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Sommaire

  • 1Principes généraux
  • 2Le cycle de migration cellulaire
    • 2.11. Polarisation de la cellule
    • 2.22. Formation d'une protrusion
    • 2.33. Formation des adhérences focales
    • 2.44. Production de la traction
    • 2.55. Détachement et rétraction de l'arrière lock — section verrouillée
  • 3Guidage par l'environnement lock — section verrouillée
    • 3.1Rôle de la matrice extracellulaire lock — section verrouillée
  • 4Domiciliation vers un tissu lock — section verrouillée
    • 4.1Une reconnaissance en plusieurs étapes lock — section verrouillée
    • 4.2L'adresse moléculaire lock — section verrouillée
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  5. Migration et domiciliation cellulaires

B4 · Cycle et destin cellulaires

Migration et domiciliation cellulaires

Décrire les étapes d'un cycle de migration cellulaire et le rôle du cytosquelette d'actine et des adhérences focales. Expliquer le guidage par la matrice et les signaux qui déterminent la domiciliation d'une cellule.

Biologie cellulaire·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Principes généraux

Définition

Migration cellulaire

Déplacement orienté d'une cellule résultant d'une succession coordonnée de déformations, d'adhérences au support, de forces de traction et de détachements.

La migration exige une polarisation fonctionnelle de la cellule selon un axe avant-arrière. Le front produit des protrusions qui explorent l'environnement, tandis que l'arrière se détache et se rétracte. Cette asymétrie doit être entretenue pendant tout le déplacement.

Une cellule isolée peut migrer sur une surface ou dans une matrice extracellulaire tridimensionnelle. Dans les deux cas, elle transforme l'énergie chimique en travail mécanique grâce au cytosquelette d'actine, aux moteurs moléculaires et aux systèmes d'adhérence.

Définition

Domiciliation cellulaire

Processus par lequel une cellule circulante reconnaît un territoire tissulaire déterminé, quitte la circulation, pénètre dans ce tissu puis y est éventuellement retenue.

La domiciliation est donc plus précise qu'une simple migration : elle repose sur une succession de signaux formant une adresse moléculaire. Les familles de molécules d'adhérence sont présentées dans la fiche consacrée aux cadhérines, intégrines, sélectines et molécules de la superfamille des immunoglobulines.

Le cycle de migration cellulaire

La migration n'est pas un glissement uniforme. Elle résulte d'un cycle mécanique répété, dont les étapes doivent être coordonnées spatialement et temporellement.

1. Polarisation de la cellule

Un signal directionnel impose un axe avant-arrière. Des réseaux de signalisation intracellulaire s'activent préférentiellement au front et sont inhibés à l'arrière. Cette séparation évite la formation simultanée de protrusions concurrentes dans plusieurs directions.

Les petites protéines régulatrices de la famille Rho organisent cette polarité :

  • Cdc42 participe à la détection de la direction et à la stabilisation de la polarité ;
  • Rac favorise la polymérisation ramifiée de l'actine au front ;
  • RhoA stimule principalement la contractilité liée à la myosine et la maturation des adhérences.

Ces activités ne sont pas totalement exclusives d'une région, mais leur distribution relative permet de distinguer un front protrusif d'un arrière contractile.

2. Formation d'une protrusion

Définition

Protrusion cellulaire

Extension transitoire de la membrane plasmique produite par la poussée du cytosquelette d'actine vers l'extérieur.

Au front, des monomères d'actine s'assemblent en filaments dont les extrémités en croissance sont orientées vers la membrane. La polymérisation exerce une poussée mécanique qui déplace localement celle-ci.

Deux organisations principales participent à l'exploration :

  • le lamellipode, large expansion aplatie soutenue par un réseau ramifié d'actine ;
  • le filopode, prolongement fin soutenu par des faisceaux parallèles d'actine.

Le complexe Arp2/3 initie des ramifications à partir de filaments préexistants, ce qui construit un réseau dense capable de pousser la membrane. Le renouvellement continu des filaments fournit de nouveaux monomères et maintient la protrusion.

3. Formation des adhérences focales

Définition

Adhérence focale

Assemblage multiprotéique dynamique reliant la matrice extracellulaire, par l'intermédiaire des intégrines, au cytosquelette d'actine intracellulaire.

Une protrusion ne déplace durablement la cellule que si elle s'ancre au support. Des intégrines se lient donc à des composants de la matrice, tandis que leur domaine cytoplasmique recrute des protéines adaptatrices, notamment la taline et la vinculine. Ces protéines assurent la continuité mécanique entre intégrines et filaments d'actine.

Les adhérences nouvellement formées sont d'abord petites et instables. Lorsqu'elles subissent une tension suffisante, elles peuvent se renforcer par le recrutement de nouvelles protéines. Elles fonctionnent ainsi comme des structures mécanosensibles : leur organisation dépend des forces qu'elles transmettent.

La kinase des adhérences focales, ou FAK, participe à leur signalisation et à leur renouvellement. Les adhérences focales ne sont donc pas de simples attaches ; elles détectent les propriétés du support et modifient en retour l'organisation du cytosquelette.

4. Production de la traction

La myosine II associe et fait coulisser les filaments d'actine. Cette activité contractile crée une tension dans les faisceaux d'actomyosine. Parce que ces faisceaux sont reliés aux adhérences focales, la force est transmise à la matrice.

La traction exerce deux effets complémentaires :

  • elle tire le corps cellulaire vers les points d'ancrage antérieurs ;
  • elle renseigne la cellule sur la résistance mécanique de son environnement.

Si les adhérences sont trop faibles, la contraction provoque un glissement sans déplacement efficace. Si elles sont trop stables, l'arrière ne peut plus se détacher. La vitesse de migration dépend donc d'un renouvellement optimal, et non d'une adhérence maximale.

5. Détachement et rétraction de l'arrière

Les adhérences postérieures sont désassemblées sous l'action de signaux locaux et de la tension mécanique. La contraction d'actomyosine ramène ensuite l'arrière vers le corps cellulaire.

La membrane, les intégrines et les protéines associées peuvent être internalisées puis recyclées vers l'avant. Ce trafic contribue à maintenir l'asymétrie entre le front et l'arrière.

Méthode

Cycle élémentaire de migration

  1. Établir un axe de polarité selon les signaux environnementaux
  2. Projeter une protrusion par polymérisation de l'actine au front
  3. Former de nouvelles adhérences entre la protrusion et la matrice
  4. Transmettre la contraction d'actomyosine aux adhérences pour produire une traction
  5. Désassembler les adhérences postérieures et rétracter l'arrière
  6. Renouveler le cycle en conservant ou en corrigeant la direction
À retenir

Coordination mécanique indispensable

Le déplacement résulte du couplage entre polymérisation de l'actine, adhérence à la matrice et contraction d'actomyosine. Aucune de ces activités ne suffit isolément à produire une migration efficace.

Guidage par l'environnement

Une cellule migrante compare les signaux reçus dans différentes régions de sa membrane. Une différence faible entre le front et l'arrière peut être amplifiée par les réseaux intracellulaires, puis convertie en une distribution asymétrique de Rac, Cdc42, RhoA et des phospholipides de signalisation.

Comparaison

Principaux modes de guidage

ModeSignal directeurConséquence
Chimiotactismegradient d'une molécule solublemigration orientée selon la concentration
Haptotactismegradient d'un ligand immobilisé dans la matriceorientation selon la densité d'adhérence
Durotactismegradient de rigidité du supportorientation selon les propriétés mécaniques
Guidage de contactorientation des fibres ou contraintes géométriquesdéplacement selon l'architecture locale

Rôle de la matrice extracellulaire

La matrice fournit à la fois un support mécanique et des informations. Sa composition détermine quels récepteurs d'adhérence peuvent être engagés. Sa rigidité modifie les forces transmises aux adhérences focales. L'orientation de ses fibres impose des voies de moindre résistance.

Dans un environnement tridimensionnel, la cellule doit également franchir des pores et déformer son noyau, souvent plus rigide que le cytoplasme. Lorsque les obstacles sont trop importants, elle peut remodeler localement la matrice. Des protéases extracellulaires peuvent dégrader certains composants et ouvrir un passage, tandis que les forces de traction réorganisent les fibres.

La matrice peut aussi fixer des molécules de signalisation. Elle transforme alors un signal diffusible en information spatiale localisée, ce qui rapproche chimiotactisme et haptotactisme.

Domiciliation vers un tissu

Une reconnaissance en plusieurs étapes

Une cellule entraînée par le flux ne peut pas s'arrêter immédiatement sur une paroi vasculaire. La domiciliation repose donc sur une augmentation progressive de l'adhérence.

  1. Capture : des interactions transitoires ralentissent la cellule au contact de l'endothélium.
  2. Roulement : les liaisons se forment et se rompent rapidement, permettant une progression lente le long de la paroi.
  3. Activation : des signaux locaux, notamment des chimiokines présentées par l'endothélium, activent les récepteurs de la cellule.
  4. Arrêt ferme : l'affinité ou le regroupement des intégrines augmente, ce qui stabilise l'adhérence.
  5. Progression sur l'endothélium : la cellule recherche un site favorable au passage.
  6. Diapédèse : elle franchit la barrière endothéliale entre les cellules ou à travers l'une d'elles.
  7. Migration tissulaire : elle suit les gradients et les structures de la matrice jusqu'à son territoire de destination.
  8. Rétention ou sortie : des signaux locaux déterminent son maintien dans le tissu ou la reprise de sa migration.
Définition

Chimiokine

Petite protéine de signalisation qui, en se liant à un récepteur membranaire, peut orienter la migration et modifier rapidement l'activité des intégrines.

Définition

Diapédèse

Franchissement actif de la paroi endothéliale par une cellule circulante au cours de son passage du compartiment vasculaire vers un tissu.

L'adresse moléculaire

La destination ne dépend généralement pas d'une molécule unique. Elle résulte d'une combinaison entre :

  • les molécules affichées par l'endothélium local ;
  • les récepteurs d'adhérence portés par la cellule ;
  • les chimiokines présentes et leurs récepteurs correspondants ;
  • la composition et l'organisation de la matrice ;
  • les signaux de survie et de rétention du tissu.

Une cellule n'est domiciliée que si elle possède l'ensemble de récepteurs lui permettant de décoder cette combinaison. La régulation de leur expression au cours de la différenciation modifie donc les territoires accessibles à la cellule.

Attention

Migration et domiciliation ne sont pas synonymes

La migration désigne le mécanisme de déplacement. La domiciliation comprend en plus la reconnaissance sélective d'un territoire, le franchissement éventuel de l'endothélium et la rétention dans le tissu cible.

À retenir

Principe de l'adresse combinatoire

La spécificité de domiciliation résulte de l'enchaînement ordonné de plusieurs couples ligand-récepteur et de signaux chimiotactiques. Une interaction isolée est généralement insuffisante pour déterminer la destination finale.

Points clés
  • Le cycle migratoire associe polarisation, protrusion, adhérence, traction, détachement et rétraction
  • La polymérisation de l'actine pousse la membrane au front, tandis que l'actomyosine produit la contraction
  • Les adhérences focales relient les intégrines à l'actine et assurent à la fois transmission des forces et mécanodétection
  • La direction peut dépendre de gradients chimiques, adhésifs ou mécaniques, ainsi que de l'architecture de la matrice
  • La domiciliation comprend capture, roulement, activation, arrêt ferme, diapédèse et migration tissulaire
  • La destination cellulaire est déterminée par une adresse moléculaire combinant adhérence, chimiokines, matrice et signaux de rétention

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Cycle et destin cellulaires.

  • Fiche 01Cycle cellulaire : phases et points de contrôleCycle et destin cellulaires
  • Fiche 02Cyclines, CDK et contrôle moléculaire de la progressionCycle et destin cellulaires
  • Fiche 03MitoseCycle et destin cellulaires
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