B11 · Pharmacocinétique
Élimination rénale et biliaire, clairance
Décrire les mécanismes rénaux d'élimination et la voie biliaire avec le cycle entérohépatique. Définir la clairance totale et ses composantes et relier clairance et fonction des organes épurateurs.
Médicament et produits de santé7 min de lecture17 QCM corrigés
De l’élimination à la clairance
La quantité éliminée par unité de temps dépend à la fois de la concentration du médicament dans le sang et de la capacité des organes épurateurs. Cette capacité est exprimée par la clairance.
La clairance est dite apparente car elle ne correspond pas nécessairement à un volume de plasma physiquement retiré de la circulation. Elle quantifie une efficacité d’épuration en rapportant une vitesse d’élimination à la concentration présente.
Élimination rénale
Le rein élimine dans l’urine le médicament inchangé ou certains de ses métabolites. Trois mécanismes interviennent successivement le long du néphron : filtration glomérulaire, sécrétion tubulaire et réabsorption tubulaire.
Filtration glomérulaire
Seule la fraction libre, c’est-à-dire non liée aux protéines plasmatiques, peut être filtrée. La liaison protéique, étudiée avec la distribution, limite donc immédiatement la quantité accessible à la filtration. Le passage dépend également du débit de filtration glomérulaire, noté , qui mesure le volume de filtrat formé par unité de temps.
Lorsque la filtration est le seul mécanisme rénal en jeu, la clairance rénale correspond au produit du par la fraction libre plasmatique.
Sécrétion tubulaire
La sécrétion est principalement active. Elle fait intervenir des transporteurs membranaires reconnaissant des molécules organiques ionisées. Elle peut donc éliminer un médicament libre même si celui-ci n’a pas été filtré en quantité importante.
La dissociation continue du médicament lié aux protéines peut réalimenter sa fraction libre. Une forte liaison protéique n’interdit donc pas nécessairement une sécrétion tubulaire efficace.
Les transporteurs ont une capacité limitée : la sécrétion est saturable lorsque toutes leurs protéines de transport sont occupées. Plusieurs substances utilisant le même transporteur peuvent aussi entrer en compétition, ce qui réduit leur sécrétion respective.
Réabsorption tubulaire
La réabsorption diminue l’excrétion nette. Elle est souvent passive et favorisée par les propriétés qui facilitent la traversée des membranes : faible polarité, liposolubilité et absence de charge électrique.
Pour un acide faible ou une base faible, la proportion de forme ionisée dépend du pH urinaire et du , qui caractérise l’équilibre acido-basique de la molécule. La forme non ionisée traverse plus facilement l’épithélium tubulaire, tandis que la forme ionisée reste davantage dans l’urine. Cette rétention de la forme chargée constitue un piégeage ionique.
Un débit urinaire élevé réduit aussi le temps disponible pour la réabsorption et tend à favoriser l’excrétion.
La clairance rénale nette résulte de la combinaison de ces trois mécanismes.
La clairance rénale peut aussi être déterminée à partir de la concentration urinaire et du débit urinaire.
Élimination biliaire
Le sang apporte les molécules au foie. Après leur captation par les hépatocytes, elles peuvent être directement sécrétées dans la bile ou préalablement transformées en métabolites. Les mécanismes précis du métabolisme hépatique relèvent de la fiche précédente.
Le passage canaliculaire repose souvent sur des transporteurs actifs. Il favorise l’élimination de molécules polaires, fréquemment de masse moléculaire élevée ou conjuguées. Comme les transporteurs rénaux, les transporteurs biliaires peuvent être saturés ou soumis à une compétition.
Une fois dans l’intestin, la molécule suit deux devenirs :
- elle demeure dans la lumière digestive et est éliminée dans les matières fécales ;
- elle est réabsorbée à travers la paroi intestinale et retourne au foie par la circulation porte.
Des métabolites conjugués peuvent être déconjugués dans l’intestin, ce qui restaure une forme plus facilement réabsorbable. Le cycle entérohépatique retarde alors l’élimination définitive et prolonge la présence du médicament dans l’organisme.
Clairance totale et clairances d’organes
Lorsque plusieurs voies agissent en parallèle, leurs clairances s’additionnent.
La capacité d’un organe à épurer le sang dépend du débit sanguin qui lui apporte le médicament et de son efficacité à l’extraire pendant un passage.
Une clairance peut donc diminuer si le débit sanguin de l’organe baisse, si sa masse fonctionnelle est réduite ou si ses mécanismes de transport et de transformation sont altérés. Pour le rein, les déterminants majeurs sont le , le débit sanguin rénal et les fonctions tubulaires. Pour le foie, interviennent le débit sanguin hépatique, la captation, la capacité métabolique, les transporteurs canaliculaires et l’écoulement biliaire.
Les conséquences sur la demi-vie, l’état d’équilibre et l’adaptation des schémas posologiques sont développées dans les fiches suivantes du sous-bloc.
Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche
Il reste 2 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.