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Sommaire

  • 1Principes généraux de l’adhérence cellulaire
  • 2Classification des quatre grandes familles
  • 3Cadhérines et cohésion tissulaire
  • 4Intégrines et ancrage à la matrice extracellulaire
    • 4.1Une signalisation bidirectionnelle lock — section verrouillée
  • 5Sélectines et adhérence transitoire lock — section verrouillée
  • 6Ig-CAM et reconnaissance indépendante du calcium lock — section verrouillée
  • 7Adhérence, force et signalisation lock — section verrouillée
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  5. Molécules d'adhérence : cadhérines, intégrines, sélectines et Ig-CAM

B4 · Communication cellulaire

Molécules d'adhérence : cadhérines, intégrines, sélectines et Ig-CAM

Classer les familles de molécules d'adhérence selon leur dépendance au calcium et leur partenaire de liaison. Décrire leur rôle dans la cohésion tissulaire, l'ancrage à la matrice et la signalisation associée.

Biologie cellulaire·schedule6 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Principes généraux de l’adhérence cellulaire

Définition

Molécule d’adhérence cellulaire

Protéine membranaire qui établit une liaison spécifique entre une cellule et une autre cellule, ou entre une cellule et la matrice extracellulaire. Cette liaison assure un contact mécanique et peut transmettre un signal à travers la membrane.

L’adhérence n’est pas une simple propriété collante de la membrane. Elle repose sur la reconnaissance entre une molécule d’adhérence et un partenaire de liaison, appelé ligand. La spécificité de cette interaction permet aux cellules de s’organiser en tissus, de conserver leur position ou, au contraire, d’établir des contacts transitoires.

Deux molécules présentes sur des membranes opposées interagissent en trans. Plusieurs molécules appartenant à une même membrane peuvent aussi se regrouper en cis, ce qui augmente l’intensité globale de l’adhérence.

Comparaison

Modes de reconnaissance

ModeDéfinitionNature du partenaire
Interaction homophileUne molécule se lie à une molécule identique ou de même familleProtéine membranaire
Interaction hétérophileUne molécule se lie à une molécule différenteProtéine membranaire, glucide ou matrice extracellulaire

La liaison extracellulaire est généralement réversible et individuellement peu intense. Une adhérence résistante apparaît lorsque de nombreux récepteurs sont regroupés et reliés au cytosquelette par des protéines adaptatrices. L’adhérence associe donc trois niveaux :

  • la reconnaissance d’un ligand à l’extérieur de la cellule ;
  • l’ancrage mécanique au cytosquelette ;
  • la transmission d’informations vers l’intérieur de la cellule.

Classification des quatre grandes familles

La dépendance aux ions calcium permet une première classification, mais elle ne suffit pas : il faut également identifier la nature du partenaire reconnu.

Comparaison

Familles de molécules d’adhérence

FamilleDépendance ioniquePartenaire principalFonction dominante
CadhérinesDépendantes du Ca2+Ca^{2+}Ca2+Cadhérine, liaison surtout homophileCohésion entre cellules
IntégrinesDépendantes de cations divalentsProtéines de la matrice ou molécules cellulairesAncrage cellule-matrice et signalisation
SélectinesDépendantes du Ca2+Ca^{2+}Ca2+Motifs glucidiques, liaison hétérophileContacts cellulaires transitoires
Ig-CAMIndépendantes du Ca2+Ca^{2+}Ca2+Ig-CAM ou autre protéine membranaireReconnaissance et adhérence intercellulaires
À retenir

Classification à connaître

Les cadhérines et les sélectines dépendent directement du calcium. Les intégrines nécessitent des cations divalents pour fixer leurs ligands. Les Ig-CAM sont indépendantes du calcium.

Cadhérines et cohésion tissulaire

Définition

Cadhérine

Molécule d’adhérence transmembranaire dépendante du calcium, assurant principalement une reconnaissance homophile entre cellules voisines.

Le domaine extracellulaire d’une cadhérine est formé de répétitions rigidifiées par la fixation d’ions Ca2+Ca^{2+}Ca2+. Cette rigidité maintient le domaine dans une conformation compatible avec la reconnaissance d’une cadhérine portée par la cellule opposée. En l’absence de calcium, le domaine extracellulaire devient flexible et l’adhérence diminue.

La liaison est généralement homophile : une catégorie de cadhérine reconnaît préférentiellement la même catégorie. Cette sélectivité favorise le regroupement de cellules possédant un profil d’expression comparable. Les cadhérines participent ainsi au tri cellulaire, à l’architecture des tissus et au maintien de leur cohésion.

Leur domaine cytoplasmique ne se fixe pas directement au cytosquelette. Il recrute des caténines, protéines adaptatrices qui assurent la connexion avec les filaments d’actine et participent à la régulation de cette connexion. La force exercée sur une cadhérine peut donc être répartie dans le réseau d’actine.

Certaines cadhérines sont associées à d’autres éléments du cytosquelette dans des dispositifs spécialisés. L’organisation détaillée des jonctions adhérentes et des desmosomes relève de la fiche consacrée aux jonctions cellulaires.

Attention

Calcium et signal intracellulaire

La dépendance des cadhérines au calcium concerne ici la stabilisation extracellulaire de leur domaine d’adhérence. Elle ne signifie pas que leur fonctionnement repose nécessairement sur une augmentation du calcium cytosolique comme second messager.

Intégrines et ancrage à la matrice extracellulaire

Définition

Intégrine

Récepteur d’adhérence transmembranaire constitué de deux sous-unités, une sous-unité α et une sous-unité β, reliant des ligands extracellulaires au cytosquelette et transmettant des signaux dans les deux sens à travers la membrane.

Les sous-unités α et β s’associent en un hétérodimère. Différentes combinaisons reconnaissent différents ligands. Les partenaires sont principalement des protéines de la matrice extracellulaire, mais certaines intégrines reconnaissent aussi des molécules d’adhérence portées par une autre cellule.

La fixation du ligand nécessite des cations divalents, notamment Mg2+Mg^{2+}Mg2+ ou Ca2+Ca^{2+}Ca2+. Leur effet dépend du type d’intégrine et du site ionique occupé : il est donc plus exact de parler de dépendance aux cations divalents que de dépendance exclusive au calcium.

À l’intérieur de la cellule, la courte région cytoplasmique des intégrines recrute des protéines adaptatrices, notamment la taline, la kindline et la vinculine. Celles-ci relient le récepteur aux filaments d’actine. La cellule peut ainsi s’ancrer à la matrice, transmettre des forces et percevoir les propriétés mécaniques de son environnement.

Une signalisation bidirectionnelle

La signalisation des intégrines fonctionne dans deux directions :

  • de l’intérieur vers l’extérieur : des protéines intracellulaires modifient la conformation et le regroupement des intégrines, ce qui augmente leur capacité à fixer le ligand ;
  • de l’extérieur vers l’intérieur : la fixation du ligand déclenche le recrutement de protéines adaptatrices et d’enzymes de signalisation, modifiant le cytosquelette, la survie, la prolifération ou la migration.
Définition

Affinité

Force de liaison entre une intégrine individuelle et son ligand, déterminée notamment par la conformation du récepteur.

Définition

Avidité

Force globale d’adhérence produite par l’action simultanée de plusieurs intégrines regroupées à la membrane.

Une cellule peut donc renforcer rapidement son adhérence sans synthétiser de nouveaux récepteurs, en augmentant leur affinité, leur avidité ou les deux.

Sélectines et adhérence transitoire

Définition

Sélectine

Molécule d’adhérence dépendante du calcium dont le domaine extracellulaire reconnaît des motifs glucidiques portés par des glycoprotéines ou des glycolipides.

Les sélectines possèdent un domaine de type lectine, c’est-à-dire capable de reconnaître un glucide. Cette reconnaissance est hétérophile, puisque la sélectine et son ligand ne sont pas de même nature moléculaire. Le calcium stabilise le site de reconnaissance du motif glucidique.

Les liaisons formées sont rapides, réversibles et adaptées aux contacts transitoires entre cellules. Elles permettent de ralentir une cellule mobile et de multiplier ses contacts avec une surface cellulaire sans provoquer immédiatement une immobilisation forte. Une adhérence plus stable peut ensuite être assurée par d’autres familles, notamment les intégrines.

Ig-CAM et reconnaissance indépendante du calcium

Définition

Ig-CAM

Molécule d’adhérence appartenant à la superfamille des immunoglobulines et fonctionnant indépendamment du calcium.

Les Ig-CAM possèdent un ou plusieurs domaines extracellulaires présentant le repliement caractéristique de la superfamille des immunoglobulines. Cette parenté structurale ne signifie pas qu’elles sont toutes des anticorps ni qu’elles ont toutes une fonction immunitaire.

Leurs interactions peuvent être :

  • homophiles, entre deux Ig-CAM identiques ou apparentées ;
  • hétérophiles, avec une autre Ig-CAM ;
  • hétérophiles, avec une intégrine.

Cette diversité leur permet de participer à la reconnaissance intercellulaire, à la stabilisation des contacts et au guidage des déplacements cellulaires. Leur liaison n’exigeant pas de Ca2+Ca^{2+}Ca2+ extracellulaire, elles se distinguent nettement des cadhérines et des sélectines.

Attention

Ig-CAM et immunoglobulines

Une Ig-CAM appartient à la superfamille structurale des immunoglobulines, mais n’est pas nécessairement une immunoglobuline sécrétée. Le terme décrit ici un type de domaine protéique.

Adhérence, force et signalisation

Les molécules d’adhérence sont des récepteurs mécanochimiques : elles convertissent une interaction moléculaire en force et en signal. Leur regroupement recrute des protéines adaptatrices, organise le cytosquelette et crée des plateformes de signalisation.

Les cadhérines renseignent la cellule sur la présence et l’identité de ses voisines. Les intégrines indiquent la composition, l’organisation et la rigidité de la matrice. Les sélectines permettent l’établissement rapide de contacts transitoires. Les Ig-CAM diversifient les mécanismes de reconnaissance intercellulaire.

Ces signaux d’adhérence peuvent coopérer avec les voies activées par les autres récepteurs membranaires. Les mécanismes détaillés des cascades de phosphorylation et des seconds messagers sont traités dans les fiches précédentes du sous-bloc.

À retenir

Fonction intégrée

L’adhérence cellulaire résulte de la coopération entre une liaison extracellulaire spécifique, un regroupement de récepteurs, un ancrage au cytosquelette et une signalisation intracellulaire.

Points clés
  • Les cadhérines sont dépendantes du Ca2+Ca^{2+}Ca2+, principalement homophiles et responsables de la cohésion entre cellules
  • Les intégrines sont des hétérodimères αβ dépendants de cations divalents, reliant surtout la matrice extracellulaire au cytosquelette
  • Les sélectines reconnaissent de façon hétérophile des motifs glucidiques grâce à un domaine dépendant du calcium
  • Les Ig-CAM sont indépendantes du calcium et réalisent des interactions homophiles ou hétérophiles
  • Les intégrines transmettent des signaux de l’intérieur vers l’extérieur et de l’extérieur vers l’intérieur
  • Toute adhérence efficace associe reconnaissance du ligand, regroupement des récepteurs, ancrage mécanique et signalisation

Fiches connexes

À réviser dans la foulée, sur Communication cellulaire.

  • Fiche 01Principes de la signalisation cellulaire et nature des messagersCommunication cellulaire
  • Fiche 02Récepteurs couplés aux protéines G et seconds messagersCommunication cellulaire
  • Fiche 03Récepteurs à activité tyrosine kinase et cascades de phosphorylationCommunication cellulaire
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  • 1Principes généraux de l’adhérence cellulaire
  • 2Classification des quatre grandes familles
  • 3Cadhérines et cohésion tissulaire
  • 4Intégrines et ancrage à la matrice extracellulaire
    • 4.1Une signalisation bidirectionnelle lock — section verrouillée
  • 5Sélectines et adhérence transitoire lock — section verrouillée
  • 6Ig-CAM et reconnaissance indépendante du calcium lock — section verrouillée
  • 7Adhérence, force et signalisation lock — section verrouillée