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Sommaire

  • 1Principe de l’ajustement affine
  • 2Méthode des moindres carrés
    • 2.1Coefficients de la droite
  • 3Propriétés des résidus
  • 4Décomposition de la variabilité lock — section verrouillée
  • 5Coefficient de détermination lock — section verrouillée
  • 6Corrélation, régression et causalité lock — section verrouillée
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B10 · Statistiques descriptives

Régression linéaire et ajustement par moindres carrés

Déterminer la droite d'ajustement affine par la méthode des moindres carrés. Décomposer la variance, interpréter le coefficient de détermination et souligner la distinction entre corrélation et causalité.

Biostatistiques et méthodes d'analyse·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Principe de l’ajustement affine

On considère nnn individus sur lesquels deux variables quantitatives sont observées. Pour l’individu iii, les valeurs mesurées sont notées xix_ixi​ et yiy_iyi​, avec iii variant de 111 à nnn. Le nuage de points associé est étudié dans la fiche consacrée aux distributions à deux dimensions, à la covariance et à la corrélation.

Définition

Régression linéaire simple

Méthode descriptive qui résume la relation entre une variable quantitative YYY et une variable quantitative XXX par une fonction affine de la forme y^=ax+b\hat y = ax+by^​=ax+b.

La variable XXX est appelée variable explicative et la variable YYY variable à expliquer. Ces termes indiquent seulement le sens choisi pour l’ajustement mathématique. Ils ne signifient pas que XXX est la cause de YYY.

Pour chaque valeur observée xix_ixi​, la droite fournit une valeur ajustée y^i=axi+b\hat y_i=ax_i+by^​i​=axi​+b.

Définition

Résidu eie_iei​

Écart vertical entre la valeur observée yiy_iyi​ et la valeur ajustée y^i\hat y_iy^​i​ pour l’individu iii, soit ei=yi−y^ie_i=y_i-\hat y_iei​=yi​−y^​i​.

Un résidu positif correspond à un point situé au-dessus de la droite, tandis qu’un résidu négatif correspond à un point situé au-dessous. L’ajustement recherche donc une droite dont les résidus sont globalement aussi faibles que possible.

Méthode des moindres carrés

Additionner directement les résidus ne convient pas, car les écarts positifs et négatifs peuvent se compenser. Leur mise au carré supprime cette compensation et pénalise davantage les grands écarts.

Définition

Méthode des moindres carrés

Méthode qui choisit les coefficients aaa et bbb de façon à minimiser la somme des carrés des résidus verticaux.

Formule

Critère des moindres carrés

S(a,b)=∑i=1n[yi−(axi+b)]2=∑i=1nei2S(a,b)=\sum_{i=1}^{n}\left[y_i-\left(ax_i+b\right)\right]^2 =\sum_{i=1}^{n}e_i^2S(a,b)=i=1∑n​[yi​−(axi​+b)]2=i=1∑n​ei2​
  • S(a,b)S(a,b)S(a,b) : somme des carrés des résidus pour les coefficients aaa et bbb
  • aaa : pente de la droite d’ajustement
  • bbb : ordonnée à l’origine
  • nnn : nombre d’individus observés
  • iii : indice de l’individu, compris entre 111 et nnn
  • xix_ixi​ : valeur observée de la variable XXX chez l’individu iii
  • yiy_iyi​ : valeur observée de la variable YYY chez l’individu iii
  • eie_iei​ : résidu associé à l’individu iii

Le minimum de S(a,b)S(a,b)S(a,b) est obtenu en annulant ses dérivées partielles par rapport à aaa et à bbb. Cette opération conduit aux équations normales. Leur résolution donne une pente déterminée par les variations conjointes de XXX et de YYY, rapportées à la dispersion de XXX.

Coefficients de la droite

Formule

Coefficients de la droite des moindres carrés

a^=∑i=1n(xi−xˉ)(yi−yˉ)∑i=1n(xi−xˉ)2etb^=yˉ−a^xˉ\hat a= \frac{\displaystyle\sum_{i=1}^{n}(x_i-\bar x)(y_i-\bar y)} {\displaystyle\sum_{i=1}^{n}(x_i-\bar x)^2} \qquad\text{et}\qquad \hat b=\bar y-\hat a\bar xa^=i=1∑n​(xi​−xˉ)2i=1∑n​(xi​−xˉ)(yi​−yˉ​)​etb^=yˉ​−a^xˉxˉ=1n∑i=1nxietyˉ=1n∑i=1nyi\bar x=\frac{1}{n}\sum_{i=1}^{n}x_i \qquad\text{et}\qquad \bar y=\frac{1}{n}\sum_{i=1}^{n}y_ixˉ=n1​i=1∑n​xi​etyˉ​=n1​i=1∑n​yi​
  • a^\hat aa^ : pente estimée par les moindres carrés
  • b^\hat bb^ : ordonnée à l’origine estimée
  • xˉ\bar xxˉ : moyenne des valeurs de XXX
  • yˉ\bar yyˉ​ : moyenne des valeurs de YYY
  • xix_ixi​ : valeur observée de XXX chez l’individu iii
  • yiy_iyi​ : valeur observée de YYY chez l’individu iii
  • nnn : nombre d’individus
  • iii : indice de sommation

La droite ajustée s’écrit donc y^=a^x+b^\hat y=\hat ax+\hat by^​=a^x+b^. Elle passe nécessairement par le point moyen de coordonnées (xˉ,yˉ)(\bar x,\bar y)(xˉ,yˉ​), car l’égalité b^=yˉ−a^xˉ\hat b=\bar y-\hat a\bar xb^=yˉ​−a^xˉ impose yˉ=a^xˉ+b^\bar y=\hat a\bar x+\hat byˉ​=a^xˉ+b^.

La pente a^\hat aa^ mesure la variation ajustée de YYY associée à une augmentation d’une unité de XXX. Son unité est l’unité de YYY divisée par celle de XXX. L’ordonnée à l’origine b^\hat bb^ est la valeur ajustée de YYY lorsque X=0X=0X=0, mais son interprétation n’est pertinente que si cette valeur de XXX appartient au domaine étudié.

Méthode

Déterminer une droite d’ajustement affine

  1. Calculer les moyennes xˉ\bar xxˉ et yˉ\bar yyˉ​
  2. Calculer la somme des produits centrés ∑i=1n(xi−xˉ)(yi−yˉ)\sum_{i=1}^{n}(x_i-\bar x)(y_i-\bar y)∑i=1n​(xi​−xˉ)(yi​−yˉ​)
  3. Calculer la somme des carrés centrés ∑i=1n(xi−xˉ)2\sum_{i=1}^{n}(x_i-\bar x)^2∑i=1n​(xi​−xˉ)2
  4. Obtenir la pente a^\hat aa^ en divisant la somme des produits centrés par la somme des carrés centrés de XXX
  5. Calculer l’ordonnée à l’origine par b^=yˉ−a^xˉ\hat b=\bar y-\hat a\bar xb^=yˉ​−a^xˉ
  6. Écrire la droite ajustée y^=a^x+b^\hat y=\hat ax+\hat by^​=a^x+b^
Exemple

Calculer une droite d’ajustement par moindres carrés

Pour trois individus, les valeurs observées sont :

  • x1=1x_1=1x1​=1, y1=2y_1=2y1​=2
  • x2=2x_2=2x2​=2, y2=3y_2=3y2​=3
  • x3=3x_3=3x3​=3, y3=5y_3=5y3​=5

Les moyennes sont :

xˉ=1+2+33=2etyˉ=2+3+53=103\bar x=\frac{1+2+3}{3}=2 \qquad\text{et}\qquad \bar y=\frac{2+3+5}{3}=\frac{10}{3}xˉ=31+2+3​=2etyˉ​=32+3+5​=310​

La somme des produits centrés et la somme des carrés centrés de XXX valent :

∑i=13(xi−xˉ)(yi−yˉ)=(−1)×(−43)+0×(−13)+1×53=3\sum_{i=1}^{3}(x_i-\bar x)(y_i-\bar y) =(-1)\times\left(-\frac{4}{3}\right)+0\times\left(-\frac{1}{3}\right)+1\times\frac{5}{3}=3i=1∑3​(xi​−xˉ)(yi​−yˉ​)=(−1)×(−34​)+0×(−31​)+1×35​=3∑i=13(xi−xˉ)2=(−1)2+02+12=2\sum_{i=1}^{3}(x_i-\bar x)^2=(-1)^2+0^2+1^2=2i=1∑3​(xi​−xˉ)2=(−1)2+02+12=2

La pente et l’ordonnée à l’origine sont donc :

a^=32=1,5etb^=103−1,5×2=13\hat a=\frac{3}{2}=1{,}5 \qquad\text{et}\qquad \hat b=\frac{10}{3}-1{,}5\times2=\frac{1}{3}a^=23​=1,5etb^=310​−1,5×2=31​

La droite d’ajustement est y^=1,5x+13\hat y=1{,}5x+\frac{1}{3}y^​=1,5x+31​. Elle passe bien par le point moyen de coordonnées (2,103)\left(2,\frac{10}{3}\right)(2,310​) : pour x=2x=2x=2, elle donne y^=103\hat y=\frac{10}{3}y^​=310​.

Attention

Condition d’existence de la pente

La formule de a^\hat aa^ exige que les valeurs de XXX ne soient pas toutes identiques. Si ∑i=1n(xi−xˉ)2=0\sum_{i=1}^{n}(x_i-\bar x)^2=0∑i=1n​(xi​−xˉ)2=0, la dispersion de XXX est nulle et aucune pente ne peut être estimée.

Propriétés des résidus

À l’optimum, les équations normales imposent deux propriétés importantes :

∑i=1nei=0et∑i=1nxiei=0\sum_{i=1}^{n}e_i=0 \qquad\text{et}\qquad \sum_{i=1}^{n}x_ie_i=0i=1∑n​ei​=0eti=1∑n​xi​ei​=0

La première égalité signifie que la moyenne des résidus est nulle. La droite ne surestime donc pas systématiquement YYY et ne la sous-estime pas systématiquement. La seconde traduit l’absence de relation linéaire résiduelle avec XXX selon le critère utilisé.

Ces propriétés supposent que la régression comporte bien une ordonnée à l’origine. Elles permettent aussi la décomposition exacte de la variabilité de YYY.

Décomposition de la variabilité

Pour chaque individu, l’écart total à la moyenne se décompose en une partie ajustée et une partie résiduelle :

yi−yˉ=(y^i−yˉ)+(yi−y^i)y_i-\bar y=(\hat y_i-\bar y)+(y_i-\hat y_i)yi​−yˉ​=(y^​i​−yˉ​)+(yi​−y^​i​)

Après élévation au carré et sommation, le terme croisé s’annule grâce aux propriétés des moindres carrés.

Formule

Décomposition de la somme des carrés

∑i=1n(yi−yˉ)2⏟SCT=∑i=1n(y^i−yˉ)2⏟SCE+∑i=1n(yi−y^i)2⏟SCR\underbrace{\sum_{i=1}^{n}(y_i-\bar y)^2}_{\mathrm{SCT}} = \underbrace{\sum_{i=1}^{n}(\hat y_i-\bar y)^2}_{\mathrm{SCE}} + \underbrace{\sum_{i=1}^{n}(y_i-\hat y_i)^2}_{\mathrm{SCR}}SCTi=1∑n​(yi​−yˉ​)2​​=SCEi=1∑n​(y^​i​−yˉ​)2​​+SCRi=1∑n​(yi​−y^​i​)2​​
  • SCT\mathrm{SCT}SCT : somme des carrés totale, mesurant la variabilité totale de YYY autour de yˉ\bar yyˉ​
  • SCE\mathrm{SCE}SCE : somme des carrés expliquée par la droite ajustée
  • SCR\mathrm{SCR}SCR : somme des carrés résiduelle, non restituée par la droite
  • yiy_iyi​ : valeur observée de YYY chez l’individu iii
  • y^i\hat y_iy^​i​ : valeur de YYY ajustée par la droite chez l’individu iii
  • yˉ\bar yyˉ​ : moyenne des valeurs observées de YYY
  • nnn : nombre d’individus
  • iii : indice de sommation

Cette identité exprime que la variabilité totale de YYY est partagée entre la variabilité reproduite par l’ajustement et celle qui demeure dans les résidus. La terminologie des sommes de carrés peut varier selon les conventions, d’où la nécessité de toujours vérifier leur définition.

Coefficient de détermination

Définition

Coefficient de détermination R2R^2R2

Proportion de la somme des carrés totale de YYY restituée par la droite de régression.

Formule

Coefficient de détermination

R2=SCESCT=1−SCRSCTR^2=\frac{\mathrm{SCE}}{\mathrm{SCT}} =1-\frac{\mathrm{SCR}}{\mathrm{SCT}}R2=SCTSCE​=1−SCTSCR​
  • R2R^2R2 : coefficient de détermination
  • SCE\mathrm{SCE}SCE : somme des carrés expliquée
  • SCR\mathrm{SCR}SCR : somme des carrés résiduelle
  • SCT\mathrm{SCT}SCT : somme des carrés totale
Exemple

Calculer et interpréter le coefficient de détermination

Pour une droite d’ajustement, les sommes de carrés calculées sont :

SCT=40SCE=30SCR=10\mathrm{SCT}=40 \qquad \mathrm{SCE}=30 \qquad \mathrm{SCR}=10SCT=40SCE=30SCR=10

La décomposition est vérifiée : 40=30+1040=30+1040=30+10.

Le coefficient de détermination vaut :

R2=SCESCT=3040=0,75R^2=\frac{\mathrm{SCE}}{\mathrm{SCT}} =\frac{30}{40} =0{,}75R2=SCTSCE​=4030​=0,75

Il est aussi obtenu par R2=1−1040=0,75R^2=1-\frac{10}{40}=0{,}75R2=1−4010​=0,75.

Le coefficient de détermination est sans unité. Ici, la droite restitue 75%75\%75% de la variabilité totale observée de YYY ; les 25%25\%25% restants correspondent à la variabilité résiduelle.

Dans une régression linéaire simple estimée par moindres carrés avec une ordonnée à l’origine, R2R^2R2 est compris entre 000 et 111. Une valeur proche de 111 indique que la droite restitue une grande part de la variabilité de YYY. Une valeur proche de 000 indique qu’elle en restitue peu.

Le coefficient R2R^2R2 ne mesure ni la précision de chaque valeur ajustée, ni la pertinence scientifique du modèle, ni l’existence d’un mécanisme causal. Dans la régression linéaire simple avec ordonnée à l’origine, il est égal au carré du coefficient de corrélation linéaire rrr présenté dans la fiche précédente.

À retenir

La qualité descriptive de l’ajustement se lit par R2R^2R2, mais aussi par la structure des résidus. Un R2R^2R2 élevé ne suffit pas à garantir qu’une relation affine est adaptée.

Corrélation, régression et causalité

La corrélation quantifie l’intensité et le sens d’une association linéaire symétrique entre deux variables. La régression est asymétrique : elle choisit une variable explicative et ajuste les valeurs de l’autre. Échanger XXX et YYY change donc généralement la droite obtenue.

Comparaison

Corrélation, régression et causalité

NotionQuestion traitéeCaractère
CorrélationIntensité d’une association linéaireSymétrique entre XXX et YYY
RégressionAjustement de YYY en fonction de XXXAsymétrique
CausalitéEffet produit par une variable sur une autreNécessite des arguments supplémentaires

Une association peut résulter d’une variable tierce, d’un biais de sélection, d’une dépendance commune ou du hasard d’échantillonnage. La droite des moindres carrés décrit les données observées, mais ne permet pas à elle seule d’identifier le mécanisme qui les a produites.

Attention

Association ne signifie pas causalité

Une pente non nulle, une corrélation forte ou un R2R^2R2 élevé établissent une association linéaire descriptive, jamais à eux seuls une relation de cause à effet.

L’étude inférentielle de la pente, de sa significativité et de son incertitude relève des tests d’hypothèses et non de cette analyse descriptive.

Points clés
  • La droite des moindres carrés minimise ∑i=1n(yi−y^i)2\sum_{i=1}^{n}(y_i-\hat y_i)^2∑i=1n​(yi​−y^​i​)2
  • Sa pente est le rapport entre la somme des produits centrés de XXX et YYY et la somme des carrés centrés de XXX
  • La droite ajustée passe par le point moyen (xˉ,yˉ)(\bar x,\bar y)(xˉ,yˉ​)
  • La variabilité totale se décompose en variabilité expliquée et variabilité résiduelle
  • Le coefficient R2R^2R2 mesure la proportion de variabilité de YYY restituée par la droite
  • Régression et corrélation décrivent une association, sans démontrer une causalité

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À réviser dans la foulée, sur Statistiques descriptives.

  • Fiche 01Types de variables et organisation des donnéesStatistiques descriptives
  • Fiche 02Indices de position et de dispersionStatistiques descriptives
  • Fiche 03Représentations graphiques d'une distributionStatistiques descriptives
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  • 3Propriétés des résidus
  • 4Décomposition de la variabilité lock — section verrouillée
  • 5Coefficient de détermination lock — section verrouillée
  • 6Corrélation, régression et causalité lock — section verrouillée