation par le protéasome, tandis que d’autres formes d’ubiquitinylation régulent le trafic, l’activité ou les interactions de la protéine.

Comparaison

Conséquences des principales modifications

ModificationRéversibilité habituelleConséquence dominante
Clivage protéolytiqueirréversibleactivation, séparation ou retrait d’un signal
Phosphorylationréversiblemodulation rapide de l’activité et des interactions
Glycosylationstablerepliement, protection et reconnaissance
Ubiquitinylationréversibledégradation ou modification du trafic
Lipidationgénéralement stableassociation à une membrane
À retenir

Une modification peut constituer un signal

Une modification post-traductionnelle n’est pas seulement décorative. Elle peut changer l’activité, la durée de vie, les partenaires ou la destination intracellulaire d’une protéine.

Les signaux d’adressage

Principe général

La synthèse de toutes les protéines débute sur des ribosomes cytosoliques. Leur destination dépend ensuite d’informations portées par la chaîne polypeptidique elle-même.

Définition

Séquence signal

Courte séquence d’acides aminés reconnue par une machinerie d’adressage et permettant la livraison d’une protéine vers un compartiment déterminé.

Une séquence signal peut être située à l’extrémité aminoterminale, à l’extrémité carboxyterminale ou à l’intérieur de la protéine. Elle peut être retirée après l’importation ou rester intégrée à la protéine mature.

En l’absence de signal particulier, une protéine synthétisée par un ribosome libre reste généralement dans le cytosol. L’adressage repose donc sur une correspondance entre un signal porté par la protéine et un récepteur associé au compartiment cible.

Attention

Peptide signal ne signifie pas toujours signal éliminé

Certains peptides signaux sont clivés après l’importation, mais les signaux de localisation nucléaire et plusieurs séquences d’ancrage membranaire restent présents dans la protéine mature.

Adressage vers le réticulum endoplasmique

Les protéines destinées à la sécrétion, à la membrane plasmique, aux lysosomes ou au système endomembranaire possèdent généralement un peptide signal hydrophobe reconnu pendant la traduction par la particule de reconnaissance du signal.

Cette reconnaissance ralentit transitoirement la traduction et dirige le complexe ribosome-chaîne naissante vers un récepteur de la membrane du réticulum endoplasmique. Le ribosome s’associe alors à un translocon, canal permettant le passage de la chaîne.

Pour une protéine soluble, la chaîne pénètre dans la lumière du réticulum et le peptide signal est souvent clivé par une peptidase. Pour une protéine membranaire, des séquences hydrophobes servent de signaux d’ancrage ou d’arrêt de transfert et déterminent son orientation dans la membrane.

Tri dans le système endomembranaire

Après le réticulum endoplasmique, les protéines transitent vers l’appareil de Golgi, où leurs glycosylations sont remaniées et où s’effectue une partie du tri.

Les protéines lysosomales acquièrent un marqueur glucidique, le mannose-6-phosphate, reconnu par des récepteurs qui les orientent vers les endosomes puis les lysosomes. Les protéines résidentes du réticulum portent des signaux de rétention ou de récupération, tel le motif carboxyterminal KDEL pour certaines protéines luminales.

Les protéines ne portant pas de signal de rétention ou de tri particulier suivent la voie de sécrétion constitutive vers la membrane plasmique ou le milieu extracellulaire. Les mécanismes détaillés des vésicules et des protéines de manteau relèvent de la fiche consacrée au trafic vésiculaire.

Adressage vers les autres compartiments

Le signal de localisation nucléaire est une courte séquence souvent riche en acides aminés basiques. Il est reconnu par des récepteurs appelés importines, qui permettent le passage de la protéine repliée à travers les pores nucléaires. Ce signal n’est généralement pas clivé.

Exemple

Import nucléaire d'une protéine portant un signal de localisation nucléaire

Une protéine appelée NucA est synthétisée dans le cytosol. Elle porte une courte séquence riche en lysine et en arginine, constituant son signal de localisation nucléaire.

  • Une importine cytosolique reconnaît et se fixe sur le signal de NucA.
  • Le complexe « importine-NucA » se dirige vers un pore nucléaire et le traverse.
  • NucA se retrouve dans le noyau sous une forme repliée.
  • Son signal de localisation nucléaire est toujours présent après l'importation.

La présence du signal permet donc l'accumulation de NucA dans le noyau. Il ne s'agit pas d'un peptide signal clivé comme c'est fréquemment le cas lors de l'entrée dans le réticulum endoplasmique.

Les protéines mitochondriales codées par le génome nucléaire possèdent souvent une séquence aminoterminale formant une hélice amphipathique. Elles sont maintenues dans un état peu replié, reconnues par des complexes des membranes mitochondriales puis importées grâce à l’énergie fournie par les gradients électrochimiques et l’hydrolyse de l’ATP. La séquence d’adressage est fréquemment retirée après l’importation.

Les protéines peroxysomales portent un signal d’adressage peroxysomal, souvent situé à l’extrémité carboxyterminale. Contrairement à l’import mitochondrial, l’import peroxysomal peut concerner une protéine déjà repliée.

Comparaison

Principales voies d’adressage

DestinationNature habituelle du signalÉtat de la protéine lors du transport
Réticulum endoplasmiquepeptide hydrophobe souvent aminoterminalchaîne en cours de synthèse
Noyauséquence interne riche en résidus basiquesprotéine repliée
Mitochondrieséquence aminoterminale amphipathiqueprotéine peu repliée
Peroxysomesignal souvent carboxyterminalprotéine pouvant être repliée
Méthode

Raisonnement général du tri d’une protéine

  1. Rechercher une séquence signal dans la chaîne polypeptidique
  2. Identifier le récepteur capable de reconnaître ce signal
  3. Diriger la protéine vers la membrane ou le pore du compartiment cible
  4. Assurer sa translocation ou son insertion membranaire
  5. Retirer éventuellement le signal et achever la maturation
  6. Contrôler le repliement avant l’utilisation ou le transport ultérieur
À retenir

Hiérarchie de l’adressage

L’entrée dans le réticulum endoplasmique engage une protéine dans la voie sécrétoire. Le tri ultérieur vers la membrane plasmique, les lysosomes ou l’extérieur dépend de signaux supplémentaires acquis ou lus au cours du transit.

Points clés
  • La maturation associe repliement, assemblage, clivages et modifications chimiques
  • Les modifications post-traductionnelles contrôlent l’activité, la stabilité, les interactions et la localisation des protéines
  • Toute synthèse commence dans le cytosol, puis une séquence signal peut imposer une autre destination
  • L’adressage vers le réticulum est souvent co-traductionnel, tandis que les imports nucléaires, mitochondriaux et peroxysomaux sont principalement post-traductionnels
  • Le système endomembranaire assure à la fois la maturation et le tri des protéines sécrétées, membranaires et lysosomales

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