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Sommaire

  • 1Le groupe carbonyle
    • 1.1Polarisation de la liaison
    • 1.2Conséquences physiques
  • 2Aldéhydes et cétones
    • 2.1Différence de réactivité
    • 2.2Comportement à l'oxydation
  • 3Équilibre céto-énolique lock — section verrouillée
  • 4Mise en évidence des fonctions carbonylées lock — section verrouillée
    • 4.1Détection générale par la 2,4-dinitrophénylhydrazine lock — section verrouillée
    • 4.2Tests d'oxydation des aldéhydes lock — section verrouillée
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B1 · Fonctions chimiques du vivant

Aldéhydes et cétones

Décrire le groupe carbonyle, sa polarisation et la différence de réactivité entre aldéhydes et cétones. Présenter l'équilibre céto-énolique et les tests usuels de mise en évidence des fonctions carbonylées.

Chimie générale et organique·schedule6 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Le groupe carbonyle

Définition

Groupe carbonyle

Groupe fonctionnel constitué d'un atome de carbone doublement lié à un atome d'oxygène, représenté par C=O\ce{C=O}C=O.

La double liaison carbonyle comprend une liaison σ\sigmaσ, qui assure l'assemblage des deux atomes, et une liaison π\piπ, plus accessible et donc plus facilement modifiée au cours d'une réaction. Le carbone du carbonyle présente une géométrie trigonale plane : il est entouré de trois directions de liaison formant des angles voisins de 120∘120^\circ120∘.

Le lien entre cette géométrie et l'hybridation sp2sp^2sp2 est développé dans la fiche consacrée à l'hybridation.

Polarisation de la liaison

L'oxygène est plus électronégatif que le carbone : il attire vers lui les électrons de la liaison. La densité électronique n'est donc pas répartie uniformément.

  • l'oxygène porte une charge partielle négative δ−\delta^-δ− ;
  • le carbone porte une charge partielle positive δ+\delta^+δ+ ;
  • la molécule possède un moment dipolaire orienté du pôle positif vers le pôle négatif.

Cette polarisation peut être représentée par deux formes limites : une forme neutre C=O\ce{C=O}C=O et une forme séparée de charges CX+−OX−\ce{C^{+}-O^{-}}CX+−OX−. Ces formes ne correspondent pas à deux molécules distinctes, mais décrivent la répartition réelle des électrons par résonance.

Polarisation et formes limites du groupe carbonyle
Polarisation et formes limites du groupe carbonyle

Le carbone carbonylé est ainsi un site électrophile, c'est-à-dire pauvre en électrons et susceptible d'interagir avec une espèce riche en électrons. L'oxygène est au contraire un site riche en électrons et peut fixer un proton.

À retenir

Conséquence de la polarisation

Dans un groupe carbonyle, le carbone est électrophile et l'oxygène est riche en électrons. Cette dissymétrie explique l'essentiel de la réactivité des aldéhydes et des cétones.

Conséquences physiques

L'oxygène carbonylé peut accepter une liaison hydrogène, mais un aldéhyde ou une cétone ne peut pas en donner en l'absence de liaison O−H\ce{O-H}O−H. Les interactions dipôle-dipôle entre molécules carbonylées sont plus fortes que les interactions entre chaînes hydrocarbonées de taille comparable, mais moins fortes que le réseau de liaisons hydrogène formé entre molécules d'alcool.

Les composés carbonylés de faible masse molaire interagissent également avec l'eau, qui peut leur donner des liaisons hydrogène. Leur solubilité aqueuse diminue lorsque la proportion de chaîne hydrocarbonée hydrophobe augmente.

Aldéhydes et cétones

Définition

Aldéhyde

Composé dans lequel le carbone du groupe carbonyle est lié à au moins un atome d'hydrogène. Sa formule générale s'écrit R−CHO\ce{R-CHO}R−CHO, où RRR représente un groupe carboné.

Définition

Cétone

Composé dans lequel le carbone du groupe carbonyle est lié à deux groupes carbonés. Sa formule générale s'écrit R−CO−RX′\ce{R-CO-R'}R−CO−RX′, où RRR et R′R'R′ représentent des groupes carbonés identiques ou différents.

Le carbonyle d'un aldéhyde est terminal, puisqu'il se situe à l'extrémité de la chaîne carbonée. Celui d'une cétone est interne, puisqu'il est placé entre deux groupes carbonés.

Comparaison

Aldéhydes et cétones

CritèreAldéhydeCétone
Substituants du carbone carbonyléau moins un hydrogènedeux groupes carbonés
Position habituelle du carbonyleextrémité de chaîneintérieur de chaîne
Réactivité envers une espèce riche en électronsgénéralement plus élevéegénéralement plus faible
Oxydation doucefacilegénéralement absente

La nature des substituants du carbone carbonylé commande à la fois son encombrement et sa richesse électronique.

Différence de réactivité

Les aldéhydes sont généralement plus réactifs que les cétones envers les espèces riches en électrons. Deux effets se renforcent.

L'effet électronique résulte des groupes carbonés, qui tendent à repousser de la densité électronique vers le carbone carbonylé. Une cétone possède deux groupes carbonés : la charge partielle positive de son carbone est donc davantage atténuée. Un aldéhyde n'en possède qu'un, ou aucun dans le cas limite, et son carbone reste plus électrophile.

L'effet stérique correspond à la gêne créée par les groupes entourant le site réactionnel. Les deux substituants carbonés d'une cétone rendent l'approche du carbone carbonylé plus difficile. Le groupe hydrogène d'un aldéhyde est beaucoup moins encombrant.

Effets électronique et stérique sur l’approche du carbonyle
Effets électronique et stérique sur l’approche du carbonyle

Les mécanismes d'addition sur le carbonyle relèvent de la fiche consacrée à l'addition nucléophile ; ici, il faut retenir que la polarisation du groupe et l'encombrement de ses substituants déterminent la vitesse de cette réaction.

Comportement à l'oxydation

Un aldéhyde peut être oxydé en acide carboxylique ou en ion carboxylate selon le milieu. Cette transformation conserve l'enchaînement carboné et remplace fonctionnellement l'hydrogène porté par le carbone carbonylé.

Une cétone résiste aux oxydants doux. Son oxydation exige généralement des conditions plus fortes et peut nécessiter la rupture d'une liaison carbone-carbone. Cette différence fonde plusieurs tests de distinction entre aldéhydes et cétones.

Attention

Carbonyle ne signifie pas aldéhyde

Les aldéhydes et les cétones contiennent tous deux un groupe C=O\ce{C=O}C=O. La présence du carbonyle ne suffit donc pas à les distinguer : il faut déterminer si le carbone carbonylé porte un hydrogène ou deux groupes carbonés.

Équilibre céto-énolique

Définition

Tautomères

Isomères de constitution capables de s'interconvertir par déplacement d'un proton et d'une double liaison. Leur transformation est un équilibre chimique et non une simple résonance.

Définition

Énol

Composé possédant un groupe hydroxyle O−H\ce{O-H}O−H directement lié à un carbone engagé dans une double liaison carbone-carbone.

Le carbone directement voisin du carbonyle est appelé carbone en position α\alphaα. Un hydrogène fixé sur ce carbone est un hydrogène en position α\alphaα. Sa présence permet l'interconversion entre une forme carbonylée, dite forme cétonique au sens de la tautomérie, et une forme énolique.

Formule

Équilibre céto-énolique

O=C(R)−C(RX′)(RX′′)H⇌HO−C(R)=C(RX′)(RX′′)\ce{O=C(R)-C(R')(R'')H <=> HO-C(R)=C(R')(R'')}O=C(R)−C(RX′)(RX′′)H​HO−C(R)=C(RX′)(RX′′)
  • RRR : hydrogène ou groupe carboné porté par le carbone initialement carbonylé
  • R′R'R′ et R′′R''R′′ : hydrogènes ou groupes carbonés portés par le carbone en position α\alphaα
  • ⇌\ce{<=>}​ : équilibre réversible entre les deux tautomères

L'interconversion nécessite le transfert d'un proton et le déplacement de la liaison π\piπ. Elle est accélérée par une catalyse acide ou basique. Le catalyseur augmente la vitesse d'établissement de l'équilibre, mais n'en modifie pas la position.

Interconversion céto-énolique de l’acétone
Interconversion céto-énolique de l’acétone

Dans la majorité des situations, la forme carbonylée prédomine parce que la liaison C=O\ce{C=O}C=O est particulièrement stable. La proportion d'énol augmente lorsque celui-ci bénéficie d'une stabilisation supplémentaire, notamment par conjugaison, délocalisation électronique ou liaison hydrogène intramoléculaire.

En l'absence d'hydrogène en position α\alphaα, l'énolisation ne peut pas se produire à la position considérée.

Attention

Tautomérie et résonance

Les formes cétonique et énolique sont deux molécules distinctes en équilibre : un proton et une double liaison changent de position. Les formes limites de résonance du carbonyle, elles, ne diffèrent que par la répartition des électrons.

Mise en évidence des fonctions carbonylées

Détection générale par la 2,4-dinitrophénylhydrazine

La 2,4-dinitrophénylhydrazine, ou 2,4-DNPH, réagit avec les aldéhydes et les cétones pour former une hydrazone, généralement observée sous la forme d'un précipité jaune à orangé. La réaction élimine une molécule d'eau : il s'agit d'une condensation.

Un résultat positif met en évidence un carbonyle d'aldéhyde ou de cétone, mais ne permet pas de choisir entre ces deux fonctions. Un second test sélectif est donc nécessaire.

Tests d'oxydation des aldéhydes

Le réactif de Tollens contient l'ion diamminargent [Ag(NHX3)X2]X+\ce{[Ag(NH3)2]+}[Ag(NHX3​)X2​]X+. Un aldéhyde réduit l'argent à l'état métallique tout en étant oxydé en carboxylate. Le dépôt d'argent constitue le signal positif. Les cétones ordinaires ne donnent pas cette réaction.

La liqueur de Fehling contient des ions cuivre CuX2+\ce{Cu^{2+}}CuX2+ complexés en milieu alcalin. En présence de nombreux aldéhydes réducteurs, ils sont transformés en oxyde cuivreux CuX2O\ce{Cu2O}CuX2​O, qui forme un précipité rouge brique. La portée du test dépend toutefois de la structure de l'aldéhyde et des conditions expérimentales.

Le réactif de Schiff devient rose à violet en présence d'un aldéhyde. Les cétones répondent généralement beaucoup plus lentement ou restent négatives dans les conditions usuelles.

Comparaison

Principaux tests des aldéhydes et des cétones

Critère2,4-DNPHTollensFehling
Signal positifprécipité jaune à orangédépôt d'argent métalliqueprécipité rouge brique de CuX2O\ce{Cu2O}CuX2​O
Fonction principalement détectéealdéhyde ou cétonealdéhydenombreux aldéhydes réducteurs
Principe chimiqueformation d'une hydrazoneréduction de AgX+\ce{Ag+}AgX+réduction de CuX2+\ce{Cu^{2+}}CuX2+
Pouvoir discriminantne distingue pas les deux fonctionsdistingue généralement l'aldéhydedistingue sous réserve du domaine de validité

Le test à l'iodoforme ne détecte pas toutes les cétones. Il révèle sélectivement le motif méthylcétone CHX3−CO−R\ce{CH3-CO-R}CHX3​−CO−R par formation d'un précipité jaune d'iodoforme CHIX3\ce{CHI3}CHIX3​. Un résultat négatif n'exclut donc pas la présence d'une cétone.

Méthode

Identifier une fonction aldéhyde ou cétone

  1. Rechercher un carbonyle d'aldéhyde ou de cétone avec la 2,4-DNPH
  2. Si le test est positif, employer un test d'oxydation sélectif des aldéhydes
  3. Conclure à un aldéhyde si le test sélectif est positif
  4. Envisager une cétone si le test général est positif et le test des aldéhydes négatif
  5. Vérifier les limites de sensibilité et de sélectivité propres à chaque réactif
À retenir

Interprétation des tests

La 2,4-DNPH détecte aldéhydes et cétones sans les distinguer. Tollens, Fehling et Schiff reposent sur la plus grande facilité d'oxydation des aldéhydes.

Points clés
  • Le groupe carbonyle C=O\ce{C=O}C=O est plan et polarisé, avec un carbone δ+\delta^+δ+ électrophile et un oxygène δ−\delta^-δ−
  • Un aldéhyde porte au moins un hydrogène sur le carbone carbonylé, tandis qu'une cétone porte deux groupes carbonés
  • Les aldéhydes sont généralement plus réactifs que les cétones en raison d'effets électroniques et stériques
  • La tautomérie céto-énolique exige un hydrogène en position α\alphaα et déplace à la fois un proton et une double liaison
  • La 2,4-DNPH détecte les deux fonctions, alors que les tests d'oxydation identifient préférentiellement les aldéhydes

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Fonctions chimiques du vivant.

  • Fiche 01Nomenclature systématique des molécules organiquesFonctions chimiques du vivant
  • Fiche 02Reconnaître les grandes fonctions organiques du vivantFonctions chimiques du vivant
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    • 1.2Conséquences physiques
  • 2Aldéhydes et cétones
    • 2.1Différence de réactivité
    • 2.2Comportement à l'oxydation
  • 3Équilibre céto-énolique lock — section verrouillée
  • 4Mise en évidence des fonctions carbonylées lock — section verrouillée
    • 4.1Détection générale par la 2,4-dinitrophénylhydrazine lock — section verrouillée
    • 4.2Tests d'oxydation des aldéhydes lock — section verrouillée