B10 · Statistiques descriptives
Distributions à deux dimensions, covariance et corrélation
Décrire une distribution bivariée par ses lois marginales et conditionnelles et tester l'indépendance des caractères. Calculer covariance et coefficient de corrélation linéaire et interpréter leur signe et leur intensité.
Biostatistiques et méthodes d'analyse6 min de lecture15 QCM corrigés
Organiser une distribution à deux dimensions
Une distribution à deux dimensions, ou distribution bivariée, décrit simultanément deux variables observées sur les mêmes unités statistiques. Chaque unité fournit donc un couple de valeurs, noté pour deux variables quantitatives, où désigne l’unité observée.
Pour des variables discrètes ou qualitatives, la distribution conjointe est organisée dans un tableau de contingence. Les lignes correspondent aux modalités de , les colonnes à celles de , et chaque cellule contient un effectif conjoint.
On note :
- l’effectif total ;
- l’effectif possédant simultanément la modalité de et la modalité de ;
- le total de la ligne ;
- le total de la colonne .
La somme de tous les effectifs conjoints vaut , tandis que la somme de toutes les fréquences conjointes vaut .
Lois marginales
La distribution marginale de est obtenue en totalisant chaque ligne. Celle de est obtenue en totalisant chaque colonne. Elle décrit chaque variable séparément et ne conserve donc aucune information sur leur association.
Les moyennes et les variances de et de sont calculées à partir de leurs distributions marginales respectives. Leur définition détaillée relève de la fiche consacrée aux indices de position et de dispersion.
Distributions conditionnelles
La fréquence conditionnelle se calcule en divisant l’effectif de chaque cellule par l’effectif total de la ligne correspondante.
Pour une ligne donnée, la somme des fréquences sur toutes les modalités de vaut . De même, pour une colonne donnée, la somme des fréquences vaut .
Indépendance de deux caractères
Dans une distribution observée, l’indépendance signifie que toutes les distributions conditionnelles de sont identiques à sa distribution marginale. De manière équivalente, chaque fréquence conjointe est le produit des deux fréquences marginales correspondantes.
Dans un échantillon, de petits écarts peuvent résulter des fluctuations d’échantillonnage. Le test inférentiel du khi-deux, traité dans le sous-bloc consacré aux tests d’hypothèses, permet d’évaluer si ces écarts sont compatibles avec l’indépendance dans la population.
Covariance de deux variables quantitatives
Lorsque et sont quantitatives, leur variation conjointe peut être résumée par la covariance.
Le signe provient du produit des écarts :
- une covariance positive indique que les écarts à la moyenne ont tendance à être de même signe ;
- une covariance négative indique qu’ils ont tendance à être de signes opposés ;
- une covariance nulle indique l’absence de liaison linéaire mise en évidence par cette mesure.
L’intensité brute de la covariance est difficile à interpréter, car elle dépend des unités de et de . Elle s’exprime dans le produit de ces unités.
Coefficient de corrélation linéaire
Le coefficient est défini seulement si les deux écarts-types sont non nuls. Il vérifie toujours .
La force de la liaison dépend donc de , tandis que son sens dépend du signe de . Il n’existe pas de seuil universel séparant une corrélation faible d’une corrélation forte : l’interprétation dépend du contexte et de la variabilité des mesures.
Le coefficient est sensible aux observations très éloignées du reste de la distribution. Son interprétation doit donc rester associée à l’examen de la distribution conjointe, dont la représentation graphique est traitée dans la fiche correspondante.
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