B10 · Informatique médicale
Systèmes d'information de santé
Présenter les fonctions d'un système d'information hospitalier et les outils de partage entre professionnels. Décrire le dossier médical partagé et le dossier pharmaceutique et leurs finalités.
Biostatistiques et méthodes d'analyse7 min de lecture17 QCM corrigés
Définir un système d'information de santé
Un système d'information ne se réduit donc pas à un logiciel. Il associe :
- des acteurs, comme les professionnels de santé et les personnels administratifs ;
- des procédures, qui déterminent quand et comment l'information est saisie ou consultée ;
- des données, médicales, pharmaceutiques, administratives ou financières ;
- des outils numériques, comme les applications, serveurs, réseaux et dispositifs d'authentification.
La qualité du système dépend autant de son organisation que de ses performances techniques. Une information exacte mais indisponible au moment du soin perd une grande partie de son utilité. Inversement, une information facilement accessible mais erronée peut conduire à une décision inadaptée.
Le système d'information hospitalier, ou SIH, vise à faire circuler une information cohérente entre les différents services de l'établissement. Il repose généralement sur plusieurs applications spécialisées reliées entre elles plutôt que sur un logiciel unique.
Fonctions du système d'information hospitalier
Soutenir la prise en charge du patient
La fonction centrale du SIH est de mettre à disposition des professionnels les informations nécessaires aux soins. Il permet notamment :
- l'enregistrement de l'identité et du parcours du patient ;
- la consultation des antécédents, allergies, diagnostics et traitements ;
- la prescription des médicaments, examens et actes ;
- la réception et la conservation des résultats ;
- la rédaction des observations, comptes rendus et documents de sortie ;
- la planification et la coordination des interventions professionnelles.
Le dossier patient informatisé constitue le support longitudinal de la prise en charge dans l'établissement. Il rassemble les contributions de plusieurs professions tout en attribuant chaque information à son auteur. Cette attribution assure la traçabilité, c'est-à-dire la possibilité de connaître l'origine, la date et les éventuelles modifications d'une information.
Assurer les fonctions médico-techniques
Les secteurs médico-techniques utilisent des applications dédiées pour gérer les demandes, programmer les actes, produire les résultats et les transmettre au dossier patient. Leur connexion au SIH évite les recopies manuelles, qui multiplient les risques d'erreur et de perte d'information.
Le circuit du médicament est également informatisé : prescription, analyse pharmaceutique, dispensation et administration peuvent être articulées dans un même flux d'information. L'objectif est que chaque acteur travaille à partir d'une prescription actualisée et identifiable.
Gérer l'activité de l'établissement
Le SIH prend aussi en charge des fonctions non directement cliniques mais indispensables :
- admissions, mouvements et sorties des patients ;
- facturation et financement de l'activité ;
- gestion des rendez-vous, lits et blocs ;
- gestion des personnels, stocks et équipements ;
- production d'indicateurs de qualité, d'activité et de pilotage.
Les données agrégées permettent aux responsables d'évaluer l'utilisation des ressources et d'organiser l'établissement. Cette utilisation secondaire ne doit pas modifier la donnée clinique originale.
Améliorer la sécurité et la qualité
Le SIH peut signaler une information incohérente, une allergie connue ou une incompatibilité médicamenteuse. Il soutient ainsi la décision professionnelle, mais ne la remplace pas.
La traçabilité permet également d'analyser les événements indésirables, de vérifier la réalisation d'un acte et de reconstituer la chronologie d'une prise en charge.
Partager l'information entre professionnels
Le parcours d'un patient dépasse souvent les limites d'un établissement. Le partage de l'information vise donc à assurer la continuité des soins, en donnant au professionnel autorisé accès aux informations pertinentes déjà produites.
L'interopérabilité suppose une compatibilité technique, mais aussi un sens commun des informations échangées. L'identification fiable du patient est également indispensable : une donnée correcte rattachée à la mauvaise personne devient dangereuse.
La structuration des données, leur confidentialité et leurs règles détaillées de protection relèvent de la fiche voisine consacrée aux données de santé.
Principaux outils de partage
Le dossier patient informatisé organise principalement l'information à l'intérieur d'un établissement ou d'un groupement disposant d'un environnement commun. Pour les échanges au-delà de cette organisation, plusieurs outils sont complémentaires :
- le dossier médical partagé, qui conserve des documents utiles au suivi global ;
- le dossier pharmaceutique, centré sur les médicaments délivrés ;
- la messagerie sécurisée de santé, qui transmet une information à un destinataire identifié ;
- les plateformes de coordination, qui organisent le parcours entre plusieurs intervenants.
Une messagerie transmet un message ou un document, tandis qu'un dossier partagé constitue un espace organisé de conservation et de consultation. Ces fonctions ne sont donc pas interchangeables.
Le dossier médical partagé
Le DMP est intégré à l'espace numérique de santé personnel. Il peut contenir des comptes rendus, résultats, prescriptions, informations relatives aux traitements, allergies, antécédents et éléments déposés par la personne elle-même.
Ses principales finalités sont :
- Améliorer la continuité des soins en rendant disponibles des documents produits par différents acteurs.
- Éviter la répétition inutile d'actes lorsque des résultats pertinents sont déjà accessibles.
- Réduire les pertes d'information lors d'un changement de professionnel ou de structure.
- Associer la personne à son suivi, en lui donnant accès à ses informations et à la gestion de certains droits d'accès.
L'accès n'est pas ouvert à tout professionnel de santé. Il dépend de son habilitation, de sa participation à la prise en charge et des droits définis par la personne. Les consultations et dépôts sont tracés.
Le dossier pharmaceutique
Le DP est placé sous la responsabilité de l'Ordre national des pharmaciens. Il est principalement alimenté lors des dispensations en pharmacie, y compris pour des médicaments obtenus sans prescription lorsqu'ils sont enregistrés.
Ses finalités sont centrées sur la sécurité médicamenteuse :
- repérer des associations médicamenteuses potentiellement dangereuses ;
- détecter des traitements redondants ;
- disposer d'un historique de dispensation utile à la continuité du traitement ;
- améliorer la coordination entre les professionnels habilités ;
- contribuer à la sécurité de la chaîne pharmaceutique.
Le DP ne constitue pas un dossier médical général. Il ne rassemble ni l'ensemble des diagnostics ni tous les résultats d'examens. Son contenu spécialisé explique sa complémentarité avec le DMP.
Conditions d'un partage utile
Le partage n'améliore les soins que si l'information est :
- exacte, donc correctement saisie ;
- pertinente, afin de ne pas masquer l'information essentielle ;
- actualisée, car une donnée ancienne peut ne plus décrire la situation présente ;
- accessible au bon moment par les acteurs autorisés ;
- traçable, pour identifier son auteur et son utilisation ;
- interopérable, afin d'être comprise par les systèmes destinataires.
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