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Sommaire

  • 1Répartition électronique et réactivité
  • 2Effet inductif
  • 3Effet mésomère
  • 4Rupture des liaisons et intermédiaires réactionnels lock — section verrouillée
    • 4.1Carbocations lock — section verrouillée
    • 4.2Carbanions lock — section verrouillée
    • 4.3Radicaux carbonés lock — section verrouillée
  • 5Notation des mécanismes lock — section verrouillée
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  5. Effets électroniques et intermédiaires réactionnels

B1 · Réactivité

Effets électroniques et intermédiaires réactionnels

Distinguer effet inductif et effet mésomère et s'en servir pour prévoir la répartition des charges dans une molécule. Décrire la structure, la géométrie et les facteurs de stabilité des carbocations, carbanions et radicaux, et la notation des mécanismes.

Chimie générale et organique·schedule7 min de lecture·quiz17 QCM corrigés

Répartition électronique et réactivité

Une liaison covalente résulte du partage d'électrons entre deux atomes. Ce partage n'est cependant pas toujours symétrique : l'électronégativité, la présence de charges et la délocalisation électronique modifient la densité électronique de chaque région de la molécule. Cette répartition permet d'identifier les sites susceptibles de donner ou de recevoir des électrons.

Définition

Densité électronique

Probabilité de présence des électrons dans une région de la molécule. Une région riche en électrons possède une densité électronique élevée, tandis qu'une région pauvre en électrons possède une densité électronique faible.

Une dissymétrie modérée est indiquée par des charges partielles δ+\delta^+δ+ et δ−\delta^-δ−. Elle ne correspond pas à un transfert complet d'électron. Une charge formelle, notée +++ ou −-−, résulte au contraire d'un décompte conventionnel des électrons attribués à chaque atome dans une structure de Lewis.

Formule

Charge formelle d'un atome

qf=Nv−Nnl−Nl2q_{\mathrm{f}} = N_{\mathrm{v}} - N_{\mathrm{nl}} - \frac{N_{\mathrm{l}}}{2}qf​=Nv​−Nnl​−2Nl​​
  • qfq_{\mathrm{f}}qf​ : charge formelle de l'atome
  • NvN_{\mathrm{v}}Nv​ : nombre d'électrons de valence de l'atome isolé
  • NnlN_{\mathrm{nl}}Nnl​ : nombre d'électrons non liants attribués à l'atome
  • NlN_{\mathrm{l}}Nl​ : nombre d'électrons engagés dans les liaisons de cet atome
Exemple

Calcul de la charge formelle de l'oxygène dans l'ion hydroxyde

Pour l'atome d'oxygène de l'ion hydroxyde HOX−\ce{HO^-}HOX−, l'oxygène possède trois doublets non liants et une liaison simple avec l'hydrogène.

  • Nv=6N_{\mathrm{v}} = 6Nv​=6
  • Nnl=6N_{\mathrm{nl}} = 6Nnl​=6
  • Nl=2N_{\mathrm{l}} = 2Nl​=2
qf=6−6−22=−1q_{\mathrm{f}} = 6 - 6 - \frac{2}{2} = -1qf​=6−6−22​=−1

La charge formelle de l'oxygène est donc −1-1−1. La charge négative de l'ion hydroxyde est portée par cet atome dans cette structure de Lewis.

Effet inductif

Définition

Effet inductif

Polarisation permanente des liaisons σ\sigmaσ provoquée par une différence d'électronégativité ou par la présence d'une charge. Cette polarisation se transmet de proche en proche le long du squelette de liaisons σ\sigmaσ.

Un groupement qui attire la densité électronique exerce un effet inductif attracteur, noté −I-I−I. Un groupement qui repousse la densité électronique exerce un effet inductif donneur, noté +I+I+I.

L'effet inductif possède trois propriétés essentielles :

  • il agit à travers les liaisons σ\sigmaσ ;
  • il ne nécessite pas de système conjugué ;
  • son intensité diminue rapidement lorsque la distance au groupement responsable augmente.

Une forte électronégativité et une charge positive favorisent généralement un effet −I-I−I. Une charge négative favorise généralement un effet +I+I+I. Les groupes alkyles sont conventionnellement considérés comme faiblement donneurs par effet inductif par rapport à l'hydrogène.

La polarisation d'une liaison déplace la densité électronique vers l'atome attracteur. L'autre extrémité devient donc relativement déficitaire en électrons, ce qui permet de prévoir l'apparition de charges partielles opposées.

Effet mésomère

Définition

Effet mésomère

Déplacement permanent de densité électronique par délocalisation d'électrons π\piπ ou de doublets non liants dans un ensemble d'orbitales adjacentes pouvant se recouvrir.

L'effet mésomère exige une conjugaison, c'est-à-dire une succession d'orbitales parallèles adjacentes. Il peut mettre en jeu des liaisons multiples, des doublets non liants, une orbitale vacante ou une orbitale contenant un électron célibataire.

Un groupement exerce un effet mésomère donneur, noté +M+M+M, lorsqu'il fournit un doublet au système conjugué. Il exerce un effet mésomère attracteur, noté −M-M−M, lorsqu'il retire de la densité électronique au système conjugué.

La molécule réelle n'oscille pas entre plusieurs structures. Elle constitue un hybride de résonance, dont la densité électronique est répartie sur plusieurs atomes. Les différentes écritures, appelées formes mésomères, ne déplacent que des électrons : la position des noyaux et la connectivité entre les atomes restent inchangées.

Les formes mésomères les plus contributives respectent autant que possible l'octet, comportent peu de séparation de charges et placent une charge négative sur les atomes les plus électronégatifs. Des formes équivalentes contribuent de manière identique.

Comparaison

Effet inductif et effet mésomère

CritèreEffet inductifEffet mésomère
Électrons concernésélectrons des liaisons σ\sigmaσélectrons π\piπ ou doublets non liants
Condition structuraleaucune conjugaison nécessaireorbitales adjacentes et recouvrables
Transmissiondécroît rapidement avec la distances'étend sur le système conjugué
Conséquencepolarisation locale des liaisonsdélocalisation de la densité électronique
Notation+I+I+I ou −I-I−I+M+M+M ou −M-M−M

Lorsque les deux effets coexistent, leur influence doit être examinée séparément. Dans un système effectivement conjugué, l'effet mésomère est souvent déterminant pour la répartition électronique, mais cette tendance ne dispense pas d'analyser la structure.

Attention

Polarisation et délocalisation

L'effet inductif ne doit pas être confondu avec l'effet mésomère. Le premier polarise des liaisons σ\sigmaσ et s'atténue avec la distance ; le second délocalise des électrons dans un système conjugué.

Méthode

Prévoir la répartition des charges

  1. Établir une structure de Lewis correcte et déterminer les charges formelles
  2. Repérer les liaisons polarisées à partir des électronégativités et des charges présentes
  3. Identifier les effets inductifs +I+I+I ou −I-I−I et suivre leur atténuation avec la distance
  4. Rechercher un système conjugué comportant des orbitales adjacentes
  5. Écrire les formes mésomères permises en déplaçant uniquement les électrons
  6. Pondérer les formes obtenues selon l'octet, la séparation des charges et l'électronégativité
  7. En déduire les régions relativement riches ou pauvres en électrons

Rupture des liaisons et intermédiaires réactionnels

Définition

Rupture hétérolytique

Rupture d'une liaison covalente dans laquelle les deux électrons de la liaison sont attribués au même fragment. Elle produit généralement deux espèces chargées.

Définition

Rupture homolytique

Rupture d'une liaison covalente dans laquelle chaque fragment reçoit un électron de la liaison. Elle produit deux espèces radicalaires.

Un intermédiaire réactionnel est une espèce formée au cours d'un mécanisme puis consommée dans une étape ultérieure. Il correspond à un minimum local d'énergie et possède une durée de vie finie. Il se distingue de l'état de transition, configuration d'énergie maximale entre deux étapes, qui ne constitue pas une espèce chimique isolable.

Carbocations

Définition

Carbocation

Intermédiaire dans lequel un atome de carbone porte une charge formelle positive. Ce carbone ne possède généralement que six électrons dans sa couche de valence.

Le carbone cationique est habituellement hybridé sp2sp^2sp2, de géométrie trigonale plane, avec une orbitale ppp vacante perpendiculaire au plan. Cette orbitale peut recevoir de la densité électronique.

La stabilité augmente lorsque le déficit électronique est compensé :

  • par un effet inductif +I+I+I ;
  • par l'hyperconjugaison, délocalisation d'électrons d'une liaison σ\sigmaσ voisine vers l'orbitale ppp vacante ;
  • par mésomérie, si l'orbitale vacante appartient à un système conjugué ;
  • par solvatation dans un milieu polaire.

En l'absence de stabilisation mésomère particulière, l'augmentation du nombre de substituants alkyles stabilise généralement le carbocation. Les effets −I-I−I proches le déstabilisent en accentuant son déficit électronique.

Carbanions

Définition

Carbanion

Intermédiaire dans lequel un atome de carbone porte une charge formelle négative et possède un doublet non liant.

Un carbanion non conjugué est souvent hybridé sp3sp^3sp3 et présente une géométrie pyramidale. Lorsqu'une délocalisation est possible, le carbone tend vers une géométrie plane et une hybridation sp2sp^2sp2, permettant au doublet d'occuper une orbitale ppp conjuguée.

Sa stabilité est favorisée par :

  • les effets inductifs −I-I−I, qui diminuent l'excès de densité électronique ;
  • la délocalisation mésomère de la charge négative ;
  • une plus grande proportion de caractère sss de l'orbitale portant le doublet ;
  • la solvatation par un milieu polaire adapté.

À environnement comparable, la stabilisation liée au caractère sss suit généralement l'ordre sp>sp2>sp3sp > sp^2 > sp^3sp>sp2>sp3, car une orbitale ayant davantage de caractère sss retient les électrons plus près du noyau. Les effets +I+I+I déstabilisent au contraire le carbanion.

Radicaux carbonés

Définition

Radical carboné

Espèce neutre ou chargée comportant sur un atome de carbone un électron non apparié, appelé électron célibataire.

Le carbone radicalaire possède généralement une géométrie proche de la géométrie trigonale plane. L'électron célibataire occupe principalement une orbitale ppp. Le radical est stabilisé par la délocalisation mésomère et par l'hyperconjugaison. Les substituants capables de répartir l'électron célibataire sur plusieurs atomes diminuent ainsi la concentration locale de la réactivité.

Comparaison

Intermédiaires carbonés

CritèreCarbocationCarbanionRadical
Caractéristique électroniqueorbitale vacantedoublet non liantélectron célibataire
Géométrie habituelletrigonale planepyramidale, ou plane si conjuguéeproche de trigonale plane
Effets stabilisants majeurs+I+I+I, hyperconjugaison, mésomérie−I-I−I, mésomérie, caractère ssshyperconjugaison, mésomérie
Nature électroniquedéficitaire en électronsriche en électronsélectron non apparié
À retenir

Principe général de stabilité

Une charge ou un électron célibataire est stabilisé lorsqu'il est délocalisé sur plusieurs atomes. La mésomérie diminue la concentration locale de charge ou de caractère radicalaire et constitue donc un facteur majeur de stabilité.

Notation des mécanismes

Un mécanisme décrit la circulation des électrons au cours d'une réaction. Une flèche courbe complète représente le déplacement d'un doublet d'électrons. Elle part toujours de la source du doublet, liaison ou doublet non liant, et se termine sur l'atome ou la liaison qui reçoit ces électrons.

Une demi-flèche courbe représente le déplacement d'un seul électron et s'emploie dans les mécanismes radicalaires. Deux demi-flèches sont donc nécessaires pour représenter la rupture homolytique d'une liaison.

Définition

Nucléophile

Espèce riche en électrons capable de fournir un doublet électronique pour former une liaison.

Définition

Électrophile

Espèce pauvre en électrons capable de recevoir un doublet électronique pour former une liaison.

La distinction détaillée entre nucléophilie et basicité appartient à la fiche consacrée aux réactions acido-basiques et à la nucléophilie en chimie organique.

Une double flèche droite ↔\leftrightarrow↔ relie des formes mésomères. Elle ne représente ni une réaction réversible ni un équilibre chimique. Une flèche réactionnelle relie en revanche des espèces réellement distinctes avant et après une étape élémentaire.

Attention

Origine d'une flèche courbe

Une flèche de mécanisme ne part jamais d'une charge positive ni d'un atome déficitaire en électrons. Elle part des électrons qui se déplacent : doublet non liant, liaison covalente ou électron célibataire.

À retenir

La pointe d'une flèche indique la destination des électrons, et non le déplacement des atomes. Toute formation de liaison doit être accompagnée du mouvement électronique correspondant et du respect de la valence des atomes.

Points clés
  • L'effet inductif polarise les liaisons σ\sigmaσ, tandis que l'effet mésomère délocalise les électrons dans un système conjugué
  • Les effets −I-I−I attirent la densité électronique ; les effets +I+I+I la repoussent
  • Les carbocations sont stabilisés par les effets donneurs, l'hyperconjugaison et la mésomérie
  • Les carbanions sont stabilisés par les effets attracteurs, la mésomérie et un caractère sss élevé
  • Les radicaux sont stabilisés lorsque l'électron célibataire peut être délocalisé
  • Une flèche courbe part toujours des électrons déplacés et pointe vers leur destination

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Réactivité.

  • Fiche 02Substitution nucléophile : SN1 et SN2Réactivité
  • Fiche 03Élimination E1, E2 et compétition avec la substitutionRéactivité
  • Fiche 04Addition électrophile sur les insaturationsRéactivité
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