B7 · Rayonnements ionisants
Interaction des photons avec la matière
Décrire l'effet photoélectrique, la diffusion Compton et la matérialisation, et leur domaine d'énergie de prédominance. Établir l'atténuation exponentielle d'un faisceau et définir coefficient d'atténuation et couche de demi-atténuation.
Biophysique8 min de lecture15 QCM corrigés
Principes généraux
La nature et la production des rayons X et gamma sont étudiées dans la fiche précédente ; ici, un photon est caractérisé par son énergie , où est la constante de Planck et la fréquence du rayonnement.
Un photon ne ralentit pas progressivement dans la matière. Il se propage sans perdre d'énergie entre deux interactions, puis peut être absorbé ou diffusé. Les trois mécanismes principaux dépendent de son énergie et de la composition du milieu :
- l'effet photoélectrique domine aux basses énergies, surtout dans les matériaux de numéro atomique élevé ;
- la diffusion Compton prédomine généralement aux énergies intermédiaires ;
- la matérialisation n'est possible qu'au-dessus d'un seuil énergétique précis et devient importante aux hautes énergies.
Le numéro atomique est le nombre de protons du noyau. Son influence varie fortement selon le mécanisme considéré.
Effet photoélectrique
Le photon disparaît et toute son énergie est transférée à l'atome. Une partie sert à vaincre l'énergie de liaison de l'électron ; le reste devient l'énergie cinétique du photoélectron.
L'interaction n'est possible avec une couche électronique donnée que si est supérieure ou égale à . La probabilité augmente brutalement lorsque l'énergie du photon franchit l'énergie de liaison d'une couche : cette discontinuité est appelée seuil d'absorption.
L'éjection laisse une lacune électronique. Un électron d'une couche plus externe vient la combler, ce qui libère une énergie égale à la différence des énergies de liaison. Cette énergie est émise sous forme d'un photon de fluorescence ou transférée à un autre électron, alors appelé électron Auger.
La probabilité de l'effet photoélectrique :
- diminue rapidement lorsque l'énergie du photon augmente ;
- augmente très fortement avec le numéro atomique du matériau ;
- est favorisée lorsque l'énergie du photon est proche, mais supérieure, à une énergie de liaison électronique.
Une dépendance approchée fréquemment utilisée est proportionnelle à , où l'exposant est généralement compris entre 4 et 5 selon le domaine énergétique.
Diffusion Compton
L'électron est considéré comme quasi libre lorsque son énergie de liaison est négligeable devant l'énergie du photon. Contrairement à l'effet photoélectrique, le photon ne disparaît pas : il cède seulement une fraction de son énergie et change de direction.
L'énergie cinétique reçue par l'électron de recul vaut , en négligeant l'énergie de liaison initiale. Le transfert augmente avec l'angle de diffusion : il est nul pour une diffusion strictement vers l'avant et maximal lorsque le photon repart en sens opposé.
La probabilité de diffusion Compton est approximativement proportionnelle au nombre d'électrons par unité de volume. Rapportée à la masse, elle dépend peu du numéro atomique pour de nombreux matériaux, car le rapport entre nombre d'électrons et masse reste du même ordre.
Matérialisation
Le positon est l'antiparticule de l'électron : il possède la même masse et une charge électrique opposée. La création des deux particules exige au minimum l’énergie correspondant à leurs masses au repos.
Au-dessus du seuil, l'énergie excédentaire devient principalement l'énergie cinétique de l'électron et du positon, une faible part pouvant être transférée au noyau par recul. La probabilité de matérialisation augmente avec l'énergie du photon et avec le numéro atomique du milieu.
Après ralentissement, le positon s'annihile avec un électron. Leur masse est alors reconvertie en photons, conformément à la conservation de l'énergie et de la quantité de mouvement.
Atténuation d'un faisceau de photons
Considérons un faisceau monoénergétique, étroit et parallèle traversant une couche homogène. Sur une épaisseur infinitésimale , le nombre de photons retirés du faisceau est proportionnel au nombre de photons présents et à l'épaisseur traversée :
Le signe négatif traduit la diminution de . En divisant par , puis en intégrant entre l'entrée du matériau et la profondeur , on obtient , d'où la loi exponentielle.
La même relation s'applique à l'intensité d'un faisceau monoénergétique : , où est l'intensité incidente et l'intensité primaire transmise.
Les différents mécanismes étant concurrents, leurs coefficients partiels s'additionnent :
où , et sont respectivement les contributions photoélectrique, Compton et de matérialisation. Le coefficient dépend de l'énergie des photons, de la nature du matériau et de sa masse volumique.
Le coefficient massique d'atténuation est le rapport , où est la masse volumique du matériau. Il s'exprime en et permet de comparer des matériaux indépendamment de leur densité physique.
Couche de demi-atténuation
En posant dans la loi d'atténuation, on obtient :
Après couches de demi-atténuation, la fraction de photons primaires transmise vaut , où est le nombre de couches traversées.
Entre ton email pour débloquer le reste de cette fiche
Il reste 3 sections à lire — plus les QCM corrigés, l'examen blanc et le suivi. 72 h d'essai gratuit, sans carte bancaire.