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Sommaire

  • 1La fonction acide carboxylique
    • 1.1Nomenclature
    • 1.2Polarité et liaisons hydrogène
  • 2Acidité du groupe carboxyle
  • 3Principaux dérivés des acides carboxyliques
    • 3.1Esters
    • 3.2Amides lock — section verrouillée
    • 3.3Anhydrides d'acide lock — section verrouillée
    • 3.4Halogénures d'acyle lock — section verrouillée
    • 3.5Nitriles lock — section verrouillée
  • 4Hiérarchie de réactivité lock — section verrouillée
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B1 · Fonctions chimiques du vivant

Acides carboxyliques, esters, amides et anhydrides

Décrire la fonction acide carboxylique, son acidité et ses principaux dérivés : esters, amides, anhydrides, halogénures d'acyle et nitriles. Hiérarchiser ces dérivés selon leur réactivité et relier cette hiérarchie aux liaisons ester et amide du vivant.

Chimie générale et organique·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

La fonction acide carboxylique

Un acide carboxylique est un composé organique portant un groupe carboxyle, noté R−COOH\ce{R-COOH}R−COOH, dans lequel R\ce{R}R désigne un groupe carboné ou un atome d'hydrogène. Le groupe carboxyle associe, sur le même carbone, un groupe carbonyle C=O\ce{C=O}C=O et un groupe hydroxyle O−H\ce{O-H}O−H.

La structure et la polarisation du groupe carbonyle sont étudiées dans la fiche consacrée aux aldéhydes et aux cétones ; ici, elles servent à comprendre l'acidité et la réactivité des dérivés carboxyliques.

Définition

Groupe acyle

Groupe R−COX−\ce{R-CO-}R−COX− obtenu formellement en retirant le groupe hydroxyle −OH\ce{-OH}−OH d'un acide carboxylique.

Nomenclature

Le nom systématique d'un acide carboxylique acyclique se construit avec le mot acide, suivi du nom de la chaîne principale contenant le carbone carboxylique et du suffixe -oïque. Le carbone du groupe carboxyle appartient à la chaîne principale et reçoit conventionnellement le numéro 1.

Lorsque le groupe carboxyle n'est pas prioritaire, il peut être désigné par le préfixe carboxy-. Les règles générales de choix et de numérotation de la chaîne sont développées dans la fiche consacrée à la nomenclature systématique.

Polarité et liaisons hydrogène

Les deux liaisons C−O\ce{C-O}C−O sont polaires, car l'oxygène attire davantage les électrons que le carbone. Le groupe carboxyle peut donc participer à des liaisons hydrogène :

  • l'oxygène du carbonyle est accepteur ;
  • l'hydrogène du groupe hydroxyle est donneur ;
  • la forme non ionisée peut associer deux molécules par deux liaisons hydrogène.

La partie carboxylique est hydrophile, tandis que le groupe R\ce{R}R peut être hydrophobe. La solubilité dans l'eau dépend donc de l'équilibre entre ces deux parties et diminue généralement lorsque la chaîne carbonée s'allonge.

Acidité du groupe carboxyle

Un acide carboxylique peut céder le proton porté par son groupe hydroxyle à l'eau :

R−COOH+HX2O⇌R−COOX−+HX3OX+\ce{R-COOH + H2O <=> R-COO^- + H3O^+}R−COOH+HX2​O​R−COOX−+HX3​OX+

L'espèce R−COOX−\ce{R-COO^-}R−COOX− obtenue est l'ion carboxylate, base conjuguée de l'acide carboxylique.

Définition

Ion carboxylate

Anion R−COOX−\ce{R-COO^-}R−COOX− formé par déprotonation d'un acide carboxylique. Sa charge négative est délocalisée sur les deux atomes d'oxygène.

L'acidité du groupe carboxyle s'explique surtout par la stabilité du carboxylate. Dans cet ion, les électrons sont délocalisés par mésomérie entre les deux oxygènes : les deux liaisons carbone–oxygène deviennent équivalentes. La charge négative n'est donc pas localisée sur un seul atome, ce qui abaisse l'énergie de la base conjuguée et favorise la perte du proton.

Délocalisation de la charge dans l’ion carboxylate
Délocalisation de la charge dans l’ion carboxylate
Formule

Constante d'acidité

Ka=aR−COOX− aHX3OX+aR−COOH;pKa=−log⁡KaK_{\mathrm a} = \frac{a_{\ce{R-COO^-}}\,a_{\ce{H3O^+}}} {a_{\ce{R-COOH}}} \qquad ; \qquad pK_{\mathrm a}=-\log K_{\mathrm a}Ka​=aR−COOH​aR−COOX−​aHX3​OX+​​;pKa​=−logKa​
  • KaK_{\mathrm a}Ka​ : constante d'acidité du couple acide carboxylique–carboxylate
  • pKapK_{\mathrm a}pKa​ : mesure logarithmique de l'acidité
  • aR−COOX−a_{\ce{R-COO^-}}aR−COOX−​ : activité de l'ion carboxylate
  • aHX3OX+a_{\ce{H3O^+}}aHX3​OX+​ : activité de l'ion oxonium
  • aR−COOHa_{\ce{R-COOH}}aR−COOH​ : activité de l'acide carboxylique non dissocié

Plus KaK_{\mathrm a}Ka​ est élevé, ou plus pKapK_{\mathrm a}pKa​ est faible, plus l'acide est fort. Un substituant attracteur d'électrons stabilise la charge négative du carboxylate par effet inductif et augmente l'acidité. À l'inverse, un substituant donneur d'électrons tend à déstabiliser cette charge et diminue l'acidité. L'effet inductif s'atténue lorsque le substituant s'éloigne du groupe carboxyle.

Exemple

Comparer l’acidité de deux acides carboxyliques

L’acide éthanoïque a un pKapK_{\mathrm a}pKa​ de 4,764{,}764,76, alors que l’acide chloroéthanoïque a un pKapK_{\mathrm a}pKa​ de 2,862{,}862,86.

La différence de pKapK_{\mathrm a}pKa​ vaut :

4,76−2,86=1,904{,}76 - 2{,}86 = 1{,}904,76−2,86=1,90

Le rapport des constantes d’acidité vaut donc :

Ka de l’acide chloroeˊthanoı¨queKa de l’acide eˊthanoı¨que=101,90≈79\frac{K_{\mathrm a}\text{ de l’acide chloroéthanoïque}}{K_{\mathrm a}\text{ de l’acide éthanoïque}} = 10^{1{,}90} \approx 79Ka​ de l’acide eˊthanoı¨queKa​ de l’acide chloroeˊthanoı¨que​=101,90≈79

L’acide chloroéthanoïque est environ 797979 fois plus acide. L’atome de chlore exerce un effet attracteur d’électrons qui stabilise l’ion carboxylate formé après la perte du proton.

À retenir

Origine de l'acidité

Un acide carboxylique est plus acide qu'un alcool parce que sa base conjuguée, le carboxylate, est stabilisée par délocalisation électronique sur deux oxygènes.

Principaux dérivés des acides carboxyliques

Les dérivés carboxyliques possèdent la structure générale R−CO−Z\ce{R-CO-Z}R−CO−Z : le groupe Z\ce{Z}Z remplace le groupe hydroxyle de l'acide. Leur carbone carbonylé reste électrophile, car la liaison C=O\ce{C=O}C=O est polarisée vers l'oxygène.

Esters

Un ester carboxylique porte le groupe R−COO−RX′\ce{R-COO-R'}R−COO−RX′, où RX′\ce{R'}RX′ désigne un second groupe carboné. Son nom associe le nom du carboxylate, terminé par -oate, à celui du groupe lié à l'oxygène.

L'oxygène lié au groupe RX′\ce{R'}RX′ donne partiellement un doublet au carbonyle par mésomérie. Cette donation réduit la charge positive partielle du carbone carbonylé et modère ainsi son électrophilie.

Les liaisons ester sont fréquentes dans les lipides du vivant. Elles restent hydrolysables, notamment sous catalyse acide, basique ou enzymatique, ce qui permet la mobilisation et le remodelage de structures lipidiques.

Amides

Une amide possède un groupe R−CO−NRX′RX′′\ce{R-CO-NR'R''}R−CO−NRX′RX′′, où RX′\ce{R'}RX′ et RX′′\ce{R''}RX′′ peuvent être des groupes carbonés ou des atomes d'hydrogène. Selon le nombre de substituants carbonés portés par l'azote, l'amide est primaire, secondaire ou tertiaire.

Le doublet libre de l'azote est fortement délocalisé vers le carbonyle. La liaison carbone–azote acquiert donc un caractère partiellement double, ce qui entraîne :

  • une géométrie approximativement plane autour du groupe amide ;
  • une rotation limitée autour de la liaison carbone–azote ;
  • une faible disponibilité du doublet de l'azote ;
  • une faible réactivité du carbone carbonylé.

La liaison peptidique reliant les résidus d'acides aminés dans les protéines est une liaison amide. Sa stabilité limite son hydrolyse spontanée, tandis que sa planéité impose des contraintes structurales à la chaîne polypeptidique.

Attention

Amide et amine

Une amine ne contient pas de carbonyle directement lié à l'azote. Dans une amide, le doublet de l'azote est délocalisé vers le groupe carbonyle : l'amide est donc beaucoup moins basique et moins nucléophile qu'une amine.

Anhydrides d'acide

Un anhydride d'acide carboxylique possède le motif R−CO−O−CO−RX′\ce{R-CO-O-CO-R'}R−CO−O−CO−RX′. Il peut être considéré comme issu de l'association formelle de deux groupes acyle par un même oxygène.

L'anhydride comporte deux carbonyles électrophiles. Lors d'une substitution, le groupe partant est un carboxylate relativement stabilisé par mésomérie. Cette stabilité explique pourquoi les anhydrides sont plus réactifs que les esters et les amides.

Halogénures d'acyle

Un halogénure d'acyle porte le groupe R−CO−X\ce{R-CO-X}R−CO−X, où X\ce{X}X représente un halogène. Il se nomme comme un halogénure du groupe acyle.

L'halogène exerce un effet attracteur et stabilise peu le carbonyle par donation électronique. De plus, l'ion halogénure constitue un bon groupe partant. Les halogénures d'acyle sont donc les dérivés carboxyliques usuels les plus réactifs.

Nitriles

Un nitrile contient le groupe R−C≡N\ce{R-C#N}R−C≡N. Son carbone est lié à l'azote par une liaison triple polarisée et se trouve au même degré général d'oxydation que le carbone de certains dérivés carboxyliques.

Le nitrile ne possède toutefois ni carbonyle ni groupe partant directement lié à un carbone acyle. Il ne réagit donc pas selon la substitution nucléophile d'acyle classique. Son hydrolyse conduit successivement à une amide puis à un acide carboxylique, tandis que sa réduction peut conduire à une amine.

Hiérarchie de réactivité

La réaction caractéristique des dérivés carboxyliques carbonylés est la substitution nucléophile d'acyle. Un nucléophile attaque le carbone électrophile du carbonyle, puis un groupe lié à ce carbone est éliminé. Le détail du mécanisme relève de la fiche consacrée à l'addition nucléophile sur le carbonyle.

La réactivité dépend principalement de deux facteurs :

  1. L'électrophilie du carbone carbonylé : elle diminue lorsque le groupe Z\ce{Z}Z lui donne fortement des électrons par mésomérie.
  2. L'aptitude au départ du groupe Z\ce{Z}Z : un groupe partant d'autant mieux que l'espèce obtenue est une base faible et stable.
Comparaison

Réactivité des principaux dérivés carboxyliques

DérivéGroupe lié à l'acyleCause dominante de la réactivité
Halogénure d'acylehalogènetrès bon groupe partant et faible stabilisation mésomère
Anhydridecarboxylategroupe partant stabilisé par mésomérie
Esteralcoolatedonation mésomère de l'oxygène et groupe partant basique
Amideamidureforte donation mésomère de l'azote et très mauvais groupe partant

La réactivité décroît du haut vers le bas pour une substitution nucléophile d'acyle.

La hiérarchie générale est donc :

halogeˊnure d’acyle>anhydride>ester>amide\text{halogénure d'acyle} > \text{anhydride} > \text{ester} > \text{amide}halogeˊnure d’acyle>anhydride>ester>amide

L'acide carboxylique non activé est peu réactif vis-à-vis d'une substitution directe, car le groupe hydroxyle donnerait un ion hydroxyde, mauvais groupe partant. Le carboxylate est encore moins électrophile en raison de sa charge négative délocalisée.

Une transformation allant d'un dérivé plus réactif vers un dérivé moins réactif est généralement favorisée. Le trajet inverse nécessite une activation ou un apport d'énergie.

Attention

Place particulière des nitriles

Un nitrile ne doit pas être inséré directement dans la hiérarchie des substitutions nucléophiles d'acyle : il ne contient pas de groupe carbonyle et suit une réactivité différente.

À retenir

Liaisons du vivant

La liaison ester est relativement réactive et hydrolysable, ce qui convient aux structures lipidiques mobilisables. La liaison amide est fortement stabilisée par mésomérie, ce qui assure la persistance des chaînes peptidiques tout en imposant leur planéité locale.

Points clés
  • Le groupe carboxyle associe un carbonyle et un hydroxyle sur le même carbone
  • L'acidité des acides carboxyliques résulte de la stabilisation mésomère de l'ion carboxylate
  • Les principaux dérivés carbonylés sont les halogénures d'acyle, les anhydrides, les esters et les amides
  • Leur réactivité décroît selon l'ordre halogénure d'acyle, anhydride, ester, amide
  • La liaison ester du vivant est hydrolysable, tandis que la liaison amide est stabilisée, plane et peu réactive
  • Le nitrile est apparenté aux dérivés carboxyliques mais ne subit pas la substitution nucléophile d'acyle classique

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  • Fiche 01Nomenclature systématique des molécules organiquesFonctions chimiques du vivant
  • Fiche 02Reconnaître les grandes fonctions organiques du vivantFonctions chimiques du vivant
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    • 3.1Esters
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