B1 · Liaison chimique
Mésomérie, résonance et aromaticité
Écrire les formes mésomères d'un système conjugué, hiérarchiser leur poids et décrire la délocalisation électronique qui en résulte. Définir les effets inductifs et mésomères, puis les critères d'aromaticité et la stabilité particulière qu'elle confère.
Chimie générale et organique7 min de lecture17 QCM corrigés
Conjugaison et délocalisation électronique
La représentation de Lewis attribue les électrons à des liaisons ou à des doublets non liants localisés. Dans certains systèmes, une seule représentation ne rend pourtant pas compte de la distribution électronique réelle.
Une conjugaison exige donc une continuité d’orbitales compatibles, généralement des orbitales parallèles. Elle peut associer :
- plusieurs liaisons multiples alternées ;
- une liaison multiple et un doublet non liant voisin ;
- une liaison multiple et une orbitale vacante voisine ;
- plus généralement, plusieurs centres capables de participer au même système électronique.
Les notions d’hybridation et de recouvrement orbitalaire sont établies dans la fiche précédente ; ici, il suffit de retenir que la conjugaison cesse dès que la continuité des orbitales est rompue.
La délocalisation diminue généralement l’énergie du système. En effet, les électrons occupent un espace plus étendu et leur répartition réduit les concentrations locales de charge.
Mésomérie et formes mésomères
Les formes mésomères sont reliées par une flèche à deux pointes . Elles possèdent obligatoirement :
- le même enchaînement d’atomes ;
- le même nombre total d’électrons ;
- la même charge électrique totale ;
- le même nombre d’électrons célibataires, s’il y en a.
Elles peuvent différer par la position des liaisons multiples, des doublets non liants et des charges formelles.
L’hybride de résonance n’est pas une forme supplémentaire. Les électrons y sont réellement délocalisés, ce qui peut conduire à des liaisons d’ordre intermédiaire et à une répartition fractionnaire de la charge.
Écrire les formes mésomères
Le déplacement électronique est indiqué par des flèches courbes. Leur origine correspond toujours à des électrons : un doublet non liant ou une liaison multiple. Leur extrémité indique la nouvelle position de ces électrons.
Chez les éléments de la deuxième période, le dépassement de l’octet est interdit. Une forme qui impose plus de huit électrons autour d’un tel atome n’est donc pas admissible.
Hiérarchiser le poids des formes mésomères
Toutes les formes admissibles ne contribuent pas nécessairement de manière égale à l’hybride. Une forme de faible énergie possède un poids plus important.
Les critères sont appliqués dans l’ordre logique suivant :
- Respect des règles électroniques : une forme dans laquelle les atomes usuels satisfont l’octet contribue davantage qu’une forme comportant une lacune électronique.
- Nombre maximal de liaisons covalentes : à octets comparables, une forme comportant davantage de liaisons est généralement plus stable.
- Nombre minimal de charges formelles : une faible séparation des charges est favorisée.
- Position cohérente des charges : une charge négative est mieux stabilisée sur un atome électronégatif, tandis qu’une charge positive l’est davantage sur un atome moins électronégatif.
- Faible séparation spatiale des charges opposées : créer simultanément des charges éloignées coûte de l’énergie.
- Stabilisation aromatique : une forme qui préserve une organisation aromatique peut être fortement favorisée.
Des formes équivalentes par symétrie ont la même énergie et contribuent avec le même poids.
La stabilité de l’hybride est supérieure à celle de toute forme localisée prise isolément. La différence d’énergie correspond à la stabilisation par résonance.
Effets électroniques
Effet inductif
Un substituant qui attire la densité électronique exerce un effet attracteur inductif, noté . Un substituant qui repousse la densité électronique exerce un effet donneur inductif, noté .
L’effet inductif se transmet de proche en proche par les liaisons , mais son intensité décroît rapidement avec la distance. Il ne nécessite pas de système conjugué.
Effet mésomère
Un groupe capable de fournir un doublet ou une densité au système exerce un effet donneur mésomère, noté . Un groupe capable d’accepter de la densité électronique grâce à une orbitale vacante ou à un système attracteur exerce un effet attracteur mésomère, noté .
Contrairement à l’effet inductif, l’effet mésomère exige une conjugaison effective. Il peut se transmettre sur toute l’étendue du système conjugué tant que la continuité orbitale est conservée.
Les effets inductif et mésomère d’un même groupe peuvent être de sens opposés. Leur influence globale dépend alors de la structure considérée et de la possibilité réelle de conjugaison.
Aromaticité
Ces quatre critères sont simultanément nécessaires :
- Cyclicité : les orbitales participantes forment une boucle fermée.
- Planéité : les orbitales peuvent rester parallèles et se recouvrir autour du cycle.
- Conjugaison complète : chaque atome du cycle apporte une orbitale au système délocalisé.
- Règle de Hückel : le cycle contient électrons .
Pour compter les électrons , chaque liaison participante apporte deux électrons. Un doublet non liant apporte deux électrons seulement s’il occupe une orbitale participant à la boucle conjuguée. Une orbitale vacante n’en apporte aucun.
La stabilité aromatique provient du remplissage complet d’un ensemble d’orbitales moléculaires liantes délocalisées. La densité électronique est distribuée sur tout le cycle, ce qui tend à égaliser les longueurs de liaison et rend toute représentation à liaisons localisées incomplète.
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