B7 · Ondes électromagnétiques et magnétisme
Résonance magnétique nucléaire et principe de l'IRM
Décrire la précession des spins, l'excitation par une onde radiofréquence et les temps de relaxation. Expliquer la formation d'une image par gradients de champ et l'origine du contraste entre tissus.
Biophysique7 min de lecture17 QCM corrigés
Du spin au signal de résonance magnétique
Les propriétés du champ magnétique statique et du moment magnétique sont établies dans la fiche précédente. Ici, elles servent à comprendre comment les noyaux produisent un signal mesurable puis une image.
Spins nucléaires et aimantation macroscopique
Un noyau possédant un moment magnétique se comporte comme un très petit dipôle magnétique. En imagerie par résonance magnétique, le signal provient principalement des noyaux d'hydrogène, très abondants dans les molécules d'eau et les lipides.
En l'absence de champ magnétique extérieur, les moments magnétiques ont des orientations désordonnées. Leur somme macroscopique est donc nulle. Lorsqu'un champ magnétique statique intense, noté , est appliqué, deux phénomènes apparaissent :
- les moments magnétiques se répartissent entre des états d'énergie distincts ;
- un léger excès de noyaux occupe l'état de plus basse énergie, orientés préférentiellement selon .
Cette faible différence de population suffit à créer une aimantation macroscopique , parallèle à . Son intensité augmente notamment avec le nombre de noyaux détectables et avec l'intensité du champ principal.
Précession et fréquence de Larmor
Le moment magnétique soumis à ne s'aligne pas de manière immobile. Il décrit un mouvement de précession autour de la direction du champ, comparable géométriquement au mouvement de l'axe d'une toupie, sans que cette analogie implique une rotation classique du noyau.
La vitesse de cette précession est fixée par la relation de Larmor.
Chaque espèce nucléaire possède son propre rapport gyromagnétique . À noyau fixé, la fréquence de Larmor est donc directement proportionnelle à .
Excitation par radiofréquence
Condition de résonance
À l'équilibre, l'aimantation est principalement longitudinale : elle ne fournit pas directement un signal oscillant détectable dans le plan perpendiculaire à . Il faut la faire basculer au moyen d'un second champ magnétique, noté , produit par une impulsion de radiofréquence.
Le champ est orienté transversalement par rapport à et varie à une fréquence radio. Lorsque sa fréquence coïncide avec , l'excitation est résonante. Elle produit simultanément :
- une diminution de la composante longitudinale ;
- l'apparition d'une composante transversale ;
- une mise en phase partielle des spins, qui additionne leurs contributions transversales.
L'angle de bascule de l'aimantation dépend de l'intensité de et de la durée de l'impulsion. Une impulsion dite de place idéalement l'aimantation dans le plan transversal. Une impulsion de inverse son orientation ou permet, selon la séquence, de remettre en phase certaines composantes.
Détection du signal
Après l'arrêt de l'impulsion, l'aimantation transversale précesse autour de . Sa variation périodique crée un flux magnétique variable dans une bobine de réception, ce qui induit une tension électrique mesurable.
La fréquence du signal renseigne sur la fréquence de précession, tandis que son amplitude dépend notamment de la quantité de noyaux contribuant au signal et de leur état d'aimantation.
Relaxations après l'excitation
À l'arrêt de l'excitation, le système revient progressivement vers son équilibre. Deux processus indépendants mais simultanés sont distingués.
Relaxation longitudinale
Cette relaxation est également appelée relaxation spin-réseau. Plus est court, plus la récupération longitudinale est rapide.
Relaxation transversale
Cette relaxation, dite spin-spin, résulte des interactions magnétiques microscopiques entre noyaux. Les spins continuent à précesser, mais leurs phases se dispersent : leurs composantes transversales ne s'additionnent plus efficacement. La disparition de ne correspond donc pas nécessairement à une perte d'énergie vers l'environnement.
Déphasage apparent et
Les inhomogénéités du champ ajoutent un déphasage réversible au déphasage microscopique propre au tissu. Le signal transversal décroît alors avec une constante apparente appelée .
Localisation spatiale par gradients de champ
Le signal reçu spontanément est la somme des contributions de nombreux noyaux. Pour former une image, il faut déterminer la position d'origine de chaque contribution. Des gradients de champ magnétique sont superposés à .
Puisque la fréquence de Larmor dépend du champ, un gradient rend la fréquence de précession dépendante de la position.
Les trois opérations de codage
Les données sont d'abord rangées dans un espace des fréquences spatiales appelé espace de Fourier. La transformation de Fourier convertit ensuite ces informations de fréquence et de phase en intensités associées à des positions.
Origine du contraste entre les tissus
L'intensité d'un voxel ne dépend pas d'une seule propriété. Elle est principalement influencée par :
- la densité protonique, c'est-à-dire la quantité de noyaux d'hydrogène mobiles contribuant au signal ;
- le temps , qui contrôle la récupération longitudinale entre deux excitations ;
- le temps ou , qui contrôle la persistance du signal transversal ;
- les paramètres temporels de la séquence d'acquisition.
Le temps de répétition, noté , sépare deux excitations successives. Le temps d'écho, noté , sépare l'excitation du moment auquel le signal est mesuré.
Un court accentue les différences de récupération longitudinale et favorise une pondération en . Un long laisse davantage s'exprimer les différences de décroissance transversale et favorise une pondération en . Lorsque les effets de et de sont réduits, le contraste dépend davantage de la densité protonique.
Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche
Il reste 2 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.