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Sommaire

  • 1Reconnaître une oxydoréduction organique
  • 2Déterminer le degré d'oxydation du carbone
  • 3Série d'oxydation des fonctions oxygénées
    • 3.1Alcool primaire, aldéhyde et acide carboxylique
    • 3.2Alcool secondaire et cétone lock — section verrouillée
  • 4Transposition au milieu biologique lock — section verrouillée
    • 4.1Rôle des enzymes lock — section verrouillée
    • 4.2Coenzymes transporteurs d'électrons lock — section verrouillée
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B1 · Réactivité

Oxydoréduction en chimie organique et en milieu biologique

Suivre l'évolution du degré d'oxydation du carbone au long de la série alcool, aldéhyde ou cétone, acide carboxylique. Transposer ces transformations aux réactions d'oxydoréduction catalysées par les enzymes et à leurs coenzymes.

Chimie générale et organique·schedule5 min de lecture·quiz15 QCM corrigés

Reconnaître une oxydoréduction organique

Définition

Oxydation

Transformation au cours de laquelle une espèce chimique perd des électrons. En chimie organique, elle se traduit souvent par une augmentation du nombre de liaisons du carbone avec un atome électronégatif ou par une diminution du nombre de liaisons carbone–hydrogène.

Définition

Réduction

Transformation au cours de laquelle une espèce chimique gagne des électrons. Pour un carbone organique, elle correspond souvent à une augmentation du nombre de liaisons carbone–hydrogène ou à une diminution du nombre de liaisons avec un atome électronégatif.

Une oxydation et une réduction sont nécessairement couplées : les électrons perdus par une espèce sont reçus par une autre. L'espèce oxydée est le réducteur, tandis que l'espèce réduite est l'oxydant.

L'oxydation d'un composé organique ne suppose donc pas nécessairement l'incorporation d'un atome d'oxygène. Une simple perte de deux atomes d'hydrogène peut constituer une oxydation si elle augmente le degré d'oxydation du carbone.

Comparaison

Oxydation et réduction d'un carbone organique

CritèreOxydationRéduction
Électronspertegain
Liaisons carbone–hydrogènediminution fréquenteaugmentation fréquente
Liaisons carbone–oxygèneaugmentation fréquentediminution fréquente
Degré d'oxydation du carboneaugmentediminue

Déterminer le degré d'oxydation du carbone

Définition

Degré d'oxydation

Charge fictive attribuée à un atome en supposant que chaque liaison est entièrement polarisée vers l'atome le plus électronégatif. Il permet de suivre fictivement les électrons au cours d'une réaction.

Pour un carbone lié uniquement à du carbone, de l'hydrogène et de l'oxygène :

  • une liaison carbone–carbone ne modifie pas son degré d'oxydation, car les deux atomes ont la même électronégativité ;
  • chaque liaison carbone–hydrogène attribue les électrons au carbone, plus électronégatif que l'hydrogène : elle contribue pour −1-1−1 ;
  • chaque liaison carbone–oxygène attribue les électrons à l'oxygène : elle contribue pour +1+1+1 ;
  • une liaison double carbone–oxygène compte comme deux liaisons et contribue donc pour +2+2+2.
Formule

Degré d'oxydation d'un carbone lié à C, H et O

dC=nC−O−nC−Hd_{\mathrm{C}} = n_{\mathrm{C-O}} - n_{\mathrm{C-H}}dC​=nC−O​−nC−H​
  • dCd_{\mathrm{C}}dC​ : degré d'oxydation du carbone étudié
  • nC−On_{\mathrm{C-O}}nC−O​ : nombre de liaisons carbone–oxygène, en comptant leur ordre de liaison
  • nC−Hn_{\mathrm{C-H}}nC−H​ : nombre de liaisons carbone–hydrogène
Exemple

Calculer le degré d'oxydation du carbone fonctionnel de l'éthanol

Dans l'éthanol CHX3−CHX2OH\ce{CH3-CH2OH}CHX3​−CHX2​OH, le carbone fonctionnel est le carbone du groupe CHX2OH\ce{CH2OH}CHX2​OH.

  • Il possède une liaison carbone–oxygène : nC−O=1n_{\mathrm{C-O}} = 1nC−O​=1.
  • Il possède deux liaisons carbone–hydrogène : nC−H=2n_{\mathrm{C-H}} = 2nC−H​=2.
  • La liaison avec le groupe CHX3\ce{CH3}CHX3​ est une liaison carbone–carbone et ne compte pas.

Son degré d'oxydation vaut donc :

dC=1−2=−1d_{\mathrm{C}} = 1 - 2 = -1dC​=1−2=−1

Le carbone fonctionnel de l'éthanol a un degré d'oxydation de −1-1−1. Lors de son oxydation en éthanal, ce même carbone atteint le degré +1+1+1 : son degré d'oxydation augmente de 222 unités.

Méthode

Suivre une transformation d'oxydoréduction organique

  1. Identifier le carbone dont la fonction chimique est transformée
  2. Compter ses liaisons avec l'oxygène en tenant compte des liaisons multiples
  3. Compter ses liaisons avec l'hydrogène
  4. Ne pas compter les liaisons carbone–carbone
  5. Calculer son degré d'oxydation avant et après la transformation
  6. Conclure à une oxydation si le degré augmente et à une réduction s'il diminue

Série d'oxydation des fonctions oxygénées

Dans les écritures générales suivantes, R\mathrm{R}R représente un groupe carboné lié au carbone fonctionnel.

Alcool primaire, aldéhyde et acide carboxylique

Le carbone fonctionnel d'un alcool primaire de forme R−CHX2OH\ce{R-CH2OH}R−CHX2​OH porte une liaison carbone–oxygène et deux liaisons carbone–hydrogène. Son degré d'oxydation vaut donc −1-1−1.

Lors de sa transformation en aldéhyde R−CHO\ce{R-CHO}R−CHO, ce carbone possède une liaison double carbone–oxygène et une liaison carbone–hydrogène. Son degré d'oxydation devient +1+1+1. Le passage de −1-1−1 à +1+1+1 correspond à une oxydation de deux unités, donc à la perte formelle de deux électrons.

L'aldéhyde peut ensuite être oxydé en acide carboxylique R−COOH\ce{R-COOH}R−COOH. Le carbone carboxylique porte alors trois liaisons avec l'oxygène, une double et une simple, et aucune liaison avec l'hydrogène. Son degré d'oxydation atteint +3+3+3.

La progression est donc :

alcool primaire →\ce{->}​ aldéhyde →\ce{->}​ acide carboxylique

avec les degrés d'oxydation successifs −1-1−1, +1+1+1 et +3+3+3 pour le carbone fonctionnel.

Alcool secondaire et cétone

Dans un alcool secondaire de forme RX2CHOH\ce{R2CHOH}RX2​CHOH, le carbone fonctionnel porte une liaison carbone–oxygène et une liaison carbone–hydrogène. Son degré d'oxydation est donc nul.

Son oxydation conduit à une cétone de forme RX2CO\ce{R2CO}RX2​CO. Le carbone carbonylé possède une liaison double carbone–oxygène et aucune liaison carbone–hydrogène : son degré d'oxydation vaut +2+2+2.

Cette transformation correspond également à la perte formelle de deux électrons.

Comparaison

Séries d'oxydation des alcools

FonctionForme généraleDegré d'oxydation du carbone fonctionnel
Alcool primaireR−CHX2OH\ce{R-CH2OH}R−CHX2​OH−1-1−1
AldéhydeR−CHO\ce{R-CHO}R−CHO+1+1+1
Acide carboxyliqueR−COOH\ce{R-COOH}R−COOH+3+3+3
Alcool secondaireRX2CHOH\ce{R2CHOH}RX2​CHOH000
CétoneRX2CO\ce{R2CO}RX2​CO+2+2+2

Un alcool tertiaire ne porte aucun hydrogène sur le carbone lié au groupe hydroxyle. Il ne peut donc pas donner directement une fonction carbonyle par simple perte de deux hydrogènes : son oxydation exige généralement la rupture d'une liaison carbone–carbone.

À retenir

Série à connaître

Chaque passage alcool primaire–aldéhyde, aldéhyde–acide carboxylique ou alcool secondaire–cétone augmente de 222 le degré d'oxydation du carbone fonctionnel et correspond à une perte formelle de deux électrons.

Attention

Présence d'oxygène et oxydation

Ajouter un atome d'oxygène n'est pas la définition fondamentale d'une oxydation. Le critère rigoureux est l'augmentation du degré d'oxydation, donc la perte formelle d'électrons.

Transposition au milieu biologique

Rôle des enzymes

Définition

Oxydoréductase

Enzyme catalysant le transfert d'électrons entre un donneur, qui est oxydé, et un accepteur, qui est réduit.

Les oxydoréductases accélèrent les réactions en abaissant leur énergie d'activation, sans modifier leur bilan thermodynamique ni être consommées. Les déshydrogénases catalysent fréquemment l'élimination d'hydrogène d'un substrat organique. Cette déshydrogénation correspond à une oxydation lorsque les électrons des liaisons rompues sont transférés à un accepteur.

L'enzyme assure la reconnaissance du substrat, son orientation dans le site actif et le transfert contrôlé des électrons. Toutefois, elle ne constitue pas elle-même une réserve durable d'électrons : ceux-ci sont généralement recueillis par un coenzyme.

Coenzymes transporteurs d'électrons

Définition

Coenzyme d'oxydoréduction

Petite molécule organique associée à une enzyme et capable d'accepter ou de céder transitoirement des électrons au cours de la réaction catalysée.

Le couple NADX+/NADH\ce{NAD+/NADH}NADX+/NADH intervient dans de nombreuses oxydations de fonctions alcool ou aldéhyde. La forme oxydée NADX+\ce{NAD+}NADX+ accepte un ion hydrure HX−\ce{H-}HX−, équivalent à un proton et deux électrons, et devient NADH\ce{NADH}NADH. Un second proton est généralement libéré dans le milieu.

Pour un alcool, le bilan général s'écrit :

alcool +NADX+⇌\ce{+ NAD+ <=>}+NADX+​ composé carbonylé +NADH+HX+\ce{+ NADH + H+}+NADH+HX+

Le substrat organique est oxydé tandis que NADX+\ce{NAD+}NADX+ est réduit. La réaction inverse réduit la fonction carbonyle en alcool et oxyde NADH\ce{NADH}NADH en NADX+\ce{NAD+}NADX+.

Le couple NADPX+/NADPH\ce{NADP+/NADPH}NADPX+/NADPH fonctionne selon le même principe de transfert d'un hydrure. La différence structurale entre NADX+\ce{NAD+}NADX+ et NADPX+\ce{NADP+}NADPX+ permet aux enzymes de distinguer deux ensembles de réactions, sans modifier la nature du transfert électronique.

Les coenzymes flaviniques, notamment le couple FAD/FADHX2\ce{FAD/FADH2}FAD/FADHX2​, peuvent accepter deux électrons et deux protons. Ils sont souvent fortement associés à leur enzyme, alors que les coenzymes nicotiniques peuvent se comporter comme des cosubstrats mobiles.

À retenir

Bilan couplé

Dans une réaction biologique, l'oxydation du substrat est toujours couplée à la réduction d'un accepteur : NADX+\ce{NAD+}NADX+ devient NADH\ce{NADH}NADH, NADPX+\ce{NADP+}NADPX+ devient NADPH\ce{NADPH}NADPH ou FAD\ce{FAD}FAD devient FADHX2\ce{FADH2}FADHX2​.

La réoxydation ultérieure des coenzymes réduits assure leur régénération. Son intégration aux voies métaboliques et à la production d'énergie relève des fiches de biochimie métabolique et de bioénergétique.

Attention

Coenzyme réduit et pouvoir réducteur

Une forme dite réduite, comme NADH\ce{NADH}NADH, possède des électrons qu'elle peut céder : elle agit donc comme réducteur. À l'inverse, la forme oxydée NADX+\ce{NAD+}NADX+ accepte des électrons et agit comme oxydant.

Points clés
  • Une oxydation correspond à une perte d'électrons et à une augmentation du degré d'oxydation
  • Chaque liaison carbone–oxygène contribue pour +1+1+1 et chaque liaison carbone–hydrogène pour −1-1−1
  • La série alcool primaire–aldéhyde–acide carboxylique correspond aux degrés −1-1−1, +1+1+1 et +3+3+3
  • La série alcool secondaire–cétone correspond aux degrés 000 et +2+2+2
  • Une oxydoréductase couple l'oxydation d'un substrat à la réduction d'un coenzyme
  • Les formes NADH\ce{NADH}NADH, NADPH\ce{NADPH}NADPH et FADHX2\ce{FADH2}FADHX2​ transportent des électrons acquis lors de leur réduction

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