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Sommaire

  • 1Identifier la structure des données
  • 2Comparer deux moyennes indépendantes
    • 2.1Variances supposées égales
    • 2.2Variances non supposées égales
  • 3Vérifier l’égalité des variances
  • 4Comparer deux moyennes appariées lock — section verrouillée
  • 5Dimensionner l’échantillon lock — section verrouillée
    • 5.1Deux groupes indépendants équilibrés lock — section verrouillée
    • 5.2Données appariées lock — section verrouillée
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B10 · Tests d'hypothèses

Comparaison de deux moyennes : échantillons indépendants et appariés

Distinguer les situations d'échantillons indépendants et de données appariées et adapter la statistique de test. Vérifier l'égalité des variances et dimensionner un échantillon pour une différence attendue.

Biostatistiques et méthodes d'analyse·schedule7 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Identifier la structure des données

Comparer deux moyennes consiste à étudier une différence entre deux paramètres de population, notés μ1\mu_1μ1​ et μ2\mu_2μ2​. Les hypothèses sont généralement formulées sur leur différence :

  • hypothèse nulle : H0:μ1−μ2=0H_0 : \mu_1-\mu_2=0H0​:μ1​−μ2​=0 ;
  • hypothèse alternative bilatérale : H1:μ1−μ2≠0H_1 : \mu_1-\mu_2\neq 0H1​:μ1​−μ2​=0.

Les principes généraux des tests, les risques α\alphaα et β\betaβ, la puissance et la valeur ppp sont traités dans les fiches précédentes du sous-bloc.

Le choix de la statistique ne dépend pas seulement du nombre de groupes : il dépend surtout de la manière dont les observations des deux groupes sont reliées.

Définition

Échantillons indépendants

Deux échantillons sont indépendants lorsque l'observation d'une unité dans le premier échantillon n'apporte aucune information sur une observation du second. Les unités statistiques des deux groupes sont distinctes et sans association individuelle.

Définition

Données appariées

Des données sont appariées lorsque chaque observation du premier ensemble est associée à une et une seule observation du second selon un lien défini par le protocole. Les deux mesures d'une même paire ne sont donc pas indépendantes.

L'appariement peut provenir de mesures répétées sur une même unité ou de la constitution volontaire de paires comparables. Dans les deux cas, l’unité statistique pertinente devient la paire, et non chaque mesure isolée.

Comparaison

Échantillons indépendants et données appariées

CritèreÉchantillons indépendantsDonnées appariées
Unités comparéesunités distinctes dans les deux groupesdeux mesures associées dans chaque paire
Indépendanceentre toutes les unitésentre les paires, mais pas au sein d'une paire
Variable analyséevaleurs observées dans chaque groupedifférence calculée dans chaque paire
Effectif pertinentn1n_1n1​ et n2n_2n2​nombre de paires complètes nnn
Variabilité utiliséevariances des deux groupesvariance des différences
Attention

L'appariement est défini par le protocole

Deux groupes de même effectif ne sont pas nécessairement appariés. Inversement, des mesures appariées ne doivent jamais être analysées comme si elles étaient indépendantes, car cela ignore leur corrélation.

Comparer deux moyennes indépendantes

On note X‾1\overline X_1X1​ et X‾2\overline X_2X2​ les moyennes observées, S12S_1^2S12​ et S22S_2^2S22​ les variances estimées, et n1n_1n1​ et n2n_2n2​ les effectifs des deux échantillons. Sous H0H_0H0​, la différence X‾1−X‾2\overline X_1-\overline X_2X1​−X2​ est centrée sur zéro.

L’analyse suppose :

  • l’indépendance des unités statistiques ;
  • une variable quantitative ;
  • une distribution approximativement normale dans chaque population, surtout lorsque les effectifs sont faibles ;
  • l’absence de valeurs extrêmes capables de dominer les moyennes et les variances.

Pour de grands effectifs, l’approximation normale de la moyenne rend le test plus robuste à une normalité imparfaite.

Variances supposées égales

Définition

Homoscédasticité

L’homoscédasticité est l’égalité des variances des deux populations : σ12=σ22\sigma_1^2=\sigma_2^2σ12​=σ22​, où σ12\sigma_1^2σ12​ et σ22\sigma_2^2σ22​ sont les variances populationnelles.

Lorsque cette hypothèse est raisonnable, les deux variances observées sont combinées en une variance commune estimée, appelée variance groupée.

Formule

Test de Student pour deux échantillons indépendants homoscédastiques

Sp2=(n1−1)S12+(n2−1)S22n1+n2−2t=X‾1−X‾2Sp1n1+1n2ν=n1+n2−2S_p^2= \frac{(n_1-1)S_1^2+(n_2-1)S_2^2} {n_1+n_2-2} \qquad t= \frac{\overline X_1-\overline X_2} {S_p\sqrt{\frac{1}{n_1}+\frac{1}{n_2}}} \qquad \nu=n_1+n_2-2Sp2​=n1​+n2​−2(n1​−1)S12​+(n2​−1)S22​​t=Sp​n1​1​+n2​1​​X1​−X2​​ν=n1​+n2​−2
  • Sp2S_p^2Sp2​ : estimation groupée de la variance commune
  • SpS_pSp​ : racine carrée de la variance groupée
  • S12S_1^2S12​, S22S_2^2S22​ : variances estimées dans les deux échantillons
  • X‾1\overline X_1X1​, X‾2\overline X_2X2​ : moyennes observées
  • n1n_1n1​, n2n_2n2​ : effectifs des deux échantillons
  • ttt : statistique de test
  • ν\nuν : nombre de degrés de liberté
Exemple

Appliquer le test de Student à variance groupée

Deux groupes indépendants de 202020 patients ont une concentration moyenne d'hémoglobine de 130 g/L\pu{130 g/L}130 g/L et de 122 g/L\pu{122 g/L}122 g/L. Les variances estimées sont identiques, égales à 100100100 g²/L² dans chaque groupe.

  • Variance groupée : Sp2=19×100+19×10038=100S_p^2=\frac{19\times 100+19\times 100}{38}=100Sp2​=3819×100+19×100​=100, donc Sp=10 g/LS_p=\pu{10 g/L}Sp​=10 g/L.
  • Erreur standard de la différence : 10 g/L×120+120=3 ,16 g / L\pu{10 g/L}\times\sqrt{\frac{1}{20}+\frac{1}{20}}=\pu{3{,}16 g/L}10 g/L×201​+201​​=3 ,16g/L.
  • Statistique de test : t=130−1223,16=2,53t=\frac{130-122}{3{,}16}=2{,}53t=3,16130−122​=2,53.
  • Degrés de liberté : ν=20+20−2=38\nu=20+20-2=38ν=20+20−2=38.

Pour un test bilatéral au risque de 5%5\%5%, la valeur critique est environ 2,022{,}022,02. Comme 2,53>2,022{,}53>2{,}022,53>2,02, l'hypothèse d'une différence moyenne nulle est rejetée. La différence observée est de 8 g/L\pu{8 g/L}8 g/L entre les deux groupes.

Sous H0H_0H0​ et sous les conditions du test, ttt suit une loi de Student à ν\nuν degrés de liberté.

Variances non supposées égales

Lorsque l’homoscédasticité n’est pas défendable, il faut employer le test de Welch. Celui-ci conserve séparément les estimations des deux variances.

Formule

Statistique du test de Welch

tW=X‾1−X‾2S12n1+S22n2t_W= \frac{\overline X_1-\overline X_2} {\sqrt{\frac{S_1^2}{n_1}+\frac{S_2^2}{n_2}}}tW​=n1​S12​​+n2​S22​​​X1​−X2​​
  • tWt_WtW​ : statistique de Welch
  • X‾1\overline X_1X1​, X‾2\overline X_2X2​ : moyennes observées
  • S12S_1^2S12​, S22S_2^2S22​ : variances estimées dans les deux échantillons
  • n1n_1n1​, n2n_2n2​ : effectifs des deux échantillons

Ses degrés de liberté sont approchés par la relation de Welch-Satterthwaite et peuvent ne pas être entiers. Le test de Welch reste généralement valable lorsque les variances sont égales, tandis que le test avec variance groupée peut être incorrect en cas d’hétéroscédasticité marquée, surtout si les effectifs sont déséquilibrés.

Vérifier l’égalité des variances

L’égalité des variances est une hypothèse portant sur les populations, non sur l’égalité exacte de S12S_1^2S12​ et S22S_2^2S22​. Deux variances observées diffèrent presque toujours en raison des fluctuations d’échantillonnage.

La vérification repose sur plusieurs éléments :

  1. Examiner si le protocole rend plausible une variabilité comparable dans les deux groupes.
  2. Comparer les dispersions observées et rechercher une forte dissymétrie ou des valeurs extrêmes.
  3. Tenir compte du rapport entre les effectifs : une inégalité de variance est plus problématique lorsque le groupe le moins nombreux est aussi le plus variable.
  4. Si un test formel des variances est demandé, appliquer la procédure étudiée dans la fiche « Comparaison de variances ».
  5. En cas de doute, privilégier le test de Welch plutôt que d’imposer une variance commune.
Attention

Un test non significatif ne prouve pas l'égalité

Ne pas rejeter l’égalité des variances ne démontre pas qu’elles sont égales : le test peut manquer de puissance. La décision doit également prendre en compte le protocole, les dispersions et les effectifs.

Comparer deux moyennes appariées

Pour chaque paire iii, on calcule une différence Di=X1i−X2iD_i=X_{1i}-X_{2i}Di​=X1i​−X2i​. La comparaison de deux moyennes appariées devient alors un test portant sur la moyenne μD\mu_DμD​ de ces différences :

H0:μD=0.H_0:\mu_D=0.H0​:μD​=0.

Le choix du sens de soustraction ne modifie pas la conclusion d’un test bilatéral, mais il détermine le signe de l’effet estimé.

Formule

Test de Student pour données appariées

D‾=1n∑i=1nDit=D‾SD/nν=n−1\overline D=\frac{1}{n}\sum_{i=1}^{n}D_i \qquad t= \frac{\overline D} {S_D/\sqrt n} \qquad \nu=n-1D=n1​i=1∑n​Di​t=SD​/n​D​ν=n−1
  • DiD_iDi​ : différence observée dans la paire iii
  • iii : indice de la paire
  • D‾\overline DD : moyenne des différences
  • nnn : nombre de paires complètes
  • SDS_DSD​ : écart-type estimé des différences
  • ttt : statistique de test
  • ν\nuν : nombre de degrés de liberté

Les conditions portent donc sur la distribution des différences, et non séparément sur les deux séries de mesures. Les paires doivent être indépendantes les unes des autres. Une différence ne peut être calculée que pour une paire complète.

L’appariement est efficace lorsque les deux mesures d’une paire sont positivement corrélées : la variabilité individuelle commune se retranche, ce qui réduit SDS_DSD​ et augmente la précision.

À retenir

Pour des données appariées, on teste la moyenne des différences avec leur écart-type. On n’utilise ni la variance groupée ni le test de Welch pour échantillons indépendants.

Dimensionner l’échantillon

Le calcul d’effectif doit être réalisé avant le recueil des données. Il dépend de la différence minimale attendue ou jugée pertinente, de la variabilité anticipée, du risque de première espèce α\alphaα et de la puissance 1−β1-\beta1−β.

Deux groupes indépendants équilibrés

Sous une approximation normale, avec des groupes de même effectif et une variance commune anticipée :

Formule

Effectif par groupe pour une comparaison bilatérale

n≃2σ2(z1−α/2+z1−β)2δ2n\simeq \frac{2\sigma^2 \left(z_{1-\alpha/2}+z_{1-\beta}\right)^2} {\delta^2}n≃δ22σ2(z1−α/2​+z1−β​)2​
  • nnn : effectif requis dans chaque groupe
  • σ2\sigma^2σ2 : variance commune anticipée
  • δ\deltaδ : différence entre moyennes que l’étude doit pouvoir détecter
  • α\alphaα : risque de première espèce bilatéral
  • β\betaβ : risque de deuxième espèce
  • z1−α/2z_{1-\alpha/2}z1−α/2​ : quantile d’ordre 1−α/21-\alpha/21−α/2 de la loi normale centrée réduite
  • z1−βz_{1-\beta}z1−β​ : quantile d’ordre 1−β1-\beta1−β de la loi normale centrée réduite

L’effectif augmente lorsque la variabilité augmente, lorsque la différence recherchée diminue, ou lorsque l’on exige une puissance plus élevée et un risque α\alphaα plus faible.

Données appariées

Formule

Nombre de paires pour une comparaison bilatérale

n≃σD2(z1−α/2+z1−β)2δ2n\simeq \frac{\sigma_D^2 \left(z_{1-\alpha/2}+z_{1-\beta}\right)^2} {\delta^2}n≃δ2σD2​(z1−α/2​+z1−β​)2​
  • nnn : nombre requis de paires complètes
  • σD2\sigma_D^2σD2​ : variance anticipée des différences intra-paire
  • δ\deltaδ : différence moyenne que l’étude doit pouvoir détecter
  • α\alphaα : risque de première espèce bilatéral
  • β\betaβ : risque de deuxième espèce
  • z1−α/2z_{1-\alpha/2}z1−α/2​ : quantile normal associé au risque bilatéral
  • z1−βz_{1-\beta}z1−β​ : quantile normal associé à la puissance
Exemple

Dimensionner une étude appariée

Une étude appariée doit détecter une diminution moyenne de 3 points\pu{3 points}3 points sur une échelle clinique. Les données antérieures anticipent un écart-type des différences de 5 points\pu{5 points}5 points, donc σD2=25\sigma_D^2=25σD2​=25. Le risque bilatéral est fixé à α=0,05\alpha=0{,}05α=0,05 et la puissance à 80%80\%80%, avec z1−α/2=1,96z_{1-\alpha/2}=1{,}96z1−α/2​=1,96 et z1−β=0,84z_{1-\beta}=0{,}84z1−β​=0,84.

n≃25(1,96+0,84)232=25×2,8029=21,78n\simeq\frac{25\left(1{,}96+0{,}84\right)^2}{3^2} =\frac{25\times 2{,}80^2}{9} =21{,}78n≃3225(1,96+0,84)2​=925×2,802​=21,78

L'arrondi à l'entier supérieur conduit à 222222 paires complètes. En anticipant 10%10\%10% de paires incomplètes, il faut prévoir 220,90=24,44\frac{22}{0{,}90}=24{,}440,9022​=24,44, soit 252525 paires au départ. L'étude doit donc inclure 252525 paires afin de disposer d'environ 222222 paires complètes analysables.

Le résultat doit être arrondi à l’entier supérieur puis majoré pour anticiper les observations manquantes. Dans une étude appariée, cette majoration concerne les paires complètes, car la perte d’une mesure peut rendre toute la paire inutilisable.

Méthode

Choisir la procédure de comparaison

  1. Identifier si les observations des deux séries sont indépendantes ou reliées par paires
  2. Vérifier l’indépendance entre les unités ou entre les paires
  3. Pour deux échantillons indépendants, apprécier la normalité et l’égalité des variances
  4. Utiliser le test avec variance groupée si l’homoscédasticité est justifiée, sinon le test de Welch
  5. Pour des données appariées, calculer les différences et tester leur moyenne
  6. Dimensionner l’étude à partir de la différence recherchée, de la variance pertinente, de α\alphaα et de la puissance
Points clés
  • Des échantillons indépendants reposent sur des unités distinctes ; des données appariées reposent sur des couples de mesures liées.
  • Le test de Student avec variance groupée suppose l’égalité des variances populationnelles.
  • Le test de Welch est adapté aux échantillons indépendants lorsque les variances ne sont pas supposées égales.
  • Le test apparié analyse la moyenne et l’écart-type des différences intra-paire.
  • L’effectif requis augmente avec la variance et diminue lorsque la différence détectable augmente.
  • Le dimensionnement d’une étude appariée utilise la variance des différences, non les variances séparées des deux séries.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Tests d'hypothèses.

  • Fiche 01Principe d'un test statistique : hypothèses, risques et puissanceTests d'hypothèses
  • Fiche 02Statistique de test, région de rejet et p-valueTests d'hypothèses
  • Fiche 03Comparaison d'une moyenne à une valeur de référenceTests d'hypothèses
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    • 5.1Deux groupes indépendants équilibrés lock — section verrouillée
    • 5.2Données appariées lock — section verrouillée