homecarab1.fr
Biostatistiques et méthodes d'analysechevron_rightStatistiques descriptiveschevron_rightDistributions à deux dimensions, covariance et corrélation
stylus_noteS'entraînerS'entraînerarrow_backarrow_forward

Sommaire

  • 1Organiser une distribution à deux dimensions
  • 2Lois marginales
  • 3Distributions conditionnelles
  • 4Indépendance de deux caractères
  • 5Covariance de deux variables quantitatives lock — section verrouillée
  • 6Coefficient de corrélation linéaire lock — section verrouillée
  1. Accueilchevron_right
  2. Ficheschevron_right
  3. Biostatistiques et méthodes d'analysechevron_right
  4. Statistiques descriptiveschevron_right
  5. Distributions à deux dimensions, covariance et corrélation

B10 · Statistiques descriptives

Distributions à deux dimensions, covariance et corrélation

Décrire une distribution bivariée par ses lois marginales et conditionnelles et tester l'indépendance des caractères. Calculer covariance et coefficient de corrélation linéaire et interpréter leur signe et leur intensité.

Biostatistiques et méthodes d'analyse·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Organiser une distribution à deux dimensions

Une distribution à deux dimensions, ou distribution bivariée, décrit simultanément deux variables observées sur les mêmes unités statistiques. Chaque unité fournit donc un couple de valeurs, noté (xi,yi)(x_i,y_i)(xi​,yi​) pour deux variables quantitatives, où iii désigne l’unité observée.

Définition

Distribution conjointe

Répartition simultanée des observations selon les valeurs ou les modalités de deux variables XXX et YYY. Elle indique la fréquence de chaque association possible entre une valeur de XXX et une valeur de YYY.

Pour des variables discrètes ou qualitatives, la distribution conjointe est organisée dans un tableau de contingence. Les lignes correspondent aux modalités de XXX, les colonnes à celles de YYY, et chaque cellule contient un effectif conjoint.

On note :

  • nnn l’effectif total ;
  • nijn_{ij}nij​ l’effectif possédant simultanément la modalité iii de XXX et la modalité jjj de YYY ;
  • ni⋅n_{i\cdot}ni⋅​ le total de la ligne iii ;
  • n⋅jn_{\cdot j}n⋅j​ le total de la colonne jjj.
Formule

Effectifs et fréquences conjoints

ni⋅=∑jnij,n⋅j=∑inij,fij=nijnn_{i\cdot}=\sum_j n_{ij}, \qquad n_{\cdot j}=\sum_i n_{ij}, \qquad f_{ij}=\frac{n_{ij}}{n}ni⋅​=j∑​nij​,n⋅j​=i∑​nij​,fij​=nnij​​
  • nijn_{ij}nij​ : effectif conjoint de la cellule située à la ligne iii et à la colonne jjj
  • ni⋅n_{i\cdot}ni⋅​ : effectif marginal de la ligne iii
  • n⋅jn_{\cdot j}n⋅j​ : effectif marginal de la colonne jjj
  • nnn : effectif total
  • fijf_{ij}fij​ : fréquence conjointe de la cellule (i,j)(i,j)(i,j)
  • iii : indice d’une modalité de XXX
  • jjj : indice d’une modalité de YYY

La somme de tous les effectifs conjoints vaut nnn, tandis que la somme de toutes les fréquences conjointes vaut 111.

Lois marginales

Définition

Distribution marginale

Distribution d’une seule variable obtenue en additionnant les effectifs ou les fréquences conjointes sur toutes les modalités de l’autre variable.

La distribution marginale de XXX est obtenue en totalisant chaque ligne. Celle de YYY est obtenue en totalisant chaque colonne. Elle décrit chaque variable séparément et ne conserve donc aucune information sur leur association.

Formule

Fréquences marginales

fi⋅=∑jfij=ni⋅n,f⋅j=∑ifij=n⋅jnf_{i\cdot}=\sum_j f_{ij}=\frac{n_{i\cdot}}{n}, \qquad f_{\cdot j}=\sum_i f_{ij}=\frac{n_{\cdot j}}{n}fi⋅​=j∑​fij​=nni⋅​​,f⋅j​=i∑​fij​=nn⋅j​​
  • fijf_{ij}fij​ : fréquence conjointe de la cellule (i,j)(i,j)(i,j)
  • fi⋅f_{i\cdot}fi⋅​ : fréquence marginale de la modalité iii de XXX
  • f⋅jf_{\cdot j}f⋅j​ : fréquence marginale de la modalité jjj de YYY
  • ni⋅n_{i\cdot}ni⋅​ : effectif marginal de la modalité iii de XXX
  • n⋅jn_{\cdot j}n⋅j​ : effectif marginal de la modalité jjj de YYY
  • nnn : effectif total
  • iii : indice d’une modalité de XXX
  • jjj : indice d’une modalité de YYY

Les moyennes et les variances de XXX et de YYY sont calculées à partir de leurs distributions marginales respectives. Leur définition détaillée relève de la fiche consacrée aux indices de position et de dispersion.

Distributions conditionnelles

Définition

Distribution conditionnelle de YYY sachant X=iX=iX=i

Répartition de YYY limitée aux unités pour lesquelles XXX possède la modalité iii. Elle décrit donc YYY à l’intérieur d’une sous-population définie par XXX.

La fréquence conditionnelle se calcule en divisant l’effectif de chaque cellule par l’effectif total de la ligne correspondante.

Formule

Fréquences conditionnelles

fj∣i=nijni⋅=fijfi⋅,fi∣j=nijn⋅j=fijf⋅jf_{j\mid i}=\frac{n_{ij}}{n_{i\cdot}} =\frac{f_{ij}}{f_{i\cdot}}, \qquad f_{i\mid j}=\frac{n_{ij}}{n_{\cdot j}} =\frac{f_{ij}}{f_{\cdot j}}fj∣i​=ni⋅​nij​​=fi⋅​fij​​,fi∣j​=n⋅j​nij​​=f⋅j​fij​​
  • fj∣if_{j\mid i}fj∣i​ : fréquence de la modalité jjj de YYY sachant que X=iX=iX=i
  • fi∣jf_{i\mid j}fi∣j​ : fréquence de la modalité iii de XXX sachant que Y=jY=jY=j
  • nijn_{ij}nij​ : effectif conjoint des modalités iii et jjj
  • ni⋅n_{i\cdot}ni⋅​ : effectif marginal de la modalité iii de XXX
  • n⋅jn_{\cdot j}n⋅j​ : effectif marginal de la modalité jjj de YYY
  • fijf_{ij}fij​ : fréquence conjointe des modalités iii et jjj
  • fi⋅f_{i\cdot}fi⋅​ : fréquence marginale de la modalité iii de XXX
  • f⋅jf_{\cdot j}f⋅j​ : fréquence marginale de la modalité jjj de YYY
  • iii : indice d’une modalité de XXX
  • jjj : indice d’une modalité de YYY

Pour une ligne donnée, la somme des fréquences fj∣if_{j\mid i}fj∣i​ sur toutes les modalités de YYY vaut 111. De même, pour une colonne donnée, la somme des fréquences fi∣jf_{i\mid j}fi∣j​ vaut 111.

Attention

Le conditionnement n’est pas symétrique

La distribution de YYY sachant X=iX=iX=i et celle de XXX sachant Y=jY=jY=j n’ont pas le même dénominateur. Une fréquence en ligne ne doit donc pas être confondue avec une fréquence en colonne.

Indépendance de deux caractères

Définition

Indépendance

Deux variables XXX et YYY sont indépendantes lorsque la connaissance de la valeur de l’une ne modifie pas la distribution de l’autre.

Dans une distribution observée, l’indépendance signifie que toutes les distributions conditionnelles de YYY sont identiques à sa distribution marginale. De manière équivalente, chaque fréquence conjointe est le produit des deux fréquences marginales correspondantes.

Exemple

Vérifier l’indépendance à partir des fréquences

Dans une population de 100100100 personnes, la variable XXX possède deux modalités, AAA et BBB, avec 505050 personnes dans chaque modalité. La variable YYY possède les modalités « oui » et « non ».

  • Parmi les personnes de modalité AAA, 202020 répondent « oui » et 303030 répondent « non ».
  • Parmi les personnes de modalité BBB, 202020 répondent « oui » et 303030 répondent « non ».

Les fréquences marginales sont :

fA⋅=fB⋅=50100=0,5etf⋅oui=40100=0,4f_{A\cdot}=f_{B\cdot}=\frac{50}{100}=0{,}5 \qquad\text{et}\qquad f_{\cdot \mathrm{oui}}=\frac{40}{100}=0{,}4fA⋅​=fB⋅​=10050​=0,5etf⋅oui​=10040​=0,4

Pour la cellule associant AAA et « oui » :

fA,oui=20100=0,2=0,5×0,4=fA⋅f⋅ouif_{A,\mathrm{oui}}=\frac{20}{100}=0{,}2 =0{,}5\times 0{,}4 =f_{A\cdot}f_{\cdot \mathrm{oui}}fA,oui​=10020​=0,2=0,5×0,4=fA⋅​f⋅oui​

De même, les cellules associant AAA ou BBB à « non » ont une fréquence de 0,30{,}30,3, égale à 0,5×0,60{,}5\times 0{,}60,5×0,6. Toutes les fréquences conjointes sont donc égales au produit des fréquences marginales correspondantes : les variables XXX et YYY sont descriptivement indépendantes dans cette population.

Formule

Critères descriptifs d’indépendance

fj∣i=f⋅j⟺fij=fi⋅f⋅jf_{j\mid i}=f_{\cdot j} \qquad\Longleftrightarrow\qquad f_{ij}=f_{i\cdot}f_{\cdot j}fj∣i​=f⋅j​⟺fij​=fi⋅​f⋅j​
  • fj∣if_{j\mid i}fj∣i​ : fréquence conditionnelle de la modalité jjj de YYY sachant X=iX=iX=i
  • f⋅jf_{\cdot j}f⋅j​ : fréquence marginale de la modalité jjj de YYY
  • fijf_{ij}fij​ : fréquence conjointe des modalités iii et jjj
  • fi⋅f_{i\cdot}fi⋅​ : fréquence marginale de la modalité iii de XXX
  • iii : indice d’une modalité de XXX
  • jjj : indice d’une modalité de YYY
Méthode

Étudier descriptivement l’indépendance

  1. Construire la distribution conjointe des deux variables
  2. Calculer les fréquences marginales
  3. Calculer les fréquences conditionnelles avec le dénominateur adapté
  4. Comparer chaque distribution conditionnelle à la distribution marginale correspondante
  5. Conclure à une indépendance descriptive seulement si les égalités sont vérifiées

Dans un échantillon, de petits écarts peuvent résulter des fluctuations d’échantillonnage. Le test inférentiel du khi-deux, traité dans le sous-bloc consacré aux tests d’hypothèses, permet d’évaluer si ces écarts sont compatibles avec l’indépendance dans la population.

Covariance de deux variables quantitatives

Lorsque XXX et YYY sont quantitatives, leur variation conjointe peut être résumée par la covariance.

Définition

Covariance

Moyenne des produits des écarts de deux variables à leurs moyennes respectives. Elle indique si les valeurs élevées ou faibles des deux variables tendent à se rencontrer ensemble.

Formule

Covariance empirique

Cov⁡(X,Y)=1n∑i=1n(xi−xˉ)(yi−yˉ)\operatorname{Cov}(X,Y) = \frac{1}{n} \sum_{i=1}^{n} (x_i-\bar{x})(y_i-\bar{y})Cov(X,Y)=n1​i=1∑n​(xi​−xˉ)(yi​−yˉ​)
  • Cov⁡(X,Y)\operatorname{Cov}(X,Y)Cov(X,Y) : covariance empirique entre XXX et YYY
  • nnn : nombre de couples observés
  • iii : indice de l’unité observée
  • xix_ixi​ : valeur de XXX pour l’unité iii
  • yiy_iyi​ : valeur de YYY pour l’unité iii
  • xˉ\bar{x}xˉ : moyenne empirique de XXX
  • yˉ\bar{y}yˉ​ : moyenne empirique de YYY

Le signe provient du produit des écarts :

  • une covariance positive indique que les écarts à la moyenne ont tendance à être de même signe ;
  • une covariance négative indique qu’ils ont tendance à être de signes opposés ;
  • une covariance nulle indique l’absence de liaison linéaire mise en évidence par cette mesure.

L’intensité brute de la covariance est difficile à interpréter, car elle dépend des unités de XXX et de YYY. Elle s’exprime dans le produit de ces unités.

Coefficient de corrélation linéaire

Définition

Coefficient de corrélation linéaire de Pearson

Covariance standardisée par les écarts-types des deux variables. Il mesure le sens et l’intensité de leur liaison linéaire sans dépendre de leurs unités.

Formule

Coefficient de corrélation linéaire

r=Cov⁡(X,Y)sXsYr= \frac{\operatorname{Cov}(X,Y)}{s_Xs_Y}r=sX​sY​Cov(X,Y)​
  • rrr : coefficient de corrélation linéaire empirique
  • Cov⁡(X,Y)\operatorname{Cov}(X,Y)Cov(X,Y) : covariance empirique entre XXX et YYY
  • sXs_XsX​ : écart-type empirique de XXX
  • sYs_YsY​ : écart-type empirique de YYY
Exemple

Calculer un coefficient de corrélation linéaire

Dans un échantillon, XXX est une taille mesurée en centimètres et YYY un poids mesuré en kilogrammes. La covariance est de 242424 cm kg, l’écart-type des tailles vaut 8 cm\pu{8 cm}8 cm et l’écart-type des poids vaut 6 kg\pu{6 kg}6 kg.

r=Cov⁡(X,Y)sXsY=248×6=2448=0,5r=\frac{\operatorname{Cov}(X,Y)}{s_Xs_Y} =\frac{24}{8\times 6} =\frac{24}{48} =0{,}5r=sX​sY​Cov(X,Y)​=8×624​=4824​=0,5

Le coefficient de corrélation est 0,50{,}50,5, sans unité. Son signe positif indique une variation linéaire dans le même sens : les tailles supérieures à la moyenne tendent ici à être associées à des poids supérieurs à la moyenne. L’intensité s’interprète à partir de ∣r∣=0,5|r|=0{,}5∣r∣=0,5 dans le contexte des mesures.

Le coefficient est défini seulement si les deux écarts-types sont non nuls. Il vérifie toujours −1≤r≤1-1\leq r\leq 1−1≤r≤1.

Comparaison

Interprétation du coefficient de corrélation

Valeur de rrrSens de la liaisonIntensité linéaire
r>0r>0r>0variation dans le même sensaugmente lorsque rrr se rapproche de 111
r<0r < 0r<0variation en sens opposéaugmente lorsque rrr se rapproche de −1-1−1
r=0r=0r=0aucun sens linéaire privilégiéliaison linéaire nulle
∣r∣=1|r|=1∣r∣=1relation affine exacteintensité linéaire maximale

La force de la liaison dépend donc de ∣r∣|r|∣r∣, tandis que son sens dépend du signe de rrr. Il n’existe pas de seuil universel séparant une corrélation faible d’une corrélation forte : l’interprétation dépend du contexte et de la variabilité des mesures.

À retenir

La covariance et la corrélation décrivent uniquement la liaison linéaire. Une relation non linéaire peut exister même lorsque Cov⁡(X,Y)=0\operatorname{Cov}(X,Y)=0Cov(X,Y)=0 et r=0r=0r=0.

Attention

Corrélation, indépendance et causalité

L’indépendance implique une covariance nulle lorsque celle-ci existe, mais une covariance nulle n’implique pas en général l’indépendance. De plus, une corrélation, même intense, ne démontre jamais à elle seule un lien causal.

Le coefficient rrr est sensible aux observations très éloignées du reste de la distribution. Son interprétation doit donc rester associée à l’examen de la distribution conjointe, dont la représentation graphique est traitée dans la fiche correspondante.

Points clés
  • Une distribution conjointe décrit les associations observées entre deux variables
  • Les lois marginales décrivent chaque variable séparément, tandis que les lois conditionnelles décrivent une variable dans une sous-population définie par l’autre
  • L’indépendance équivaut à fij=fi⋅f⋅jf_{ij}=f_{i\cdot}f_{\cdot j}fij​=fi⋅​f⋅j​ pour toutes les cellules
  • Le signe de la covariance indique le sens de la variation linéaire conjointe, mais sa valeur dépend des unités
  • Le coefficient rrr est sans unité, compris entre −1-1−1 et 111, et son intensité dépend de ∣r∣|r|∣r∣
  • Une corrélation nulle n’exclut pas une relation non linéaire et une corrélation ne prouve pas une causalité

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Statistiques descriptives.

  • Fiche 01Types de variables et organisation des donnéesStatistiques descriptives
  • Fiche 02Indices de position et de dispersionStatistiques descriptives
  • Fiche 03Représentations graphiques d'une distributionStatistiques descriptives
lock_open

Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche

Il reste 2 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.

Déjà un compte ? Se connecter · Voir les formules

arrow_backPrécédentReprésentations graphiques d'une distributionStatistiques descriptivesSuivantarrow_forwardRégression linéaire et ajustement par moindres carrésStatistiques descriptives
Sommaire
  • 1Organiser une distribution à deux dimensions
  • 2Lois marginales
  • 3Distributions conditionnelles
  • 4Indépendance de deux caractères
  • 5Covariance de deux variables quantitatives lock — section verrouillée
  • 6Coefficient de corrélation linéaire lock — section verrouillée