B9 · Anatomie des appareils
Peau et annexes cutanées
Décrire les couches de la peau, le fascia superficiel, la pigmentation et les variations d'épaisseur. Présenter les poils, les ongles, les glandes sébacées et sudoripares et les bases anatomiques de la sensibilité cutanée.
Anatomie générale7 min de lecture17 QCM corrigés
Organisation générale de la peau
La peau comprend, de la superficie vers la profondeur, l'épiderme et le derme. Elle repose sur un tissu sous-cutané, appelé hypoderme ou fascia superficiel, qui la relie aux plans profonds sans appartenir strictement à la peau.
Les annexes cutanées sont des structures spécialisées dérivées de l'épiderme et implantées dans le derme, voire dans l'hypoderme. Elles comprennent les poils, les ongles, les glandes sébacées et les glandes sudoripares.
L'organisation microscopique détaillée des épithéliums et des tissus conjonctifs relève des fiches d'histologie correspondantes.
Épiderme et pigmentation
Organisation de l'épiderme
Les cellules majoritaires de l'épiderme sont les kératinocytes, qui produisent la kératine et se déplacent progressivement de la profondeur vers la surface. Leur maturation forme plusieurs couches successives :
- la couche basale, profonde et proliférative ;
- la couche épineuse ;
- la couche granuleuse ;
- la couche claire, présente seulement dans la peau épaisse ;
- la couche cornée, constituée de cellules aplaties, kératinisées et progressivement éliminées.
La kératinisation explique la résistance de la surface cutanée aux agressions mécaniques et limite les pertes d'eau. Comme l'épiderme ne contient aucun vaisseau, une lésion limitée à cette couche ne provoque pas directement de saignement.
Pigmentation cutanée
Les mélanocytes possèdent des prolongements qui distribuent la mélanine aux cellules voisines. Les différences de pigmentation reposent surtout sur la quantité, la nature, la répartition et la persistance du pigment, plutôt que sur de grandes différences dans le nombre de mélanocytes.
La couleur cutanée dépend également :
- de l'hémoglobine circulant dans les vaisseaux dermiques ;
- du degré d'oxygénation du sang ;
- de l'épaisseur de l'épiderme ;
- de pigments accumulés dans les tissus ;
- de facteurs génétiques, hormonaux et environnementaux.
Derme et variations d'épaisseur
Le derme comprend deux plans continus :
- le derme papillaire, superficiel, forme des reliefs appelés papilles dermiques qui s'emboîtent avec l'épiderme ;
- le derme réticulaire, profond et plus épais, contient des faisceaux résistants de collagène et des fibres élastiques.
Les papilles augmentent la surface de contact entre derme et épiderme. Cet emboîtement renforce leur adhérence et rapproche les capillaires dermiques de l'épiderme avasculaire.
L'épaisseur totale de la peau varie selon les régions, l'âge et les contraintes mécaniques. La peau épaisse de la paume des mains et de la plante des pieds possède un épiderme très développé, notamment une couche cornée importante. Elle est dépourvue de poils et de glandes sébacées, mais riche en glandes sudoripares. La peau fine, présente sur la majeure partie du corps, porte habituellement des follicules pileux et possède un épiderme moins épais.
L'épaisseur apparente d'un pli cutané dépend aussi du derme et de l'hypoderme. Une peau dite fine ne correspond donc pas nécessairement à un tissu sous-cutané peu abondant.
Fascia superficiel ou hypoderme
Le fascia superficiel permet à la peau de glisser sur les plans profonds tout en maintenant son attache. Il contient des vaisseaux sanguins, des lymphatiques, des nerfs cutanés et une quantité variable de graisse.
Le tissu adipeux sous-cutané participe à l'amortissement mécanique, à l'isolation thermique et au stockage énergétique. Sa répartition dépend de la région anatomique, de l'âge, du sexe et de l'état nutritionnel. Dans certaines régions, l'hypoderme est lâche et autorise une grande mobilité cutanée ; dans d'autres, des tractus fibreux fixent fortement la peau aux plans profonds.
Annexes cutanées
Appareil pilo-sébacé
Le poil comporte une tige visible au-dessus de la peau et une racine incluse dans le follicule. Sa partie profonde forme le bulbe pileux, qui entoure une papille conjonctive vascularisée. La croissance résulte de l'activité de la matrice cellulaire située dans le bulbe.
Un petit muscle lisse, le muscle arrecteur du poil, relie le follicule au derme superficiel. Sa contraction redresse le poil et comprime la glande sébacée associée. Follicule, poil, muscle arrecteur et glande sébacée constituent l'appareil pilo-sébacé.
Le sébum lubrifie la surface cutanée et les poils. Les glandes sébacées sont absentes de la peau épaisse palmaire et plantaire.
Ongles
La tablette unguéale est la partie visible de l'ongle. Elle repose sur le lit unguéal et se forme principalement à partir de la matrice unguéale, située sous le repli cutané proximal. La partie blanchâtre en croissant visible à la base est la lunule.
Le repli cutané proximal se prolonge sur la tablette par l'éponychium, tandis que l'hyponychium unit l'extrémité distale de l'ongle à la pulpe. L'ongle protège l'extrémité digitale et fournit un plan d'appui rigide utile à la précision des prises.
Glandes sudoripares
La portion sécrétrice est généralement pelotonnée dans le derme profond ou l'hypoderme. Son canal excréteur traverse ensuite les plans superficiels. Les glandes eccrines contribuent au refroidissement lorsque l'évaporation de la sueur retire de la chaleur à la surface corporelle.
Bases anatomiques de la sensibilité cutanée
La peau contient des récepteurs sensoriels, structures capables de détecter une stimulation mécanique, thermique ou potentiellement nocive. Les fibres sensitives gagnent la peau par les nerfs cutanés, traversent l'hypoderme puis forment des ramifications dans le derme et l'épiderme.
Les principales terminaisons sont :
- les terminaisons nerveuses libres, présentes jusque dans l'épiderme et impliquées notamment dans la douleur, la température et le prurit ;
- les disques de Merkel, superficiels, sensibles à une pression maintenue et à la forme des contacts ;
- les corpuscules de Meissner, situés dans les papilles dermiques de la peau glabre et sensibles au tact léger ;
- les corpuscules de Pacini, plus profonds, sensibles aux vibrations et aux variations rapides de pression ;
- les terminaisons de Ruffini, sensibles à l'étirement cutané ;
- les réseaux entourant les follicules pileux, qui détectent le déplacement des poils.
Les dermatomes voisins se chevauchent, car une région cutanée reçoit généralement des fibres provenant de plusieurs racines. La densité des récepteurs et la taille de leur territoire récepteur varient selon les régions : une forte densité associée à de petits territoires permet une discrimination tactile plus précise.
Les fibres autonomes cutanées ne transmettent pas la sensibilité consciente. Elles commandent principalement les vaisseaux, les glandes sudoripares et les muscles arrecteurs des poils.
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