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Sommaire

  • 1Du polypeptide à la conformation tridimensionnelle
  • 2Forces stabilisant la structure tertiaire
    • 2.1Effet hydrophobe
    • 2.2Interactions non covalentes
    • 2.3Ponts disulfure
  • 3Repliement de la chaîne polypeptidique
    • 3.1Chaperonnes moléculaires et contrôle du repliement lock — section verrouillée
  • 4Dénaturation et réversibilité lock — section verrouillée
  • 5Domaines structuraux lock — section verrouillée
  • 6Structure quaternaire lock — section verrouillée
  • 7Coopérativité et allostérie lock — section verrouillée
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B2 · Acides aminés et protéines

Structures tertiaire et quaternaire, repliement et allostérie

Décrire le repliement tridimensionnel d'une chaîne polypeptidique, les interactions qui le stabilisent et la notion de domaine. Introduire la structure quaternaire, la coopérativité et les transitions allostériques entre états.

Biochimie structurale et métabolique·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Du polypeptide à la conformation tridimensionnelle

La structure primaire et les structures secondaires ont été étudiées dans la fiche précédente. Elles constituent le point de départ du repliement global de la chaîne polypeptidique.

Définition

Structure tertiaire

Organisation tridimensionnelle complète d’une seule chaîne polypeptidique, résultant de l’agencement spatial de ses structures secondaires et des régions qui les relient.

La structure tertiaire rapproche dans l’espace des résidus d’acides aminés parfois très éloignés dans la séquence. Elle ne correspond donc pas à une simple juxtaposition d’hélices, de feuillets et de coudes. Elle dépend de l’ensemble des interactions établies entre les chaînes latérales, le squelette peptidique, le solvant et, éventuellement, des constituants non protéiques.

Définition

Conformation native

Conformation tridimensionnelle fonctionnelle et thermodynamiquement favorisée d’une protéine dans des conditions physicochimiques données.

La conformation native n’est pas parfaitement rigide. Les liaisons covalentes autorisent certaines rotations et les interactions faibles se rompent puis se reforment continuellement. Une protéine constitue ainsi un ensemble dynamique de conformations proches, dont certaines sont davantage représentées que d’autres.

Forces stabilisant la structure tertiaire

Effet hydrophobe

Dans un milieu aqueux, les chaînes latérales apolaires tendent à se regrouper à l’intérieur de la protéine, tandis que les groupes polaires ou chargés sont plus souvent exposés au solvant.

Définition

Effet hydrophobe

Tendance des groupes apolaires à se rassembler en milieu aqueux afin de réduire leur surface de contact avec l’eau.

L’effet hydrophobe n’est pas une liaison au sens strict. Lorsque des groupes apolaires sont dispersés, les molécules d’eau qui les entourent adoptent une organisation contrainte. Leur regroupement libère une partie de ces molécules d’eau, ce qui augmente l’entropie du solvant et favorise le repliement.

Le regroupement des résidus apolaires forme généralement un cœur hydrophobe compact. Il constitue l’une des principales forces directrices du repliement des protéines solubles. La répartition des résidus dépend toutefois du milieu dans lequel se trouve la protéine, notamment pour les protéines insérées dans une membrane lipidique.

Interactions non covalentes

Les liaisons hydrogène s’établissent entre un groupe donneur d’hydrogène et un groupe accepteur électronégatif. Elles peuvent impliquer les chaînes latérales, le squelette peptidique ou des molécules d’eau.

Les interactions ioniques, également appelées ponts salins lorsqu’elles associent deux groupes de charges opposées, dépendent de l’état d’ionisation des chaînes latérales. Elles sont donc sensibles au pH et à la composition ionique du milieu.

Les interactions de van der Waals sont individuellement faibles et n’agissent qu’à très courte distance. Elles deviennent néanmoins importantes lorsqu’un grand nombre d’atomes sont disposés de manière complémentaire dans une structure compacte.

Ponts disulfure

Définition

Pont disulfure

Liaison covalente S−S\ce{S-S}S−S formée par oxydation des groupes thiol de deux résidus cystéine.

Un pont disulfure peut relier deux régions d’une même chaîne ou deux chaînes polypeptidiques distinctes. Sa nature covalente lui confère une énergie supérieure à celle des interactions non covalentes. Il limite les conformations accessibles à la chaîne et stabilise ainsi certaines structures.

Comparaison

Interactions stabilisant une protéine

InteractionGroupes impliquésCaractéristique principale
Effet hydrophobechaînes latérales apolaires et eauforce directrice du repliement en milieu aqueux
Liaison hydrogènedonneur et accepteur électronégatiforientation géométrique précise
Interaction ioniquegroupes de charges opposéesdépend du pH et du milieu ionique
Van der Waalsatomes très prochesfaible isolément mais cumulative
Pont disulfuredeux cystéinesliaison covalente
À retenir

Stabilité globale

La structure tertiaire résulte de l’action combinée de nombreuses interactions. Les interactions faibles, bien que réversibles individuellement, assurent collectivement une stabilisation importante et permettent la dynamique nécessaire à la fonction protéique.

Repliement de la chaîne polypeptidique

Définition

Repliement protéique

Processus par lequel une chaîne polypeptidique acquiert une organisation tridimensionnelle compatible avec sa stabilité et sa fonction.

La séquence des acides aminés contient les informations nécessaires à l’établissement des interactions favorables. Le repliement n’est toutefois pas une recherche aléatoire parmi toutes les conformations possibles, car leur nombre serait beaucoup trop élevé. Il suit des voies privilégiées au cours desquelles apparaissent rapidement des interactions locales, puis des contacts entre régions plus éloignées.

Le repliement peut être représenté par un paysage énergétique en forme d’entonnoir. Les conformations dépliées, nombreuses et énergétiquement diverses, occupent la partie large. À mesure que des interactions favorables se forment, l’énergie libre diminue et le nombre de conformations accessibles se réduit jusqu’à un ensemble de conformations natives.

Formule

Variation d’énergie libre du repliement

ΔGrepliement=Gnative−Gdeˊplieˊe\Delta G_{\mathrm{repliement}} = G_{\mathrm{native}} - G_{\text{dépliée}}ΔGrepliement​=Gnative​−Gdeˊplieˊe​
  • ΔGrepliement\Delta G_{\mathrm{repliement}}ΔGrepliement​ : variation d’énergie libre associée au repliement
  • GnativeG_{\mathrm{native}}Gnative​ : énergie libre de la conformation native
  • GdeˊplieˊeG_{\text{dépliée}}Gdeˊplieˊe​ : énergie libre de l’état déplié

Le repliement est thermodynamiquement favorable lorsque ΔGrepliement<0\Delta G_{\mathrm{repliement}} < 0ΔGrepliement​<0. La chaîne perd de l’entropie conformationnelle, puisqu’elle devient plus ordonnée, mais cette perte peut être compensée par la formation d’interactions favorables et par l’augmentation d’entropie du solvant liée à l’effet hydrophobe.

Chaperonnes moléculaires et contrôle du repliement

Définition

Chaperonne moléculaire

Protéine qui facilite le repliement ou empêche les interactions inappropriées d’autres protéines sans imposer leur structure finale.

Les chaperonnes limitent notamment l’exposition prolongée de surfaces hydrophobes susceptibles d’établir des contacts entre plusieurs chaînes. Elles réduisent ainsi les mauvais repliements et l’agrégation. Elles n’ajoutent pas d’information structurale à la séquence et ne font pas partie de la protéine mature.

Définition

Agrégation protéique

Association anormale de plusieurs chaînes polypeptidiques, souvent favorisée par l’exposition de régions hydrophobes normalement enfouies.

Dénaturation et réversibilité

Définition

Dénaturation

Perte de l’organisation tridimensionnelle native d’une protéine sous l’effet d’une modification du milieu, sans rupture nécessaire de la structure primaire.

Une variation de température, de pH ou de composition du solvant peut perturber les interactions qui maintiennent la structure. La dénaturation entraîne alors une perte des structures tertiaire et éventuellement quaternaire, souvent accompagnée d’une perte de fonction.

La renaturation est le retour vers la conformation native lorsque les conditions favorables sont rétablies. Elle n’est possible que si la chaîne primaire reste intacte et si aucune modification irréversible, notamment une agrégation, ne l’empêche.

Attention

Dénaturation et hydrolyse

La dénaturation ne doit pas être confondue avec l’hydrolyse des liaisons peptidiques. La première désorganise principalement les structures tridimensionnelles, tandis que la seconde rompt la structure primaire.

Domaines structuraux

Définition

Domaine protéique

Région d’une chaîne polypeptidique possédant une organisation tridimensionnelle compacte et une certaine autonomie structurale, souvent associée à une fonction particulière.

Une protéine peut comporter un seul domaine ou plusieurs domaines reliés par des segments plus flexibles. Chaque domaine possède un cœur stabilisé par des interactions internes et peut parfois se replier de manière relativement indépendante.

L’association de plusieurs domaines permet de réunir, dans une même chaîne, différentes propriétés de reconnaissance, de liaison ou de catalyse. Les mouvements relatifs entre domaines participent aussi aux changements de conformation.

Attention

Domaine et sous-unité

Un domaine est une partie d’une chaîne polypeptidique. Une sous-unité est une chaîne polypeptidique entière participant à un assemblage quaternaire. Une même sous-unité peut donc contenir plusieurs domaines.

Structure quaternaire

Définition

Structure quaternaire

Organisation spatiale de plusieurs chaînes polypeptidiques associées au sein d’un même complexe fonctionnel.

Chaque chaîne du complexe est une sous-unité ou protomère. Un assemblage constitué de sous-unités identiques est un homo-oligomère ; s’il réunit des sous-unités différentes, il s’agit d’un hétéro-oligomère.

Les interfaces entre sous-unités sont stabilisées par les mêmes types d’interactions que la structure tertiaire, principalement l’effet hydrophobe, les liaisons hydrogène, les interactions ioniques et les forces de van der Waals. Des ponts disulfure interchaînes peuvent également intervenir.

L’organisation quaternaire permet la transmission d’un changement de conformation d’une sous-unité à une autre. Elle rend ainsi possibles la coopérativité et certaines régulations allostériques.

Coopérativité et allostérie

Définition

Coopérativité

Phénomène par lequel la fixation d’un ligand sur une sous-unité modifie l’affinité des autres sous-unités pour ce même ligand.

La coopérativité est positive lorsque la première fixation facilite les suivantes, négative lorsqu’elle les défavorise et absente lorsque les sites se comportent indépendamment. Une coopérativité positive produit généralement une relation sigmoïde entre la concentration du ligand et la proportion de sites occupés.

Définition

Allostérie

Modification des propriétés d’un site fonctionnel provoquée par la fixation d’un ligand sur un autre site de la protéine.

Le ligand régulateur se fixe sur un site allostérique, distinct du site dont l’activité ou l’affinité est modifiée. Cette fixation déplace l’équilibre entre plusieurs états conformationnels préexistants ou favorise une transition vers un nouvel état.

On distingue souvent un état T, de plus faible affinité ou activité, et un état R, de plus forte affinité ou activité. Un effecteur allostérique positif stabilise préférentiellement l’état le plus actif ou le plus affine, tandis qu’un effecteur négatif stabilise l’état opposé.

La coopérativité constitue donc une forme particulière de communication entre sites homologues, alors que l’allostérie peut relier des sites qui reconnaissent des ligands différents.

À retenir

Relation structure–régulation

L’allostérie repose sur une redistribution de l’équilibre entre conformations. La protéine n’est pas un objet rigide : la fixation d’un ligand peut modifier à distance l’organisation et les propriétés d’un autre site.

Points clés
  • La structure tertiaire est l’organisation tridimensionnelle d’une seule chaîne polypeptidique.
  • L’effet hydrophobe, les liaisons hydrogène, les interactions ioniques, les forces de van der Waals et les ponts disulfure stabilisent le repliement.
  • Un domaine est une région compacte et relativement autonome appartenant à une chaîne polypeptidique.
  • La structure quaternaire résulte de l’association de plusieurs sous-unités.
  • La coopérativité traduit l’influence de la fixation d’un ligand sur les autres sites reconnaissant ce ligand.
  • L’allostérie correspond à une modulation à distance fondée sur une transition entre états conformationnels.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Acides aminés et protéines.

  • Fiche 01Les acides aminés : structure, classification et propriétés acido-basiquesAcides aminés et protéines
  • Fiche 02Dérivés d'acides aminés et peptides biologiquement actifsAcides aminés et protéines
  • Fiche 03Liaison peptidique et structures primaire et secondaireAcides aminés et protéines
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