homecarab1.fr
Biologie moléculaire et génomechevron_rightExpression des gèneschevron_rightRégulation post-transcriptionnelle : ARN interférence et microARN
stylus_noteS'entraînerS'entraînerarrow_backarrow_forward

Sommaire

  • 1Principes de la régulation post-transcriptionnelle
  • 2Stabilité et dégradation des ARN messagers
    • 2.1Déterminants de la durée de vie
    • 2.2Voie générale de dégradation
  • 3Interférence ARN
  • 4Biogenèse des microARN
    • 4.1Formation nucléaire du précurseur
    • 4.2Maturation cytoplasmique lock — section verrouillée
  • 5Effets des microARN sur les ARN messagers lock — section verrouillée
  • 6MicroARN et petits ARN interférents lock — section verrouillée
  • 7Usage expérimental de l'interférence ARN lock — section verrouillée
  1. Accueilchevron_right
  2. Ficheschevron_right
  3. Biologie moléculaire et génomechevron_right
  4. Expression des gèneschevron_right
  5. Régulation post-transcriptionnelle : ARN interférence et microARN

B3 · Expression des gènes

Régulation post-transcriptionnelle : ARN interférence et microARN

Décrire la biogenèse des microARN et le mécanisme de l'ARN interférence. Expliquer le contrôle de la stabilité et de la traduction des ARN messagers et l'usage expérimental de ces mécanismes.

Biologie moléculaire et génome·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Principes de la régulation post-transcriptionnelle

Après sa transcription et sa maturation, un ARN messager, ou ARNm, n'est pas nécessairement traduit immédiatement ni avec la même efficacité pendant toute son existence. La quantité de protéine produite dépend de deux paramètres majeurs :

  • sa stabilité, qui détermine sa durée de présence dans le cytoplasme ;
  • son efficacité de traduction, qui détermine la fréquence avec laquelle les ribosomes synthétisent la protéine correspondante.

La coiffe en 5′5^\prime5′, la queue poly(A) et l'épissage sont étudiés dans la fiche consacrée à la maturation des ARNm ; ici, ils sont considérés comme des caractéristiques déjà acquises de l'ARNm mature.

Définition

Régulation post-transcriptionnelle

Ensemble des mécanismes qui modifient le devenir d'un ARN après sa transcription, notamment sa localisation, sa stabilité et son efficacité de traduction.

Cette régulation repose souvent sur l'interaction entre des séquences régulatrices portées par l'ARNm et des facteurs capables de les reconnaître. Ces facteurs peuvent être des protéines liant l'ARN ou de petits ARN régulateurs.

Stabilité et dégradation des ARN messagers

Déterminants de la durée de vie

La demi-vie d'un ARNm est la durée nécessaire pour que la moitié des molécules de cet ARNm présentes initialement disparaisse. Une demi-vie longue permet à une même population d'ARNm d'être traduite de nombreuses fois ; une demi-vie courte autorise au contraire une modification rapide de l'expression du gène.

Exemple

Suivre la disparition d'une population d'ARNm

Une population initiale de 800800800 molécules d'un ARNm possède une demi-vie de 2 h\pu{2 h}2 h.

  • Après 2 h\pu{2 h}2 h : 800÷2=400800 \div 2 = 400800÷2=400 molécules
  • Après 4 h\pu{4 h}4 h : 400÷2=200400 \div 2 = 200400÷2=200 molécules
  • Après 6 h\pu{6 h}6 h : 200÷2=100200 \div 2 = 100200÷2=100 molécules

Au bout de trois demi-vies, il ne reste que 100100100 molécules sur les 800800800 initiales. Une demi-vie courte fait donc diminuer rapidement la quantité d'ARNm disponible pour la traduction.

Les régions non traduites situées en 5′5^\prime5′ et en 3′3^\prime3′, appelées respectivement région 5′5^\prime5′ non traduite et région 3′3^\prime3′ non traduite, contiennent fréquemment des séquences régulatrices. Leur reconnaissance peut stabiliser l'ARNm ou favoriser sa dégradation.

La coiffe en 5′5^\prime5′ et la queue poly(A) protègent les extrémités de l'ARNm contre les enzymes de dégradation. La queue poly(A) est associée à des protéines qui contribuent également au recrutement de la machinerie de traduction.

Voie générale de dégradation

La dégradation cytoplasmique d'un ARNm débute souvent par la désadénylation, c'est-à-dire le raccourcissement de sa queue poly(A). Cette étape diminue sa stabilité et son aptitude à être traduit.

L'ARNm peut ensuite subir :

  1. un retrait de sa coiffe en 5′5^\prime5′, appelé décoiffage, suivi d'une dégradation de 5′5^\prime5′ vers 3′3^\prime3′ ;
  2. une dégradation de 3′3^\prime3′ vers 5′5^\prime5′ par un complexe d'exonucléases ;
  3. une coupure interne, après laquelle les fragments dépourvus de protection sont rapidement éliminés.

Une exonucléase dégrade un ARN à partir de l'une de ses extrémités, tandis qu'une endonucléase réalise une coupure à l'intérieur de la molécule.

À retenir

Conséquence fonctionnelle de la stabilité

La quantité de protéine produite ne dépend pas seulement de la quantité d'ARNm synthétisée. Elle dépend aussi de la demi-vie de cet ARNm et de son efficacité de traduction.

Interférence ARN

Définition

Interférence ARN ou ARNi

Mécanisme de régulation dans lequel un petit ARN guide un complexe protéique vers un ARN cible complémentaire, entraînant une inhibition de sa traduction ou sa dégradation.

L'interférence ARN repose sur la reconnaissance d'une séquence par complémentarité des bases. Un petit ARN simple brin sert de guide : il s'apparie avec un ARN cible portant une séquence suffisamment complémentaire. Le complexe effecteur associé peut alors réprimer l'expression de cet ARN.

Le principal complexe effecteur est le complexe de silençage induit par l'ARN, abrégé RISC. Il contient notamment une protéine de la famille Argonaute, qui fixe le petit ARN guide et participe à la reconnaissance de la cible. Chez les mammifères, Argonaute 2 possède une activité endonucléasique capable de couper directement un ARN cible lorsque la complémentarité est très élevée.

Biogenèse des microARN

Définition

MicroARN ou miARN

Petit ARN régulateur simple brin, long d'environ 22 nucléotides, qui s'associe à une protéine Argonaute pour contrôler la traduction et la stabilité d'ARNm cibles.

Formation nucléaire du précurseur

La plupart des gènes de microARN sont transcrits sous la forme d'un long transcrit primaire appelé pri-miARN. Celui-ci contient une région capable de se replier en épingle à cheveux grâce à la complémentarité interne de sa séquence.

Dans le noyau, le complexe formé par l'enzyme Drosha et son partenaire DGCR8 reconnaît cette structure. Drosha coupe le pri-miARN et libère un précurseur plus court, le pré-miARN, constitué d'une tige appariée et d'une boucle terminale.

Le pré-miARN est ensuite transporté du noyau vers le cytoplasme par exportine 5, en association avec la petite protéine Ran liée au GTP.

Maturation cytoplasmique

Dans le cytoplasme, l'enzyme Dicer coupe la boucle du pré-miARN. Elle produit un court duplex d'ARN, c'est-à-dire deux brins complémentaires associés.

Ce duplex est chargé sur une protéine Argonaute. Un seul brin est généralement conservé comme brin guide ; l'autre, appelé brin passager, est éliminé. Argonaute et le brin guide forment alors le cœur du complexe RISC fonctionnel.

Méthode

Biogenèse canonique d'un microARN

  1. Transcrire le gène de microARN en pri-miARN
  2. Replier le pri-miARN en structure en épingle à cheveux
  3. Cliver le pri-miARN dans le noyau par Drosha et DGCR8
  4. Exporter le pré-miARN vers le cytoplasme par exportine 5
  5. Cliver le pré-miARN par Dicer pour former un duplex court
  6. Charger le duplex sur Argonaute et sélectionner le brin guide
  7. Diriger le complexe RISC vers les ARNm complémentaires

Effets des microARN sur les ARN messagers

Chez les animaux, un microARN reconnaît le plus souvent une séquence située dans la région 3′3^\prime3′ non traduite de l'ARNm. La reconnaissance dépend fortement de la région graine, courte séquence proche de l'extrémité 5′5^\prime5′ du microARN.

Une complémentarité partielle suffit généralement à recruter des facteurs qui :

  • freinent l'initiation de la traduction ;
  • raccourcissent la queue poly(A) ;
  • favorisent le décoiffage ;
  • accélèrent finalement la dégradation de l'ARNm.

Un même microARN peut donc réguler plusieurs ARNm portant des séquences de reconnaissance apparentées. Inversement, un même ARNm peut posséder plusieurs sites reconnus par différents microARN. La régulation obtenue est ainsi combinatoire et graduelle.

Lorsque la complémentarité entre le petit ARN guide et sa cible est presque parfaite, Argonaute 2 peut couper directement l'ARN cible. Les fragments produits sont ensuite dégradés par les exonucléases cellulaires.

Attention

Répression de la traduction et dégradation ne s'excluent pas

Un microARN ne provoque pas uniquement un blocage temporaire de la traduction. La répression est fréquemment suivie d'une désadénylation, d'un décoiffage puis d'une dégradation de l'ARNm.

MicroARN et petits ARN interférents

Définition

Petit ARN interférent ou siARN

Petit ARN guide issu d'un ARN double brin, qui dirige généralement le complexe RISC vers un ARN cible présentant une complémentarité élevée.

Comparaison

MicroARN et petits ARN interférents

CritèreMicroARNPetit ARN interférent
Précurseur habituelTranscrit endogène en épingle à cheveuxARN double brin
Appariement avec la cibleSouvent partielGénéralement presque parfait
Effet dominantRépression de la traduction et déstabilisationCoupure de l'ARN cible
Nombre potentiel de ciblesSouvent plusieurs ARNmCible principalement déterminée par la séquence

Les deux voies convergent vers Dicer, Argonaute et le complexe RISC. Leur différence essentielle réside donc moins dans le complexe effecteur que dans l'origine du petit ARN et dans le degré de complémentarité avec la cible.

Usage expérimental de l'interférence ARN

L'introduction d'un siARN conçu pour être complémentaire d'un ARNm permet de diminuer sélectivement l'expression du gène correspondant. Le siARN est chargé dans RISC, puis le brin guide dirige Argonaute vers l'ARNm cible, qui est coupé ou déstabilisé.

Exemple

Quantifier l'extinction d'un ARNm par un siARN

Dans une culture cellulaire, la quantité d'ARNm du gène cible est fixée à 100100100 unités arbitraires après introduction d'une séquence témoin. Après introduction d'un siARN complémentaire de cet ARNm, elle est de 282828 unités arbitraires.

La diminution obtenue est :

100−28=72100 - 28 = 72100−28=72 unités arbitraires

Soit une diminution de 72%72\%72% de l'ARNm cible.

Le siARN a donc entraîné une extinction post-transcriptionnelle importante du gène étudié. Cette diminution doit être vérifiée avec d'autres siARN dirigés contre le même ARNm et par une mesure de la protéine correspondante.

Une extinction plus durable peut être obtenue en faisant produire par la cellule un ARN en courte épingle à cheveux, ou shARN. Après transcription, cet ARN est pris en charge par les mécanismes cellulaires de maturation et fournit un petit ARN guide actif.

Cette stratégie permet d'étudier la fonction d'un gène en observant les conséquences de la diminution de son expression. Elle ne modifie cependant pas nécessairement la séquence de l'ADN.

Attention

Extinction génique n'est pas invalidation génique

L'interférence ARN diminue habituellement l'expression d'un gène sans supprimer celui-ci du génome. L'extinction peut être incomplète, variable et réversible.

L'interprétation expérimentale exige de vérifier l'efficacité de la diminution de l'ARNm et de la protéine. Plusieurs séquences guides indépendantes doivent conduire au même effet attendu. Des séquences témoins sont nécessaires, car un petit ARN peut reconnaître imparfaitement d'autres ARNm et produire des effets hors cible.

À retenir

Principe expérimental

Un siARN permet une extinction post-transcriptionnelle dirigée par sa séquence, mais sa spécificité et son efficacité doivent toujours être contrôlées.

Points clés
  • La régulation post-transcriptionnelle contrôle la stabilité et l'efficacité de traduction des ARNm
  • Les microARN sont produits successivement à partir d'un pri-miARN, d'un pré-miARN puis d'un duplex clivé par Dicer
  • Le brin guide associé à Argonaute dirige le complexe RISC vers les ARNm complémentaires
  • Une complémentarité partielle favorise la répression de la traduction et la déstabilisation de l'ARNm
  • Une complémentarité presque parfaite peut provoquer la coupure directe de l'ARN cible
  • Les siARN permettent une extinction expérimentale ciblée, distincte d'une modification du génome

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Expression des gènes.

  • Fiche 01Transcription : initiation, élongation et terminaisonExpression des gènes
  • Fiche 02Maturation des ARN messagers : coiffe, polyadénylation et épissageExpression des gènes
  • Fiche 03Code génétique, cadre de lecture et ARN de transfertExpression des gènes
lock_open

Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche

Il reste 3 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.

Déjà un compte ? Se connecter · Voir les formules

arrow_backPrécédentRégulation épigénétique : méthylation et modifications des histonesExpression des gènesSuivantarrow_forwardPCR, RT-PCR et PCR quantitativeMéthodes
Sommaire
  • 1Principes de la régulation post-transcriptionnelle
  • 2Stabilité et dégradation des ARN messagers
    • 2.1Déterminants de la durée de vie
    • 2.2Voie générale de dégradation
  • 3Interférence ARN
  • 4Biogenèse des microARN
    • 4.1Formation nucléaire du précurseur
    • 4.2Maturation cytoplasmique lock — section verrouillée
  • 5Effets des microARN sur les ARN messagers lock — section verrouillée
  • 6MicroARN et petits ARN interférents lock — section verrouillée
  • 7Usage expérimental de l'interférence ARN lock — section verrouillée