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Sommaire

  • 1Des glucides exposés à la surface cellulaire
    • 1.1Le glycocalyx, interface glucidique de la cellule
  • 2Les motifs glucidiques comme déterminants de reconnaissance
  • 3Les déterminants glucidiques du système ABO lock — section verrouillée
    • 3.1Le précurseur H lock — section verrouillée
  • 4Anticorps naturels et incompatibilité ABO lock — section verrouillée
    • 4.1Transfusion de concentrés érythrocytaires lock — section verrouillée
    • 4.2Transfusion de plasma lock — section verrouillée
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B2 · Glucides

Glycosylation, groupes sanguins et reconnaissance cellulaire

Expliquer comment les motifs glucidiques de surface servent de déterminants de reconnaissance cellulaire. Décrire les déterminants glucidiques du système ABO et les règles de compatibilité transfusionnelle qui en découlent.

Biochimie structurale et métabolique·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Des glucides exposés à la surface cellulaire

La membrane plasmique porte des chaînes glucidiques liées à des protéines ou à des lipides. Ces chaînes sont presque exclusivement orientées vers le milieu extracellulaire. Cette asymétrie résulte de leur synthèse dans la lumière du réticulum endoplasmique et de l’appareil de Golgi, puis du retournement topologique associé à la fusion des vésicules avec la membrane plasmique.

Les structures détaillées des glycoprotéines et des glycolipides sont étudiées dans les fiches voisines ; ici, l’enjeu est de comprendre comment leurs chaînes glucidiques constituent des signaux moléculaires de surface.

Définition

Glycosylation

Ensemble des réactions enzymatiques qui ajoutent et organisent des résidus glucidiques sur une protéine ou un lipide, formant ainsi un glycoconjugué.

La glycosylation est réalisée par des glycosyltransférases, enzymes qui transfèrent un ose activé sur une molécule acceptrice. Des glycosidases peuvent ensuite retirer certains résidus. La structure finale dépend donc :

  • des enzymes exprimées par la cellule ;
  • de leur localisation dans les compartiments de synthèse ;
  • de la disponibilité des oses activés ;
  • de l’ordre dans lequel les enzymes interviennent ;
  • de l’accessibilité de la chaîne en cours de formation.

Contrairement à la séquence d’une protéine, une chaîne glucidique n’est pas synthétisée par lecture directe d’une matrice. Elle résulte d’un réseau de réactions enzymatiques. Deux cellules possédant le même génome peuvent donc présenter des profils glucidiques différents si elles n’expriment pas les mêmes glycosyltransférases.

Attention

Ne pas confondre glycosylation et glycation

La glycosylation est une réaction enzymatique contrôlée. La glycation est une fixation non enzymatique d’un ose sur une biomolécule. Ces deux mécanismes n’ont ni la même régulation ni la même signification biologique.

Le glycocalyx, interface glucidique de la cellule

Définition

Glycocalyx

Couche glucidique située sur la face externe de la membrane plasmique, constituée par les chaînes des glycoprotéines, des glycolipides et de certains protéoglycanes membranaires.

Le glycocalyx forme une interface entre la cellule et son environnement. Ses chaînes glucidiques sont ramifiées et peuvent différer par la nature des oses, leur ordre, leur anomérie et les positions des liaisons osidiques. Un nombre limité d’oses permet ainsi de produire une très grande diversité de structures.

Cette diversité constitue un code de surface. La cellule ne lit pas ce code dans son ensemble : des protéines de reconnaissance identifient des motifs glucidiques particuliers.

Les motifs glucidiques comme déterminants de reconnaissance

Définition

Déterminant glucidique

Motif structural porté par une chaîne glucidique et reconnu spécifiquement par une protéine, un anticorps ou une autre cellule.

Définition

Lectine

Protéine capable de reconnaître et de lier spécifiquement un motif glucidique sans le modifier chimiquement.

La reconnaissance dépend de plusieurs caractéristiques simultanées : identité de l’ose, configuration de la liaison osidique, position dans la chaîne et environnement tridimensionnel. Deux motifs contenant les mêmes oses peuvent donc ne pas être reconnus de la même manière si leurs liaisons diffèrent.

La liaison d’une lectine à un glucide isolé est souvent faible. Cependant, la membrane expose de nombreuses copies du même motif. Plusieurs liaisons peuvent alors se former simultanément, ce qui augmente fortement la stabilité globale de l’interaction : c’est l’avidité multivalente.

Les motifs glucidiques participent notamment :

  • à l’identification du type et de l’état de différenciation d’une cellule ;
  • aux interactions entre cellules ;
  • à l’adhérence et à la migration cellulaires ;
  • au tri et à l’adressage de certaines molécules ;
  • à la distinction immunitaire entre structures compatibles et structures étrangères.

Le profil de glycosylation peut varier avec la différenciation, l’activation ou l’altération d’une cellule. Les glucides de surface ne sont donc pas de simples éléments structuraux : ils transmettent une information biologique accessible au milieu extracellulaire.

À retenir

La signification d’un motif glucidique dépend de sa structure complète, et pas seulement de l’ose qu’il contient. La reconnaissance est fondée sur une complémentarité moléculaire précise.

Les déterminants glucidiques du système ABO

Définition

Antigène

Structure moléculaire susceptible d’être reconnue spécifiquement par un anticorps ou par un récepteur du système immunitaire.

Les antigènes du système ABO sont des motifs glucidiques terminaux portés par des glycoprotéines et des glycolipides membranaires. Ils sont présents à la surface des érythrocytes, mais également sur d’autres cellules et dans certains liquides biologiques.

Le précurseur H

La synthèse commence par une chaîne glucidique préexistante. Une fucosyltransférase ajoute un résidu de fucose en liaison α1-2\alpha 1\text{-}2α1-2 sur un galactose terminal. Le motif obtenu est appelé antigène H.

L’antigène H sert de substrat aux enzymes déterminées par le gène ABO :

  • l’allèle A code une glycosyltransférase ajoutant une N-acétylgalactosamine au motif H ;
  • l’allèle B code une glycosyltransférase ajoutant un galactose au motif H ;
  • l’allèle O produit généralement une enzyme inactive, de sorte que le motif H reste non modifié.

Les allèles A et B sont codominants : lorsqu’ils sont présents ensemble, les deux enzymes fonctionnent et les deux déterminants sont exprimés. L’allèle O est récessif par rapport à A et à B puisqu’il n’ajoute aucun nouveau résidu terminal.

Comparaison

Structure des déterminants ABO

GroupeEnzyme fonctionnelleMotif terminal expriméÉtat du précurseur H
Atransférase AN-acétylgalactosaminemodifié
Btransférase Bgalactosemodifié
ABtransférases A et Bmotifs A et Bmodifié par les deux voies
Oaucune transférase ABO activeaucun motif A ou Breste non modifié
Attention

Le groupe O ne signifie pas absence de glucides de surface

Les érythrocytes du groupe O possèdent de nombreuses chaînes glucidiques, dont le précurseur H. Ils n’expriment simplement ni déterminant A ni déterminant B.

Anticorps naturels et incompatibilité ABO

Définition

Isoagglutinine

Anticorps plasmatique dirigé contre un antigène de groupe sanguin absent des propres érythrocytes de l’individu.

Un individu produit des anticorps dirigés contre le déterminant ABO qu’il ne possède pas :

  • groupe A : anticorps anti-B ;
  • groupe B : anticorps anti-A ;
  • groupe AB : ni anti-A ni anti-B ;
  • groupe O : anti-A et anti-B.

Ces anticorps sont dits naturels car ils apparaissent sans transfusion préalable. Leur formation est favorisée par l’exposition à des antigènes environnementaux dont certains motifs ressemblent aux déterminants ABO. Ils sont majoritairement de classe IgM et peuvent activer efficacement le complément.

Si des érythrocytes transfusés portent un antigène reconnu par les anticorps du receveur, les anticorps se fixent sur plusieurs cellules à la fois. Cette fixation provoque une agglutination, puis peut entraîner une destruction rapide des érythrocytes par activation du complément.

Définition

Compatibilité transfusionnelle ABO

Absence de réaction entre les anticorps du receveur et les antigènes ABO portés par les éléments transfusés.

Transfusion de concentrés érythrocytaires

Pour transfuser des érythrocytes, il faut comparer les antigènes du donneur aux anticorps du receveur.

Comparaison

Compatibilité ABO des concentrés érythrocytaires

Groupe du receveurAntigènes érythrocytairesAnticorps plasmatiquesGroupes de concentrés compatibles
AAanti-BA ou O
BBanti-AB ou O
ABA et Baucun anti-A ni anti-BAB, A, B ou O
Oaucun A ni Banti-A et anti-BO uniquement

Ainsi, dans le seul système ABO, les érythrocytes O peuvent être transfusés à tous les groupes car ils ne portent ni antigène A ni antigène B. À l’inverse, un receveur AB ne possède aucun des deux anticorps et peut recevoir les quatre groupes de concentrés érythrocytaires.

Transfusion de plasma

Pour le plasma, le raisonnement est inversé : ce sont les anticorps du donneur qui ne doivent pas reconnaître les antigènes érythrocytaires du receveur.

Comparaison

Compatibilité ABO du plasma

Groupe du receveurGroupes de plasma compatibles
AA ou AB
BB ou AB
ABAB uniquement
OO, A, B ou AB

Le plasma AB ne contient ni anti-A ni anti-B : il est donc compatible, du point de vue ABO, avec tous les receveurs. Cette propriété est l’inverse de celle observée pour les concentrés érythrocytaires.

À retenir

Règle de raisonnement transfusionnel

Pour des érythrocytes, confronter les antigènes du donneur aux anticorps du receveur. Pour du plasma, confronter les anticorps du donneur aux antigènes du receveur.

Attention

Compatibilité ABO et compatibilité transfusionnelle globale

Les termes « donneur universel » et « receveur universel » ne valent que pour le produit considéré et dans le système ABO. Les autres systèmes antigéniques, notamment le système Rhésus, doivent aussi être pris en compte.

Points clés
  • Les chaînes glucidiques du glycocalyx forment des motifs de reconnaissance accessibles au milieu extracellulaire.
  • Les glycosyltransférases déterminent la nature des résidus terminaux et donc l’identité antigénique de la cellule.
  • L’antigène A porte une N-acétylgalactosamine terminale, l’antigène B un galactose terminal, tandis que le groupe O conserve le précurseur H.
  • Un individu possède des anticorps anti-A ou anti-B dirigés contre les antigènes ABO absents de ses propres érythrocytes.
  • Pour transfuser des érythrocytes, les antigènes du donneur ne doivent pas rencontrer les anticorps correspondants chez le receveur.
  • Pour transfuser du plasma, la règle est inversée car le produit transfusé apporte les anticorps du donneur.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Glucides.

  • Fiche 01Oses simples : structure, stéréochimie et cyclisationGlucides
  • Fiche 02Dérivés d'oses et oses phosphorylésGlucides
  • Fiche 03Liaison osidique, disaccharides et polysaccharidesGlucides
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  • 1Des glucides exposés à la surface cellulaire
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  • 2Les motifs glucidiques comme déterminants de reconnaissance
  • 3Les déterminants glucidiques du système ABO lock — section verrouillée
    • 3.1Le précurseur H lock — section verrouillée
  • 4Anticorps naturels et incompatibilité ABO lock — section verrouillée
    • 4.1Transfusion de concentrés érythrocytaires lock — section verrouillée
    • 4.2Transfusion de plasma lock — section verrouillée