B10 · Statistiques descriptives
Régression linéaire et ajustement par moindres carrés
Déterminer la droite d'ajustement affine par la méthode des moindres carrés. Décomposer la variance, interpréter le coefficient de détermination et souligner la distinction entre corrélation et causalité.
Biostatistiques et méthodes d'analyse6 min de lecture15 QCM corrigés
Principe de l’ajustement affine
On considère individus sur lesquels deux variables quantitatives sont observées. Pour l’individu , les valeurs mesurées sont notées et , avec variant de à . Le nuage de points associé est étudié dans la fiche consacrée aux distributions à deux dimensions, à la covariance et à la corrélation.
La variable est appelée variable explicative et la variable variable à expliquer. Ces termes indiquent seulement le sens choisi pour l’ajustement mathématique. Ils ne signifient pas que est la cause de .
Pour chaque valeur observée , la droite fournit une valeur ajustée .
Un résidu positif correspond à un point situé au-dessus de la droite, tandis qu’un résidu négatif correspond à un point situé au-dessous. L’ajustement recherche donc une droite dont les résidus sont globalement aussi faibles que possible.
Méthode des moindres carrés
Additionner directement les résidus ne convient pas, car les écarts positifs et négatifs peuvent se compenser. Leur mise au carré supprime cette compensation et pénalise davantage les grands écarts.
Le minimum de est obtenu en annulant ses dérivées partielles par rapport à et à . Cette opération conduit aux équations normales. Leur résolution donne une pente déterminée par les variations conjointes de et de , rapportées à la dispersion de .
Coefficients de la droite
La droite ajustée s’écrit donc . Elle passe nécessairement par le point moyen de coordonnées , car l’égalité impose .
La pente mesure la variation ajustée de associée à une augmentation d’une unité de . Son unité est l’unité de divisée par celle de . L’ordonnée à l’origine est la valeur ajustée de lorsque , mais son interprétation n’est pertinente que si cette valeur de appartient au domaine étudié.
Propriétés des résidus
À l’optimum, les équations normales imposent deux propriétés importantes :
La première égalité signifie que la moyenne des résidus est nulle. La droite ne surestime donc pas systématiquement et ne la sous-estime pas systématiquement. La seconde traduit l’absence de relation linéaire résiduelle avec selon le critère utilisé.
Ces propriétés supposent que la régression comporte bien une ordonnée à l’origine. Elles permettent aussi la décomposition exacte de la variabilité de .
Décomposition de la variabilité
Pour chaque individu, l’écart total à la moyenne se décompose en une partie ajustée et une partie résiduelle :
Après élévation au carré et sommation, le terme croisé s’annule grâce aux propriétés des moindres carrés.
Cette identité exprime que la variabilité totale de est partagée entre la variabilité reproduite par l’ajustement et celle qui demeure dans les résidus. La terminologie des sommes de carrés peut varier selon les conventions, d’où la nécessité de toujours vérifier leur définition.
Coefficient de détermination
Dans une régression linéaire simple estimée par moindres carrés avec une ordonnée à l’origine, est compris entre et . Une valeur proche de indique que la droite restitue une grande part de la variabilité de . Une valeur proche de indique qu’elle en restitue peu.
Le coefficient ne mesure ni la précision de chaque valeur ajustée, ni la pertinence scientifique du modèle, ni l’existence d’un mécanisme causal. Dans la régression linéaire simple avec ordonnée à l’origine, il est égal au carré du coefficient de corrélation linéaire présenté dans la fiche précédente.
Corrélation, régression et causalité
La corrélation quantifie l’intensité et le sens d’une association linéaire symétrique entre deux variables. La régression est asymétrique : elle choisit une variable explicative et ajuste les valeurs de l’autre. Échanger et change donc généralement la droite obtenue.
Une association peut résulter d’une variable tierce, d’un biais de sélection, d’une dépendance commune ou du hasard d’échantillonnage. La droite des moindres carrés décrit les données observées, mais ne permet pas à elle seule d’identifier le mécanisme qui les a produites.
L’étude inférentielle de la pente, de sa significativité et de son incertitude relève des tests d’hypothèses et non de cette analyse descriptive.
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