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Sommaire

  • 1Organisation générale d’une immunoglobuline
    • 1.1Régions variables et constantes
    • 1.2Fragments fonctionnels Fab et Fc
  • 2Classes d’immunoglobulines
  • 3Reconnaissance de l’antigène par l’anticorps lock — section verrouillée
    • 3.1Affinité, avidité et spécificité lock — section verrouillée
  • 4Présentation antigénique par le CMH lock — section verrouillée
    • 4.1CMH de classe I et CMH de classe II lock — section verrouillée
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  5. Immunoglobulines et reconnaissance antigénique

B2 · Acides aminés et protéines

Immunoglobulines et reconnaissance antigénique

Décrire l'architecture d'une immunoglobuline, ses domaines constants et variables et ses classes. Expliquer l'interaction antigène-anticorps et le principe de la présentation antigénique par le complexe majeur d'histocompatibilité.

Biochimie structurale et métabolique·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Organisation générale d’une immunoglobuline

Définition

Immunoglobuline

Glycoprotéine produite par les lymphocytes B, capable de reconnaître spécifiquement une structure antigénique. Sous forme soluble, elle constitue un anticorps ; sous forme membranaire, elle participe au récepteur du lymphocyte B.

Une immunoglobuline possède une structure quaternaire symétrique en forme de Y. Elle est constituée de quatre chaînes polypeptidiques :

  • deux chaînes lourdes identiques, dites chaînes H ;
  • deux chaînes légères identiques, dites chaînes L.

Les chaînes sont unies par des ponts disulfure interchaînes. D’autres ponts disulfure, intrachaînes, stabilisent chaque domaine. Les chaînes légères sont de type κ\kappaκ ou λ\lambdaλ, sans conséquence sur la classe de l’immunoglobuline.

Chaque chaîne est organisée en domaines immunoglobuliniques. Un tel domaine correspond à une structure compacte formée principalement de feuillets β\betaβ, stabilisée par un pont disulfure. Cette organisation illustre le lien entre structure tertiaire locale et fonction de reconnaissance.

Régions variables et constantes

L’extrémité aminoterminale de chaque chaîne porte un domaine variable :

  • VHV_HVH​ pour la chaîne lourde ;
  • VLV_LVL​ pour la chaîne légère.

L’association de VHV_HVH​ et VLV_LVL​ forme un site de reconnaissance de l’antigène. Une immunoglobuline possède donc deux sites identiques. La variabilité ne concerne pas uniformément tout le domaine : elle est particulièrement forte dans des boucles appelées régions hypervariables, qui entrent directement en contact avec l’antigène.

Le reste de chaque chaîne correspond à des domaines constants. La chaîne légère possède un domaine constant CLC_LCL​. La chaîne lourde en possède plusieurs, notés successivement CH1C_H1CH​1, CH2C_H2CH​2, CH3C_H3CH​3 et, dans certaines classes, CH4C_H4CH​4.

Définition

Paratope

Surface moléculaire de l’immunoglobuline qui se lie spécifiquement à un déterminant antigénique. Elle est formée conjointement par les régions variables d’une chaîne lourde et d’une chaîne légère.

Définition

Région charnière

Segment flexible situé entre les bras et la partie centrale de certaines immunoglobulines. Il permet aux deux sites de liaison de s’orienter afin de s’adapter à la disposition spatiale des déterminants antigéniques.

Fragments fonctionnels Fab et Fc

Une immunoglobuline peut être décrite selon deux ensembles fonctionnels :

  • les deux fragments Fab, portés par les bras du Y, contiennent chacun un site de liaison à l’antigène ;
  • le fragment Fc, formé par les domaines constants des chaînes lourdes, détermine les propriétés effectrices de l’anticorps.

La région Fc peut être reconnue par des récepteurs cellulaires et par certaines protéines plasmatiques. Ainsi, la région variable détermine ce qui est reconnu, tandis que la région constante détermine en grande partie les conséquences de cette reconnaissance.

À retenir

Dualité fonctionnelle de l’immunoglobuline

Les régions variables portent la spécificité antigénique ; les régions constantes des chaînes lourdes déterminent la classe et les fonctions effectrices de l’immunoglobuline.

Classes d’immunoglobulines

La classe, ou isotype, dépend de la nature de la chaîne lourde constante. Il existe cinq classes principales : IgG, IgA, IgM, IgD et IgE.

Comparaison

Classes principales d’immunoglobulines

ClasseChaîne lourdeOrganisation dominantePropriété générale
IgGγ\gammaγmonomèrediffusion tissulaire et fonctions effectrices systémiques
IgAα\alphaαmonomère ou dimèreprotection des surfaces muqueuses et des sécrétions
IgMμ\muμmonomère membranaire ou pentamère solubleforte avidité sous forme multimérique
IgDδ\deltaδmonomèrerécepteur membranaire des lymphocytes B
IgEε\varepsilonεmonomèrefixation à des récepteurs cellulaires de forte affinité

Le changement de classe modifie la région constante de la chaîne lourde sans modifier nécessairement le paratope. Un anticorps peut donc conserver la même spécificité tout en acquérant d’autres propriétés effectrices.

Les formes polymériques sont associées par une chaîne J, petite chaîne polypeptidique participant à leur assemblage. La multiplication des sites de liaison augmente la capacité de l’immunoglobuline à établir simultanément plusieurs interactions.

Attention

Classe et spécificité ne sont pas synonymes

La spécificité dépend des régions variables ; la classe dépend de la région constante de la chaîne lourde. Deux immunoglobulines de classes différentes peuvent reconnaître le même déterminant antigénique.

Reconnaissance de l’antigène par l’anticorps

Définition

Antigène

Structure moléculaire susceptible d’être reconnue spécifiquement par un anticorps ou par un récepteur antigénique lymphocytaire.

Définition

Épitope

Partie précise d’un antigène reconnue par un paratope. Un même antigène peut porter plusieurs épitopes distincts.

L’association antigène-anticorps repose sur la complémentarité tridimensionnelle entre l’épitope et le paratope. Cette complémentarité concerne la forme, la répartition des charges, la polarité et les possibilités de liaison.

La liaison est non covalente et réversible. Elle résulte de l’addition de multiples interactions faibles :

  • interactions électrostatiques entre charges opposées ;
  • liaisons hydrogène ;
  • forces de van der Waals ;
  • interactions hydrophobes.

Chaque interaction isolée est faible, mais leur association sur une surface complémentaire stabilise fortement le complexe. La modification de la conformation d’un épitope peut donc diminuer ou supprimer sa reconnaissance.

Affinité, avidité et spécificité

Définition

Affinité

Force de l’interaction entre un seul paratope et un seul épitope. Elle dépend de leur complémentarité moléculaire.

Définition

Avidité

Stabilité globale résultant de l’ensemble des interactions établies simultanément entre une immunoglobuline multivalente et un antigène portant plusieurs épitopes accessibles.

L’avidité dépend de l’affinité de chaque site, mais aussi du nombre de sites engagés et de leur disposition spatiale. Une immunoglobuline polymérique peut ainsi présenter une avidité élevée même si chaque interaction individuelle possède une affinité modérée.

La spécificité traduit la capacité à distinguer un épitope parmi d’autres. Elle n’est cependant pas toujours absolue : une réaction croisée peut apparaître lorsque deux structures différentes présentent des surfaces moléculaires suffisamment proches.

Comparaison

Affinité et avidité

CritèreAffinitéAvidité
Niveau considéréune interaction paratope-épitopeensemble des interactions
Facteur déterminantcomplémentarité moléculaire localeaffinité, valence et organisation spatiale
Portéepropriété d’un sitepropriété globale du complexe

Présentation antigénique par le CMH

Les anticorps reconnaissent directement des structures accessibles, souvent dans leur conformation tridimensionnelle. Les lymphocytes T utilisent un autre principe : leur récepteur ne reconnaît généralement pas l’antigène intact, mais un peptide présenté par une molécule du complexe majeur d’histocompatibilité.

Définition

Complexe majeur d’histocompatibilité ou CMH

Ensemble de glycoprotéines membranaires qui fixent des peptides et les exposent à la surface cellulaire afin qu’ils puissent être examinés par les lymphocytes T.

Chez l’être humain, les molécules du CMH sont également appelées molécules HLA. Leur sillon de liaison accueille un peptide. Le complexe formé par le peptide et le CMH constitue l’unité reconnue par le récepteur du lymphocyte T.

CMH de classe I et CMH de classe II

Comparaison

Présentation par les deux classes de CMH

CritèreCMH de classe ICMH de classe II
Expression principalepresque toutes les cellules nuclééescellules présentatrices d’antigène spécialisées
Origine dominante des peptidesprotéines synthétisées dans la celluleprotéines captées depuis le milieu extracellulaire
Lymphocytes concernéslymphocytes T CD8lymphocytes T CD4
Finalité généralesurveillance du contenu intracellulaireinformation sur les éléments captés et traités

Dans la voie du CMH de classe I, des protéines intracellulaires sont dégradées en peptides. Ceux-ci sont chargés sur les molécules de CMH I, puis exposés à la membrane. Le lymphocyte T CD8 évalue ainsi indirectement le contenu protéique de la cellule.

Dans la voie du CMH de classe II, des molécules captées par endocytose sont fragmentées dans des compartiments intracellulaires. Les peptides obtenus sont associés au CMH II, puis présentés aux lymphocytes T CD4.

À retenir

Deux modes de reconnaissance antigénique

Un anticorps reconnaît directement un épitope accessible. Un récepteur de lymphocyte T reconnaît conjointement un peptide transformé et la molécule de CMH qui le présente.

Attention

Ne pas confondre liaison à l’antigène et présentation antigénique

L’immunoglobuline se lie directement à l’antigène grâce à son paratope. Le CMH ne possède pas une spécificité unique comparable à celle d’un anticorps : il fixe un ensemble de peptides compatibles avec son sillon et permet leur reconnaissance par les lymphocytes T.

Points clés
  • Une immunoglobuline comporte deux chaînes lourdes et deux chaînes légères reliées par des ponts disulfure.
  • Deux associations VHV_HVH​–VLV_LVL​ forment les paratopes, tandis que la région Fc porte les principales fonctions effectrices.
  • Les classes IgG, IgA, IgM, IgD et IgE sont définies par la région constante de leur chaîne lourde.
  • L’interaction antigène-anticorps est spécifique, réversible et fondée sur plusieurs forces non covalentes.
  • L’affinité concerne une liaison paratope-épitope, tandis que l’avidité décrit la stabilité globale d’un complexe multivalent.
  • Le CMH I présente surtout des peptides intracellulaires aux lymphocytes T CD8 ; le CMH II présente surtout des peptides issus de molécules captées aux lymphocytes T CD4.

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Acides aminés et protéines.

  • Fiche 01Les acides aminés : structure, classification et propriétés acido-basiquesAcides aminés et protéines
  • Fiche 02Dérivés d'acides aminés et peptides biologiquement actifsAcides aminés et protéines
  • Fiche 03Liaison peptidique et structures primaire et secondaireAcides aminés et protéines
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  • 4Présentation antigénique par le CMH lock — section verrouillée
    • 4.1CMH de classe I et CMH de classe II lock — section verrouillée